Nvidia Tegra 4 : La première puce ARM Quad Cortex-A15 du marché

Nvidia a donc enfin annoncé officiellement son Tegra 4, une première puce quadruple coeur en ARM Cortex-A15 qui devrait proposer des performances inédites ainsi que de nouveaux usages pour les minimachines mobiles. Petite plongée au coeur de cette nouvelle venue.

Le Nvidia Tegra 4 est donc enfin annoncé, il correspond pour beaucoup aux annonces qui avaient été faites et autres rumeurs qui convergeaient sur le net. On découvre donc une puce qui embarque 4 cœurs au nouveau format Cortex-A15 et un cinquième cœur jouant le rôle de compagnon à l’ensemble. Le tout est accompagné de 72 cœurs graphiques et d’un modem 3G/4G.

Wayne était le nom de code de cette puce avant son officialisation, Nvidia est amoureux des codes en rapport avec le monde des super héros et ce Tegra 4 devient donc le nouveau fer de lance de la marque. Au menu pas mal de nouveautés et surtout une approche intéressante du marché puisque la marque ne joue pas forcément à la surenchère de performances mais s’intéresse plutôt à nos usages.

 

4 coeurs ? 72 coeurs ? Un modem ? Au secours je ne comprends rien !

Les processeurs sont des engins très compliqués en théorie mais finalement assez simple à comprendre en pratique. Ce Tegra 4 est une puce de la famille ARM, issu de la génération Cortex-A15. C’est la dernière génération de processeur commercialisé par ARM. On en a vu un exemple en double cœur avec l’Exynos de Samsung présent dans tablette Nexus 10.

Mais sur cette petite puce de silicium gravée en 28 nanomètres, on retrouve plein d’autres choses en plus de ces 4 cœurs. C’est ce qu’on appelle un SoC, ou System On a Chip, ou système sur une puce. Au sein du même petit composant on découvre donc les 4 coeurs ARM Cortex-A15. Ils fonctionnent de manière découplée, c’est  dire que suivant les tâches ils pourront être mis en marche ou laissés à l’arrêt. Ce dispositif permet de limiter la dépense d’énergie proposée par la machine qui embarque un Tegra 4. Ainsi en moyenne un Tegra 4 consomme 45% d’énergie en moins qu’un Tegra 3 pour le même travail exécuté.

Tegra 4

En gros, pour lire un MP3, seul le cœur compagnon sera sollicité, cela ne demande pas d’efforts de calcul. Pour une ouvrir une page web toute simple, un seul processeur CortexA-15 sera mis en œuvre. Pour ouvrir un PDF, 2 seront actifs et pour lancer le calcul d’un filtre sur une image HD, les 4 entreront en jeu.

Toujours sur cette puce on trouve encore un élément important, les processeurs graphiques ou GPU. Ils sont au nombre de 72 sur le Tegra 4, ce sont eux qui feront le travail de calcul 3D de la machine mais seront également amenés à de plus en plus d’usages au vu des capacités de calcul qu’ils peuvent déployer.

Enfin, toujours sur la puce, un processeur de modem peut être déployé en option, tous les Tegra 4 n’auront pas de modem 3G/4G intégrés.

A t-on vraiment besoin de tant de technologie ?

La réponse à cette question est compliquée  Enfin on peut répondre par la négative comme de façon positive. Il est évident que les puces Tegra 3 et autres ne deviennent pas tout d’un totalement obsolètes par l’annonce du Tegra 4. En fait, ce sont les usages possibles qui vont changer la donne.

Aussi pour démontrer l’intérêt de ce nouveau Tegra, le PDG de Nvidia ne se pose pas l’habituelle question du nombre d’images que sa puce va pouvoir afficher chaque seconde pour un jeu 3D mais nous a plutôt parlé d’usages.

Et le premier de ceux-ci à été la vitesse d’affichage de page de sites web très lourds avec le Tegra 4 : 25 pages s’affichent en 27 secondes, un tout petit peu plus d’une image par seconde donc, et c’est là un usage très parlant pour les possesseurs de tablettes.

Bien sûr la nouvelle puce permettra aussi le jeu 3D, la vidéo HD et Nvidia nous a même montré une vidéo HD 4K sur écran externe depuis un engin Tegra 4. Tous ces usages-là gagnent en puissance mais ce n’est plus le vrai cheval de bataille de la marque.

Outre la vitesse d’affichage des pages, Nvidia a choisi de se poser des questions d’usages et à commencer par la photo en présentant un système de gestion d’image HDR. En intégrant les cœurs GeForce de sa puce dans le traitement de l’image photographiée, le nouveau Tegra permet de la traiter en temps réel et de solutionner les problèmes habituels rencontrés par les appareils photo aujourd’hui.

Tegra 4

Le HDR permet de résoudre des soucis d’image photographique en prenant le meilleur de plusieurs clichés. Si sur votre première image votre sujet est bien traité mais que le fond est sur-exposé, vous pouvez en HDR faire un second cliché qui baissera l’intensité lumineuse de l’image de façon à retrouver le fond. En mixant les 2 images vous avez un fond et un sujet viables.

Pour ce faire il faut traiter l’image et les 72 cœurs du Tegra 4 peuvent gérer ce rendu en temps réel. De quoi filmer en HDR ou saisir un cliché à la volée sans craindre que dans la seconde photo le sujet ne se soit trop déplacé dans l’image.

D’autres usages sont possibles, comme la prise de panorama HDR mais aussi la détection d’un sujet qui bouge en temps réel afin d’adopter la focale de l’appareil photo de la meilleure façon possible. Les capacités de calcul en temps réel du Tegra 4 sont là, aux développeurs de jouer avec en proposant des applications comme le Strobe Motion qui consiste à exposer plusieurs fois un élément en mouvement sur un fond qui ne bouge pas.

Tegra 4

Évidemment le jeu a été également mis à l’honneur avec la présentation de Dead Trigger 2 mais il faudra réellement prendre en main un titre prenant en compte les capacités de cette puce pour se rendre compte d’une éventuelle avancée technologique.

Un modem intégré ?

L’autre point capital de ce Tegra 4 est dans son modem optionnel. Ainsi l’intégration d’un modem 3G ou 4G dans une tablette ne sera plus une raison de choix techniques mais juste une histoire de dollars. Une très bonne nouvelle pour ceux qui attendent des tablettes vraiment connectées. La différence entre une tablette 4G en Tegra 4 et une Wifi seulement, se jouera au choix d’une puce qui s’implantera de la même façon et à la présence ou non d’un lecteur de cartes SIM.

Si le constructeur prévoit l’option dés le départ, le surcoût pour passer à des version 3G devrait tomber rapidement à des tarifs beaucoup plus raisonnables.

Ce modem présente une particularité intéressante, outre qu’il est plus compact