Chuwi SurBook et SurBook Mini: Les tablettes Surface Pro à la sauce chinoise

La marque Chinoise Chuwi profite de la Hong Kong global Sources pour présenter ses nouveaux produits et en particulier deux nouvelles tablettes très inspirées des Surface Pro de Microsoft. Les Chuwi Surbook et Surbook Mini reprennent le principe de la béquille.

L’idée de Chuwi est assez simple pour ces modèles. Les Chuwi SurBook ressemblent à des Surface Pro mais proposent un prix beaucoup plus accessible grâce à un matériel embarqué tout simplement moins performant. Evidemment les finitions, services, adaptations internes et optimisations seront également en deçà de la proposition Microsoftienne, mais le jeu peut cependant en valoir la chandelle suivant vos ambitions, budgets et envies.

La Chuwi SurBook

Prenez la Chuwi SurBook par exemple, la base est très solide avec une diagonale de 12.3 pouces qui affiche en IPS une image de 2736 x 1824 pixels. On retrouve un affichage en 3:2 identique à la Surface Pro 4 et l’engin reprend évidemment le principe de béquille du modèle original. On pourra donc l’utiliser en tablette classique, la poser debout ou l’utiliser comme un pseudo portable avec un dock clavier.

Chuwi SurBook

Ce qui changera vraiment la donne c’est l’équipement interne de la machine. Chuwi a fait appel à un processeur Intel Celeron Apollo Lake N3450, une puce performante mais en dessous de ce qu’offre Microsoft avec ses Core M et ses Core i dans ses Surface Pro. Des processeurs plus simples à embarquer et surtout moins chers à l’achat pour Chuwi, ce qui est évidemment plus facile a vendre. Si le delta de tarif entre un original et une copie est trop faible, on aura tendance à choisir l’original. Avec un prix beaucoup plus léger, la Chuwi SurBook sera plus facile à vendre.

Chuwi SurBook

Cela ne veut pas dire que la tablette sera à la traîne, le reste des points clés est bien maitrisé par la marque et on retrouve tout de même 6 gigaoctets de mémoire vive accompagnés par 128 Go de stockage malheureusement en eMMC 5.0. Pas la solution la plus efficace du marché sans même parler d’une éventuelle évolutivité. Au final, ce trio apportera des performances honnêtes mais loin des propositions d’une Surface Pro. A vous de voir si ce niveau d’exécution correspond à vos besoins.

Chuwi SurBook

Au vu du reste des composants, plutôt classiques sur ce marché aujourd’hui avec un lecteur de cartes MicroSDXC, un système de double camera avant et arrière en 2 et 5 mégapixels, un port MiniHDMI, un port jack audio 3.5mm, un port USB Type-C, deux ports USB pleine taille dont un en USB 3.0 et un en USB 2.0 et bien sûr un duo Wifi AC et Bluetooth 4.0, on peut s’attendre à une note relativement salée.

Chuwi SurBook

Le fait que la tablette propose en prime un stylet actif Hipen H3, soit fabriquée en aluminium et en alliage de magnésium et que son clavier amovible propose un rétro éclairage nous indique que le prix devrait être élevé. Difficile d’en savoir plus pour le moment comme vous le lirez plus bas.

Chuwi SurBook

L’autonomie indiquée est assez vague avec “une journée de travail”, ce que j’ai tendance à prendre avec des pincettes de plus en plus grosses, Chuwi n’étant pas connu pour l’autonomie de chameau de ses engins. Le modèle 37 Wh en 7.4 volts fera ce qu’il pourra mais je doute qu’il suive de près la voie tracée par la Surface Pro de Microsoft.

Chuwi SurBook

Détail amusant qu’on ne retrouvera jamais sur les Surface de Microsoft, la tablette sera livrée en dual boot : Sous Windows 10 bien sur mais également sous Ubuntu.

La Chuwi SurBook mini est plus compacte mais pas si minuscule que cela, son écran IPS propose une diagonale de 10.5 pouces qui affiche en  2560 x 1600 pixels avec une compatibilité stylet Hipen H3.

