Dell concept Luna : un portable réparable a t-il enfin du sens ?

Dell vient d’annoncer Concept Luna, un prototype de portable réparable à l’empreinte carbone beaucoup plus basse que les machines habituelles.

Avec une empreinte carbone divisée par deux par rapport à un portable classique, le Concept Luna de Dell se pose comme un champion écologique sur le marché informatique. La marque a orienté la conception de l’engin non pas vers une solution plus esthétique ou vers des innovations techniques mais en faisant des choix basés sur l’économie de ressources. Autre élément fort de ce projet, une volonté de rendre la machine facilement réparable.

Concept Luna se démarque par des choix techniques assez différents des portables classiques. Par exemple, la carte mère employées est plus compacte que les modèles habituels du segment. Elle ne mesure que 75% du standard classique et utilise 20% de composants en  moins. Ce qui, avec les autres points proposés par Dell sur cet engin, réduit de moitié son empreinte carbone.

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Le constructeur a également fait le choix de déplacer la carte mère dans la partie haute du châssis, derrière l’écran, de manière à mieux profiter d’une dissipation passive. En étant éloigné de la batterie, l’ensemble peut mieux respirer. Le châssis de la partie écran laisse également circuler de l’air par convection pour un refroidissement naturel de l’ensemble.

Le recours à une batterie à longue durée de vie a également un fort impact sur l’empreinte carbone de Project Luna. Plus longues à recharger, plus chères, ces batteries peuvent durer jusqu’à deux fois plus longtemps qu’une batterie « moderne ». Dell met d’ailleurs l’accent sur le recours à un assemblage simple de ses composants, batterie comprise. Des vis classiques permettent de monter ou de démonter la machine. Pas de recours à de la colle pour fixer certains composants. Et, apparemment, aucun assemblage composé de vis de formats non standards.

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Dell annonce un design modulaire complet, la marque indique que Concept Luna permet de retirer les principaux éléments de l’engin facilement mais également de les remettre en place. Clavier, pavé tactile, batterie, écran, haut-parleurs et autres peuvent être remplacés. L’idée étant également de pouvoir employer à nouveau les pièces dans d’autres machines en cas de pépin. Faire tomber un portable de ce type ne transformera pas obligatoirement le châssis en un cercueil pour des composants encore viables. Il serait théoriquement possible de les transferer dans un nouveau châssis. Il ne faut qu’une heure trente à un technicien pour désassembler totalement l’engin.

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Le point sur lequel Dell ne s’appesantit pas est sur l’intégration complète de la carte mère. L’ensemble forme un tout et, mis à part ce qui ressemble à une carte Wifi sur slot M.2 sur la partie supérieure droite, la machine ne propose aucun élément accessible. Mémoire vive et stockage sont soudés, inamovibles et indissociables de l’ensemble. On a certes un accès direct à tous ces composants mais il faudra bien les choisir au moment de l’achat puisqu’il sera impossible d’intervenir dessus dans un second temps. Cette carte mère, en cas de panne, sera bonne à recycler. Il faudra acheter à nouveau l’ensemble processeur, mémoire vive et stockage…

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Dans Concept Luna, il y a concept

Concept Luna fait partie de cette grande famille de produits dont on ne dit pas si ils ont un avenir commercial ou si il s’agit seulement d’un projet qui n’aura aucun impact réel. De nombreuses machines de ce genre ont été proposées par l’industrie au fil des ans. Des ordinateurs portables d’industriels comme des projets portés par des développeurs plus amateurs, l’idée d’un portable réparable est depuis longtemps dans l’air du temps.

L’interchangeabilité des composants du monde de la micro informatique a toujours été une des tentations du marché des micro ordinateurs portables avec toutefois un énorme gouffre entre les appétits du public et ceux des constructeurs. D’un côté les acheteurs sont clairement en faveur de portables réparables facilement parce que cela assurerait une maintenance plus longue, des mises à jour plus faciles et la certitude de pouvoir profiter des pièces détachées d’une manière ou d’une autre. De l’autre, ce sont également les acheteurs qui se plongent avec délice dans le piège du design des constructeurs. A préférer une solution plus fine dont aucun composant ne pourra être extrait, où la réparabilité est annihilée à grands coup de colle et de matériaux emboités plutôt qu’un engin souvent quelques millimètres plus épais mais totalement réparable.

