En 2024, Intel ne parlera plus de nanomètres

Intel a détaillé sa feuille de route technologique jusqu’en 2025 lors d’un Webcast “Intel Accelerated”. Et pour une fois, cette présentation porte bien son nom.

“Intel 7” à la place de l’appellation “Enhanced SuperFin” ? “Intel 25A” ? Pardon ? C’est pourtant bien Intel qui a vulgarisé le concept de finesse de gravure auprès du grand public, fort de ses technologies, le fondeur a mis en avant sa capacité à produire des puces toujours plus fines et toujours plus denses en transistors. Un moyen presque simple de faire comprendre aux consommateurs comment choisir ses processeurs. Plus c’est fin, plus c’est bien. Ou du moins, plus on peut mettre de transistors dedans. Plus c’est fin, plus c’est performant ?

Il faut dire qu’au début de ce marketing de la course à la finesse, il y avait de la marge. Les premiers Pentiums étaient gravés en 800 nanomètres et à l’époque, personne ne jugeait utile de parler de ces éléments techniques. 800 nanomètres c’était déjà un exploit mais cela ne faisait rêver personne. Avec l’apparition de l’architecture Core gravée en 65 nanomètres en 2006 puis en 45 nanomètres en 2008, Intel commence tout juste à évoquer ce point qui reste très technique et très peu évoqué au grand public.

Ce bon vieux Mark Bohr nous explique en 2011 que 22 nm c’est tip-top

Les premiers Core i de la famille Nehalem sont également gravés en 45 nanomètres et c’est avec Westmere qui passe à 32 nanomètres qu’on entend réellement parler pour la première fois de la “finesse” de gravure des processeurs. Ensuite c’est la course. Sandy Bridge passe de 32 à 22 nanomètres… et ainsi de suite. La finesse de gravure est devenu un sujet de spécialistes et, au fil du temps, un moyen simple de suivre les performances techniques des fondeurs.

Evidemment, ne s’intéresser qu’à la finesse de gravure d’un processeur c’est un peu comme décrire la qualité d’un tableau en ne regardant uniquement qu’un millimètre carré de la toile à la loupe sans s’intéresser au reste. C’est la partie simple à comprendre : 32 c’est plus petit que 45 donc c’est mieux.

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Hit the road Pat

Ce que n’avait pas prévu Intel alors c’est que la concurrence soit un jour capable de le dépasser en tant que fondeur et que des sociétés tierces, offrant leurs services à tout le monde, soient capable de le doubler sur la finesse de gravure. Depuis lors, Intel fait son possible pour sortir du pétrin dans lequel il s’est mis. D’abord maladroitement à l’époque de Brian Krzanich, ex PDG écarté. Puis plus intelligemment avec Bob Swan pour une transition en douceur qui a permis à Intel de sortir ses puces Tiger Lake et de booster ses compétences graphiques avec l’Intel Xe. Et, plus récemment, avec un retour aux sources. Le choix du dernier PDG en date, Pat Gelsinger, montre un coup de gouvernail intéressant dans le voyage du cargo Intel. Recrutements importants, changements stratégiques et bouleversement des équipes. Le nouveau PDG semble savoir où il va, comment y aller et avec quelles ressources y parvenir. Si on n’a pas encore une trace réelle de ses résultats, il a au moins déjà une méthode et, semble t-il, une vision pour Intel.

Il faut dire qu’il est temps de manœuvrer  pour remettre le concepteur et graveur de puces sur le bon chemin. La concurrence n’a pas fait qu’accélérer et si le rival de toujours qu’est AMD a su reprendre largement du poil de la bête, ce sont surtout de nouveaux concurrents qui sont venus dans la course : ARM est désormais présent sur des terrains de jeu historiques. L’architecture RISC-V prend également de l’ampleur et pourrait finir par faire un peu d’ombre. Pour certains secteurs le problème n’est plus de choisir le meilleur processeur x86, il est de choisir vers quelle architecture se tourner.