Chuwi SurBook Mini

On retrouve ici un affichage en 16:10 qui devrait décevoir beaucoup d’aficionados des tablettes plus carrées que rectangulaires. Les entrailles de cette version plus compacte sont identiques avec probablement la même carte mère embarquant toujours un Celeron N3450, 6 Go de mémoire vive et juste 64 Go de stockage en eMMC 5.0.

Chuwi SurBook Mini

Sa batterie à moins d’espace pour se déployer et il faudra donc se contenter d’une 25.9 Wh en 7.4 volts toujours annoncée comme offrant “une journée” de travail.

Chuwi SurBook Mini

On retrouve la même connectique avec une sortie miniHDMI, la prise jack 3.5 mm audio, les deux ports pleine taille USB 3.0 et USB 2.0 et le même dispositif de webcams. La connexion sans fil est également totalement identique. Même les boutons de volume et de démarrage des deux engins sont placés en haut à droite du cadre des tablettes, ce qui me fait clairement penser à un matériel commun.

Chuwi SurBook Mini

Là où ça se complique pour ces Chuwi SurBook et pourquoi on n’a pas encore de tarif

La marque compte faire financer le lancement de ses tablettes via une campagne sur Indiegogo. Je ne reviendrai pas sur ce que je pense du site de financement participatif mais ce type de décision a tendance à me hérisser le poil désormais. De plus en plus de marques utilisent des systèmes de financement participatif pour lancer des produits et éviter de boire le bouillon même si leurs produits sont franchement pourris.

Avant, quand un constructeur lançait une nouveauté, il devait proposer un engin original et novateur ou alors d’un suffisamment bon rapport qualité/prix pur séduire. Et si il était mauvais, la nouvelle se rependait très vite, de forum en forum, de test en test. Evidemment, si il sortait un mauvais produit et que la nouvelle se répandait vite, il gardait son stock sur les bras ou baissait rapidement ses tarifs. Aujourd’hui, avec le dévoiement des systèmes de financement participatif, le constructeur appâte le chaland en proposant un prix plus abordable pour amorcer en grande partie sa production. Les premiers acheteurs voient miroiter un tarif alléchant, généralement un prix sabré par rapport au prix public censé être affiché en magasin. Ils investissent donc plusieurs centaines d’euros les yeux fermés dans la production de la tablette de leur rêve sans même savoir réellement ce qu’elle vaudra.

Evidemment, le constructeur se frotte les mains, ils ne prend plus aucun  risque. Si la tablette est nulle, si son autonomie est catastrophique, les gentils pigeons bakers auront bien leur tablette et ne pourront rien y redire. Lui aura amorti ses éléments de production de base : moules, quantité minimum de production pour amortir son design, achat minimal de pièces détachées pour obtenir un bon tarif. A eux de découvrir les joies d’un modèle quasiment pas exploitable. A eux de s’apercevoir que les versions corrigées débarquent finalement au même prix en boutique d’export. A eux de comprendre qu’ils n’ont pas eu un cadeau mais juste une bien maigre “récompense” pour leur financement et leur crédulité.

Vous m’aurez compris, les Chuwi SurBook et Chuwi SurBook Mini ne sont pas de mauvaises machines, je n’en sais rien et sur le papier elles ont à mon sens pas mal d’intérêt. Mais passer par la case Indiegogo pour les obtenir me semble être une très mauvaise idée. Non seulement c’est dangereux à très court terme mais cela encourage de plus en plus les constructeurs à utiliser ce type de solution pour proposer des engins sans prendre aucun risque à les livrer alors qu’ils sont totalement inutilisables.

Source : Notebook Italia et Notebook Italia qui fait un excellent boulot sur cette GSHK

15 commentaires sur ce sujet.
  • 19 avril 2017 - 13 h 53 min

    Beau discours sur le financement participatif et la (quasi) perte de risque pour le constructeur.
    J’ai fait partie des backers pour GPD, à tort. J’avoue qu’en y réfléchissant bien, si ça peut être tentant pour l’acheteur d’obtenir un produit rare, quasi seul sur le marché, une simple tablette me laisse perplexe sur le succès de la campagne.