Dell c’est aussi cela, des cartes mères de PC de bureau ne correspondant à aucune norme standard.

Cette attitude qui oscille entre design et raison est largement amplifiée par l’industrie elle même. Les constructeurs n’ont jamais caché leur lutte contre l’homogénéité du format x86. Entre les concepteurs de puces qui ne partagent pas les mêmes standards et qui les ont fait maintes fois évolués – pour des raisons techniques et économiques – au fil des années. Et les assembleurs qui utilisent divers stratagèmes pour rendre leurs solutions incompatibles avec celles des voisins. Les grandes marques n’hésitent pas à intégrer des cartes mères ne respectant aucun standard industriel, des alimentations aux formats barbares et des composants usant de connecteurs propriétaires. Tout cela pour assurer à leur parc une maintenance liée à leurs pièces détachées et ainsi maximiser leurs profits dans la durée. Un acheteur de parc informatique complet ne pourra pas passer par un autre constructeur pour en assurer la maintenance et si il veut des pièces détachées pour réparer ses engins, il devra également passer par la voie officielle d’un réparateur agréé afin d’obtenir les pièces nécessaires.

On comprend très vite que, si sur le marché de la mobilité les rares composants qui soient accessibles sont compatibles entre les marques, c’est plus par raison économique que par volonté d’accessibilité. Si vous pouvez ajouter de la mémoire vive SoDIMM ou un stockage via un port M.2 sur un portable, c’est parce que développer de la mémoire vive ou un SSD dans des formats propriétaires serait non seulement très cher mais également désavantageux commercialement parlant. Si un seul constructeur se décidait à ce type d’intégration, ses clients se détourneraient vraisemblablement de la marque pour une autre assurant une meilleure compatibilité.

Ce Concept Luna est donc une proposition intéressante mais assez étrange. Il est évidemment très positif que Dell se pose la question de l’empreinte carbone et de la réparabilité de ses machines, il n’est pas sûr que l’objet dépasse, encore une fois, le stade de simple projet. Il n’y a aucune raison qu’une entreprise comme Dell gagne moins d’argent avec ce type d’idée, ce n’est pas dans son intérêt économique même si ses administrateurs et employés sont enfermés sur une planète qui finira bien par manquer de ressources un jour où l’autre. Dell est imbriqué dans un marché hyper concurrentiel où ce type de choix économique pourrait être désastreux et je ne  crois pas une seule seconde à la viabilité de ce Concept Luna.

Le recours à un message clair annonçant qu’il s’agit d’un concept sans réel potentiel commercial tout au long de la vidéo est une bonne piqûre de rappel.

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Le bon moment ?

C’est pourtant le bon moment pour se positionner sur ce segment. De laisser tomber les concepts et de proposer de vrais ordinateurs réparables. Des engins peut être moins beaux, moins fins, mais où l’on pourrait facilement changer une charnière, remplacer un écran, faire évoluer la carte mère, la mémoire vive ou le stockage. Je n’ai jamais été très inspiré par ces concepts de machines jusqu’alors tout simplement pour des raisons techniques. Les évolutions logicielles étant ce qu’elles ont été pendant des années, le passage d’une machine à une autre semblait nécessaire pour suivre l’appétit en ressources imposé par le software. 

Mais depuis quelques années, sur la majorité des usages de l’informatique, on assiste à une stagnation. Les machines milieu et haut de gamme de 2013-2014 sont toujours parfaitement aptes à exécuter les tâches quotidiennes d’un point de vue calcul pour peu qu’elles soient épaulées par suffisamment de mémoire vive et de stockage. Cela n’est pas vrai pour tous les usages et on ne jouera pas avec un PC de ces années là aux mêmes jeux qu’avec un PC plus récent. On ne pourra pas non plus exécuter les tâches les plus gourmandes en 3D ou en montage vidéo mais la majorité des programmes quotidiens seront parfaitement gérés : surf, bureautique ou multimédia ne sont pas un problème avec un Core i5 de 4e ou 5e génération. Les diagonales d’écran ont également fini par gagner en sagesse, on a recentré beaucoup de la production autour d’un standard FullHD et même si beaucoup des engins présentés par les marques proposent désormais un écran UltraHD avec des technologies très évoluées comme le OLED ou des normes HDR avancées, cela ne reste qu’une frange de la production et des ventes.