Pour redorer son blason face à un AMD qui propose des Ryzen “7 nanomètres” et Apple qui embarque des puces ARM “5 nanomètres” Intel n’a que du 10 nanomètres à proposer. “Que” ? Oui, que même si en réalité les choses sont un peu plus compliquées que cela. Le 10 nanomètres d’Intel est finalement très proche en terme de densité de transistors des 7 nanomètres de TSMC qui grave pour AMD. Le souci vient du fait d’avoir travaillé son marketing pendant des années d’une certaine manière sans avoir eu d’autres recours que des chiffres : finesse de gravure, nombre de coeurs ou Gigahertz. Difficile de renier sa logique quand on l’a proposée aux consommateurs pendant si longtemps.

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Une solution pour se sortir de ce mauvais pas ? Changer son approche marketing. En clair, ne plus parler de nanomètres.

Pour la sortie des puces Alder Lake, qui seront gravées en 10 nanomètres, le fondeur utilisera un processus de gravure baptisé “Intel 7”. Exit le “Enhanced SuperFin 10 nm” qui devait être employé pour décrire le process. “Intel 7” est plus dans l’air du temps. Pour justifier un tel changement d’appellation, Intel indique que les évolutions constantes de ses méthodes de gravures, leur optimisation, permettent de meilleures performances qui ne sont pas reflétées par les anciennes appellations. Le passage du “SuperFin 10 nm” au “Enhanced SuperFin 10 nm” assure ainsi une amélioration notable de 10 à 15% de performance par watt. Sans que cela ne se retrouve vraiment dans le nom du processus. 

Le fondeur veut que le nom “Intel 7” reflète mieux la capacité réelle de ses architectures, notamment face à la concurrence. Qu’elles soient plus lisibles pour les consommateurs. Evidemment cela permet également de faire penser que le 10 nanomètres optimisé d’Intel équivaut à du 7 nanomètres de ses concurrents en tant que finesse de gravure. Chose qui n’est pas forcément si insensée d’ailleurs.

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La suite des évènements est alors logique. En éloignant le marketing de la réalité technique, Intel va faire évoluer ses puces vers des dénominations toujours plus petites. En 2022 Intel prévoit de sortir des puces Meteor Lake gravées en 7 nanomètres qui utiliseront l’appellation “Intel 4”. Viendra ensuite une évolution et optimisation du noeud de gravure en 7 nanomètres qui devrait apporter 18% de performances par Watt aux puces “Intel 4” et qui sera alors baptisé “Intel 3″… Evidemment cela sera accompagné d’autres changements de processus : passage aux gravures EUV pour Extreme Ultraviolet Lithography, optimisation générale et intégration de nouvelles solutions. Ce ne sera pas toujours la même puce juste gravée plus finement.

C’est donc cette évolution globale qu’Intel veut renommer pour ne plus avoir à se référer uniquement à la finesse de gravure pour décrire son processus. Conscient que cela lui porte préjudice avec des concurrents plus en avant sur ce poste, le fondeur veut également pouvoir englober et refléter ses autres capacités d’innovation.

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Et après “Intel 3” ? Le fondeur va rapidement manquer de chiffres non ? 

Le fondeur ne va pas passer ensuite à “Intel 2” ou “Intel 1″… Pour continuer dans sa logique de séparation de performances du processus de gravure, la solution va être de passer de l’appellation “Intel 3” à… “Intel 20A”. Avec un A comme Ångström. Le joli nom d’une unité de mesure de 0.1 nanomètre. Le choix de basculer vers une appellation ne se référant plus aux mètres mais à une unité incomparable, est une belle trouvaille marketing. On comprend très bien qu’un Ångström est équivalent à 0.1 nanomètre, Intel aurait également pu appeller son process “Intel 100P” pour avoir de la marge de manoeuvre d’évolution en se référant aux Picomètres… Mais cela permet de comparer facilement les processus entre eux avec des maths simples. En dégageant l’appellation marketing de la réalité tangible, Intel a plus de latitudes pour faire comprendre sa stratégie.

Car l’arrivée du processus “Intel 25A” prévue pour 2024 ne sera pas liée à une finesse de gravure mais à une toute nouvelle approche de la part du fondeur. L’architecture globale des transistors évoluera vers RibbonFET et l’interconnexion entre ceux-ci sera assurée par PowerVIA, des nouveautés encore assez énigmatiques pour le moment. 

