Intel ressuscite son rythme de processeurs Tick-Tock

Longtemps mise en avant comme le rythme de ses avancées techniques, la stratégie Tick-Tock avait été mise de côté en 2016 par Intel.

On ne sait pas très bien pourquoi Intel avait décidé de conclure 10 années de progrès marqué ce processus Tick-Tock par un ralentissement de cadence. Certains expliquant que ce rythme n’était plus tenable pour la société, d’autres que l’investissement nécessaire allait en contradiction avec la volonté de résultats financiers de la marque. D’autres encore évoquaient le manque de concurrence pour Intel pendant cette période et la volonté de ne pas vouloir accélérer des processus de développement coûteux uniquement pour faire plaisir à ses clients finaux…

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Je ne sais pas dans quelles proportions ces trois éléments sont réels mais une chose est sûre, en 2016 Intel a bel et bien abandonné ce programme. Une stratégie qui visait à sortir une nouvelle architecture (TICK) dans un premier temps avant de proposer une optimisation de celle-ci , et donc un gain en performances, l’année d’après (TOCK). On est plutôt parti a partir de 2016 vers une solution en TICK-TOCK-TOCK. Avec de maigres évolutions entre les deux TOCK… et un gros piétinement en terme d’évolution de la finesse de gravure de l’ensemble.

Les choses ont semble t-il changé et cette stratégie semble à nouveau à l’honneur. Sans que l’on sache très bien qui, de Lisa Su, Tim Cook ou de Pat Gelsinger, est le réel Docteur Frankenstein au chevet de cette créature. Lisa Su, PDG d’AMD et Tim Cook PDG d’Apple ont amené une rude concurrence pour Intel, tellement rude avec les Ryzen et les M1 que les marques ont largement grignoté les parts de marché de l’indétrônable et lézardant Intel qui se prélassait de Tock en Tock à n’en plus finir. Pat Gelsinger (ci-dessus) qui a repris en 2021 les rennes d’un Intel dans la panade, semble vouloir lui redonner une stratégie plus tournée vers l’innovation et la Recherche et Développement que celle menée par Brian Krzanich de 2013 à 2018 qui semblait surtout intéressé par les dividendes… 

Intel promet un Tik-Tock, Tick-Tock, Tick sur… 5 ans

Quoi qu’il en soit, Intel semble à nouveau pris d’une certaine fièvre d’innovation et la marque annonce un calendrier mouvementé pour les  années à venir. Les futures générations de puces Core reprennent un rythme rapide de développement. Après le lancement d’Alder Lake en 2021 avec une finesse de gravure en 10 nanomètre enfin maitrisée, Intel s’apprête à sortir les Raptor Lake basés sur la même architecture et le même concept de processeur hybride. On est donc bien sur un rythme Tick-Tock sur deux ans à nouveau.

Mais le planning continue avec un nouveau Tick, une nouvelle architecture puisque les processeurs Meteor Lake devaient sortir en 2023 avant d’être suivis en 2024 par leur évolution en Arrow Lake. On parle d’une gravure enfin en 7 nanomètres grâce à la solution Intel 4 et Intel 20A pour la suite. Ces puces ne devraient plus être des processeurs Hybrides comme précédemment mais suivre une logique « désagrégée » reprenant la technologie EMIB d’Intel entre les différents composants. 

La suite semble être toujours aussi endiablée avec les annonces de puces Lunar Lake qui devraient inaugurer le processus de gravure 18A d’Intel. Difficile de se projeter aussi loin sans de trop grosses conjectures, Intel ayant eu parfois du mal à suivre ses calendriers de gravure, l’annonce d’un saut vers l’Intel 18A et son 1.8 nanomètres, est peut être un peu risqué à tenir sur un calendrier précis.

Il va sans dire qu’AMD comme ARM et Apple ne vont pas rester les bras ballants à regarder Intel travailler dans son coin. Et c’est peut être la meilleure nouvelle de ce constat. Après des années de retenue, le marché du processeur pour PC est enfin à nouveau bien vivant.

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5 commentaires sur ce sujet.
  • 23 février 2022 - 21 h 38 min

    On et plutôt parti -> On est plutôt parti

    Répondre
  • 24 février 2022 - 7 h 08 min

    La concurrence, ça a du bon.
    Par contre, changer aussi radicalement d’architecture sur ALderlake gen 12 et Raptorlake gen 13 = hybrides pour prévoir de repasser à celle d’aujourd’hui dans mon PC en gen 10 pour les générations 14 ne me donne pas une bonne image de cette solution hybride, peu pérenne, et peu rassurant.

    Quelqu’un aurait un avis + expérimenté afin de m’éclairer ?

    Répondre
  • 24 février 2022 - 10 h 52 min

    Je suis pas expert loin de là mais j’ai trouvé la phrase de l’article disant que les processeurs ne seraient plus hybride à partir de ArrowLake étrange.
    J’ai plutôt lu dans d’autres sources d’info que la plate-forme Arrow Lake-P exploitera des coeurs Lion Cove et des coeurs E-Core Skymont avec une gravure en 3 nm de TSMC. (6P + 8E pour un total de 14 cœurs)

    Et les versions pour bureau (Alder Lake-S) pourraient grimper jusqu’à 40 coeurs en configuration 8 + 32.

    Répondre
  • 24 février 2022 - 11 h 52 min

    @edgsth:
    Sur l’illustration Intel, les processeurs « hybrides » sont constitués de coeurs différents, gravés en même temps, sur une même puce.
    Les générations suivantes seront plus modulables car composées de plusieurs éléments gravés chacun de leur côté et interconnectés à l’assemblage. C’est le « désagrégé » dont parle Pierre.
    Dans les faits on se retrouvera toujours avec un mélange de coeurs « Performance » et « Efficient », c’est juste le procédé de fabrication qui va changer.

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  • 24 février 2022 - 11 h 57 min

    @Arnaud: Ce n’est pas le cas, Intel ne repasse pas à l’architecture d’aujourd’hui mais passe de son architecture « Hybrid » à une architecture « Desagrégée » où les différents éléments qui composent la puce sont reliées entre eux par la technologie EMIB.

    @edgsth: Ce n’est pas moi qui le dit, c’est Intel. Leur appellation est même indiquée dans l’image mise en exergue. La marque passe de processeurs Hybrides à des processeurs Désagrégés.

    Il ne faut pas confondre l’appellation « Hybrid » qui consiste a intégrer des éléments différents au sein du même DIE avec l’appellation « Disaggregated » qui fonctionne en imbriquant des « tuiles » de différents éléments reliés par des autoroutes d’info EMIB. Les coeurs continueront d’être « hybrides » au sein du système désagrégé. Ce sera une juxtaposition de coeurs basses et hautes performances sur une « tuile » spécifique. Sur Meteor Lake on a donc 4 « tuiles » qui cohabitent cote à cote : Le « chipset » qui gère les entrées et sorties, le SOC, le CPU avec ce mélange de coeurs hautes et basses perfs et le circuit graphique. Le tout permet à Intel de proposer des solutions très souples en faisant varier les différents éléments.

    On en parle ici : https://www.minimachines.net/actu/raptor-lake-106747

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