Les ConsolesPC sont un produit de niche et, qui plus est, un format de minimachine. Cela explique en grande partie mon intérêt pour la plateforme sur le site. Pour autant, la place laissée à ces engins semble parfois démesurée à certaines périodes face à l’impact réel de cette gamme sur le marché.
L’analyste IDC publie des chiffres autour des expéditions de ces ConsolesPC . Et on apprend qu’au cours de ces trois dernières années, il ne s’est écoulé que 6 millions d’unités en tout et pour tout si on additionne le Steam Deck de Valve, les Asus ROG Ally, les Lenovo Legion Go et les MSI Claw. Cela parait faible, surtout par rapport à l’impact médiatique des engins. Mais il faut prendre en compte plusieurs critères accessoires pour bien comprendre l’ampleur du phénomène.
En 2022, ce marché naissant compte 1.62 million de consoles expédiées. En 2023, c’est beaucoup mieux avec 2.56 millions de machines qui sortent des usines. En 2024, le marché se tasse puisque la gamme toute entière retombe à 1.48 million. Ces chiffres amènent à un total de 6 millions de ces machines particulières et peut s’analyser assez finement. Ces chiffres ne prennent pas en compte les consoles des « petits » constructeurs comme Aya, One Netbook et autres, mais leur impact doit être minime.
On apprend d’abord que plus de la moitié de ces expéditions concernent un acteur qui n’est pas à la base un vendeur de PC. Il s’agit de Valve qui assume à lui seul entre 3.7 et 4 millions de ConsolesPC avec ses Steam Deck. Cela s’explique par la notoriété de la marque, les choix pertinents et osés de son matériel embarqué et de son système d’exploitation. Le pas de côté qui a été rendu possible par l’absence de Windows a fait mouche. Cela s’explique également par l’engouement autour de cette console qui a fait des émules dans la population. Certains acheteurs se transformant sans le vouloir en publicité ambulante pour le produit.
Loin des superlatifs, des chiffres de performance et des méthodes classiques de marketing du monde PC, la console Steam Deck a tracé sa voie de manière alternative. Elle a promis autre chose que la vitesse pure. Autre chose que des pixels et des superlatifs en mettant en avant sa réparabilité, sa stabilité, l’écoute de sa clientèle et un accès à un catalogue de jeux passés au tamis pour déterminer précisément ce qui serait jouable ou non. Valve a mis en place une stratégie de service séduisante qui a particulièrement bien fonctionné. Une stratégie très efficace pour un certain public dont je vous ai déjà parlé : les parents. En séduisant des joueurs qui n’avaient plus le temps de jouer avec une nouvelle approche matérielle, Valve a réussi à raccrocher des gens qui avaient un certain pouvoir d’achat pour leur loisir et qui ne voulaient surtout pas retrouver les affres des problématiques Windowsiennes. Cela lui a particulièrement réussi.
En face, on a retrouvé un marché à la traine. Asus, Lenovo, MSI ont sorti des produits tombant dans des travers classiques du monde PC. Travers presque imposés par le système embarqué. Avec Windows et l’immense catalogue de jeu accessible sur cette plateforme, la première question que se pose un joueur une fois sa console en mains est de savoir si son jeu favori sera exploitable et dans quelles conditions. Des solutions logicielles, sous la forme de surcouches plus ou moins complexes, sont venues tenter d’adapter le matériel au logiciel tout en rendant souvent le produit encore plus complexe. Personne n’a eu la persévérance nécessaire pour proposer une curation des titres disponibles et jouables, car cela allait à l’encontre du marketing Windowsien qui est censé tout rendre compatible. La tentation a donc juste été de proposer toujours plus de matériel. Des définitions poussées, des processeurs toujours plus performants, plus de mémoire vive, plus de stockage, des écrans encore plus rapides. Toujours plus de compétences techniques et un complet brouillard quant à leur exploitation.

Cela a un certain charme, mais pose un petit souci de viabilité des produits. Les ConsolesPC des constructeurs historiques jouent ainsi continuellement sur le tableau de la performance en oubliant l’autonomie. Se servent de leur nombre d’images par seconde sur des jeux gourmands pour faire valoir leur compétence, tout en faisant semblant de voir que leurs produits n’ont pas les moyens de faire ressortir toute la richesse de ces titres sur l’écran d’une console mobile. Ces jeux phares ne servent alors que de faire valoir au matériel embarqué.