L’idée est donc bien de faire disparaitre cette course au nanomètres pour se concentrer sur le résultat global proposé par les puces. Une approche qui a du sens pour Intel désormais qu’il n’est plus leader de cette course. Mais une approche qui n’est pas inintéressante non plus. Le problème de cette focalisation sur des chiffres est qu’ils ne reflètent pas forcément le meilleur choix pour l’utilisateur.

Si demain une marque de processeur débarquait avec une solution x86 gravée en 5 nanomètres promettant 32 coeurs et 64 threads avec une fréquence de base de 3 GHz et un Turbo de 5 GHz, avec le marketing actuel ? Le processeur serait sous tous les projecteurs et apparaitrait comme une innovation extraordinaire. Mais si en se penchant sur la puce on découvrait finalement que chaque coeur ne proposerait que 10 transistors et que les performances globales étaient catastrophiques ? C’est un peu le problèmes des fiches de spécifications techniques, elles ne reflètent finalement que des processus et non pas des résultats.

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Dernier point de cette présentation d’Intel ? L’ouverture de ses usines vers d’autres marques qui est confirmée avec un premier client intéressant : Qualcomm. 

Dire que Qualcomm joue sur tous les tableaux est un euphémisme. Concurrent d’Intel avec son partenariat Microsoft pour pousser ses puces vers des solutions Windows 10, il serait amusant de voir un jour un processeur Qualcomm, gravé par Intel, venir prendre place dans un PC sous Windows.

Cela ne pose pas de soucis à la branche fonderie d’Intel qui compte bien proposer ses services sans états d’âme. Les solutions de gravure et les optimisations maison seront bien disponibles pour ses rivaux et Qualcomm compte bien profiter de la technologie “Intel 20A” et de la nouvelle architecture… Tout comme d’autres concepteurs de puces qui semblent intéressés par le processus. 2024 c’est demain pour ces sociétés, concevoir des puces en utilisant une nouvelle architecture n’est pas l’affaire de quelques mois. Les tractations qui ont lieu en ce moment se reflèteront réellement sur le marché d’ici quelques années. 

Intel d’ailleurs ne compte pas s’arrêter là, la marque planche déjà sur la suite avec l’énigmatique processus déjà baptisé “Intel 18A”.


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25 commentaires sur ce sujet.
  • JB
    27 juillet 2021 - 14 h 09 min

    Article intéressant, merci Pierre.

    D’un point de vue purement marketing je suis très dubitatif sur un point : les nouvelles dénominations impliquent que “Intel 7″ sera moins évolué qu'”Intel 4″ lui même moins évolué qu'”Intel 3”. Autant les chiffres annoncées en baisse (14nm vers 10nm) avaient un sens puisque l’on savait qu’il s’agissait d’un paramètre technique, autant ce marketing “à l’envers” me laisse perplexe.

    Mr et Mme Michu ont toujours appris qu’un Core i7 était plus costaud qu’un Core i5 lui même plus costaud qu’un Core i3 et là Intel introduit une logique totalement inverse. Les geeks vont s’y retrouver car ils creusent un peu ce genre de sujet, le grand public plus du tout. Choix très étonnant et assez peu judicieux de la part d’Intel à mon sens.

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  • 27 juillet 2021 - 14 h 22 min

    De toute façon ce qui est réellement important ce n’est pas la gravure mais la performance/watt.
    C’est la seule chose que je regarde quand j’achète un nouveau processeur, un meilleure rendement que mon ancien (de meilleures performances ET une consommation inférieure).

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  • 27 juillet 2021 - 14 h 44 min

    @JB: M et Mme Michu, ils savaient pas qu’Intel gravait en SuperFin, ils auront pas vent d’Intel 7 ou Intel 25A je pense. On leur dira peut être que c’est du 10 nano ? Mais en magasin personne n’indique vraiment ce détail sur la fiche technique non plus.

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  • 27 juillet 2021 - 15 h 51 min

    De toute façon, quoi que dise le marketing, ce sont les benchmarks qui décideront si c’est bon ou pas.

    Là on atteint tout de même le summum de l’absurdité des marketeurs. Ils ne font plus référence au nanomètre comme unité. À la place, ils utilisent un indice d’échelle abstrait, sans unité, et qui ne correspond à rien, mais dont les valeurs font indirectement référence à celles de la concurrence, qui elles sont en nanomètres. Tout ça pour, une fois les valeurs d’indice épuisées, revenir à une pseudo unité “A” évoquant l’Angström, mais qui n’en serait pas. Si ça devait figurait dans les caractéristiques du produit, pour ma part, j’appellerai ça des pratiques commerciales trompeuses.

