Amazon lance Luna, son propre service de streaming de jeux

Luna, c’est le nom d’un nouveau service d’Amazon, une solution de streaming de jeux vidéo au même titre que le GeForce Now de Nvidia, le xBox Cloud Gaming ou le Google Stadia.

Dire qu’Amazon est en retard sur son projet de streaming de jeux vidéo est un euphémisme. Luna arrive tard, très tard, et avec un concept assez bancal au demeurant. L’idée n’est ni plus ni moins qu’un copié collé des autres services pour la majorité de ses services. Avec quelques éléments différenciants et surtout de grosses lacunes.

Luna

Avec Luna, on pourra donc streamer des jeux qui seront exécutés à distance sur les serveurs d’Amazon. Leur affichage sera donc indépendant du matériel déployé chez soi et on pourra aussi bien jouer sur une tablette, un téléphone, un PC ou sur une Amazon Fire TV. C’est probablement cela que Luna vise le plus au moment où la sortie de la solution Google Sabrina se dessine comme le parfait réceptacle de la Stadia.

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Avec Luna, un utilisateur équipé d’une Fire TV pourra donc se connecter et se mettre à jouer dans la foulée sans avoir à télécharger quoique ce soit, le jeu tout entier est exécuté à distance et comme un film ou une série, on ne fait que l’afficher sur son appareil. Pour Amazon, c’est évidemment un gros plus car cela permet de vendre ses appareils comme des consoles de jeu performantes et rapides. Il suffira juste d’ajouter un élément dans l’équation, en plus du paiement de son abonnement au service : une manette de jeu baptisée Luna Controller.

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Cette manette a, comme pour Stadia, un double emploi. C’est évidemment d’abord une manière de créer une interface entre un dispositif qui recevra les jeu pour les afficher comme la FireTV et le joueur. Mais c’est surtout une figure de proue, une solution pour créer quelque chose de tangible, de photogénique. Ce type de service est difficile à appréhender pour le néophyte, le concept de streaming de jeu ne passe pas forcément facilement. Avec un Luna Controller dans l’équation, on a tout de même un objet sur lequel on peut accrocher le service et mieux comprendre comment il fonctionne.

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La manette est conçue pour une connexion instantanée au net, une solution pour éviter au maximum la latence entre les ordres donnés et leur action, ainsi l’objet va se connecter directement en wifi sans passer au préalable par votre périphérique de streaming. Il n’y aura pas un fonctionnement manette, Fire TV puis serveurs Luna d’Amazon avant de revenir à la Fire TV. La manette se débrouillera toute seule pour piloter votre jeu à distance via le Wifi. Cela au contraire de nombreuses solutions concurrentes qui fonctionnent en Bluetooth au travers de leur récepteur. Amazon parle d’une latence de 20 ms ce qui est très peu. Evidemment, cela ne vous force pas à acheter une manette Luna Controller, vous pourrez piloter la solution avec une manette de console comme celle d’une Xbox ou un paddle DualShock 4 de Sony. Les claviers et souris de PC seront également compatibles. A 50$ la manette, il valait mieux que la marque conserve ces solutions.

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D’un point de vue technique, Luna déploiera un signal 1080P à 60 images par seconde en jeu et une offre baptisée Luna+ permettra de piloter 2 périphériques de streaming en même temps… Si votre connexion suit évidemment. Il faut compter sur un débit de 10 Mbps pour atteindre le 1080P, le double pour deux périphériques. La bande passante consommée est également assez importante avec 10 Go de consommés par heure d’utilisation en FullHD.

Le service Luna est pour le moment uniquement prévu aux US et l’abonnement est annoncé à 6$ par mois. Cet abonnement vous donnera accès à une – courte – liste de jeux plus ou moins récents : Brothers: A Tale of Two Sons, Control, GRID, Resident Evil 7 et Yooka-Laylee.

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Luna propose d’autres jeux payants et accueillera bientôt d’autres éditeurs et Ubisoft lancera sa propre boutique très rapidement. Amazon indique que les licences “Assassin’s Creed” et “Far Cry” seront accessibles. C’est probablement là que l’offre d’Amazon coince le plus face à une solution GeForce Now de Nvidia. Il faut acheter ses jeux, voir les racheter si on les possède déjà. Au contraire de la solution de Nvidia qui propose de retrouver ses titres Steam ou Epic par exemple, directement sur sa box, si vous les avez déjà payés. 