Le parallèle est intéressant avec l’industrie du jeu vidéo qui construit des titres de plus en plus extraordinaires en termes de beauté, de nuances, de complexité et de longueur. Avec d’énormes moyens financier et marketing. Des moyens qui ont tendance à les pousser à s’autodétruire financièrement parlant. L’année 2024 a été une année cauchemardesque pour les studios de jeu vidéo. Des éléphants coutant des dizaines voir des centaines de millions d’euros ont accouché de souris en termes de ventes. Ces jeux phares, censés porter le marché, se sont révélés être des gouffres financiers. Pire que cela, certains sont passés tout simplement à côté des apsirations réelles des joueurs.

Quand on fait l’analyse des jeux les plus joués sur Steam Deck, le constat est sans appel. Ce ne sont pas les titres les plus performants, les plus récents ou les plus magnifiques du marché qui sont forcément les plus joués. La recherche faite par les joueurs sur ces plateformes est plus liée au plaisir du jeu qu’à sa beauté. Des titres comme Vampire Survivor, Balatro ou Stardew Valley ont trusté les premières places du top des jeux exécutés sur la console de Valve. On pourrait se dire que c’est ici une conséquence de la « faiblesse » de calcul de la plateforme. Que des joueurs choisissent de lancer Dave the Diver, Hades ou Slay the Spire parce que la console n’est pas apte à proposer mieux. C’est mal comprendre le public qui s’est emparé de la formule. Sur les millions de joueurs de la console de Valve, il y a énormément de gens qui ne sont simplement pas prêts à lancer une partie d’un jeu trop long ou nécessitant trop d’investissement. Mais il y a également une grande part de joueurs classiques qui jonglent de plateforme en plateforme. Et c’est pour cela que l’on trouve par ailleurs d’autres jeux plus ambitieux sur cette console : Baldur’s Gate 3, Elden Ring, Cyberpunk 2077, GTA V, RDR2 ou The Witcher 3.
Quand j’interroge ou que je lis ce que des amis joueurs ayant craqué pour la console de Valve me disent, je me rends bien compte que l’investissement dans cet objet n’a pas pour but de retrouver l’expérience du jeu telle que possible sur des PC de joueurs bien plus performants ou des consoles Next Gen qu’ils ont aussi chez eux. Le but avoué est de retrouver du temps de jeu. Pas des millions de pixels tous aussi bien agencés que possible, pas un rendez-vous avec des milliards de détails incroyables, mais juste de mordre à nouveau dans le plaisir du jeu. De la même façon que certains regardent des séries sur leur smartphone dans les transports en commun, certains vont jouer à CyberPunk 2077 en 1280 x 800 pixels même si ce n’est pas la manière la plus folle d’appréhender ce jeu. Parce que ce sera ça ou rien. Le nombre incroyable de gens qui ont pu me dire ou que j’ai pu lire, se confiant sur leur expérience avec le Steam Deck, expliquer qu’ils avaient enfin pu terminer tel ou tel jeu des années après l’avoir commencé simplement parce qu’ils ont retrouvé du temps « pour avancer ».
Cette approche mélangée à celle de la supposée rentabilité d’exploiter enfin un catalogue de « jeux achetés mais jamais lancés » sur Steam a sans doute aidé Valve à faire la différence. L’arrivée de SteamOS pour des constructeurs plus traditionnels pourrait évidemment équilibrer les choses.
D’un point de vue plus général, le fait que Valve se fiche bien de ne pas faire de l’ombre à d’autres catégories d’engins est également un avantage. Sur le marché des grandes marques de composants et de portables PC, la peur de voir ces objets amputer le budget des joueurs a été assez vive. Un acheteur de Console de ce type amputera son budget annuel pour mettre à jour sa machine de bureau ou décidera que sa console remplacera assez bien le renouvellement d’un portable en proposant une alternative. Il est d’ailleurs assez souvent revenu dans différentes conversations que l’achat d’un Steam Deck se faisait en réaction à l’impossibilité chronique d’obtenir une carte graphique au prix qu’elle était censée couter.