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  • 27 juillet 2021 - 17 h 27 min

    @Laurent Simon: Oui…C purement commercial…Comme souvent ;(

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  • 27 juillet 2021 - 18 h 22 min

    Encore de la poudre aux yeux de la part d’Intel, dont sincèrement je n’attends plus rien.

    Vive Apple Silicon M1 qui est une véritable révolution ARM.

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  • 27 juillet 2021 - 18 h 42 min

    Cela me rappelle AMD et son p-rating pour se raccrocher à l’époque des GHz d’intel Athlon 3800+ :-)

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  • 27 juillet 2021 - 20 h 22 min

    Chacun son avis, mais je crois qu’indexer les noms sur la date de sortie et un nombre reflétant la puissance aurait été plus lisible, genre pentium 2021-indice de puissance à 1 chiffre.

    Là on y comprend rien. Et c’est pas mieux chez la concurrence, par exemple J’écris sur un pc portable en AMD 3020e, un proc inconnu au bataillon et qui finalement est compétent en 2021.

    J’aimais bien l’indice de puissance Windows dans le menu système, on pouvait se faire une bonne idée avant d’acheter. Maintenant le seul critère à peu près intuitif est le prix, plus c’est cher mieux c’est ???

    On dirait que les professionnels sont déconnectés du réel, un peu comme nos hommes politiques qui se disent médecins et ne savent pas enfiler des gants ;)

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  • 27 juillet 2021 - 21 h 54 min

    @Dadoo: Même l’indice de performances de Windows 7 restait sujet à interprétation comme il y avait pas de référentiel (quels sont les composants parfaits qui pouvaient atteindre 10/10 partout et avec lesquels chacun aurait pu faire des comparaisons).

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  • 27 juillet 2021 - 23 h 09 min

    Ce que je regarde à l’achat d’un pc ce n’est pas la gravure, mais la fréquence et le nombre de coeurs, en haut de gamme, face au 64/128 d’AMD, Intel propose du 18/36… et la messe est dite…

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  • 28 juillet 2021 - 9 h 25 min

    quand le thermomètre indique la mauvaise température, on change de thermomètre, c’est bien connu.
    en outre, il ne faut surtout pas que les systèmes de “comparaison” soient clairs : le consommateur ne doit pas savoir ce qu’il achète mais faire aveuglément confiance au code-couleurs. “A vert = bien” “B jaune = moins bien” “C rouge = pas bien”.
    manquerait plus que l’acheteur apprenne que les i3/i5/i7/i9/… coûtent le même prix en sortie de chaîne

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  • 28 juillet 2021 - 12 h 05 min

    C’est un champion de la tromperie marketing, et ce n’est pas nouveau. Ça pu l’arnaque du SDP en lieu et place une TDP qui consistait a annoncer une dissipation thermique inférieure. Il érode encore plus le peu de confiance qu’on peut porter en lui. Du coup, en bourse il dégringole, puis stagne, puis dégringole encore… Spirale de la loose.

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  • 28 juillet 2021 - 18 h 39 min
  • JB
    28 juillet 2021 - 23 h 34 min

    @Franck: yep, ce ratio est intéressant, en effet. Après viser à la fois meilleures perf et baisse de la conso devient ambitieux au vu des faibles évolutions d’une génération de proc à l’autre ces dernières années chez Intel. On a souvent du +8% à +15% théorique à chaque changement.

    Il suffit que tu veuilles baisser la conso de ta machine du même pourcentage (le 8% à 15% précité, qui est faible) pour avoir une bécane qui ait finalement… exactement le même niveau de perf que l’ancienne, en consommant moins évidemment. De mon point de vue il n’y a pas souvent diminution de la conso des machines mais augmentation des performances à puissance constante.

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  • JB
    28 juillet 2021 - 23 h 35 min

    @Dadoo: carrément, du basique compréhensible par tout un chacun, sans même référer à la finesse de gravure. Ils ne peuvent pas faire plus tordu, c’est fou.

