Jim Keller démissionne de son poste chez Intel

Arrivé en Avril 2018 Chez Intel, Jim Keller débarquait avec de lourds et impressionnants bagages. L’homme avait traîné ses compétences chez AMD, Tesla et Apple. Un CV impressionnant qui, avec d’autres recrutements, montrait la volonté du fondeur de relancer son propre logiciel d’innovation.

Jim Keller terminera cette année 2020 en tant que consultant chez Intel. L’homme a démissionné de son poste pour des raisons personnelles et quitte la société. Il restera disponible pour assurer une transition en douceur avec les chantiers en cours. Difficile de voir l’impact de sa présence dans les équipes de la marque pour le moment, le travail mené autour des processeurs est un processus à long terme.

Jim Keller

Jim Keller

Les hoquets d’Intel autour de la finesse de gravure de ses puces, un ricochet continuel sur les 14 nanomètres que l’ensemble industriel de la marque n’arrivait pas à dépasser, avaient fini par émouvoir le groupe. L’embauche de Keller devait améliorer l’évolution du fonctionnement global de l’entreprise et parvenir à dépasser les problèmes de 2018. 
Keller n’agissait pas comme un génie seul à son bureau face à une feuille blanche, son rôle était de coordonner les équipes d’ingénieurs de la marque pour faire avancer les projets, résoudre ;les problèmes et défricher le futur. Un rôle qui ne fonctionne que si l’on est capable de comprendre les technologies en jeu et qui demandent un bon niveau d’ingénierie comme de gestion des ressources.

Ce rôle n’a pour le moment pas quitté les  coulisses et si on a pu avoir l’impression qu’Intel innove ces derniers temps, avec les circuits Xe, la technologie Foveros et les processeurs Lakefield notamment, le véritable travail de l’ingénieur ne sera pas en production avant encore un certain temps. Les processeurs comme les usines de ce genre, sont de gros porte-avions qu’il est difficile de démarrer comme de diriger. On a cependant pu voir une nette évolution de la production des puces gravées en 10 nanomètres et un tassement des indisponibilités chroniques de processeurs très fréquentes l’année dernière. 

Les conséquences de ce départ, la transition de 6 mois que Keller va assurer, les remaniements dans le groupe, seront sans doute sujettes à quelques soubresauts techniques mais on se doute que l’inflexion voulue par l’ingénieur est déjà bien engagée après deux années de travail. Plusieurs hommes vont encadrer les opérations en cours et la marque compte bien poursuivre les travaux déjà entamés. Le résultat réel des travaux de Keller ne devrait pas déboucher sur un produit commercial avant 2022 ou 2023. Un travail à suivre donc.

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24 commentaires sur ce sujet.
  • 13 juin 2020 - 11 h 40 min

    Bonjour,

    Une réflexion que je trouve un brin optimiste.
    Je cherche encore les (re)évolutions chez Intel; Jim keller ou pas (On peut voir son travail avec ZEN, AMD).
    Intel n’avance pas ou plus depuis 2 voir 3 gen.
    Intel est dans la même position qu’AMD avec son ancienne génération de CPU.
    Rien aujourd’hui ne permet de dire qu’Intel à dans ses cartons de quoi avancer dans la bonne direction.
    Il suffit de voir sa dernière sortie CPU….la blague au niveau de la chauffe, de la conso et du refroidissement pour l’utiliser à son plein potentiel.
    Heureusement qu’Intel à ses commandes et son marketing pour vendre aux entreprises.

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  • 13 juin 2020 - 12 h 02 min

    Un commentaire que je trouve un brin pessimiste.

    Rien aujourd’hui ne permet de dire qu’Intel n’à pas dans ses cartons de quoi avancer dans la bonne direction.