Le souci vient donc moins des compétences de la machine que des accessoires. Un écran qui lâche, une nappe qui, à force d’être trop manipulée en interne, finit par poser problème. Un port USB, HDMI ou jack qui ne tient plus, un connecteur d’alimentation Hors-Service, un ventilateur qui se désaxe, une batterie qui n’a plus d’autonomie ou des charnières qui finissent par se décrocher du châssis. Ces postes là sont réparables. Enfin seraient réparables. Facilement même si les pièces détachées nécessaires étaient disponibles à des prix acceptables. Réparables si la recherche d’une finesse extrême ne venait pas non plus rendre toute tentative difficile ou impossible. Le pire étant que cette finesse, qui n’a pas vraiment d’autre but que l’esthétique globale du produit, n’apporte que des ennuis aux machines mobiles : fragilité accentuée, recours à des composants qu’il faut coller et ouverture parfois impossible du châssis.

Quel constructeur lancera un jour un portable vraiment réparable ? Et comment réagira le public à cette annonce ? Difficile de le savoir encore aujourd’hui. Qui va accepter un portable un peu plus épais, un peu plus lourd, un peu plus « moche » ? Et surtout quelle assurance de la part des acheteurs d’avoir un suivi dans ces gammes ? Acheter un portable comme ce Project Luna est une belle idée mais si sa promesse de réparabilité existe, elle n’engage que ceux qui vont y croire. Est-ce que Dell, si il sortait l’engin, produirait encore des composants compatibles cinq années plus tard ? Qui va prendre le risque de leur faire confiance pour un achat de ce type ?

L’écologie passe d’abord par un effort collectif

Project Luna est une bonne idée mais cela reste un concept qui n’aura aucun impact sur le marché. Trop dangereux pour Dell de se positionner en solitaire sur ce segment. Les deux seules solutions pour que ce type de machine puisse exister sont assez évidentes. La première est politique, un changement de loi obligeant les constructeurs à proposer des engins réparables. C’est le genre de loi qui peut faire bouger l’industrie et, à terme, l’impact écologique lourd de ces engins pourrait pousser dans ce sens.

L’autre serait l’établissement de standards informatiques mobiles au même titre qu’il existe des standards informatiques de bureau. Les formats ATX et ITX des tours pourraient être des bases de travail pour établir des alter ego mobiles. Une solution pour qu’un acheteur de PC Dell puisse remplacer la carte mère de sa machine par une carte mère signée HP ou Lenovo parce que son châssis serait dessiné pour les accepter. Une solution pour être sur de l’implantation de la charnière de son portable. Qu’il soit possible de changer la coque de son Asus pour celle d’un MSI ou d’un Acer…

Vous voyez le souci ? Si cela était possible cela uniformiserait totalement la production actuelle et il n’y aurait alors non seulement plus d’âme dans ces produits mais plus non plus d’innovation. Tout le monde ferait la même machine et le client choisirait la moins chère. Ce serait la fin assurée de cette industrie. Les châssis avec une charnière à 360° seraient un standard différent, les écrans détachables en formeraient encore un autre. Non seulement la faisabilité diplomatique  de ce concept nécessiterait une entente des différents acteurs du marché, mais elle imposerait que tout innovateur, si il voulait introduire un nouveau produit, serait obligé de le partager avec les autres pour valider son idée… 

Reste peut être une troisième voie, celle d’un acteur tiers qui publierait de nouveaux standards en les laissant libres de droits. Si Intel et/ou AMD se mettaient d’accord sur des formats de carte mère et d’implantation par exemple. Et que tous les assembleurs puissent se saisir de ces formats pour proposer au moins une gamme de machines compatibles, ce serait une solution. Pas forcément pour coller à tous les segments du marché mais au moins pour fournir des engins facilement réparables sur le segment le plus classique. Cela pourrait exister sans trop altérer le fonctionnement global de ce segment. 

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25 commentaires sur ce sujet.
  • 15 décembre 2021 - 15 h 13 min

    Très bon article, belle analyse, merci !
    Cela me fait penser à https://frame.work/ qui s’est déjà lancé dans un concept similaire : modulaire / réparable / DIY.
    Cela reste une plus petite initiative, et on ne peut pas forcément dire que c’est une tendance, mais je trouve que c’est intéressant à noter.

