Nvidia investit massivement dans Intel et promet des puces « Intel x86 RTX »

Des puces Intel avec un circuit Nvidia RTX intégré ? C’est le futur que dessine l’investissement de 5 milliards de Nvidia chez le fondeur.

Les manœuvres autour d’Intel ces derniers mois étaient au moins autant politiques qu’économiques et devaient finalement se solder par un nouveau tournant plus stratégique et technique. C’est chose faite avec une annonce fracassante. Nvidia vient d’annoncer un investissement de 5 milliards de dollars chez Intel tout en prévoyant l’arrivée de plusieurs générations de processeurs développés en commun.

Difficile de savoir si l’administration Trump a tordu le bras aux deux entités pour qu’elles s’entendent ou si un rapprochement concurrentiel pour faire face à AMD était inévitable. L’annonce n’en reste pas moins explosive, les deux frères ennemis vont désormais travailler main dans la main pour développer des solutions communes.

On retrouvera donc de nouvelles générations de puces x86 Intel avec des circuits Nvidia RTX embarqués à destination du marché créatif et des joueurs. Ces processeurs « Intel x86 RTX » seront également accompagnés par des solutions x86 sur mesures pour serveurs correspondant exactement aux besoins et appétits de Nvidia.  Des puces pensées pour les solutions d’IA et les architectures qui leur seront nécessaires. Pour valider ce partenariat, Nvidia va acheter 5 milliards de dollars d’actions Intel pour un montant total de 5% de la société. Un échange de bons procédés qui impactera directement Nvidia d’un point de vue financier en cas d’échec et qui devrait donc assurer que le duo s’implique totalement dans la réussite du projet.

Impossible pour le moment de voir un calendrier quelconque se dessiner autour de ces annonces, les processeurs ne se dessinent pas en quelques semaines. Il faudra du temps pour savoir ce que ces puces pourront donner en termes de produits finis. Pour vous donner une idée, la puce Intel Core i7-88099G lancée par le fondeur en 2018 pour ses NUC et qui embarquait un circuit graphique AMD Vega a demandé plus de trois ans entre son ébauche et sa commercialisation. Tellement de temps que lors de sa sortie, la puce commençait déjà à donner des signes de faiblesse par rapport aux solutions AMD Ryzen concurrentes. Un an plus tard, plus personne ne la proposait et Intel a logiquement décidé d’arrêter les frais. En pratique, les puces Intel ARC sont déjà implantées par package dans les processeurs Intel. On peut donc imaginer un changement pour une solution signée par Nvidia.

L’important est de noter cette arrivée sur le long terme avec une vision sur plusieurs générations de processeurs. Des puces qui vont entrer en concurrence beaucoup plus frontale avec celles d’AMD qui combinent des cœurs Ryzen et des circuits graphiques Radeon. Si cela n’empêchera pas Nvidia de continuer ses propres développements indépendants et en particulier ses architectures ARM, on peut tout de même se demander si cette annonce n’aura pas d’autres effets chez Intel. Je pense notamment aux gammes de puces graphiques Intel qui pourraient sentir le fil d’une lame d’acier sabrer leurs divisions.

Nvidia chez Intel Foundry ?

L’autre grand questionnement vient de l’exploitation massive par Nvidia des services de fonderie d’Intel. D’un point de vue purement économique, la marque aurait tout avantage à rapatrier tout ou partie de sa production chez son nouveau partenaire. Son chiffre d’affaires influe directement ses parts dans l’entreprise. Mais on peut également se demander si Nvidia ne voudrait pas jouer la carte de la prudence. En disséminant ses œufs dans plus de paniers, la marque assurerait une certaine sécurité et garder une partie de sa production chez TSMC semble assez logique pour le moment. En attendant, Nvidia est déjà client d’Intel pour la conception et le prototypage de puces. 

