Intel a toujours du mal à livrer ses Celeron et Pentium

Les problèmes de livraison d’Intel ne vont pas en s’améliorant. Ses solutions entrée de gamme Celeron et Pentium restent toujours difficiles à obtenir pour les fabricants de machines pour ce premier trimestre 2019.

La situation a tendance a s’envenimer, les processeurs Intel Celeron et Pentium de la gamme Gemini Lake continuent de manquer à l’appel. Intel a également du mal à livrer assez de puces Intel Core i5 Kaby Lake Refresh sur ce premier trimestre 2019. La faute à un défaut de production lié aux changements de technologie de la marque qui peine encore et toujours à produire en 10 nanomètres.

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En attendant que cela se règle, Intel a mis la priorité de sa production sur les processeurs les plus rémunérateurs et donc les solutions haut de gamme. Une décision logique puisqu’elle permet d’amoindrir les  effets négatifs de la pénurie sur le chiffre d’affaire de la marque. On trouve donc des puces pour serveurs, des Core i7 et i9 en quantités suffisantes mais beaucoup moins de processeurs plus low-cost.

Et cette problématique de pénurie irait apparemment en s’amplifiant puisque les chiffres annoncés par Digitimes montrent un delta entre la demande et les livraisons qui aurait doublé depuis la fin 2018 sur ces secteurs. Alors qu’Intel livrait 5% de moins que prévu en fin d’année dernière, ce chiffre atteindrait aujourd’hui 10%. Un problème qui a des conséquences en cascade puisque les constructeurs se reportent tous vers des solutions alternatives. Les Core-5 Kaby Lake Refresh manquant à l’appel, leurs prix augmentent. Les fabricants se tournent alors vers les Core i3 pour proposer des solutions plus abordables. Ce mouvement étant général, ce sera vraisemblablement bientôt autour de ces Core i3 de poser un problème.

The Intel Pentium Silver and Intel Celeron processors are based on Intel’s architecture codenamed Gemini Lake, and are engineered for a great balance of performance and connectivity for the things people do every day with great battery life(Credit: Intel

Les grands constructeurs sont, bien entendu, moins impactés que les petits. Leurs contrats obligent un peu plus à les livrer que les fabricants noname qui n’ont pas de partenariats très poussés. Un fabricant comme GPD par exemple a signalé limiter la production de son nouveau GPD MicroPC en fonction des puces qu’il avait pu sécuriser. C’est franchement dommage pour les gammes Celeron et Pentium Gemini Lake car ce sont d’excellents processeurs entrée de gamme. Performants, stables, peu gourmands et répondant à la grande majorité des besoins des utilisateurs. Ils n’ont eu pour le moment qu’une demie vie sur le marché faute de stocks suffisants. Les fabricants noname se rabattent massivement sur des solutions plus anciennes comme les processeurs Apollo Lake moins doués.

Cette pénurie a le mérite de laisser AMD émerger sur le secteur. La marque enregistre une belle progression avec une part de marché qui a bondi de légèrement moins de 10% à presque 16%. Malheureusement cet impact ne se sent pas vraiment dans les minimachines, AMD restant toujours lié à des puces proposant un TDP trop élevé pour une intégration dans des MiniPC ou des ultraportables. 

Intel a tiré la sonnette d’alarme et met en place diverses stratégies pour remettre sa production en bon état de marche. Principalement en investissant massivement dans ses usines de productions 14 nanomètres aux US et en Irlande. Il faudra cependant probablement encore attendre un moment pour retrouver une production au niveau.

9 commentaires sur ce sujet.
  • 11 mars 2019 - 16 h 07 min

    Comment se fait-il qu’un mastodonte comme Intel ne soit pas capable de s’organiser ?
    Tous les cerveaux sont partis chez AMD ou quoi ?

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  • 11 mars 2019 - 16 h 46 min

    @Le Breton: Ben les usines à CPU ça ne pousse pas dans la nuit. C’st comme piloter une péniche, entre le moment ou tu te dis qu’il faut freiner et le moment ou tu es à l’arrêt, il se passe un long délai.

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  • 11 mars 2019 - 18 h 42 min

    Une solution toutes simple permettrait de diminuer cet effet pervers, les constructeurs se pénalisent eux même en multipliant inutilement les références.
    Ne serais t’il pas plus judicieus de se concentrer sur moins de produits mais avec une production plus stable que de se disperser.

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  • 11 mars 2019 - 20 h 32 min

    Ils sont surement en train de payer les décisions du précédent PDG qui a réduit les investissements pour améliorer la rentabilité puisqu’il n’y avait plus de concurrence. Ce qui nous a donné tant de générations de CPU presque identique.
    Maintenant, ils semble avoir un retard technologique à tous les niveaux (finesse de gravure, capacité de production, puissance des puces en concurrence avec AMD, retard avec la 5G et les réseaux…).

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  • 11 mars 2019 - 20 h 57 min

    @X3n0:
    Je suis un peu du même avis que Toi,
    AMD fait un tir groupé sur des processeurs puissants,
    car c’est là qu’il marge le plus !!!