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  • 13 juin 2020 - 12 h 11 min

    @ Pierre : je le rappelle, pour avoir travailler dans le secteur, que le niveau de gravure ne dépendant pas tant des fondeurs que des producteurs de machines à photolithographier, dont le 1Er, et de loin, est le néerlandais ASML. Si Intel n’arrive pas à graver ses puces au même niveau de finesse que les puces AMD, c’est “uniquement” une question de design mal pensé.

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  • 13 juin 2020 - 13 h 04 min

    Ce qui m’interroge c’est que contrairement a AMD où il avait quitté le poste après avoir fait le travail, il semble quitter Intel plus prématurément. Verra-t-on un impact aussi flagrant de son passage au sein de l’équipe R&D dans ce contexte? Personne ne le sait mais autant j’attendais de grandes changements avec sa nomination chez Intel et leur budget R&D, autant maintenant je revois a la baisse mes espérances.

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  • 13 juin 2020 - 15 h 16 min

    @Raph: C’est surtout une direction très orientée bénéfices et dividendes et pas trop R&D. BK a laissé couler pas mal de temps à AMD en restant focus sur d’autres sujets, n’imaginant pas le rebond de la marque. LA nouvelle direction a repris le taureau par les cornes.

    @juju: On est dans une situation compliquée, bien malin celui qui peut dire pourquoi il quitte Intel. Ca peut être très sobrement qu’il a d’autres préoccupation. Aux US il y a 1000 morts par jour du Covid-19. Il suffit de pas grand chose pour que ta vie prenne un tout autre sens. Il reste 6 mois pendant lesquels je suppose qu’il sera très sollicité mais encore une fois…

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  • 13 juin 2020 - 15 h 49 min

    Est-ce qu’il pourrait retourner chez Apple ?
    Si la marque à la pomme annonce bien la transition vers des puces ARM pour ses Macs le 22 juin, ça pourrait avoir des effets en cascade dans toute l’industrie surtout si BootCamp continue à exister avec cette fois Windows en version ARM. Si les puces haut de gamme destinées à l’iMac Pro et au Mac Pro proposent des performances dignes des puces Xeon l’impact pourrait se faire ressentir y compris dans les data centers car d’autres fabricants vont s’y mettre.
    Je pense qu’il ne faut pas négliger la capacité d’Apple à ouvrir des voies, si les MacBook (Air) tournent avec des puces ARM en 2021, les clones chinois sous Windows que l’on voit actuellement ne vont-ils pas aussi faire le saut ?

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  • bob
    13 juin 2020 - 18 h 10 min

    Quand ce sont les commerciaux qui commandent et qui s’en branlent des ingénieurs.

    C’est la débandade pour Intel et pour Microsoft cette année.

    Regardons en décembre le nombre de machines AMD sous Linux, ça va en secouer plus d’un.

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  • 13 juin 2020 - 18 h 49 min

    @bob: “C’est la débandade pour Intel et pour Microsoft cette année.”

    uh uh uh

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  • 13 juin 2020 - 20 h 17 min

    Don’t feed the troll :)

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  • 13 juin 2020 - 20 h 25 min

    @Valérie Martin:

    “Si les puces haut de gamme destinées à l’iMac Pro et au Mac Pro proposent des performances dignes des puces Xeon l’impact pourrait se faire ressentir ” Ton iMac Pro à 4000€ tu vas le sentir aussi.

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  • 14 juin 2020 - 8 h 29 min

    @Pierre Lecourt:

    Effectivement, c est sans doute le cas…ou pas mais pour le moment Intel ne sort rien de crédible depuis un moment.

    Intel va jusqu’à mettre en place des contrats avec des d’autres acteurs dans le monde de la gravure…on parle d’Intel qui n’est pas fabless.

    Mon travail est de monter des architectures et je ne me vois pas conseiller Intel en ce moment, le rapport cout/W/perf est à la ramasse.

    Concernant, Jim keller…je reste sur ma faim, j’espère que ce n’est que politique et non un souci familiale ou perso.