Il est par ailleurs possible que cet aspect soit largement prématuré. Les contrats passés par Nvidia et son fondeur actuel sont signés et, pour le moment, il n’y a pas de raisons de changer. Lorsque les puces Intel x86 RTX seront proposées sur le marché, il sera évidemment temps de revoir l’opportunité d’une gravure en interne1.

Un point important à prendre en compte est dans la possibilité, largement développée par Intel au fil des ans, d’intégrer au mieux des circuits graphiques dans ses processeurs. Avec différents brevets comme Foveros depuis 2018, ou l’intégration Tile comme l’usage d’une architecture 3D initiés avec Meteor Lake. Cela mélangé aux technologies Nvidia comme NVLink pourrait permettre une intégration très intéressante. Largement plus performante que l’usage d’un système basé sur les lignes PCIe, la collaboration via NVLink apporterait une bande passante 14 fois supérieure. Reste à connaitre les impacts en termes de prix, mais aussi de consommation, de tels processeurs. Pas sûr que Nvidia ait spécialement envie de venir concurrencer ses propres circuits graphiques indépendants.

Un des tournants majeurs de ces derniers mois  était dans la volonté de proposer à des acteurs tiers l’expertise de développement d’Intel pour concevoir des puces « sur mesures » pour ses clients. Charge ensuite à ses capacités de fonderie de les produire. Ce partenariat pourrait véritablement lancer cette idée et ainsi concurrencer les excellentes réussites d’AMD dans ce domaine. Le papa des Ryzen ayant su montrer à de multiples reprises qu’il était capable d’assurer un développement adapté à des scénarios précis. Sa réussite dans le développement de puces de consoles comme celles du Steam Deck en étant un excellent indicateur.

Une concurrence très sensible

Intel pèche clairement sur le poste graphique face à AMD aujourd’hui. Sur beaucoup de segments, il faut impérativement recourir à une puce tierce pour obtenir le profil de machine recherché. La fusion des technologies d’Intel et de Nvidia au sein d’un même processeur aura donc l’avantage de combler ce trou et permettra sans doute à l’ensemble de proposer des puces capables de rivaliser avec les futures générations de Ryzen.

Même si, il ne faut pas l’oublier, AMD n’attendra pas ses concurrents les bras croisés et tirera profit de son avance pour continuer à progresser. On peut en tout cas imaginer l’apparition de puces hybrides pouvant enfin répondre pied à pied aux arguments concurrents pour Intel.

Notes :

  1. Si Intel Foundry n’est pas devenu entre temps une société indépendante.

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23 commentaires sur ce sujet.
  • 18 septembre 2025 - 16 h 14 min

    Petite coquille, avant-dernier paragraphe: « La fusion Intel / AMD aura donc l’avantage de »… Intel / Nvidia, évidemment.

    Bref, j’ai toujours été plus attiré par les pratiques d’AMD qu’Intel, mais un peu de renouveau à la concurrence ne devrait pas faire de mal, et de toute façon, les gagnants devraient être nous, les consommateurs (j’espère).

    Reply
  • 18 septembre 2025 - 16 h 37 min

    J’ai peur de voir le prix des puces Intel exploser.

    Mais avec tout le tatouin de l’administration Trump pour sauver Intel, je serais AMD, je serais un peu vexer que l’on oublie vite que je suis Américain aussi… :/
    Enfin, même si AMD ne reste pas les bras croisé, les budgets R&D des 2 entités ne sera plus du tout comparable (car AMD était déjà derrière Nvidia et Intel, alors si ils mutualisent…).
    Et pour info, le gros (et nouveau) super calculateur IA européen, était en Nvidia (biensur) et Ryzen, si Nvidia pousse pour que l’on choisisse plutôt du Intel, cela va faire mal.

    Quel solution/rapprochement reste t’il à AMD ? Qualcomm, Broadcom ou SiPearl

    Reply
  • 18 septembre 2025 - 16 h 40 min

    Qu’est-ce que cela va signifier pour le ARC d’Intel ?