    Mais je préférai une meilleur répartition dans le développement de ses processeurs,
    en nous, proposant aussi du très basse consommation, dans les moins de 12 Watts,
    AMD sait le faire, et il a les technologies nécessaires,
    à mettre tout ses oeufs dans le même panier,
    je pense qu’un jour, il le regrettera…

    Il est entrain de laisser passer sa chance,
    sur un marché qui est aussi extrêmement porteur,
    même si ses marges seraient moindre !

    Voir l’intérêt à court terme, c’est bien,
    mais voir l’intérêt à long terme, c’est beaucoup MIEUX…
    c’est ça la Stratégie !!!

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  • 12 mars 2019 - 11 h 44 min

    @X3n0:

    Du wafer reste du wafer …

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  • 12 mars 2019 - 22 h 36 min

    @Pierre Lecourt: je ne comprend pas du tout cette situation…

    Intel a déjà été conforté à un tel niveau dans se genre de situation ?
    …depuis 35 ans que je baigne dans le milieu, jamais entendu parlé.
    Les ventes de pc diminues depuis pas mal d’années, alors maintenant pourquoi avoir autant de soucis à produire qu’il faut en produire moins ???!
    Pourquoi on entend pas TSMC, par ex., avoir une pénurie de production alors qu’il est confronté bien plus souvent qu’Intel au changement de finesse de gravure et qu’il produit certainement bien + de puces qu’Intel ?

    Intel n’est pas née de la dernière pluie, alors c’est bien difficile à croire qu’il a autant de mal à anticiper des évolutions de marchés…à moins…à moins que ce soit voulu ?!?!?!…

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  • 12 mars 2019 - 23 h 30 min

    @Skwaloo: Il est difficile de comparer Intel à TSMC ou GF.

    TSMC n’a qu’un seul job, graver. Si il faut qu’ils injectent X milliards de $ pour passer à une nouvelle finesse de gravure, ils le font et répercutent le coût à leurs clients qui les répercutent ensuite à leurs propres clients.

    Pour Intel, il n’y a pas d’intermédiaire. Leur gamme de puce est définie par des gammes de perfs / prix. Sortir un nouveau Celeron en 10 nano aurait un impact majeur sur leur tarif et rendrait la situation intenable. Personne n’en voudrait. La seule solution pour Intel c’est d’amortir les nouvelles technologies de puces sur le très haut de gamme puis de les faire redescendre ensuite en gamme. Tant que la nouvelle gravure est pas prête sur le haut de gamme, rien ne bougera.

    Ensuite il faut comparer ce qui est comparable. Demain une usine d’Intel peut très bien fabriquer du 10 nano ou du 7 nano. Il suffit de claquer l’argent nécessaire pour le faire. Mais ce sera possible de faire du 7 nano en ARM. Pas en Intel x86. Pour le moment il n’y a pas de solution pour le faire, c’est en train de se régler mais ce n’est clairement pas aussi facile que prévu.

    La façon de considérer les puces est différente suivant les marques. Par exemple, chez Intel, tu as 1% de la puce qui est en 14 nano et 99% en 10 nano et bien c’est une puce 14 nano. Chez d’autres quand tu as 1% de 10 nano et 99% de 14 nano et bien c’est du 10 nano…

    Tout cela va changer grandement avec Foveros. Intel va pouvoir combiner des SoC comme ARM : Des coeurs en 10, des coeurs en 14 ou des composants en 28 nanomètres. Cela va probablement donner des choses très innovantes. Si Intel joue bien cette carte et propose par exemple des gros coeurs puissants en 10 nano et d’autres plus léger en 14 nano avec en prime un circuit graphique performant et un modem 5G : on aura une puce avec les mêmes avantages que les solutions ARM : De la perf, de l’autonomie, des fonctions de réveil et de veille profonde. Parfait pour les minimachines en tous genre.

    Autre truc a prendre en compte, la course à la basse finesse de gravure c’est un piège que s’est tendu Intel lui même. En jouant sur le tik-tok depuis tellement longtemps. La “Loi de Moore”. en soit, baisser en finesse de gravure n’est pas forcément un bonus pour créer une puce. Cela dépend de beaucoup de paramètres. Quand je vois des annonces de marques qui font des gros titres sur le “lancement d’une usine de gravure en 3 nanomètres” alors qu’ils sont juste en train de négocier un bout de terrain avec le gouvernement local… cela me fait sourire.

    Enfin, dernier point, les partenaires d’Intel se tournent vers AMD qui gagne en parts de marché. Si il y a une chose dont tu peux être sûr, jamais Intel ne ferait cela de manière volontaire.

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  • 13 mars 2019 - 0 h 45 min

    ne pas oublier la guerre commerciale US-China.
    Je pense pas que les machines made in china qui passent les douanes sans payer de taxe soient bien vu en ce moment.

    Du coup, un peu plus de machines “plus puissante” mais moins low cost (moins puissantes comme les gammes ici) et pas pour les même marchés-clients (plus pour MS, lenovo et moins pour les oem sur le bas de gamme).

    Ça peut jouer, ne pas oublier que les négociations sont pas encore terminés.

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