Acer LiquidLoop : Comment ça marche ?

Avec la présentation de son Acer Switch Alpha 12, la marque annonçait un système baptisé LiquidLoop en parlant de refroidissement liquide. Ce qui, dans l’esprit torturé de la plupart des amateurs de PC, résonne assez bizarrement. Le refroidissement liquide, on connait, ce sont des systèmes de tuyauterie et de pompes qui remplacent un flux d’air sur les composants les plus chauds d’une machine. Sur une tablette, cela parait quelque peu difficile à envisager.

Et de fait ce système n’a rien d’un refroidissement liquide tel qu’on le connait dans le monde PC et tout à voir avec un refroidissement classique de portable moderne. Un système de caloduc qui transporte la chaleur vers un système de dissipation pour mieux l’encaisser.

Acer Liquidloop

Le Liquid Loop d’Acer est néanmoins une démarche très intéressante ne serait-ce que parce qu’elle permet une implantation de processeur Intel Core i5-6200U affichant un TDP moyen de 15 watts dans un engin d’un petit centimètre d’épaisseur.

L’Acer LiquidLoop reprend le schéma traditionnel des portables. La chaleur dégagée par le processeur est transmise à un bloc de cuivre, métal qui a la particularité de l’absorber rapidement. Ce bloc est traversé par un caloduc (Heatpipe en anglais). Calo pour chaleur et duc pour le conduit, c’est la même construction que le célèbre Aqueduc romain mais avec des calories… Le fonctionnement d’un caloduc est assez  intéressant, on enferme dans un tube en métal, généralement encore du cuivre, un fluide frigorigène qui va passer par différentes phases qui vont le refroidir. Le fluide passe ainsi d’un état liquide froid à un état gazeux en contact d’une source de chaleur, ce changement d’état provoque un déplacement de ce fluide qui va ainsi voyager dans le conduit. Une fois refroidit, ce gaz se condense et, par gravité ou capillarité, retourne vers la source de chaleur. Ce mouvement sans fin dans un circuit fermé ne demande pas de pompe ni de mécanisme mais utilise les propriétés des fluides frigorigènes choisis spécifiquement en fonction des températures à encaisser.

Asus Zenbook UX305C

C’est un circuit de ce type que je vous présentais dans l’Asus Zenbook UX305C, il y a quelques jours. On retrouve un bloc d’absorption soudé à un caloduc qui va lui même voyager vers un bloc d’ailettes.

Sur le système Acer LiquidLoop, on retrouve tout ce système, avec effectivement la boucle de fonctionnement du système de caloduc. De HeatPipe on est passé à LiquidLoop mais le principe est le même.

La trouvaille d’Acer est dans la longueur de son schéma de fonctionnement avec un caloduc épaulé par un second comme on peut le voir sur la photo présentée lors de l’annonce de la tablette Acer Switch Alpha 12. Le premier caloduc se retrouve confronté à un problème, il est positionné au dessus du bloc de cuivre qui vient coiffer le processeur. Cette sur-épaisseur dans un espace confiné de 1 cm en tout et pour tout, ne laisse pas beaucoup de marges de manœuvre. Difficile d’organiser une capillarité efficace avec un circuit aussi plat, la longueur du dispositif se doit donc d’être limitée. Pas question de se satisfaire d’un système fonctionnant par gravité pour récupérer le fluide condensé puisqu’il s’agit d’une tablette qui par définition n’a pas de sens propre d’utilisation.

La marque a donc doublé le premier caloduc en conduisant la chaleur vers un second bloc de cuivre qui encaissera à son tour la montée en température. De ce second bloc part un second caloduc plus épais, rond et non plus plat, qui pourra donc conduire la température vers un circuit plus long sans soucis et ainsi augmenter énormément le rendement du dispositif. Difficile de comprendre comment est placé ce dispositif au sein de la tablette Acer Switch Alpha 12 mais je suppose que le schéma caloduc le plus long est positionné en largeur, tout autour des équipements internes de l’engin afin de bénéficier d’un maximum de place.

Acer Switch Alpha 12

La tablette Acer Switch Alpha 12

L’Acer LiquidLoop semble capable d’encaisser son Core i5-6200U cadencé à 2.2 GHZ et de le maintenir à une température de fonctionnement de 60°C pendant 20 minutes sous Prime95, un logiciel de test forçant le rendement de la puce en lui faisant faire des calculs en boucle.

Cela ouvre de belles perspectives pour l’avenir avec une montée en puissance des tablettes et des portables fanless. Il devrait être possible de proposer ce type de solution dans des engins plus épais et même d’en doubler le principe. C’est à dire de faire partir deux circuits secondaires vers les deux côtés d’un châssis d’ordinateur portable en positionnant le processeur en son centre.