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  • 19 avril 2017 - 14 h 42 min

    @prog-amateur:
    Non comme c’est clairement écrit c’est pas sur le financement participatif mais clairement indiegogo, comme si kickstarter était plus sûr et offrait plus de garanties.

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  • 19 avril 2017 - 14 h 57 min

    @frolix8: Non, sur le financement participatif en général. Que l’opération soit bien menée ou non ne change pas le fond de l’affaire.

    “De plus en plus de marques utilisent des systèmes de financement participatif pour lancer des produits et éviter de boire le bouillon même si leurs produits sont franchement pourris.” Le pluriel indique clairement qu’il ya plusieurs systèmes de financement participatif.

    “Je ne reviendrais pas sur ce que je pense du site de financement participatif” Ce qui est une manière de ne pas me focaliser uniquement sur Indiegogo.

    “mais ce type de décision a tendance a me hérisser le poil désormais.” L’expression “ce type” est bien englobant, il convoque tous les systèmes de financements participatifs quand ils sont au secours d’industriels ayant tout à fait les reins assez solides pour gérer leurs frais de développement en solo.

    Ce petit laïus est donc bien généraliste comme le souligne @prog-amateur, et non pas uniquement à charge contre Indiegogo. Car même en passant par le système de financement participatif le plus sûr du monde, cela ne résout pas les éventuels soucis techniques décrits plus haut : Finition, autonomie, prix faussement sabré.

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  • 19 avril 2017 - 15 h 27 min

    une campagne sur Indiegogo.Je ne reviendrais pas sur ce que je pense du site de financement participatif
    Dans ce cas il aurait fallu écrire
    une campagne sur Indiegogo.Je ne reviendrais pas sur ce que je pense des sites de financement participatif

    à priori, je n’ai jamais lu d’avis négatifs sur kickstarter dans les articles de minimachines contrairement à indiegogo. (une MAJ sur ONO/OLO 3D serait de circonstance.

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  • 19 avril 2017 - 15 h 46 min

    @frolix8: Ce que tu as lu dans le passé est différent de la position généraliste appuyée ici. Cela concerne le fait de prendre le financement participatif en charge de son développement au lieu d’y investir les fonds propres que l’on possède quand on est u industriel établi.

    Tous les sites de financement participatifs ne sont pas a mettre dans le même sac. Le sens serait ici contraire à ce que je pense et n’entre pas en ligne de compte avec la position défendue ici.

    Je ne pense toujours pas que Kickstarter soit dans le même sac qu’Indiegogo même si les deux ont leurs déboires, je ne vais pas écrire un truc que je ne pense pas pour te faire plaisir et, qui serait en plus, hors de propos.

    La différence patente et que tu sembles oublier volontairement est que KS fait un minimum de police sur ses partenaires tandis que Indiegogo accepte même des financements participatifs pourtant décryptés comme des arnaques par de précédents sites de financement. J’en ai déjà suffisamment parlé pourtant…

    Le fait que KS connaisse des déboires avec des projets, comme le OLO par exemple, est différent d’un laisser aller total permettant à des escrocs de proposer un reboot de câbles Znaps sur Indiegogo sans aucun contrôle en amont. Ou la présence encore aujourd’hui de la montre “en bois” fabriquée par un “Papy horloger” mais en réalité vendue en noname par des fabricants chinois. Et cela plusieurs années après la mise en ligne de la campagne (Juin 2015) sur Indiegogo : https://www.indiegogo.com/projects/grandfather-launches-lunowear-watch-with-grandson-watches-wood–2#/

    Là on sait que c’est du flan, que les montres sont pourries et vendues beaucoup trop cher pour du noname chinois mais cela n’empêche pas la “marque” de prospérer sur le site…

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  • 19 avril 2017 - 16 h 05 min

    Oui bien sur on y croit, comme OLO un projet américan de San Francisco made in italy sans aucun prototype faut pas prendre les gens pour des cons et raconter n’importe quoi, le chef de la police chez kickstarter c’est guignol.