C’est tout le problème d’Amazon et de Luna, arriver si tard sur le marché pose soucis. Si vous avez déjà acheté les jeux, vous pourrez y jouer sur les serveurs GeForce Now de Nvidia. Si vous ne les avez pas encore achetés. Préférez vous les acheter sur un store fermé comme Luna ou directement sur Steam ou Epic et les retrouver ensuite sur votre machine habituelle et sur un service comme GeForce Now ou uniquement dans le petit univers pour le moment assez étriqué d’Amazon ? Et si Luna fait un flop ? Qu’adviendra t-il de vos jeux payés en ligne ? Quand vous commandez sur un store comme Steam ou Epic, vous avez un peu plus de chance de voir votre investissement durer que si vous faites confiance à Amazon et qu’il se plante…

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Rivière
13 commentaires sur ce sujet.
  • 25 septembre 2020 - 12 h 02 min

    Stp Pierre, parle de Shadow aussi! Cela reste un cloud computer mais une solution alternative en puissance pour le gaming il me semble, vs le cloud gaming propriétaire.
    J’en satisfait les enfants avec une co de 8Mb et un vénérable laptop de 2012(UX32VD),
    Thx

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  • 25 septembre 2020 - 12 h 24 min
  • 25 septembre 2020 - 14 h 54 min

    Et si Luna fait un flop ? Qu’adviendra t-il de vos jeux payés en ligne ?

    Et si le monde cesse d’exister ? Sérieusement ? une fois que vous avez acheté votre jeu, que vous l’avez terminé, torché. Vous finissez par passer au suivant. L’ancien BDR ou CDR ou DVDR ou … bref il prend la poussière sur une étagère et le jour ou vous déménagez sa part a la poubelle avec le reste. Beaucoup de gens ne les revendent pas “d’occaz” et les stocks a vie. Vous êtes vraiment ringard et dépassé. Si je trouve une machine a remonter le temps, je vous expulse 15ans en arrière, vous vous sentirez surement plus à l’aise :)

    Shadow, c’est un bon produit, pour moi ils n’ont pas de vrais concurrents, mais la boite Française qui s’en occupe n’a semble t’il pas les reins aussi solides que les GAFFAs. Il va donc falloir attendre en espérant qu’en 2021, Shadow accouche d’autre chose que des promesses. Cette boite pourrait faire un véritable carton.

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  • 25 septembre 2020 - 14 h 58 min

    […] un produit qui tient la route parce qu’il est simple et fonctionnel. Avec l’ajout de Luna, le service de streaming de jeu de la marque, c’est probablement un bon moyen de proposer une solution accessible pour jouer  dans son […]

  • 25 septembre 2020 - 15 h 19 min

    @Regilda: Outre le manque de finesse de votre commentaire vous ne semblez pas saisir la problématique de l’enjeu ainsi présenté.

    La fermeture d’un service dématérialisé n’est pas précédé d’une annonce tonitruante quelques mois avant. En général cela se termine du jour au lendemain. Ce qui fait que l’on peut acheter la veille de sa fermeture un jeu que l’on n’aura même pas vraiment encore commencé. Et voir son service disparaitre quelques heures plus tard.

    Autre soucis, la re-jouabilité. Il y a des titres qui peuvent se jouer encore et encore, tout simplement parce qu’ils ne pas fonctionnent sur une mécanique scénaristique mais au travers d’autres ressorts : le jeu multijoueur, les Rogue-lite et autres idées basées sur la stratégie. Un de mes jeu préféré est Rimworld, il est sorti en 2013. J’y joue encore. CS:Go est sorti en 2012 et reste quotidiennement joué par des millions de personnes.

    Je suis peut être ringard mais vous semblez avoir oublié les leçons du passé. MSN Musique a fermé et des millions de dollars de musique (écoutée et ré-écoutée pourtant) ont ainsi disparu dans le web. Les acheteurs de ces musiques ont tout perdu. Leurs téléchargements bourrés de DRM ont disparu. D’autres ont connu le même sort avec Yahoo et plein de services du genre. Et que dire de Ouya ? La plateforme a disparu et ses repreneurs ont jeté l’éponge. Le catalogue de jeux accessible a fait plouf.

    N’est t-il pas intéressant pour un lecteur de soulever cette problématique et de pointer du doigt ce défaut quand une solution alternative plus efficace et aussi couteuse existe ? Acheter sur Steam ou Epic semble être plus pertinent aujourd’hui. Prendre un abonnement GeForce Now offrira le même service. C’est, me semble t-il, plus efficace et plus sûr. Où est le soucis ?

    PS : Vous pouvez parfaitement engager un propos en ligne et défendre votre opinion en restant courtois et sans insulter personne. L’idée générale est qu’un bon argument à la même valeur sans une couche de comportement hautain nappée dessus. Evidemment, un mauvais argument fonctionne de la même façon. Vous traitez les gens de ringards dans la vraie vie quand ils ont une opinion différente de vous ?

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  • 25 septembre 2020 - 20 h 54 min

    C’est vrai que le démat a ses avantages mais aussi des inconvénients des gros comme les problèmes de serveurs qui peuvent fermer à tout moment, l’impossibilité de revendre/prêter ses jeux démat… Et j’en passe.

    Concernant Amazon au point ils proposent quelque chose de viable et non pas comme Google qui s’ils ne réagissent pas font fermer la porte avant même de lavoir ouvert entièrement.