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  • Alu
    18 septembre 2025 - 16 h 49 min

    Pas une bonne nouvelle pour les consommateurs à mon avis…

    Reply
  • 18 septembre 2025 - 18 h 04 min

    Ca sent le crout terme quand meme:
    – Intel etait juste en train de commencer a développer des GPU potentiellement intéressants, à la fois en APU et en CG
    – pour l’IA, les compétiteurs potentiels de nVidia ne sont pas masse non plus… et la ca va en faire un de moins ?
    Bon OK, Intel n’était pas bien positionné sur ces deux créneaux, et n’avait sans doute plus les sous pour rattraper son retard, mais la ca ressemble a une reddition. Bon, si ca permet de sauver les fonderies voire carrément tout Intel, c’est mieux que rien, a court terme.

    Reply
  • 18 septembre 2025 - 20 h 39 min

    Intel etant americain, Nvidia aussi … la fabrication de nvidia se fait chez Tsmc (Tawain). Aujourd hui la chine dégage littéralement Nvidia du sol chinois … (https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/09/18/la-chine-interdit-a-ses-entreprises-d-acheter-des-puces-a-l-americain-nvidia_6641695_3234.html)

    Nous sommes en pleine guerre économique géopolitique…et de stratégie souveraine américaine. Et bravo Trump pour cela.

    Bref nous sommes pas dans une gueguerre de celui qui a la plus grosse au niveau Ghz … mais bien d unite de production … un Amd sans usine tsmc il n y a plus d Amd ! et Tawain est en sursis vis a vis de la chine …

    Reply
  • 18 septembre 2025 - 21 h 19 min

    > Intel pèche clairement sur le poste graphique face à AMD aujourd’hui.

    Pas d’accord, ç’a été vrai pendant très longtemps, mais si on regarde les dernières générations de puces Intel (notamment la toute dernière) Intel fait jeu égal avec AMD voire le surpasse. Ils ont vraiment fait des progrès dingues en très peu de temps (vive la concurrence).

    Par contre j’ai très peur de voir les puces graphiques Intel disparaîtres et Nvidia, qui est un quasi-monopole aujourd’hui, grossir encore plus :(

    Reply
  • 18 septembre 2025 - 22 h 05 min

    @Clément: Si tu considères que sur une part minoritaire et haut de gamme des CPU du marché Intel est devant (et ça se discute) et qu’il faut donc leur donner la première marche du podium, alors je suis d’accord.

    Malheureusement si tu regardes la majorité des puces, tu te rends compte que les solutions AMD sont encore devant Intel sur pas mal de gammes (Et absente d’autres). Je suis le premier à défendre les qualités d’Intel sur les puces low-cost. Notamment en matière de travail graphique. Mais dès qu’on passe à des solutions Radeon en face des puces Intel, on a du mal à voir là où les puces Intel sont devant en perfs (Je suis partant pour un retour de bench face aux puces concurrentes sur le marché). Mis à part sur le très haut de gamme en Xe-LPG comme le Core Ultra 9 185H qui fait jeu égal à un Ryzen 9 8945HS… Ce qui ne fait pas du tout, du tout, le marché.

    Le marché c’est une grande majorité de puces qu’AMD place volontairement en face des Intel d’un point de vue tarifaire et qui vont proposer plus de perfs graphique que leur concurrent.

    Et je crois qu’il ne faut pas avoir peur de l’arrivée de Nvidia pour les circuits classiques Intel. On imagine mal l’entrée et le milieu de gamme sous GeForce. Les processeurs devraient rester sous GPU Intel. L’appellation Intel x86 RTX est là pour mettre en avant une gamme spécifique que les deux marques vont placer en concurrence frontale avec AMD sur les processeurs haut de gamme créatifs et gaming (Et ptet IA ?)