    Répondre
  • 15 décembre 2021 - 15 h 28 min

    En l’absence de standard, il me semble que l’on peut mettre en avant les bons acteurs qui essaient de faire avancer les choses comme Framework. Même si le produit peut encore être amélioré (avec plus de ports disponibles par exemple), ils vendent un produit totalement réparable. Enfin ils vendent, pas encore en Europe hélas.

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  • PM
    15 décembre 2021 - 15 h 49 min

    Je suis content.
    Pas pour l’article; qui, lorsqu’on connaît le rédacteur, ne peut qu’être bon, très bon. Mais parce que j’y ai repéré des fautes de grammaire; ce qui plus que rare chez Pierre !
    Trêve de plaisanterie, le point de vue exposé est d’une véracité éclatante A la limite d’Apple pour lequel c’est un mantra (depuis ’76). « Il faut TOUJOURS faire différent des autres, c’est LE moyen de gagner du flouze; beaucoup ». Avec un rien de marketing dessus pour augmenter la marge.
    De temps en temps, une approche multi opérateurs survient; généralement au prix d’efforts importants; cf normes USB.
    Il y a quand même quelques limites; la durée. Cela me rappelle une amie qui se réjouissait de la disponibilité de pièces pour son lave-linge (Miele) datant de plusieurs décennies. Effectivement, elle le récupère en fonction; mais sans AUCUNE des améliorations que la gamme de produit a vécu depuis.
    Ceci dit cela fait des années que le bricolage/adaptation des mes Asus 1015B m’est régulier. Je concède qu’il faut un peu de pratique, et que cela pourrait être amélioré par un design/construction « consensuel ».

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  • 15 décembre 2021 - 16 h 33 min

    Voilà pourquoi mon Dell Inspiron 15R N5110 (i7-2670QM) datant de 2012 est encore en activité depuis toutes ces années.
    Je peux l’ouvrir facilement et encore trouver les pièces détachées pour le réparer moi-même.
    J’ai remplacé la batterie, le clavier, la mémoire, le HDD pour un SSD, le bloc ventilateur et la carte d’alimentation depuis que je l’ai. (sans oublier le passage en Windows 10 à la place de Windows 7)
    Son réel défaut est la définition de l’écran qui n’est pas en FHD.

    Et il me sert encore beaucoup aujourd’hui (web, création graphique 2D/3D, rendu 3D/vidéo et encodage).

    J’espère, sans trop y croire, que ce concept fera quelques émules.

    Très bon article au passage (comme à chaque fois)

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  • 15 décembre 2021 - 18 h 30 min

    @PM:

    Perso j’ai un sèche linge Miel qui approche des 35 ans, il semble indestructible et je ne vois pas trop ce qu’il pourrait proposer de plus :)

    Les nouveaux n’ont aucune chance de survivre 35 ans

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  • 15 décembre 2021 - 19 h 18 min

    Un lave linge lavera aussi bien s’il a 1, 10 ou 20 ans, il n’est pas obsolète en soi.
    Pour un ordi, le problème est qu’aujourd’hui il va tomber en panne quoi, au bout de 3 ou 5 ans, et la réparation est compliquée. Passer à 10 ans serait énorme, et d’un point de vue technologique, bcp d’ordis restent viables 10 ans. Mais pas plus, contrairement à la machine à laver.

    Quant à Dell qui pourrait se lancer sur le créneau, ça me plaît bcp, même si ce n’est qu’un concept.
    Lorsqu’une petite marque le fait déjà, je salue l’initiative, mais il ne faut pas se leurrer : il faudra du temps pour que la marque inspire confiance au plus grand nombre, qu’elle se fasse connaître, puis se pose la question de sa pérennité. Ca reste un délire de geek un peu parieur. Si la boite ferme après 3 ans, tu l’auras dans le baba, ordi réparable ou pas, tu auras peu de pièces détachées.
    Si un géant comme Dell se lance, non seulement il jouira de sa visibilité, mais en tant que client tu auras de grandes chances de voir une promesse tenue : celle de voir les pièces détachées produites en nombre et sur la durée.