Reste que ce marché est une niche et ne devrait pas évoluer outre mesure. Ces consoles restent des objets de luxe que de nombreux acheteurs ne peuvent tout simplement pas s’offrir même s’ils en ont envie. En septembre 2024, Acer indiquait ne pas voir en ces objets un marché très important. La marque devait déjà avoir accès aux chiffres des analystes et en avait conclu qu’il s’agissait d’une niche particulière sans réel impact possible de développement. La marque a pourtant lancé ses propres Consoles Nitro Blaze mais en reprenant des designs existants chez Tencent, ce qui ne lui a rien couté en Recherche et Développement.
La vraie question à se poser pour anticiper ce marché sur le long terme, c’est peut-être la rentabilité de ces engins. Combien cela a couté aux marques qui ont lancé plusieurs modèles ? Quels impacts entre les ventes et la R&D ? Combien le marketing de la guéguerre entre les différents acteurs a englouti ? Ces informations ne sont évidemment pas disponibles, mais donnent une seconde idée derrière les chiffres de ces expéditions. Celui d’un marché dont les marges doivent être au final extrêmement légères.
Source : The Verge
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Pour le Deck les chiffres restent impressionnants compte tenu du fait d’une distribution pas vraiment grand public mais cantonnée au site ou à l’appli Steam et un prix qui reste très élevé par rapport au marché classique des consoles portables.
En outre on peut supposer que les capacités de production mises en place par Valve pourraient difficilement répondre à une demande de 10 ou 15 millions de machines en 3 ans.
@Le Breton: La distribution est certes « confidentielle » par rapport à celle d’un ROG distribué à la FNAC. Mais elle touche pile poil le cœur de cible. C’est un peu comme si tu tenais un stand de boules de pétanque pendant un championnat avec une marque reconnue. Tu n’auras pas la visibilité d’une distribution dans tous les supermarchés de France, mais 100% des gens qui viendront sur place au championnat seront des clients potentiels.
Valve joue sur du velours avec le deck.
Pour la partie production, c’est difficile à dire, mais je n’ai pas vu de grosses ruptures sur la machine, la production doit être à flux relativement tendu et Valve arrive à livrer sa clientèle.
C’est le nombre de Switchs vendues en 2024. Pour la 7ème année de vie.
Sur 132 Millions d’utilisateurs Steam, ça fait 4,5% qui achètent un deck. Sans doute plus en proportion, puisqu’il y a des multi comptes.
C’est assez énorme, en proportion.
J’ai la ROG Ally j’avais craqué pour la version z1 extrême. Pour l’expérience console pc, avec le game pass j’ai trouvé ça sympa mais avec le bémol de la batterie, je trouve que l’expérience est gâchée. Mais vu que je me suis amusé à emulé des anciennes dont la gamecube je me suis retrouvé comme un gamin. J’ai plus de 40 ans rejouer à des jeux rétro quand j’ai le temps pendant le boulot (pause) ou rdv médecin etc. Je peux dire que c’est génial. Le Steam Deck pour les retours de mon entourage c’est vraiment génial. Je pourrais continuer à écrire sur mon expérience personnelle mais c’est sur la cible première du Steam Deck c’est pour les parents !
Ces ’grosses’ machines coûtent une fortune et ont une autonomie quand même assez faible.
Les consoles faites pour l’émulation orientée rétro gaming doivent mieux se vendre je pense. Ces petites machines sous Linux ou Android existent à tous les prix, de 40 à 400 euro, il y a plein de tailles différentes, de form factors différents, de couleurs différentes.
Plein de marques aussi: anbernic est le plus couru, il y a aussi trimui, powkiddy, miyoo, des chinoiseries plus ou moins génériques, et plus haut en gamme, retroid pocket et ayn, etc etc…
On a autant de plaisir à jouer à de petits -ou grands!-jeux issus de vieilles consoles où la jouabilité primait sur l’esthétique et la soif d’en mettre plein la vue :)
@Cyberfox:
Je joue a personna 3 en ému switch et j’en ai pour pret de 8h de jeux en autonomie. Je pense pas que ta la même chose sur ce jeux sur la switch, mais je me trompe peut-être.