    Reply
  • 18 septembre 2025 - 22 h 30 min

    J’ai du mal à penser qu’Intel va abandonner aussi facilement son architecture graphique au profit de ce qui est maintenant un rival pour elle (Nvidia dans le secteur GPU).

    Reply
  • 18 septembre 2025 - 22 h 31 min

    @gogogdgeto: Mouais, c’est quand même bizarre de féliciter Trump pour ça. La situation géopolitique entre la Chine et les USA est en grande partie la faute de son gouvernement (et de son prédécesseur). La Chine sort Nvidia du jeu parce que les USA interdisent à Nvidia de vendre des puces dédiées à l’IA trop puissantes. Le jeu est pipé depuis des années.

    Et oui, c’est bien mignon de faire confiance à TSMC pour graver toutes les puces de la planète mais le jour où la Chine tape vraiment du poing sur la table et empêche TSMC de fonctionner… ben le marché des CPU est bien dans la mouise. C’est pas Samsung et GF qui vont pouvoir absorber le boulot de TSMC.

    A vrai dire, la situation du silicium sera le cadet de nos soucis. L’impact d’un tel move de la Chine enclencherait des évènements pires que l’absence de nouveaux processeurs.

    Reply
  • 18 septembre 2025 - 22 h 34 min

    @Le Breton: Ce ne sera probablement pas le cas.

    C’est pour cela que je parle du processeur Intel Vega. Le fondeur est pragmatique, s’ils peuvent concurrencer fortement AMD sur le haut de gamme et l’IA, retrouver les bonnes grâces des centres de données, alors ils ont raison de foncer.

    Mais cela ne veut pas pour autant dire qu’ils vont abandonner leurs circuits graphiques. On imagine mal un processeur Core i3 ou Intel Nxxx avec un cœur GeForce. Cela n’aurait pas de sens. Même réflexion pour les puces de calcul sans volonté graphique de jeu ou de création.

    Reply
  • 19 septembre 2025 - 6 h 07 min

    Mensonge trahison = Intel mangeur de burger affamé de $$$ ceci va être une catastrophe mondiale a quand gta 6 et surtout le tant attendu bf6

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  • Alu
    19 septembre 2025 - 9 h 07 min

    @Pierre Lecourt:
    Le truc aussi c’est: est-ce que c’est pas juste des erreurs de marketing produit?

    Réserver les meilleurs iGPU pour des CPU haut de gamme n’a juste aucun sens si on souhaite se faire une image sur ce segment.

    Les iGPU n’ont pas les capacités des cartes graphiques dédiées et lorsque l’on veut du haut de gamme c’est vers ces dernières qu’il faut se tourner.

    Du coup pour que les iGPU soient un argument il faut des puces milieu/bas de gamme avec des iGPU compétitif, pas le haut de gamme qui a toute les chances d’être associé avec une carte graphique…

    Je ne pense pas que ça coûterai beaucoup plus cher à intel d’embarquer des iGPU plus haut de gamme dans ses offres CPU moyen et/ou low cost. Ils ont fait un choix délibéré de ne pas le faire et, de facto, de rendre le produit non attractif par rapport à AMD.

    C’est avant tout une erreur marketing…

    Reply
  • 19 septembre 2025 - 11 h 02 min

    Pour moi qui utilise Linux, ça sera encore une raison de plus d’acheter AMD plutôt qu’Intel.

    Reply
  • 19 septembre 2025 - 11 h 03 min

    @Alu: Mmmh je ne sais pas si on peut voir ça comme ça.

    D’abord parce que les coûts ne sont pas si anodins et ensuite parce que le positionnement est clairement en étage sur les puces.