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  • 29 juillet 2021 - 3 h 18 min

    Ah, les joies du marketing, c’est pareil partout, il y a quelques années je me gare sur le parking d’un feu vert, norauto ou autre je ne me rappelle plus et à coté de moi un mec teste sa super sono qui devait faire trembler les murs du supermarché et il a l’air franchement déçu surtout par rapport à l’investissement qu’il venait de faire.

    il me vois me propose d’écouter et effectivement le son est propre mais le niveau sonore est catastrophique et le gars comprend pas pourquoi surtout pour écouter du rock! heureusement il a gardé les emballages et ses magnifiques subwoofers ont un rendement lamentable, de l’ordre de 84 db. Je lui explique le pourquoi du comment sur le rendement des hp et nous voila tous les deux dans la boutique à la recherche de la perle rare. Coup de bol une paire de ” je ne sais plus ” a un rendement de 94 db et un prix presque équivalent.

    Le vendeur accepte l’échange en râlant un peu et là miracle le gros son arrive ! Le roi du tuning ravi le vendeur un peu moins mais ça c’est pas grave.
    Conclusion que ce soit pour des hp de voiture ou autre chose si vous n’y comprenez rien renseignez vous auprès de ceux qui savent et pas forcement les vendeurs. Google est votre ami…

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  • 29 juillet 2021 - 10 h 18 min

    Si AMD gagne des parts de marchés, ça n’est pas parce qu’il est indiqué ‘7nm’,mais parce que les processeurs ont un bon rapport qualité /prix/consommation. le 7nm est sans doute un élément clé. Mais changer la dénomination chez Intel ne suffira pas à regler tous les problèmes d’Intel.. .

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  • 10 août 2021 - 11 h 45 min

    […] Avec Intel 7 le fondeur s’éloigne de la course à la finesse de gravureC’est bien, encore plus de bullshit qu’il faudra décortiquer 🙂 […]

  • 19 août 2021 - 12 h 18 min

    Si Intel se réveille finalement, on pourra dire que c’est grâce a un bon coup de Pat…

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  • 8 septembre 2021 - 13 h 02 min

    Intel est largué sur la finesse de gravure, donc ils ne veulent plus en parler.
    Les départements marketing ont toujours préféré axer leurs “histoires” sur des éléments subjectifs et émotionnels plutôt que sur des caractéristiques objectives. Quand on est en difficulté techniquement, ça permet de mieux noyer le poisson.

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  • 8 septembre 2021 - 13 h 23 min
  • 8 septembre 2021 - 16 h 28 min

    Des rumeurs courraient disant qu’Intel fera fabriquer par un concurrent. Impensable ? En 2015, oui mais plus maintenant. Intel a démenti une externalisation. Ah, ok… Mais est-ce qu’on doit croire Intel ?… Pas du tout, c’est bien parce qu’il est largué qu’il a fini par confirmer qu’il allait faire fabriquer par TSMC en 3nm, une finesse qu’Intel est très très loin de maîtriser.

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  • 8 septembre 2021 - 16 h 58 min

    @Skwaloo: Tu vas un peu vite.

    Intel a demandé à TSMC des puces 7 nano de GPU Ponte Vecchio. Pas de processeurs. C’est acté.
    Le reste, les puces 3 nano, c’est une rumeur basée sur une source Nikkei Asia dse Février… jamais confirmée depuis. En févier par contre on apprenait qu’Intel investissait 20 milliards de dollars pour concurrencer TSMC.

    Intel est, comme toute entreprise IT de son genre, parfaitement pragmatique. Si c’est plus rentable pour elle de passer par un tiers, elle le fera. Si demain Intel à besoin de TSMC, elle signera un contrat. Si après demain elle dispose de solutions pour reprendre son autonomie (ce que suggère les quelques 20 milliards d’investissement), elle le fera également. Intel a par le passé intégré un chipset graphique AMD a ses processeurs.. Si ce n’est pas une approche pragmatique, je ne sais pas ce que c’est :)

    Enfin, il ne faut pas confondre “Intel” et ses PDG. Brian Krzanich a fait beaucoup d’annonces avant de se faire évincer de la direction d’Intel. C’est pour beaucoup d’analyste sa recherche d’une profitabilité extrême à court terme qui a mené Intel dans l’impasse. Depuis que Pat Gelsinger la boite semble repartir sur une recherche de R&D et non plus uniquement de retombées financières. Je ne sais pas ce que cela va donner mais ce qu’a dit le premier est souvent totalement différent de ce que dit le second… Cela ne fait pas du second un menteur pour autant.

