Intel Iris Xe Max, un nouveau circuit graphique indépendant pour Intel

Ce n’est pas une surprise et Intel avait clairement annoncé son intention de revenir sur un marché abandonné il y a fort longtemps. Le fondeur annonce officiellement le lancement du Iris Xe Max, un circuit graphique qui complète son offre actuelle.

AMD et Nvidia ont calmement soulevé une paupière, pas trop dérangés dans leur repos ce Week End face à l’annonce d’Intel. Le lancement de l’Iris Xe MAX n’est pas vraiment un évènement pour eux. Si le retour de la marque sur ce segment est pour le moment très léger face aux deux mastodontes, c’est la première pierre d’une nouvelle bataille qui s’apprête à être jouée.

Intel Iris Xe MAX

L’Iris Xe MAX est un dérivé externe aux solutions de dernières générations intégrées dans les processeur de la marque. Pour être tout à fait clair, Intel a développé depuis trois ans une toute nouvelle gamme de circuits graphiques intégrés à ses processeurs. On les a vu apparaitre sous la marque Intel Xe dans les Tiger Lake. Mais Intel a pensé son circuit pour être également exploité de manière indépendante. Dans un circuit à part, externe au processeur.

Se faisant, la puce se présente comme une concurrente aux solutions d’AMD et de Nvidia d’entrée de gamme. Les puces que l’on trouve préinstallées dans les portables milieu de gamme en général. De fait, Intel ne vendra pas cette Iris Xe Max dans un format de carte classique dans le commerce. Elle sera réservée aux constructeurs sous la forme de puce à intégrer aux cartes mères. Sur les portables ou sur les cartes des MiniPC, nous pourrons retrouver cette solution intégrée à la place, par exemple, d’un circuit MX de Nvidia. En France, trois machines sont annoncées avec cette solution intégrée, trois portables, chez Acer, Asus et HP.

Intel Iris Xe MAX

Point intéressant de l’offre d’Intel, la concordance de son moteur Iris Xe Max avec les puces Xe de ses Tiger Lake va permettre aux deux solutions de travailler de concert. Une solution, baptisée Deep Link permettra de mettre en commun les ressources de la puce graphique Intel Iris intégrée au processeur à celle de cette nouvelle solution externe. De manière à profiter des performances des deux éléments combinés. Cette opération ne sera toutefois pas une simple addition mathématique de compétence et on ne pourra pas imaginer un résultat additionnant les performances des deux puces. 

En réalité, la puce externe Iris Xe Max propose surtout des fréquences élevées du fait de sa séparation du reste du processeur Tiger Lake et de l’exploitation d’un processus de gravure 10 nanomètres SuperFin. La fréquence maximale grimpe à 1.65 Ghz, 300 MHz de mieux que ce que propose le circuit Xe du Core i7-1185G7. Ce gain n’est pas anodin puisque la puce offrirait en théorie jusqu’à 22% de performances en plus en calcul. Pour le reste, les deux solutions sont très semblables avec là encore 96 EU, contrôleur mémoire 128 bits, et le même bloc de prise en charge vidéo capable de gérer aussi bien les formats H/26x qu’AV1. 

Intel Iris Xe MAX

Reste que l’offre a du sens pour Intel et ses partenaires, l’arrivée de Iris Xe Max ne chamboulera pas le petit monde des circuits graphiques actuels mais ouvre la  voie à une solution intermédiaire. Intel ne promet pas de vous offrir de quoi jouer en 3D en ultra haute définition mais une solution plus efficace pour des besoins plus classiques. La puce permettra de lancer de nombreux jeux en FullHD à une trentaine d’images par seconde. Rien de révolutionnaire donc mais une lame supplémentaire dans le couteau Suisse de l’offre d’Intel. L’arrivée du circuit va également permettre de libérer en partie le système des emprunts en mémoire des circuits graphiques internes. La solution pourra prendre en charge jusqu’à 4 Go de LPDDR4X sur une bande passante de 68 Go/s. Un apport particulièrement sensible sur certaines machines où les 8 Go de mémoire de base se trouvent amputés par le circuit graphique du processeur.

Intel Iris Xe MAX

Autres points forts, qui sont d’ailleurs parfaitement dans la ligne de la proposition EVO d’Intel, la possibilité de piloter quatre écrans en parallèle en HDMI 2.0b et DisplayPort 1.4a. De quoi alimenter les ports Thunderbolt d’une nouvelle génération de machines. Le support d’un PCIe 4.0 permettra, enfin, de profiter à plein de toute la bande passante disponible et même de piloter des écrans jusqu’au 8K. 

On devrait à terme retrouver les circuits Iris Xe Max dans de nombreuses solutions milieu de gamme en portables et ultraportables mais aussi, je suppose, dans des MiniPC. Je ne serais pas surpris qu’Intel intègre ses nouvelles solutions dans une prochaine génération NUC pour apporter plus de fonctionnalités à l’ensemble.

