Samsung brevette une nouvelle plateforme modulaire pour PC de bureau

Samsung brevette un PC tout-en-un modulaire, une idée dans l’air du temps qui permettrait de lutter contre l’obsolescence des machines. Reste à savoir si il s’agit d’une réelle volonté de développer un nouveau secteur ou une simple précaution de la part du constructeur.

Ce n’est qu’un brevet de la part de Samsung, autrement dit rien de concret. Le brevet, c’est avant tout une solution légale bien pratique pour se protéger au cas où un concurrent voudrait proposer une machine de ce type en empêchant la marque de développer une idée identique. Le Brevet, c’est devenu un joker pour pouvoir sortir une machine d’un nouveau genre sans que les autres acteurs du même marché puissent réclamer la paternité d’un concept.

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Ici Samsung ne révolutionne rien d’ailleurs. Son idée est de proposer une solution modulaire assez classique : Un PC qui peut accepter des briques d’extension pour rajouter des fonctionnalités à son usage de base. Cela peut être plus de mémoire, des extensions de dialogue, des périphériques de capture ou autres. Ce n’est que du plug and play propriétaire et généralement mieux emballé qu’un bête accessoire USB.

La seule petite nuance dans le concept de ce tout en un Samsung vient de sa volonté d’inclure l’écran dans la donne. On pourrait donc, d’après ce brevet, changer l’écran de son All-In-One pour en intégrer un nouveau. On imagine une dalle de meilleure définition, plus grande ou disposant d’une colorimétrie plus aiguisée. De l’autre côté, on voit bien l’intérêt de ce genre d’engin face à des usages qui changent. Du PC de chambre de Lycéen à un PC de chambre d’étudiant, on pourrait rajouter des compétences techniques, changer de module vidéo ou ajouter des fonctions externes.

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Reste que la démarche a déjà été tentée et ne fonctionne pas bien. Le public ne répond pas très positivement à ce type d’initiative en général. Et cela pour d’assez bonnes raisons. D’abord parce que les produits de marques compatibles sont assez chers et toujours totalement fermés. Le design se paye et pour avoir un module d’évolution compatible avec sa machine de base, disons pour un module de stockage supplémentaire par exemple, on payera un tarif bien plus élevé qu’une interface classique qui entrerait dans un jeu plus concurrentiel. Entre un module “compatible avec le Samsung et une interface propriétaire” et un module USB 3.0 ou Thunderbolt 3.0, l’avantage financier ne sera jamais à l’avantage du Samsung. Le consommateur n’aime pas se sentir trop enfermé et comme le  format est propriétaire dans ce type de design en général, il voit très vite que le tarif des accessoires n’est pas compatible avec une évolution économique de sa machine.

Shuttle NC01U

Le Shuttle NC01U et son port d’extension devait permettre d’ajouter des accessoires comme un stockage ou de la connectique reprenant le même format de machine. Ils n’ont jamais été disponibles…

L’autre souci, c’est la durée de vie des accessoires. Je ne crois pas avoir jamais vu une marque assurer une gamme de pièces et d’extensions compatibles avec ce type de machine pendant un temps assez long pour justifier un investissement. Avec des processeurs qui ne se dévaluent plus vraiment niveau performances, ce type de All-In-One en général très familial doit pouvoir tenir cinq ans sans donner de signes de faiblesse. Or, la garantie d’une distribution d’une pièce compatible avec ce genre d’engin à cinq ans est vraiment très difficile garantir pour un fabricant. Si c’est pour se retrouver à acheter un module d’extension de stockage sorti 4 ans plus tôt et hors de prix alors que des modules classiques en format non propriétaire seront disponibles pour moins chers et avec plus de compétences, le pari est très mauvais.

Project Ara

Cela ne veut pas dire que l’idée d’un PC modulaire est mauvaise, bien au contraire. Il s’agit simplement de ne pas enfermer cette modularité dans un… brevet de marque. L’idée de Google avec Project ARA, par exemple, était de proposer un format ouvert à tous les constructeurs pour qu’ils puissent développer des smartphones modulaires aux éléments interchangeables. Un engin signé Lenovo aurait pu accepter des extensions de Asus ou de Samsung, ce qui aurait totalement libéré les smartphones… Au final, c’est cette liberté qui a fait peur aux constructeurs et coulé le projet de Google. Aucun constructeur ne veut créer une plateforme qui puisse profiter à ses concurrents et l’empêcher de gagner de l’argent en proposant de remplacer une pièce défectueuse seulement au lieu de racheter un smartphone complet.

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L’Intel Compute Card et un dock

Dans la même optique, un projet comme le Compute Card d’Intel a bien du mal à décoller. L’idée là encore est de proposer un format ouvert et modulaire que les constructeurs puissent employer pour construire aussi bien des All-In-One que des PC de bureau ou des ordinateurs portables. A l’intérieur de chacun d’eux, on trouverait une Compute Card qui permettrait de retrouver son processeur, sa mémoire vive, son stockage et une gestion sécurisée de l’ensemble… Sulement voilà, les constructeurs ne semblent pas non plus ravis de l’idée de ne pas remplacer la totalité d’un portable à terme ou de ne vendre qu’une Compute Card pour deux ou trois ordinateurs.

La faiblesse de ce brevet de Samsung c’est exactement ce qui fait sa force. Tout ce qui peut proposer un peu de liberté de choix aux acheteurs n’est pas dans l’intérêt des marques  et restera donc, à priori, à l’état de brevet ou développé dans une vision à court terme uniquement mise en avant pour un effet design qui saura stimuler des ventes.

Source : Patentlymobile via Frandroid Merci à Jean-Baptiste pour l’info.

7 commentaires sur ce sujet.
  • 2 janvier 2018 - 19 h 28 min

    l’idée du modulaire est bonne, très bonne, mais derrière il faut sortir en mêmes temps beaucoup de module d’extension…

    de la memoire de 1ghz, 2ghz, 4ghz ect…
    un proc de 1ghz, 1,5ghz, 2ghz, avec 1 coeur, 2, 4, 8coeurs…

    Avec des prix pas trop chers, 100€ pour un dock, et 150€ min pour le couple memoire/ CPU/ stockage jusqu’a 1000€ pour de la grosse bete…

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  • 2 janvier 2018 - 19 h 59 min

    L’IBM PC a encore de beaux jours devant lui !

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  • 2 janvier 2018 - 20 h 32 min

    Ouaaaaaaa. Je t’ai fais passer l’information ce matin et déjà un article complet.!!! C’est vrai que c’est la mode du all in one…

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  • 2 janvier 2018 - 22 h 55 min

    Malheureusement, le brevet permet aussi de ralentir le développement d’une machine en ne faisant aucun effort pour la développer mais tous les efforts possible pour faire peur aux concurrents… 😑

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  • 3 janvier 2018 - 10 h 49 min

    Finalement le projet ARA a été bridé et transformé en Moto MODZ aujourd’hui, non ?

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  • 3 janvier 2018 - 11 h 26 min

    @Dliryc: Oui, enfin, c’est un cousin éloigné alors car il a perdu toute son essence.

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  • 3 janvier 2018 - 15 h 51 min

    ‘LLo,

    Pour infos & parce que j’y suis passé un temps, vu le budget que demande un brevet pour être déposé/bétonné & maintenu à l’échelle mondiale jusqu’à son échéance, l’idéal financier même pour une grosse boite est quand même de l’avoir posé sur quelque chose devenu incontournable (à + ou moins long terme après le dépôt initial) & donc de revendre des licences d’exploitation à tous les autres (& ainsi toucher des royalties) jusqu’à la fin de vie dudit brevet…

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