    Wait and see

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  • 14 juin 2020 - 14 h 02 min

    D’où l’expression : “Quitter le navire”…

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  • 14 juin 2020 - 14 h 47 min

    Des rumeurs évoquent une progression de 80% de l’IPC d’ici 3 ans.
    https://www.ginjfo.com/actualites/composants/processeurs/sunny-willow-golden-et-ocean-cove-intel-prevoit-dimportantes-hausses-de-lipc-20200612
    Mais d’un autre côté, la direction a clairement fais savoir qu’elle ne comptait plus faire du marché CPU sa priorité. Un peu comme si ils ne se sentaient pas en capacité de pouvoir reprendre le lead un jour, et commencaient dès aujourd’hui à se chercher un plan B.
    https://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:OTJdITGS_tcJ:https://www.developpez.com/actu/287084/Le-PDG-d-Intel-deplore-le-fait-que-sa-societe-s-est-tellement-focalisee-sur-les-90-pourcent-de-parts-de-marche-qu-elle-detenait-avec-ses-CPU-qu-elle-a-oublie-d-innover-et-manque-d-autres-opportunites/+&cd=1&hl=fr&ct=clnk&gl=fr

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  • 14 juin 2020 - 18 h 34 min

    @TiTi: Pour le second lien, jamais tu ne verras un CEO dire à des investisseur “on va tuer la poule aux oeufs d’or”. Ce qu’il a dit c’est que la marque a trop délaissé d’autres secteurs florissant du marché des semis et qu’ils vont s’y intéresser. Pas qu’ils allaient abandonner le reste de leur catalogue. D’ailleurs, dans les faits, les recrutements et mouvements actuels montrent une évolution inverse.

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  • 14 juin 2020 - 19 h 05 min

    Je trouve la ficelle un peu grosse. Ils annonces ses réorientations en pleine difficulté sur le 10nm et perte de leadership technologique face à AMD.
    J’ai plutôt l’impression qu’ils n’ont pas confiance en leur capacité à revenir et qu’ils préparent psychologiquement leur actionnaires à continuer de voir leur parts de marché s’éroder au fils des années. “Mais ne vous inquiétez pas: on ne subit rien, c’est stratégique!”

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  • 14 juin 2020 - 21 h 49 min

    @TiTi: Tu ne m’a pas compris. Ce n’est pas une réorientation du type, on enlève là pour en mettre là. C’est un changement d’orientation pour dire, on va aussi investir ce secteur là.

    Intel n’arrête pas les CPU, la preuve ils ont embauché plein de monde et ils travaillent à de nouvelles solutions. Simplement le temps de dév d’un CPU ce n’est pas 2 ou 3 ans, c’est plus. Mais un des premiers projet de Swan quand il a repris les rennes après le “départ” de BK, et même avant d’être confirmé dans ce rôle, ça a été d’investir dans le CPU. C’est pas pour se dédire 2 ans plus tard.

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  • 15 juin 2020 - 11 h 47 min

    Je n’ai jamais dis qu’ils allaient se retirer du marché des CPU.
    J’ai simplement dis que ce secteur ne représentera plus à l’avenir la priorité de l’entreprise. Ce sont les mots mêmes de leur COE!
    Le reste n’est qu’interprétation de chacun.
    Moi je les auraient pensé piqué en vif, et me serait attendu à un discours de reconquête, en mettant toute la puissance de frappe dont dispose Intel pour revenir encore plus fort et reprendre le leadership.
    Au lieu de ça, ils annoncent changer les priorité de l’entreprise pour viser désormais d’autres secteurs.
    Réel désintérêt pour ce challenge? Ou aveux de faiblesse?
    Dans tous les cas, jamais ils ne quitteront le marché du CPU. Ça représente une vache à lait énorme, ça serait idiot de se séparer de cette situation rentière. Car même si ils n’ont plus les meilleurs produits du marché, ils leurs restent toujours de très gros contrats avec leur partenaires, qui leur rapporte très gros. Alors ils continueront toujours d’investir là-dedans, de faire vivre leurs gammes et rester à peu près dans la course. Mais une place de N°2 semble dorénavant leur convenir, maintenant qu’ils ont l’esprit tourné vers d’autres choses.

