Un prototype de la Smach Z en test

Sortie de son laboratoire, en dehors de l’espace contrôlé par la marque, la console portable Smach Z a atteint l’objectif d’un testeur connu de ce genre de plateformes de jeux alternatives qui nous livre un test vidéo complet de l’engin.

La Smach Z c’est une longue histoire, très longue désormais. Je n’en connais pas tous les tenants et aboutissants mais si je devais la résumer en quelques lignes je commencerais par dire qu’il s’agit d’une bande de copains qui a eu une idée sans savoir si elle était réalisable, qui s’est planté dans son financement participatif et qui, avec autant de chance que de pugnacité, a réussi a finalement proposer une machine qui tient la route.

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Fin 2015 donc, des amis lancent le projet de la Smach Z. Une console portable reprenant les codes habituels du genre en ajoutant un contrôleur ressemblant aux manettes de jeux Steam est annoncée. Le projet est lancé sur Kickstarter avec une description technique assez floue. On sait qu’elle embarquera un processeur AMD série G, un GPU Radeon associé, 4 à 8 Go de mémoire et de 32 à 128 Go de stockage. Le tout  autour de contrôleurs de jeu et d’un écran 5″ tactile.

C’est bien, c’est beau mais cela n’était qu’un projet ne reposant sur rien. Face à l’engouement proposé par le projet, l’équipe décide… d’arrêter la campagne. Et cela avant d’atteindre la somme minimale requise pour lancer le projet. Cela peut paraître paradoxal mais faute de prototype fonctionnel, la campagne de la Smach-Z n’aurait pas pu être finalisée de toutes façons. Elle est donc brutalement arrêtée par Kickstarter 3 jours après sa mise en ligne. Les internautes ayant participé ne sont pas débités.

En Octobre 2016 la Smach-Z réapparaît sur Indiegogo… Toujours sans aucun prototype fonctionnel mais Indiegogo s’en fout. La marque lance un financement flexible et ramasse la mise avec des consoles  proposées entre 249 et 299€ suivant les modèles. 1300 consoles sont ainsi commandées sur la base d’un joli discours et d’images 3D. L’argent des internautes est débité.

Entre Novembre 2016 et Juin 2017, pas de nouvelles de la Smach-Z. Point mort total. La marque a indiqué qu’elle reviendrait avec un prototype fonctionnel et des ambitions de financement à la baisse… Mais pas de vraie nouvelle entre ces deux dates. Et en Juin 2017 les échos reçus de la Smach Z ne sont pas bons. Il s’agit de l’abandon de la part de Rhomb.io, une des société entrant dans la conception de la Smach-Z. La société jette l’éponge en expliquant que le projet ne peut pas aboutir en l’état. Pour être précis, Rhomb.io c’est le développeur de la solution technique avec processeur AMD employée par Smach-Z pour faire fonctionner sa console. Il explique sans états d’âme que toute la communication de la marque est basée sur du flan.

La date annoncée de livraison est intenable depuis le début et surtout la boite indique que les créateurs de la Smach-Z sont incapables de comprendre la complexité de la fabrication de leur propre engin. A la fois d’un point de vue technique mais aussi économique. A ce moment on se dit que c’est plié, que jamais la console ne sortira. Surtout parce que le choix technique de base, la puce AMD qui devait être embarquée par l’objet, commence a avoir autant de bouteille qu’un grand cru. Plus le temps passe et plus l’intérêt de la solution s’éloigne techniquement. Un vieux processeur AMD, 2Go de mémoire vive et 32 Go de base de stockage, ça ne fait rêver plus personne.

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Et là, miracle. En Février 2018, 27 mois après sa présentation sur Kickstarter, AMD annonce le Ryzen V1000. Une nouvelle puce qui n’existait pas quand la Smach-Z a été lancée. Elle devient le nouveau coeur de la console et relance l’intérêt de la solution. Notamment parce qu’il devient à nouveau possible de la fabriquer. De nouveaux partenaires d’AMD s’intéressent à la solution Ryzen Embedded et Smach-Z peut se rapprocher d’eux pour relancer son projet. Moins gourmand, plus performant avec des composants annexes moins chers, on se dit qu’il est possible que la solution finisse par voir le jour.

La Smach-Z revient donc sur le terrain mais avec un autre tarif, des 249€ de base en 2015 on passe à 629$ pour le modèle Ryzen en 2018. Depuis lors la marque montre des prototypes, ses travaux de développement et annonce une entrée en production en 2019. Pour rappel les premiers modèles devaient être livrés en 2017… 

Que penser de ce curieux calendrier ? Que les créateurs de la Smach-Z ont appris sur le tas me semble être le meilleur résumé de la situation. Lancée comme un projet de base sans aucune compétence technique ni aucune idée des éléments économiques nécessaires, la console est devenue réalité par un concours de circonstance. La sortie d’une nouvelle puce AMD l’a rendue possible. La société en a profité et délivre donc aujourd’hui un premier prototype en dehors de sa zone de confort.

Cela veut dire que pour la première fois la société a accepté qu’un de ces prototype ne soit pas manipulé sous la supervision de son personnel. Le vidéaste The Phawx a reçu un de ces engins, dans une version haut de gamme. Il s’agit d’un modèle sous AMD Ryzen V1605B avec un chipset Radeon Vega 8, 32 Go de mémoire vive et 256 Go de stockage. Il tourne sous Windows 10 dans une version 64 bits complète du système.