    Pour le coût, implanter un circuit graphique plus puissant demande de tout revoir pour les puces et cache des éléments pas forcément visibles mais compliqués à gérer : la taille des puces et leur consommation comme les lignes PCIe embarquées par exemple. Tu sors un Core i5 avec un Core Xe haut de gamme et tu perds beaucoup de choses qui seront très impactantes pour la commercialisation de tes puces. Par exemple, elles seront plus grosses sur le wafer et donc plus couteuses à la pièce. Il faudra ajouter des lignes PCIe pour les gérer. Leur consommation augmentera en flèche également.

    Et d’un point de vue commercial, si Intel propose un Core i5 avec un GPU plus haut de gamme et des Core i7 avec un GPU bas de gamme, parce qu’il faudrait le compléter par un circuit graphique externe. Intel ne vendrait alors plus ses puces pour son propre bénéfice, mais pour faire un pont d’or à Nvidia et ses GeForce et AMD et ces Radeon. Ce n’est pas son objectif. La marque perdrait énormément au change. Une bonne partie de la valeur de ces puces est de dire qu’elles suffisent pour l’usage commun des gens. Et encore une fois, un simple N150 suffit à 90% des besoins des gens aujourd’hui. Un Core i7 ou i9 avec un GPU Intel suffit peut-être aux attentes de toute la population qui ne joue pas à des titres 3D exigeants ou qui n’a pas d’usage pro nécessitant de grosses capacités de calcul.

    Le reste n’est qu’une question d’étages de vente assez classiques. Je suis parfaitement d’accord pour dire que le bas de gamme Intel avait bien besoin d’un coup de neuf en termes de capacités, c’est ce qui est arrivé avec Alder Lake-N. Et on a vu le succès de la puce. Mais coller un GPU Xe-LPG sur un Core i5, lui faire dégager XX watts supplémentaires de TDP et augmenter son prix de revient de 100% le rendrait simplement… invendable.

    Reply
  • Alu
    19 septembre 2025 - 12 h 28 min

    @Pierre Lecourt:
    Mais pourquoi AMD arrive/et arrivé à le faire alors?

    Certes les dernières versions de RDNA sont quand même plus efficaces que les derniers Xe…mais à ce point?

    Je ne suis pas certain que le problème soit uniquement « Technique »: quand on est acculé et qu’on souhaite reprendre des parts de marché: on s’en donne les moyens. Intel n’a jamais fait ça: ils n’ont jamais proposé un produit « APU » (CPU+iGPU) avec un bon rapport qualité/prix par rapport à la concurrence.

    Sur la partie GPU pure ils sont loin des deux autres, mais, selon le tarif, ça peut être une option (modulo les drivers).

    Pourquoi ils se sabordent sur la partie iGPU?

    Pour moi la vérité est que Intel ne s’est jamais senti acculé. Même avec ses difficultés financières actuelles: Intel reste ultra dominant sur le marche CPU desktop/laptop grâce à sa place chez les OEM. Worst case scenario: il faudrait qu’ils revoient leur business modèle en faisant comme AMD et se débarrassant de leurs usines de puces + dégraisser en interne.

    Je pense que le gouvernement américain ne le souhaite pas pour des raisons géostratégiques…

    Quoi qu’il arrive Intel ne va pas disparaître et je pense qu’ils en sont très conscient dans leurs choix marketing, même ceux actuels.

    Reply
  • 19 septembre 2025 - 13 h 01 min

    @Alu: AMD n’arrive pas a tout faire non plus. Il n’y a pas de concurrence d’AMD sur l’entrée de gamme par exemple. AMD se pose sur des segments face à Intel, systématiquement. Et la marque joue du fait d’une structure différente, de coûts de production différents et d’un tas d’autres éléments moteurs. Elle profite également d’un égarement réel d’Intel pendant des années où la marque a juste joué à la machine à cash en ralentissant la R&D.

    « Certes les dernières versions de RDNA sont quand même plus efficaces que les derniers Xe…mais à ce point? »
    Les derniers GPU Intel sont très proches des puces AMD, mais AMD a apporté d’autres éléments au mix qui manquent encore à Intel.