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  • 15 juin 2020 - 12 h 03 min

    @TiTi: En fait tu oublies tout le contexte.

    Le CEO d’Intel s’adresse à qui et dans quel contexte ? Des investisseurs financiers lors de la conférence annuelle du Crédit Suisse.

    Ces gens là s’en foutent de ce qui t’intéresse toi. Ces gens là veulent des chiffres précis sur des positions précises. Leur dire qu’Intel va s’intéresser à de nouveaux marchés en forte croissance, voilà ce qui leur plait. Pas qu’ils vont focus toute leur énergie et R&D sur un marché décroissant. Le marché PC est un marché décroissant.

    Prendre ce discours, le monter en épingle comme la “sainte parole” du CEO d’Intel et en tirer de conclusions globales est une bonne manière de se prendre un gros biais d’interprétation. Le discours de Swan peut changer l’heure qui suit si il s’adresse a un parterre de journalistes hardware et encore 1 heure plus tard lors d’une présentation “Overclocking”. Le lendemain, le CEO pourra tenir encore trois ou quatre discours différents suivant qu’il s’adresse à des partenaires ou à des grands groupes voulant investir dans du serveur. Le CEO d’Intel n’est pas un religieux, il adapte son propos à son public et ne cherche pas a ce que son public adhère à ses règles.

    Maintenant regarde les faits : Intel rachète des boites, a embauché et continue de le faire, des gens pour revigorer ses CPU. Est-ce une attitude d’une boite qui veut se laisser distancer ?

    Quand a faire d’Intel le N°2, il y a de la marge.
    4eme trimestre 2019 Intel c’est 6.9 milliards de bénéfices.
    4eme trimestre 2019 AMD c’est 2.13 milliards de chiffre d’affaire et 348 millions de bénéfices…

    Pour rappel et à toutes fins utiles, le jour ou AMD prendra le pas devant Intel, la demande explosera, ses tarifs s’envoleront et sa R&D marquera alors le pas. C’est dans la juste et logique économique des choses. Ne soit donc pas trop pressé. AMD n’aime ou ne hait pas ses client, pas plus qu’Intel. Ils sont juste sur un secteur particulier ou il n’y a qu’un seul concurrent. Le premier se bat avec les armes de leader, le second avec les siennes. Les positions de chacun peuvent changer mais les méthodes resteront toujours les mêmes…

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  • 15 juin 2020 - 12 h 33 min

    Et dans ce discourt, ils préparent psychologiquement leur investisseurs à continuer de voir leur PdM baisser dans les années à venir. “Parce que 90%, c’est NULLE!”

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  • 15 juin 2020 - 12 h 42 min
  • bob
    15 juin 2020 - 20 h 11 min

    Pierre merci pour toutes les explications, parce qu’avec la photo du bateau, j’avais l’impression qu’Intel allait couler.

    Répondre
  • 15 juin 2020 - 22 h 37 min
  • 16 juin 2020 - 12 h 39 min

    @bob: Ahah, Intel c’est pas un artisan Boulanger non plus. C’est une énorme structure qui avance sur des projets à très long terme. Un processeur c’est des milliards d’investissement sur 5 ans au bas mot. Tu ne peux pas faire tenir une structure de ce type sur un seul bonhomme.

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  • 25 juin 2020 - 0 h 35 min

    @Pierre
    une archi met 5 ans à être conçue et, selon Keller, devrait être mise à mort au plus tard tous les 10 ans : on arrête alors les évolutions pour repartir de zéro dans un nouveau contexte technologique.

    Ce mec est super intéressant, si vous pigez l’anglais je conseille cette interview https://www.youtube.com/watch?v=Nb2tebYAaOA

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