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  • 10 septembre 2021 - 10 h 22 min

    @Pierre Lecourt: GPU ou CPU, pas d’importance, il faut les graver. A l’époque du règne d’Intel il aurait tout fait chez lui parce qu’il avait des capacités énormes et des techniques en avance sur les autres. Pour Larrabee je n’ai pas eu connaissance qu’il soit aller frapper a la porte d’un concurrent. C’est la déconfiture chez Intel avec de la concurrence qui le déborde de toutes parts, il se fait abandonner par Apple (en + de la perte franche c’est une très mauvaise pub), AMD lui prend des parts de marché, Google devrait sortir des puces pour ChromeOS qui vont directement impacter les parts d’Intel Micro$oft a commencé avec propres puces et s’il accélère Intel va en souffrir, Win 10 et 11 peuvent tourner sur rPI (et machines ARM compatible https://www.cnx-software.com/2021/09/02/windows-11-arm-systemready-es-platforms-raspberry-pi-4-solidrun-sbc/) ce qui peut ouvrir un marché a la montée en gamme de Mediatek par ex. Intel vient d’abandonner RealSense, encore un abandon. Intel n’a plus de confortable avance, c’est plutôt l’inverse.
    Intel a annoncé 20 Md pour des Fab ? Il a aussi réclamé 8 Md a l’Europe, puis maintenant parle de 80 Md… Des annonces disparates et pas fiables, ce n’est pas pragmatique mais plutôt de la panique.

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  • 10 septembre 2021 - 13 h 12 min

    @Skwaloo: Les annonces disparates et pas fiables ? Alors quand ce sont des rumeurs non confirmées disant que Intel va demander à des partenaires de graver en 3 nano c’est fiable et quand ce sont des infos provenant d’Intel sur un investissement massif ce sont des rumeurs ?

    Quand un PDG d’Intel investit dans un truc xterne sans rapport avec leur coeur de métiers, ils se diluent et c’est une erreur et quand un nouveau PDG d’Intel vend les sociétés externes qui sont sans rapport avec son coeur d’activité, c’est également une erreur.

    Personne n’a dit qu’Intel était dans une position avantageuse ni nié des marchés pragmatiques avec d’autres acteurs. Parler de Larrabee n’a aucun rapport avec la situation présente. Parler de déconfiture est également un peu dur à mon sens et surtout très partisan d’une situation que certains aimeraient (à mon avis assez inutilement) voir dégénérer.

    Moi je suis plutôt confiant et surtout je n’ai pas envie d’un renversement de situation, à savoir un Intel dans la panade qui poussera AMD a choisir un nouveau PDG pantouflard et des actionnaires surtout intéressé par les profits. Un AMD qui fera alors trainer les renouvellements de puces et ralentir la R&D sans investir. Parce que c’est DEJA arrivé par le passé, parce que cela arrive tout le temps dans l’industrie quand un acteur n’a plus de vrai concurrent. C’est le jeu habituel. Les seuls moment où on a droit a des grosses évolutions ce sont les moments où il y a une vraie concurrence.

    Alors si tu as envie de croire qu’Intel est en train de paniquer, libre à toi, mais je pense surtout que tu projettes tes envies sur la situation. Intel est vautré sur un matelas d’argent et, au contraire d’un Kodak ou d’un Polaroid, ils sont en train de réagir à tous les niveaux : CPU, GPU, philosophie et partenariats.

    Je pense et j’espère qu’ils en tireront profit. Pas pour qu’Intel passe devant AMD ou parce que j’aime plus Intel qu’AMD. J’en ai strictement rien à faire. Je sais juste qu’un géant de ce calibre sur un secteur aussi crucial que le x86, ne fait jamais rien de bon longtemps sans un concurrent. Les actionnaires ne sont pas des geeks, ce sont des gens qui ne se privent jamais de sabrer la R&D et les investissements massifs si cela leur rapporte 18% de l’an au lieu de 10%.

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