L’écran est un 6 pouces en 1920 x 1080 pixels tactile entouré des manettes et joysticks promis. L’ensemble promet de rendre jouable la plupart des jeux PC classiques malgré l’absence de clavier. 

Premier point important, la puce embarquée est utilisée en 15 watts de TDP. Un choix qui peut s’expliquer par la volonté de préserver la batterie de l’engin et éventuellement d’éviter toute surchauffe. La puce embarquée est censée pouvoir monter à 25 watts de TDP pour délivrer plus de performances mais si il a été possible d’atteindre cet état cela a entraîné une chauffe trop inconfortable pour manipuler l’engin. Un autre essai plus intéressant a été tenté, celui de désactiver deux des quatre cœurs de la puce, peux utiles en jeu, afin de ne pas sur consommer. Cela a permis d’augmenter la fréquence de la partie graphique sans dégager plus de chaleur. A noter que le ventilateur embarqué n’est pas spécialement bruyant.

Les résultats sont intéressants même si il ne permettront pas forcément de lancer des titres haut de gamme pour autant. Un des test concerne le jeu Sekiro: Shadows Die Twice sorti il y a peu. Il est finalement possible de le faire tourner à 20 images par seconde sur la console avec beaucoup de sacrifices néanmoins. Les graphiques sont réglés sur bas et la définition maintenue sous ce que peux réellement afficher l’écran avec un 1024 x 576 pixels. La passage à 25 watts de TDP, si tant est qu’il soit possible et confortable au travers d’une modification physique de la console, pourrait doubler ce score.

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A noter que le port HDMI a disparu ! Sur le prototype il s’agit d’une prise DisplayPort qui le remplace. Un changement pas anodin puisque ceux qui veulent utiliser la console pour jouer sur téléviseur ne vont probablement pas pouvoir le faire nativement. Le prix de la licence HDMI y est t-il pour quelque chose ? La puce embarquée sait bien entendu parfaitement s’adresser aux deux types de supports.

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Si sur le site de la marque le DisplayPort est bien signalé, les dernières mises à jour des autres plateformes – et notamment de la page Indiegogo originale régulièrement actualisée  – fait toujours mention d’un HDMI.

Pour le reste c’est assez classique de ce que propose un engin de ce type sous Ryzen V1605B, le passage à 32 Go de ram ne semble pas apporter de gain supplémentaire. Reste à savoir si le jeu en vaut la chandelle. Ce résultat exige d’acheter une console Smach-Z qui coûte assez cher, beaucoup plus cher qu’une Nintendo Switch par exemple. es deux objets ne sont pas comparables en terme d’écosystèmes mais comme la Smach-Z ne propose pas de clavier son usage reste limité en mobilité.

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Il semble que la console sera disponible en AMD Ryzen V1807B avec Radeon Vega 11 embarqué d’après les mentions sur le packaging. Ce qui devrait coûter assez cher au final. Comptez sur 699€ pour le modèle de base en 4/64 Go sous Linux. La version Pro 8Go / 128Go est annoncée à 899€ et le modèle Ultra 16Go / 256Go avec Windows 10 atteindra 1199€, toujours sous Ryzen V1605B.

Qui craquera pour ce modèle ? La concurrence arrive et de nombreux autres acteurs sont désormais sur le marché de l’ultramobilité. Pas forcément dans un format de console de jeu, des solutions de mini portable sous AMD Ryzen Embedded sont prévues. D’autres en format consoles sont en préparation et il semble également se préparer des machines hybrides comme le GPD Win Max sous Ryzen V1605B mélangeant clavier et manettes de jeux classiques. One Netbook serait également sur les rangs avec son OneGX dont on ne sait pour le moment pas grand chose. La fenêtre de lancement va donc être étroite pour la Smach-Z.

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3 commentaires sur ce sujet.
  • 23 juillet 2019 - 15 h 28 min

    Merci bcp Pierre. La chaîne de The Phawx est vraiment une tuerie pour les tests de petites bécanes plus ou moins orienté gaming. C’est fou qu’il ait quasi toutes les exclus… Mais ne soit pas plus connu. Je me demande comment il fait.

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  • 24 juillet 2019 - 1 h 03 min

    Donc c’est bien ce que je pensais : le coup du mini touchpad fait des vas-et-viens récurrents en FPS et ça peut fatiguer au bout de quelques minutes de jeu. Un second stick analogique à droite en plus aurait été la bienvenue, tout en conservant ce touchpad car ça doit dépendre des jeux (sur Sekiro, le touchpad a l’air plus intuitif). Bref, je suis certain que des concurrents sont en train d’étudier ces vidéos youtube et les commentaires associés.

    Sinon, vu les perfs pas énormes de la version “Ultra” haut de gamme, on peut à la rigueur sacrifier 8GB de RAM et du stockage en prenant la version “Pro” milieu de gamme… mais au final tout ceci est bien trop cher (je me demande même la pertinence du prix dans sa version bas de gamme, c’est quasi-invendable). La stratégie faibles volumes/fortes marges peut marcher si ils restent les seuls à vendre ce type de machine, mais attention surtout à GPD (qui a l’expérience pour contrer la Smatch-Z).

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  • 24 juillet 2019 - 10 h 21 min

    Merci pour cette saga. On attend la suite.

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