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  • 15 décembre 2021 - 19 h 44 min

    Comme @Rémy: avec son Dell, mon x230 a sue évoluer avec le temps, upgrade de la dalle (fhd IPS), du stockage (2 SSD, SATA + mSATA), (RAM passée de 8 a 16) et batterie, seul le WIFI n’y a pas eu le droit (foutu liste blanche) et des pièces de rechanges encore largement disponibles.
    Si je ne peux que saluer la démarche, qui n’est qu’un concept pour le moment, je pense surtout que cela viendra de « l’open source » et des fabricants d’SBC.
    Le nouveau format CM raspberry commence a faire des émules et même si le SOC/stockage/RAM sont indissociables ça reste dans l’esprit du repérable/upgradable, a voir…
    Pour la place de carte mère derrière l’écran, façon tablette, cela réduit également la fragilité due aux câbles et autre nappes qui peuvent se rompre a la longue.

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  • 15 décembre 2021 - 19 h 56 min

    De la part de Dell, c’est d’une mauvaise foi incroyable. C’est bien Dell qui a inventé les listes blanches de composants, qui interdisent le remplacement de pièces défectueuses par une autre marque que la leur… C’est juste du greenwashing mal foutu comme tout.

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  • 15 décembre 2021 - 21 h 07 min

    Perso, cela, je trouve, c’est un peu la mauvaise excellente idée. Car sur pas mal d’ordi, y compris ceux avec une belle finesse, on peut changer des composants, notamment SSD, batterie, écran etc.. et carte mère. Donc je ne vois pas trop l’avantage d’un tel concept.
    Ensuite, changer une carte mère ou un composant important sur un portable qui a 5 ou 7 ans ou plus, avec sa batterie qui a le même âge, ce n’est pas très intéressant quand le neuf similaire sera au même prix…
    Il faut surtout un ordi fiable qui fasse pas mal d’années sans problème.

    Répondre
  • 15 décembre 2021 - 23 h 13 min

    J’aime bien le réparable et le recyclable d’une manière générale.

    Même si Dell force le trait sur la notion de pur concept sans développement commercial derrière, c’est une très bonne voie de réflexion qui pourrait rebondir dans 3 ou 4 générations de laptops.

    La crise Covid a prouvé que le dérèglement de la « Supply chain » mondiale entraine des ruptures d’approvisionnement qui pèsent lourd sur le commerce. Plus de souplesse avec des pièces facilement recyclables limiterait les pénuries cycliques.

    On pourrait même rêver que les pièces amovibles du capot (écran & clavier) puissent faire l’objet de cotes 3D publiées pour pouvoir les faires imprimer par un Lab print 3D métal et local.

    Répondre
  • PM
    16 décembre 2021 - 2 h 50 min

    On va changer d’exemple… puisqu’un lave linge n’est pas pertinent aux yeux de certains (simple ex: paramétrage des consommables en fonction du contexte… il y a 30 ans ???).
    Automobile: une R8 Gordini pourrait parfaitement rouler « comme il y a… 50 ? ans ». Exact ! A condition que les doubles carburateurs soient finement réglés; et qu’on sache utiliser un « starter », si besoin… Z’en avez vu beaucoup des moteurs qui fonctionnent autrement qu’avec des calculateurs d’injection (et autres), de nos jours ? Contact; démarrage.
    Il ya donc bien des évolutions, pertinentes; totalement incompatibles avec des modèles antérieurs. Idem avec les ordinateurs. J’ai des anciennes machines, parfaitement fonctionnelles; et qui tournent avec des OS 32b. Je ne les garde que pour le souvenir, car aucun espoir de les migrer en 64b.

    Répondre
  • 16 décembre 2021 - 8 h 13 min

    @Madwill: Bonjour, pour la batterie vous n’avez pas eu de problème avec le bios ? Ou alors c’est une original.
    Pour ma part impossible de trouver une original et les compatibles ne passe pas a cause du bios.
    Merci d’avance pour votre retour.

    Répondre
  • 16 décembre 2021 - 8 h 33 min

    @snakesolid:
    Je me disais cela jusqu’à il y a 4 ans, aussi, en changeant mon sèche-linge Brandt acheté d’occasion en 1998 à un ex-collègue qui déménageait… Mais entre la capacité désormais limite avec 2 ados et le gain de consommation des modèles actuels à pompe à chaleur (on passe de 2.5kW à 800W) combiné à leur efficacité (aussi rapide, contrairement à ce que les temps de cycle, adaptatifs, laissaient supposer) + agrément (zéro humidité relâchée dans la buanderie, cela je n’y avait pas pensé mais à l’usage cela change tout), je ne regrette pas l’upgrade! En prime, l’ancien a été assez bien revendu via LBC.