Intel Iris Xe MAX

Pas de vraie concurrence aux solutions AMD et Nvidia donc, enfin pas vraiment. D’un point de vue technique, il semble bien que les puces Nvidia MX350 soient équivalentes en terme de 3D et  les MX450 soient au dessus de l’offre d’Intel. Mais en pratique, beaucoup d’acheteurs – professionnels comme particuliers – se satisferont parfaitement de ce type d’offre. Ne cherchant pas à concurrencer pour le moment ces marques sur ce secteur, Intel va viser un public plus large, juste à la recherche d’un peu de fonctionnalités en plus : de la vidéo UltraHD, des compétences de 3D pour des jeux grand public en 720P et 1080P et des possibilités de calcul externe avec des outils comme Handbrake ou OBS.

Reste à savoir comment Intel va porter sa gamme dans le futur. Dans quel axe la gamme va se développer. Intel semble porter de grands espoirs sur cette famille de puces et pourrait porter celles-ci vers de nouveaux paliers. Plus de compétences en calcul et en 3D, plus de capacités dans le futur. Si il semble difficile aujourd’hui pour Intel de concurrencer techniquement un jour AMD et Nvidia sur ce segment, cela ne veut pas dire que la marque ne trouvera pas avec les Iris Xe Max une voie à exploiter habilement. On peut compter sur Intel pour proposer des offres processeur et circuit graphique particulièrement intéressantes pour les constructeurs. De quoi couper l’herbe sous le pied des autres prétendants et s’intégrer massivement dans le marché. 

 

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Jaune
7 commentaires sur ce sujet.
  • 2 novembre 2020 - 21 h 37 min

    Pour l’instant le rapport perf/prix n’est pas compétitif du tout (au vu des prix des 1ers PC portables a en être équipé)

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  • 3 novembre 2020 - 1 h 04 min

    Le Deep Link d’Intel, se serait pas un pompage de la solution Smart Shift d’AMD?

    Étant donné le niveau de performance (et surtout les similitudes avec les Iris Xe intégrés), Intel aurait mieux fait d’améliorer sa solution d’iGPU déjà existante au lieu de la séparer en un GPU externe.
    Je vois pas vraiment ce qui justifie une consommation supplémentaire pour un gain de performance aussi faible…

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  • 3 novembre 2020 - 1 h 34 min

    @Annoshim: Euh.. ils ont fait les deux hein, les Iris Xe sont plus performants et Iris Xe Max booste encore cette performance. Difficile de reprocher à Intel de vouloir proposer son propre circuit “MX” et de concurrencer Nvidia et AMD. C’est objectivement la chose a faire. Le seul moyen également de commencer a développer une gamme. Ce qui sera forcément au bénéfice des clients finaux.

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  • 3 novembre 2020 - 12 h 52 min

    @Pierre Lecourt: Hello, déjà, merci pour cet article, j’aime beaucoup son accroche de départ.
    Je me permets de douter sur ton commentaire “Ce qui sera forcément au bénéfice des clients finaux.” parce que, si j’ai bien compris la stratégie d’Intel, c’est d’accompagner (comprendre financer) le marketing des constructeurs (ASUS, Acer, etc.) en échange de construire avec Intel et mettre quelques logos Intel par-ci par-là. Et c’est là où je doute qu’AMD et Nvidia puissent concurrencer ça, et on risquerait de revivre ce qu’un a connu avant il y a 2 ans, c’est à dire de l’Intel presque partout, presque tout le temps.
    A la rigueur, on pourrait trouver Nvidia sur le haut de gamme, mais j’ai un doute pour AMD.

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  • 3 novembre 2020 - 13 h 36 min

    @prog-amateur: Ben non, c’est pas comme ça que ça marche en fait.

    Intel peut financer des machines oui, et sur les machines financées tu auras que du Intel oui. Mais cela n’empêche pas les constructeurs de proposer des machines “non Intel” sans financement. Sinon aujourd’hui on n’aurait pas des solution AMD ou Intel + Nvidia.

    Alors oui il y aura surement une gamme 100% Intel avec des perfs de MX350/MX450 pour moins cher que les solutions Nvidia + Intel. Mais rien n’empêchera un constructeur de proposer un Intel + MX450 ou un AMD concurrent. Le truc c’est que pour se démarquer réellement Nvidia et AMD vont devoir proposer plus de performances sur ce segment qui est leur entrée de gamme. Et ça c’est positif pour les acheteurs.

    Au final on aura donc un tableau de ce style :

    Des PC 100% Intel avec un gros financement marketing et un prix d’appel sympa.
    Des PC Mixte avec moins de financement mais toujours présents.
    Des PC 0% Intel avec pas de financement Intel évidemment mais tout le poids des autres partenaires de la marque.

    Plus de choix donc.

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  • 3 novembre 2020 - 14 h 56 min

    @Pierre Lecourt: merci pour cet explication claire. Dit comme ça, ça parait effectivement intéressant.

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  • 3 novembre 2020 - 17 h 36 min

    Plus de concurrence, c’est toujours bon pour nous :)
    Regardez les processeurs Intel depuis qu’AMD est revenu en force, on en a plus pour notre argent .
    De plus, il est plus difficile de faire un “business agreement” à 3 qu’à 2 …

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