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  • 19 avril 2017 - 16 h 09 min

    bon, ce qui était bien c’était le dual boot avec un linux. Un vrai produit comme ça m’intéresserait bien. Pas une simple promesse de financement participatif en effet. Pas pour un truc si peu innovant à la vérité (si ce n’est commercialement avec le dual boot linux — mon expérnience étant que le dual boot avec android est insuffisant. Par exemple, ma tablette x86_64 teclast kidow en dual boot win10 et android, et accès au bios, ne me permeet pas en pratique de booter depuis une clé usb même si je peux sélectionner ce choix depuis le bios. et ça, ça veut dire pas d’achat sans test montrant que la fonctionnalité qu’on veut est réellement effective !)

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  • 19 avril 2017 - 16 h 10 min

    @frolix8: Guignol a t-il bloqué des campagnes sous réserves de signalement de la communauté avant de les voir apparaitre chez Indiegogo ? Oui. et cela fait à mes yeux une nette différence.

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  • 19 avril 2017 - 16 h 11 min

    @Jean-Pierre: effective et bien gérée. Si c’est pour avoir un Linux qui pulse à toute vitesse mais une batterie qui fond en 30 minutes, ce la n’a pas d’intérêt.

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  • 19 avril 2017 - 20 h 27 min

    Pas de parti pris, j’suis objectif, indiegogo c’est pour les pigeons et kickstarter c’est du sérieux ( même si vous avez donné votre fric à un projet comme tiko 3D,OLO 3D,.. )

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  • 19 avril 2017 - 20 h 45 min

    @frolix8: Et bien disons que si on cherche un achat sûr, on ne se dirige pas vers une plateforme de financement participatif. On va plutôt chez Darty. Après si on ne vois pas la différence entre un KS et un Indiegogo, soit on est de mauvaise foi, soit on est légèrement manichéen. Dans les deux cas il vaut mieux aller chez Darty et s’offrir une garantie 5 ans supplémentaire :)

    “indiegogo c’est pour les pigeons et kickstarter c’est du sérieux”
    sinon je n’ai jamais dis ça, encore moins écrit. Mais on n’est pas Manichéen dans la demie mesure, on l’est toujours, et on peut ainsi voir le monde sous la loupiote qui nous arrange.

    “Pas de parti pris, j’suis objectif”
    Je revendique ma subjectivité, on est sur un blog et je ne suis pas journaliste.

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  • 20 avril 2017 - 10 h 26 min

    @Pierre Lecourt:
    Donc c’est quoi la différence ?
    Concernant KS je pensais à tort :
    – la vérification des identités => faux (OLO 3D)
    – la vérification d’un prototype => faux (OLO 3D)
    – la publication des dépenses et des fonds restants en cas d’échec => faux (Tiko 3D)
    – la restitution des fonds restants en cas d’échec => faux (Tiko 3D)
    – l’utilisation des fonds “spécifiques” uniquement dans le but déclaré => faux (Tiko 3D)

    Et des projets pourris on en trouve des tas aussi bien sur KS que sur Indiegogo et d’autres, la seule chose sur laquelle je suis d’accord c’est indiegogo est moins regardant que KS, mais dans tous les cas ces plateformes n’ont pas mis en œuvre le minimum pour limiter les fraudes.

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  • 20 avril 2017 - 14 h 29 min

    @frolix8: “Donc c’est quoi la différence ?” puis “la seule chose sur laquelle je suis d’accord c’est indiegogo est moins regardant que KS”… c’est à dire le point que je défend depuis le début concernant Indiegogo qui accepte n’importe quoi, même les campagnes rejetées par KS après des milliers de signalement.

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  • 20 avril 2017 - 14 h 59 min

    et la campagne storm e-bike qui a fait indiegogo,KS puis indiegogo, KS n’a pas été très regardant non plus, alors pour dire quel site est le moins honnête ou le plus escroc ………………….

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  • 20 avril 2017 - 15 h 08 min

    idem pour seeed 3 projets sur KS alors que certains ne sont toujours pas livrés sans parler de la version 3G(4G) qui reste en “silence radio” donc non livré aussi.
    Donc des projets de merde sous KS ça existe et existera encore (idem pour indiegogo)

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