    « Je ne suis pas certain que le problème soit uniquement « Technique »: quand on est acculé et qu’on souhaite reprendre des parts de marché: on s’en donne les moyens. Intel n’a jamais fait ça: ils n’ont jamais proposé un produit « APU » (CPU+iGPU) avec un bon rapport qualité/prix par rapport à la concurrence. »
    Ca ne sort pas forcément du chapeau en quelques mois. Les efforts sont faits avec énormément de brevets intéressants en termes de conception et d’architecture CPU mais ces technologies sont longues à développer et à rendre viables. Surtout si on cherche en plus à gérer la fonte soi-même. Les derniers mouvements d’Intel ont été plus pragmatiques en décidant de basculer des éléments chez TSMC temporairement. Mais l’objectif n’est pas de nourrir les concurrents, plutôt de produire en interne pour Intel. Ou de revendre totalement sa partie fonderie (mais à qui ?).

    « Pourquoi ils se sabordent sur la partie iGPU? »
    C’est une vision un peu étrange. C’est la même qui dit qu’en mettant 9 femmes sur le coup, on pourrait avoir un bébé dont la gestation ne durerait que 1 seul mois. Ce n’est pas parce que tu vas mettre 1000 ingénieurs en R&D que tu vas trouver la formule magique du prochain « meilleur » GPU. Le tournant IA de Nvidia a commencé des années et des années avant que cela ne soit rentable. Les choix et les investissements sont long et coûteux et le résultat peut prendre un temps fou.
    Crois tu vraiment qu’Intel a comme objectif de se saborder ? Que les gens veulent perdre leurs emplois volontairement ? Peut-être que, très simplement, trouver la bonne formule CPU et iGPU est un petit peu plus difficile que prévu.

    « Pour moi la vérité est que Intel ne s’est jamais senti acculé. Même avec ses difficultés financières actuelles: Intel reste ultra dominant sur le marche CPU desktop/laptop grâce à sa place chez les OEM. Worst case scenario: il faudrait qu’ils revoient leur business modèle en faisant comme AMD et se débarrassant de leurs usines de puces + dégraisser en interne. »

    Ben pour avoir des contacts en interne, je peux te dire que l’ambiance n’est pas rose. Les postes disparaissent du jour au lendemain et pas mal de restructurations sont en cours. En gros Intel a viré 15 000 personnes en 2024 et veut supprimer entre 15 et 20% de sa masse salariale sur l’Intel Foundry. Si Intel reste dominant il faut comprendre que sans une certaine position en termes de vente, c’est tout le système qui s’écroule. Intel Foundry n’a du sens que si le volume suit. Si les ventes passent sous un certain seuil, toute l’entité perd de sa rentabilité. D’où l’ouverture à d’autres clients opérée ces derniers mois. Vendre Intel Foundry c’est mignon comme projet mais qui va acheter, c’est aps en posant une PA sur Le Bon Coin que l’opération va se faire. Avec un TSMC en position dominante, ce serait un gros risque pour Intel que de s’en débarrasser car les acheteurs n’en voudraient probablement pas le bon prix.

    « Je pense que le gouvernement américain ne le souhaite pas pour des raisons géostratégiques… »
    Evidemment. Si demain la chine bouffe Taiwan, quelle indépendance technologique pour les USA ? Copter sur Samsung ? GlobalFoundries ? Non, il leur faut un champion dans ce domaine, comme il nous en faurait un à nous en Europe.

    Intel ne va pas disparaitre, seule la presse sensationnaliste s’amuse avec ce genre de titres débiles pour faire du clic. Ils ont de la pub a vendre. Il y a quelques années, le même genre de presse disait qu’AMD allait disparaitre ou expliquait que la marque n’aurait pas du revendre ses usines de fonte pour ce qui allait devenir Global foundries et que c’était la pire erreur stratégique. Ces mêmes journalistes disent aujourd’hui qu’Intel doit absolument vendre ses usines de fonte. Quand la colonne vertebrale de ton opinion c’est le nombre de pubs a délivrer sur ton site, tu suis simplement ce qui donnera le meilleur résultat. Et cela donne des papiers à court terme.

