MediaTek Pump Express 3.0 : Encore une norme de recharge rapide

Avec le Pump Express 3.0, MediaTek promet de remplir votre batterie de 0 à 70% de sa capacité en 20 minutes. La marque annonce donc faire beaucoup mieux que ses concurrents qui plafonnent au mieux au double du temps pour le même résultat. Seul souci, nous sommes obligés de croire Mediatek sur parole au sujet d’une norme qui n’a pas vraiment percé pour le moment.

Résumé des épisodes précédents. Mediatek propose d’abord une première norme baptisée Pump Express, sortie en 2014, que seuls quelques utilisateurs découvrent lorsqu’ils importent des smartphones asiatiques. Un an plus tard, la marque passe à Pump Express+ qui promet de recharger 75% d’une batterie en 30 minutes. Aujourd’hui est donc annoncée une évolution de cette norme qui fait mieux et qui devrait être produite en masse au troisième trimestre.

Enfin , produite en masse, c’est vite dit. Les marques qui ont fait confiance à Mediatek pour sa solution sont en gros celles qui ont employé des puces Mediatek dans leurs smartphones et tablettes. Il n’y en a pas foule, les partenaires permettant l’intégration étaient alors peu nombreux.

Pump Express 3.0

Aujourd’hui, avec Pump Express 3.0, le problème est le même. La technologie est intéressante mais je doute qu’on la voie dans de nombreux terminaux. Il faut en effet recourir à un jeu de deux puces spécialisées de marque Mitsumi fabriquées exclusivement pour Mediatek pour pouvoir profiter de la technologie. Je suppose qu’il faudra également acheter un SoC de la marque, ce qui devrait drastiquement limiter la prolifération du format.

Pump Express 3.0

Il est néanmoins intéressant à découvrir puisque c’est le travail d’un bon élève. La marque s’appuie en effet sur les capacités de l’USB Type C pour appuyer sa technologie. Avec une entrée en 3 à 6 volts pour 3 A, Pump Express 3.0 promet un rendement énergétique de 95%, une absence de chauffe si on utilise les bons câbles et surtout une meilleur gestion du circuit de charge.

Pump Express 3.0

En rose le circuit e charge direct, en bleu le circuit de charge classique.

En effet, au lieu de faire circuler le courant dans l’ensemble de la machine à recharger, Pump Express 3.0 promet un chargement direct de la batterie en utilisant uniquement les composants de contrôle de charge. Cela évite, d’une part, une perte de rendement mais aussi une chauffe involontaire de l’engin rechargé. L’USB Type C permet également d’établir un dialogue très rapide entre le chargeur et le composant gérant la charge. Ce dernier peut, en outre, dialoguer avec les composants internes pour faire varier le voltage et optimiser la charge, couper le courant en cas de détection d’anomalie et calculer la charge optimale en détectant les capacités du câble employé.

Pump Express 3.0

Bref, tout cela est super pour l’utilisateur mais pose un petit problème de concurrence. Avec de plus en plus de normes de recharges rapides liées à des SoC, on peut avoir au sein d’un même fabricant plusieurs systèmes de charge rapides incompatibles entre eux. Plus les normes se diversifient, plus le risque de se retrouver avec des appareils dotés de la même connectique mais incapable d’exploiter un chargeur standard est grand. Si on mixe ce genre d’info avec celle d’une future vérification drastique des composants employés par les produits eux même dans le cadre d’une utilisation de l’USB Type C, l’avenir de ce type de produit n’est pas sans nuages. Il ne faudra pas s’étonner si un jour votre smartphone ou votre tablette vous indique que votre chargeur n’est pas le bon et refuse de remplir votre batterie avec un produit pourtant parfaitement compatible.

J’ai bien peur que tant que les fabricants de puces se livreront à une guerre fratricide pour pousser en avant leurs technologie, il n’y aura pas de standardisation possible sur ce marché. Il faudrait pour que cela fonctionne que Qualcomm s’entende par exemple avec son concurrent Mediatek ce qui ne semble pas des plus envisageable pour le moment. Pire, avec l’apparition de puces ARM chez la plupart des constructeurs aujourd’hui, on voit mal finalement chez qui se type de solution va être embarquée…

 

3 commentaires sur ce sujet.
  • 31 mai 2016 - 10 h 11 min

    “Pire, avec l’apparition de puces ARM chez la plupart des constructeurs aujourd’hui, on voit mal finalement chez qui se type de solution va être embarquée…”

    Je n’ai pas bien compris cette derniere partie. Qu’on soit chez Mediatek ou chez Qualcomm, leurs puces sont des puces ARM.

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  • 31 mai 2016 - 20 h 56 min

    “0 à 70% de sa capacité en 20 minutes. La marque annonce donc faire beaucoup mieux que ses concurrents qui plafonnent au mieux au double du temps pour le même résultat”.
    Tout dépend de ce qu’on entends pas concurrents. OPPO fait du 0% à 75% sur ses appareils depuis maintenant 2 ans. C’est une solution réelle, fonctionnelle et éprouvée.
    Le risque d’incompatibilité est traité directement par une communication chargeur-appareil : si l’un des deux n’est pas compatible, on bascule sur une charge normale.
    Et contrairement aux “concurrents” (excepté la solution présentée ici) il ne s’agit pas d’appliquer une tension élevée (elle est standard à 5V) mais de faire varier le courant en le divisant entre les cellules de la batterie. Chaque cellule voit ainsi une tension et un courant “normal” ce qui évite les dégradations. Mon Find7 a 2 ans et a toujours été rechargé par ce biais : la batterie est d’origine et ne montre pas de signes de faiblesses particuliers.
    L’inconvénient c’est qu’il faut une chaine complète adaptée à la charge rapide (VOOC) : chargeur, câble, appareil, batterie. Si l’un des maillons manque la charge rapide est bloquée et on passe sur une charge standard.

    Si ça t’intéresse Pierre je peux te prêter l’un de mes appareils (j’ai même un modèle 6″ si ça t’intéresse ;) ).

    Enjoy !

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  • 31 mai 2016 - 21 h 00 min
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