    @Pierre:
    En effet, le laptop réparable a toujours été un pb: Même quand des standards ont existé (MXM pour les cartes graphiques), à l’ouverture quand on avait un pépin on se rendait compte qu’ils n’avaient pas été respecté. J’ai aussi un peu de mal à concevoir une machine « réparable » ou on ne peut changer que le stockage: C’est un exercice de style…

    Je pense que pour les laptops, on n’y arrivera jamais… Et que le mieux serait en fait de s’en passer le plus possible: A domicile, un gros transportable ne bouge en pratique jamais et gagnerait déjà souvent a être remplacé par un barebone de petite taille ou des standards existent.
    Au travail, en une dizaine d’années on a vu les desktop devenir inexistants et les laptops les remplacer dans les open-space, car on les ramène chez soi pour les jours de télétravail… et que la suite ayant été le flex office, on les a ramené tous les jours!

    C’est lourd/encombrant/pénible pour les transports (+ cas de vol réguliers): Il y aurait sans doute mieux à faire avec un format de machine standard/dockable. Des docks au bureau, un à la maison… et on ne ballade que le coeur de la machine. L’employeur n’a en prime plus à payer écran/clavier avec le reste tous les 3 ans en moyenne. Surtout que l’écran externe, il est le plus souvent là.

    Cela pourrait même offrir une alternative plus grand public au laptop que le barebone.

    Répondre
  • 16 décembre 2021 - 11 h 02 min

    « L’autre serait l’établissement de standards informatiques mobiles au même titre qu’il existe des standards informatiques de bureau. Les formats ATX et ITX des tours pourraient être des bases de travail pour établir des alter ego mobiles. Une solution pour qu’un acheteur de PC Dell puisse remplacer la carte mère de sa machine par une carte mère signée HP ou Lenovo parce que son châssis serait dessiné pour les accepter. Une solution pour être sur de l’implantation de la charnière de son portable. Qu’il soit possible de changer la coque de son Asus pour celle d’un MSI ou d’un Acer… »
    Je pense au contraire que la situation est presque mûre pour offrir cette possibilité. On pourrait imaginer un format défini de carte mère avec des emplacements fixes de connecteurs types USB-C au standard USB4 (incluant le Thunderbolt 3). Ainsi les châssis pourraient proposer différentes connectiques, le TB3 pouvant transporter réseau, vidéo, audio …, différentes charnières, différents claviers (sur connecteur USB interne) etc.
    Il serait alors possible de conserver sa carte mère pour la réutiliser dans un autre châssis avec éventuellement des fonctions différentes.

    Mes 0.02 cents

    Répondre
  • 16 décembre 2021 - 11 h 15 min

    @Lionel: Techniquement oui, commercialement on est encore à des années lumières de cette possibilité.

    Répondre
  • 16 décembre 2021 - 11 h 49 min

    @Pierre Lecourt: Je suis tout à fait d’accord avec toi : même s’il y a un marché pour ce type de solution, aucun fabriquant ou assembleur n’a d’intérêt à la proposer. Le manque à gagner serait terrible à moyen terme.
    Sans une contrainte règlementaire forte, qui ne viendra pas de sitôt non plus vu les enjeux en termes d’emplois, le marché n’évoluera pas vers ce type de solution.

    C’est pour ça que ce genre de concept est une grosse hypocrisie de la part des constructeurs …

    Cela dit, en y réfléchissant et en observant les autres marchés, un outsider pourrait proposer ce type de solution sur un modèle de type « leasing » où il ne vendrait pas un produit mais un service adapté au besoin (diagonale, performance, pavé numérique, connectique etc.) en garantissant un bon fonctionnement du matériel sur la durée de l’abonnement.

    Répondre
  • 16 décembre 2021 - 12 h 17 min

    +1000 Du gros GREENWASHING bien hypocrite dans l`air du temps !

    « Il ne faut qu’une heure trente à un technicien pour désassembler totalement l’engin. » (sarcasm On) WAHOU quel exploit !
    1h30 c`est environ le temps « standard » pour démonter un ordinateur portable pour un technicien de niveau moyen (et encore je suis généreux, car perso` je l`embauche pas celui qui met 1h30).