J’adore le steam deck, j’ai passé des centaines d’heure sur blood bowl 3 qui passe parefaitement et a une grosse communauté de joueurs mtnt.
Mais là où Valva a bien joué le coup, c’est qu’en vendant cette console, ils s’assurent surtout des ventes plus importantes de jeux, dans leur environnement.
Et c’est sur cela qu’ils font de réels bénéfices, pas tant sur le matériel.
Cela a relancé leur source de bénéfices historique : le jeu dématérialisé.
Je pense que Valve se porte vraiment très très très bien depuis 3-4 ans de ce fait.
@crow crow: je ne sais pas, je n’ai pas de switch, je parle bien de consoles rétro gaming, pas des consoles actuelles des marques historiques de jeux vidéo.
Je ne sais pas ce qu’est personna 3 (je ne connais pas du tout les jeux actuels), c’est un jeux gourmand en puissance ? Tu joue à ça avec quelle console qui te donne 8 heures d’autonomie ?
@ Ikaar, ça tiens le meme rôle que moi quand j’appelais mon Deck « la machine à Balatro ».
Mon week-end avec le Deck:
– ma compagne et ma fille qui se font un duel sur MarioKart, avec une manette Google pour l’une, et une DualShock4 pour l’autre.
– je présente à ma gosse The Witness sur le Deck, comme je vois que ça prends, on bascule sur la TV, la sauvegarde qui suit et qui permet de reprendre sans aucune friction.
Bref, j’aime cette machine d’amour vrai.
@CyberFox: Sur le steam deck.
je valide, je ne suis plus que gamer occasionnel avec mes responsabilités de parent.
Ma femme ne comprend pas ce que moi et mon fils on trouve aux jeux vidéo.
la steam deck me convient parfaitement, avec son encombrement et son mode veille si parfait la possibilité de jouer, dans le lit, le salon, l’avion, etc…qui permet d’esquiver madame qui pense que c’est du temps perdu.
ma dernière console avait claquée pendant une canicule et l’entrée dans le monde des adultes à responsabilité m’a détourné du gaming donc je n’ai jamais monté le pc de gamer qui était censé la remplacer (le boîtier atx vide qui prend la poussière depuis 8ans est là pour en parler).
je suis geek mais franchement je n’ai plus le temps de passer des nuits sur github et autre discord a essayer de bidouiller un truc pour que ça fonctionne.
j’ai plus de jeux a jouer que de temps pour y jouer donc je ne vais pas pinailler sur des artefacts ou quelques lag par ci par là.
la deck me permet juste de jouer a nouveau et c’est très bien comme ça.
6 millions d’unités en 3 ans … Si Valve doit s’y retrouver avec ses 4 millions d’unités (cout marginal = prix de vente, R&D amortie « grâce » aux ventes de jeux) et une vision « à la Nintendo » (réduire le catalogue pour « garantir l’expérience utilisateur »), le reste doit souffrir pour équilibrer la balance pour la faiblesse des volumes.
Et les perspectives … Entre un marché qui doit commencer à saturer après 3 ans, la Switch 2 qui devrait reprendre des PdM sur les ConsolesPC et la PS5 qui atteint sur rythme de croisière autour de 8 millions d’unités/trimestre et doit vendre quelques centaines de milliers de Portal à prix d’or (il me semble avoir vu un « taux de conversion » de 3%), il serait logique que le marché se contracte en 2025-26-27 (effet PS Portal en 2025, Switch 2 en 2026 et 27)
PERSO ,je viens de regarder sur divers site vendant des licence de jeux a charger sur STEAM .
Ma première constatation ,ENERA et d’autres proposent des jeux entre 5 et 20 euros quand certains de ces jeux coutent le double sur le site officiel de VALVE .
Après c’est sur que l’abonnement a des site de SONY ou MICROSOFT offrent aussi des jeux récents a pas cher.
Je pense que beaucoup d’utilisateur du STEAMDECK utilisent aussi la console pour l’émulation .
L’émulation baisse souvent le cout des jeux .
De plus le prix des JEUX STEAMDECK non AAA permet d’avoir des jeux moins cher qu’un abonnement a un site de jeux dédié.