L’intérêt de ce type de travail d’ingénierie pour un constructeur est de pouvoir proposer une machine dénuée de pièces mécaniques qui sera moins sujette à des pannes ou à de l’encrassement. C’est également un fort atout marketing que de pouvoir annoncer une mesure de zéro décibel en fonctionnement pour ce type d’engin.

Source : Notebookcheck

12 commentaires sur ce sujet.
  • 29 avril 2016 - 12 h 52 min

    Merci pour ce descriptif du fonctionnement. Hâte de voir un démontage de la machine.

    Répondre
  • 29 avril 2016 - 13 h 02 min

    @Hobbes: Pas forcément très simple a démonter mais si un site le fait, je le relayerai…

    Répondre
  • 29 avril 2016 - 13 h 02 min

    Interessant

    Ca fait un peu penser au “liquid cooling” annoncé par microsoft pour les lumia 950xl. Il s’agissait en fait d’un caloduc également.. mais dans un (gros)telephone portable. Ca se répand ces bestioles !!

    Répondre
  • 29 avril 2016 - 14 h 42 min

    A voir la pérennité du système, car si un ventilo s’encrasse un coup de soufflette et c’est reparti, ici dans le cas d’une mini-micro fuite du fluide… difficile de recharger comme un frigo ou une bagnole.

    Répondre
  • 29 avril 2016 - 14 h 59 min

    Pour continuer sur les caloducs, Traditionnellement, le tuyau en métal est recouvert à l’intérieur d’une espèce de mousse (ou un maillage, des capillaires…), mais qui laisse le centre du tube vide.

    Le fluide sous forme liquide circule dans la mousse par capillarité.

    Lorsqu’il est vaporisé sous l’effet de la chaleur, il circule en sens inverse au centre du tube.

    Répondre
  • 29 avril 2016 - 23 h 21 min

    Circuit primaire + secondaire… manque plus qu’une troisième boucle et on se rapproche du fonctionnement d’un EPR ☺

    Répondre
  • 30 avril 2016 - 11 h 54 min

    mwais, pas de pompe, pas de valve, un liquide de frigo. Moi j’y crois pas, par contre ça ressemble beaucoup à un système qui utilise toute la surface de la machine pour absorber la chaleur. Je vois mal comment on peut contraindre un fluide à tourner dans le sens que l’on veut sans valve antiretour… Enfin, un brevet et une appellation marketing de plus. Par contre ca peut marcher très bien de la manière dont je l’imagine !

    Répondre
  • 1 mai 2016 - 0 h 32 min

    Ne serait-ce pas la même chose que le vapor X des cartes graphiques ?
    http://www.sapphiretech.com/catapage_tech.asp?cataid=195&lang=eng

    Enfin, le changement d’état à lui seul “consomme” de l’énergie, et donc de la chaleur. Evidemment que c’est fiable, c’est le principe de l’échangeur.

    Pour les fuites, il s’agit quand même d’un appareil de très faible masse, soumis à peu de chocs, et entièrement étanche/soudé. Donc les risques de fuites…

    Pour le primaire + secondaire, les CNPE classiques utilisent déjà ce système, avant l’EPR. Qui n’est qu’une centrale plus récente mais fonctionnant de la même façon.

    Répondre
  • 1 mai 2016 - 9 h 19 min

    @arpenteur: En gros oui c’et du vapor X mais avec une dissipation passive de masse sur une belle surface d’échange avec le dos métallique de la tablette au lieu d’un tri réacteur de ventilos pour rester dans la métaphore nucléaire

    Répondre
  • uko
    7 mai 2016 - 12 h 16 min

    @Dadoo:
    Perso je n’y connais pas grand chose, et c’est bien la seule chose que je sais.
    Quand je discute avec des amis pointus en sciences physiques, je me rends vite compte que les bases apprises à l’école, même en filière scientifique, sont très simplifiées et ne permettent pas de comprendre le fonctionnement de technologies de pointe.
    Dans le doute, je fais donc confiance aux ingénieurs d’Acer.

    Répondre
  • 12 octobre 2016 - 13 h 58 min

    […] 15 watts de TDP. Des solutions actives bien sur mais également l’emploi de caloducs  comme Acer le fait avec son LiquidLoop sur son Switch Alpha 12 au design similaires à la Miix […]

  • 28 avril 2017 - 15 h 17 min

    […] en aluminium qui servira de dissipateur géant à l’engin. C’est ce que Acer a baptisé LiquidLoop et malgré un nom évocateur, il ne s’agit pas d’un système de refroidissement liquide […]

  • LAISSER UN COMMENTAIRE

    *

    *