    Donc résumé : du bullshit servit avec une bonne louche d`auto-congratulation, ça me rappel la politique tiens !

    Répondre
  • 16 décembre 2021 - 17 h 52 min

    Autant le changement de processeur/carte mère sur un portable (hors réparation) j’ai jamais trouvé ça des plus pertinents ça fait partie du concept. Mais des composants qui ont une tendance à l’usure (HDD/SSD, clavier, tackpad), ont une fréquence de panne fréquente (RAM) ou sont exposé à un vieillissement (batterie) devraient être pouvoir changés facilement sans nécessiter une heure trente de main d’oeuvre. Je regrette les machines d’il y a une dizaine d’années sur lesquelles ces modifications possible par le propriétaire étaient la norme.

    Et qu’on ne vienne pas me parler de finesse et tout ça, il y avait des machines de 3 cm d’épaisseur avec des éléments facilement modifiables.

    Répondre
  • 16 décembre 2021 - 18 h 50 min

    « La première est politique, un changement de loi obligeant les constructeurs à proposer des engins réparables. C’est le genre de loi qui peut faire bouger l’industrie et, à terme, l’impact écologique lourd de ces engins pourrait pousser dans ce sens. »

    Et oui, in fine tout est politique et seule la volonté des responsables politiques pourra mettre un frein à tout ce gâchis et en particulier à la destruction de notre environnement.

    Le problème c’est que pour que les responsables au pouvoir se décident à contraindre (mot synonyme d’hérésie pour ces gens) les industriels, ils faut qu’ils pensent pouvoir y trouver un intérêt électoral. Or le signal qu’envoient les électeurs c’est : « l’environnement et le climat on s’en fout, c’est l’immigration et la sécurité qui nous intéressent ».

    Résultat, des gouvernements qui avancent dans le sillon nauséabond de l’extrême droite et des populistes plutôt que de prendre leurs responsabilités, de légiférer dans l’intérêt général, de tenir tête au MEDEF et à la FNSEA, pour ne parler que de la France.

    Je ne crois pas une seule seconde que les choses changeront dans le bon sens quand les verts font 8% au premier tour et l’extrême droite confondue 36%. On ira dans le mur et bien comme il faut : on épuisera les ressources, on détruira le climat et la biodiversité.

    Les générations futures nous jugeront, on va leur laisser une planète totalement dévastée.

    Répondre
  • 16 décembre 2021 - 19 h 23 min

    Merci pour cet excellent article.

    Ce qui manque c’est un engagement sur l’énergie grise: si ce portable fournit la même performance et durée de vie qu’un concurrent mais que sa production nécessite 50% d’énergie en moins alors chapeau.
    Tant pis si au fond si ce n’est pas standard (ce qui est merveilleux avec les standards c’est qu’il en existe toujours de nouveaux pour les remplacer) et qu’on ne pourra pas le faire évoluer selon ses espoirs.

    L’empreinte carbone ça ne me satisfait pas, c’est un savant calcul (youhou regardez mon empreinte négative @[email protected] Théoriquement possible mais un peu facile de sous-estimer le carbone libéré pour son produit et sur-estimer l’impact de quelques pousses d’arbres). C’est aussi loufoque que les TV A+ géantes qui consomment un multiple d’une B raisonnable mais sensée être moins écolo.

    C’est un peu comme le Fairphone, le côté remplacement pour faire durer c’est gadget (mieux vaut une caméra convenable et soigner le soft plutôt qu’offrir un remplacement et des version +). Par contre l’attention à ne pas employer des ressources produites n’importe comment, par des esclaves et pour financer des milices armées, ça c’est déjà un critère d’achat suffisant pour le choisir vs la concurrence.

    Moins de ressources pour produire la même chose que les concurrents, compte tenu du prix fixé selon l’offre et la demande, il y a moyen que ce soit très très juteux tout en ralentissant réellement notre course dans le mur.

    Répondre
  • 16 décembre 2021 - 20 h 52 min

    CLEVO N230WU est fourni avec la notice et le plan qui permet de démonter le portable et de changer les composants. La référence de chaque composant est indiquée dans la notice.
    Il me semble que ce type de modèle constitue un candidat « démontable réparable ».
    Mais je n’ai pas encore eu besoin de le réparer.