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  • 25 septembre 2020 - 20 h 55 min

    Anecdote : j’ai souscrit au service Amazon Drive (stockage cloud pour 70€ par an, voir communiqué de lancement : https://amazon-presse.fr/Nos-communiqu-s/Nos-communiqu-s/Communiqu-.html?pid=660c856e-abe7-4651-ae96-bf3e4cccf7fe), quelques mois plus tard, l’offre a été purement et simplement annulée par Amazon (il faut dire, de l’illimité pour 70€ par an, ce n’était pas très malin commercialement parlant).

    Donc oui Amazon aussi ferme ses services si leur rentabilité n’est pas (ou plus) avérée. Ne parlons pas de google…

    C’est évoqué entre les lignes dans l’article, mais même les jeux “steam”, “epic games”, et même le dématérialisé type Playstation PSN ne sont pas forcément pérennes – on paye le jeu plein tarif mais on n’obtient qu’une licence d’usage. Alors j’entends déjà “oui mais SONY n’est pas près de fermer, etc.”. Ok, peut-être, mais il y a d’autres cas tout aussi problématiques : se faire hacker son compte en ligne, fini, plus de jeux. Ou plus simplement, se faire bannir (pour une bonne ou une mauvaise raison !) par l’éditeur (il y a toute une série de clauses en ce sens dans les CGU…), ce qui entraînera mécaniquement la fin d’usage du service et donc la disparition de tous les jeux achetés.

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  • grv
    25 septembre 2020 - 22 h 29 min

    D’autant plus que le fond du commentaire de @Regilda est effectivement réel. J’ai 200+ jeux sur Steam, certains que je ne lancerais jamais, d’autres que je ne recommencerais pas même après avoir adoré (Bioshock, Dishonored, etc…). Je dirais qu’en général les jeux vieillissent “mal”.

    Mais pas tous ! Si on parle de “game as service”. Et – on le voit avec Fortnite, mais aussi les CS:go / Rocket League / Overwatch – un jeu peut durer plusieurs années. Même si on ne parle pas forcément d’achat du jeu, les DLCs, customisations, peuvent disparaitre lors de la fermeture du service !

    Et franchement, le jeu comme service (je ne sais pas si il s’appelle “gas”) c’est dans la bouche de tous les éditeurs, et c’est furieusement tendance (et malheureusement pour la majorité des cas ai-je envie de rajouter).

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  • 25 septembre 2020 - 22 h 31 min

    C’est la présence de personnes comme Regilda qui permet aux autres participants de briller de mille feux. Merci à lui!

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  • 26 septembre 2020 - 0 h 37 min

    @django: Et plus récemment, du jour au lendemain, Amazon qui bloque l’API de son cloud au NAS Synology.
    Je venais de renouveller mon abo.. pour rien du coup. Second coup tordu d’Amazon après l’histoire du changement de tarif que tu évoques.. C’est trop, je suis parti à la concurrence et je suis pas près de relancer des abo chez eux, quels qu’ils soient.

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  • 26 septembre 2020 - 3 h 06 min

    @Regilda Pierre Lecourt a déjà répondu globalement ce dont je voulais parler, certains jeux ont une forte rejouabilité. Les rogue lite, jeux de gestion, jeux de stratégies, les jeux multijoueurs…et certains jeux cultes coup de coeur que l’on finit par relancer tous les deux ans selon nos goûts. Rejouer à un metal gear par exemple, un dragon age origin-mass effect pour les jeux scénarisés. On a tous nos coup de cœur avec des jeux que l’on a envie de relancer au bout d’un certains temps, alors si on rajoute les rogue lite, jeux de stratégies, jeux multi etc On joue encore à ages of empire 2 aujourd’hui, et on avait pas attendu leurs nouvelles versions vendu assez achère pour continuer à jouer à ce jeu ! Je ressort encore dungeon keeper 1…

    Tous les jeux ne sont pas destinés à ne plus être retouché après les avoir fait, dans l’absolu aucun jeu ne l’est vraiment car tout dépend de ses propres goûts, des jeux que je ne termine pas seront des jeux ressortis par d’autres.

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  • 26 septembre 2020 - 7 h 51 min

    @Angyo: Tout à fait d’accord. La seule existence de joueurs ne se résolvant pas à remiser leur ancienne console — techniquement dépassée — montre que la durée de vie des jeux est une affaire de goût, d’adéquation entre l’état d’esprit du joueur et celui de l’équipe de développement.

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  • 26 septembre 2020 - 10 h 20 min

    10 Go de consommés par heure, c’est beaucoup. Je me demande si l’empreinte carbone n’est pas supérieure en jeu sur le cloud qu’en jeu local ? Pas que je sois un écolo comme on le conçoit en france (écolo pastèque) mais la bande passante mondiale est déjà pas mal encombrée.

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