    Intel a toujours plus de 80% de PDM du marché grand public PC Desktop et Laptop et 70% de PDM sur les serveurs. Et encore, selon les analystes, cette augmentation sur les serveurs est dans un agrandissement du nombre de serveurs. Autrement dit AMD croit sans « voler » des clients à Intel. C’est juste qu’il y a plus de serveurs.

    Croire que ce qu’il se passe en bourse sur le second marché influe sur la réalité technique de ce qu’il se passe en R&D dans une entreprise ou sur les ventes réelles… c’est le niveau d’analyse de certains aujourd’hui.

    Reply
  • 19 septembre 2025 - 14 h 46 min

    On vient de voir des rumeurs apparaître aujourd’hui (à confirmer) que la nouvelle génération de dGPU Intel serait annulée au profit des puces RTX. Espérons que ça ne soit pas vrai…

    Reply
  • 19 septembre 2025 - 15 h 28 min

    @Clément: Difficile à dire pour les solutions externes. Cela va dépendre évidemment du niveau de performances proposé par la solution iRTX.

    Reply
  • 19 septembre 2025 - 20 h 36 min

    « d’un égarement réel d’Intel pendant des années où la marque a juste joué à la machine à cash en ralentissant la R&D. »

    Oui, c’est un point fondamental. Le cash pour les actionnaires.

    Reply
  • 19 septembre 2025 - 22 h 51 min

    Pour répondre à Alu concernant les APUs de chez AMD:
    Ce que je regrette le plus sur les APUs actuels de chez AMD c’est qu’ils aient (en partie mais pas totalement) abandonnés l’architecture de mémoire unifiée s’agissant de la communication entre CPU et GPU à la manière des mac ARM, des consoles, de nombreux systèmes de l’embarqué, depuis Ryzen pourtant après l’avoir implémentée sur les puces Steamroller/Kaveri en 2013 semble-t-il.
    De fait, nous n’avons plus qu’une puce contenant un CPU et un GPU qui travaillent grosso-merdo de leur côté en ressources partagées et non plus en symbiose ensembles.
    Elle apportait énormément en gain de performances sur les benchmarks et les quelques applications optimisées pour ces systèmes mais les développeurs tous tournés vers Intel à cette époque n’ont jamais pris en compte cette innovation.

    Reply
  • 20 septembre 2025 - 14 h 10 min

    @Le Breton: le soft n’a pas suivi malheureusement.
    Je ne vois pas quel serait l’intérêt d’NVIDIA de rentrer sur un marché mature, qui impliquerait de baisser ses marges. A moins que Trump leur ait tordu le bras pour sauver le soldat intel.

    Reply
  • 22 juin 2026 - 19 h 47 min

    PERSO ,je pense que c’est pas la première fois que NVIDIA travail avec INTEL voir AMD .
    A l’époque de l’ATHLON ,ma carte mère avait un chipset NVIDIA mais la version sans GPU ,mon assembleur n’ayant pas reçut la bonne carte de son fournisseur .
    MON ACER REVO 3600 a un Intel ATOM et un Chipset ayant une GF 7300 de PC portable .
    Je pense qu’un GPU NVIDIA dans un processeur INTEL ou AMD est un peu illogique ,la gamme ARC Intel semble viser les GPU intégré et les RADEON 740/780 seront certainement plus intégrable avec la réduction de la taille de gravure des processeurs .
    Je vois plus NVIDIA coopérer avec des fabricants de processeur ARM ,car les GPU de ce type d’architectures sont souvent inférieurs sauf qu’il semble que NVIDIA vise surtout les solutions de serveurs et d’intelligence artificielle .

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