    Répondre
  • 17 décembre 2021 - 6 h 56 min

    @Karasu: Bonjour, je n’ai eu aucun souci pour la batterie, c’est une type « no name » achetée sur un site de batterie (je ne me souvient plus du site en question).

    Répondre
  • 17 décembre 2021 - 11 h 57 min

    faudrait déjà qu’ils arrêtent de souder leurs cartes wifi killer pourries et sur certains pc la RAM, la on pourrait parler de pc durable ..

    Répondre
  • 17 décembre 2021 - 18 h 07 min

    @Youplaboum

    Je pense que tu inverses les conséquences et les causes.

    Les gens ne sont pas spécialement focalisés sur l’immigration et la sécurité. Ça c’est une stratégie développées par le gouvernement et donc Macron pour éviter d’avoir à parler des vrais sujets, ceux qui intéressent vraiment les gens, le climat et la fin du mois. Cette tactique vise non seulement à masquer les vrais sujets à grands coups de propagande tv relayé par les chaînes d’infos en continu et leurs éditorialistes payés par les amis milliardaires de notre président – sauf Bolloré apparemment qui lui, pour l’instant sponsorise Zemmour – mais également à obliger les parties de gouvernement, LR, PS et EELV à se positionner sur ces questions pour leur piquer des électeurs. Ça évite aussi d’avoir à proposer un programme et ça permet de dicter son agenda.

    Pour en revenir à l’article, il n’y a effectivement que le législateur qui a le pouvoir d’obliger l’industrie à changer ses comportements. Le consommateur ne peut pas changer un système même en faisant des choix « responsables ». Fairphone, c’est bien gentil mais ça ne change rien au problème global. Et ce type de concept d’un ordinateur réparable n’a absolument rien, ni d’innovant ou de révolutionnaire et encore moins de nouveau. Les raisons pour lesquels les machines mobiles – essentiellement – ne sont, dans l’immense majorité des cas, ni évolutive, ni réparables c’est parce qu’elles sont conçus de cette manière in design. C’est un choix délibéré et c’est lié au modèle économique dans lequel nos sociétés baignet. Ça s’appelle le capitalisme.

    Les appareils mobiles sont conçus jetables parce que c’est le seul moyen de faire renouveler son matériel à un client qui sinon garderait la même machine pendant au moins 10 ans. Du moins, pour la grande majorité des gens, tant que ça marche, c’est bien suffisant.

    Donc on soude les batteries, soi-disant pour avoir un design super plat, mais surtout parce que c’est le premier élément qui lâche. Un appareil mobile qui doit rester brancher en permanence, même à une batterie externe, ça casse un peu le charme.

    La partie logicielle, elle, est conçue de telle manière que les machines doivent être de plus en plus puissantes pour faire la même chose qu’avant. Et comme les appareils sont plus puissants on n’a plus besoin d’optimiser les logiciels. C’est un cercle vicieux. Comme les gens renouvellent de plus en plus vite les appareils on peut aussi rendre les logiciels incompatibles avec les anciennes versions.

    Tous ces produits mobiles ne sont pas le résultat d’une demande mais celui du marketing. On les fabrique et ensuite on use d’une publicité ultra massive pour les faire acheter.

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  • 21 décembre 2021 - 8 h 39 min

    Bah les Dell Latitude ou Thinkpad de Lenovo (par ex) sont déjà parfaitement réparables, un simple tournevis et tu peux tout démonter et remplacer toi-même. Niveau épaisseur, on parle d’1cm soit 1 à 2mm de plus qu’un truc fini à la glue !

    Je crois que les RAMs ne sont pas encore soudées (en tout cas pas sur mon modèle actuel) ce qui permet upgrade de ram, stockage et wifi si besoin. (le wifi ça devient compliqué avec Intel et son format CNVio merdique qui lit génération de CPU et Wifi !!!)

    Le reste des pièces est trouvable relativement facilement, y compris pour de l’upgrade (genre ajouter un bouton power lecteur d’empreinte)

    La seule nouveauté dans ce concept, c’est la CM derrière l’écran, à voir dans la vraie vie, car il y’a des antécédents et le pb majeur est que l’écran devient trop lourd et tend à faire basculer le PC. Autre souci que je vois ça veut dire que les grosses nappes d’alimentation passent par la charnière : ça ne m’a pas l’air simple voir impossible.

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