2016 signe encore une année de baisse pour le marché tablette

Si l’arrivée de l’iPad a clairement été un tournant stratégique, économique et technologique sur le secteur informatique, la lente érosion des ventes ces dernières années montre que la magie des débuts ne fait plus aussi bien recette aujourd’hui. L’avenir du marché tablette est t-il soluble dans le marché des smartphones et des PC ?

Ce n’est pas un marasme absolu, si IDC publie pour 2016 un chiffre d’expéditions annuelles encore une fois en baisse pour le marché tablette par rapport à 2015, 175 millions d’unités ont tout de même été expédiées dans le monde. Un nombre qui représente quand même des valeurs impressionnantes pour de nombreux constructeurs même si il n’est pas sur que cela soit source d’énormes bénéfices pour tous les acteurs.

Minimachines.net

Là où cette baisse du marché tablette est plus inquiétante, c’est qu’elle s’accélère avec 15.6% d’expéditions de tablettes en moins par rapport à 2015 alors qu’elle était limitée en 2015 avec un constat d’une diminution de 10% seulement à la même époque entre 2014 et 2015. La lecture de ces statistiques n’est pas rassurante pour le marché tablette. Si la fin d’année 2015 avait permis de quelque peu sauver les meubles, la fin d’année 2016 n’a pas eu le même effet. Le dernier trimestre baisse de 20.1% par rapport à 2015, la tablette n’a pas été le cadeau de fin d’année comme cela a été le cas les années précédentes.

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Apple et ses iPad et Samsung avec ses Galaxy Tab représentent à eux deux 40% des ventes et sont donc logiquement les plus impactés par cette baisse. Pour Apple, la baisse est nette avec 14% de ventes en moins en 2016 et pour Samsung, c’est encore pire avec 20% d’érosion d’une année sur l’autre. La première explication face à cette baisse est bien sur un équipement déjà bien présent dans de nombreux foyers mais aussi l’arrivée de concurrents plus abordables comme Amazon qui a misé sur une autre vision de la tablette.

La Fire est vendu bien moins chère que ses concurrentes, avec des caractéristiques largement revues à la baisse, cela a permis à Amazon de conserver ses ventes de tablettes même si ses parts de marché se sont légèrement érodées. A moins de 100€, le marché tablette d’Amazon n’a pas du lui rapporter beaucoup d’argent frais directement mais offre pour la marque la possibilité de se rattraper avec son magasin d’applications payantes, un accès vers ses énormes catalogues et une incitation d’abonnement aux avantages de son offre Prime. Offre qui permet, entre autres, de se servir de la tablette comme petit écran pour accéder gratuitement à son catalogue vidéo. Bref une approche en deux temps qui permet à Amazon d’engranger des revenus sur du long terme.

Lenovo et Huawei sont, quant à eux, en forte croissance sur ce segment, mais qu’on ne s’y trompe pas, si le premier est quatrième sur le segment avec une croissance de 14.8% entre 2015 et 2016, il ne passe que de 3.2 à 3.7 millions de tablettes expédiées. Le second augmente de 43.5% mais avec un chiffre qui part de plus loin : Huawei passe de 2.2 à 3.2 millions d’unités. Ces augmentations sont rassurantes de prime abord mais elles ne reflètent qu’une faible part du marché tablette – 8.3% seulement – et correspondent à des opérations de conquête de ces parts de manière très aggressive de la part des constructeurs. Des opérations commerciales menées en priorité en Asie qui ne développent pas des marges conséquentes. C’est l’autre problème du secteur, si il a été rentable par le passé, les marges dégagées sont beaucoup plus faibles aujourd’hui.

prix

Le prix des iPad à leur sortie, un tarif qui a considérablement évolué.

Les offres très low-cost sont d’ailleurs jugées par certains acteurs comme un véritable problème. Elles accélèrent l’équipement des clients potentiels avec des produits qui ne génèrent pas forcément de valeur et qui n’apportent pas une véritable révolution de confort et d’usage par rapport à un smartphone moderne. 40% des foyers en France sont équipés d’une tablette plus de la moitié des foyers américains sont dans le même cas. Des engins qui suffisent encore pour la plupart a afficher correctement une page web et a lancer les applications les plus courantes. Certains s’étonnent de la durée de vie très longue des tablettes parce qu’ils comparaient celle-ci à celle des smartphones mais les usages sont très différents. alors que la mobilité impose une réactivité conséquente, on tolère beaucoup mieux la lenteur d’affichage ou de chargement d’un écran de grande taille qu’on utilisera principalement en mode sédentaire. Les développeurs proposant encore et toujours des applications au public le plus large possible, il n’est pas dans leur intérêt de limiter leurs jeux et applications à des machines très récentes. Peu de particuliers équipés d’une tablette ont ainsi envie d’en changer.

Si il n’y avait pas une certaine obsolescence poussée par Google et Apple, qui mettent à jour leurs système de manière a rendre la tâche de développement plus ardue pour être compatibles avec les anciennes versions, bien peu de tablettes seraient en réalités poussées vers la sortie. A mesure que les smartphones évoluent, que leurs écrans s’agrandissent et qu’ils deviennent de plus en plus souples a utiliser, l’usage de la tablette à moins de sens… A moins qu’elle soit couplée à d’autres outils ergonomiques comme un clavier. Une recette expérimentée avec succès par les fabricants de PC hybrides.

Si les tablettes n’ont pas le vente en poupe et si les estimations tablent pour une baisse puis une stagnation du marché pour les années a venir, c’est peut être parce que  les PC hybrides sont devenus également des tablettes et que les acheteurs d’aujourd’hui n’ont pas forcément envie ni les moyens d’acheter du superflu. Si il possède par quasi obligation un smartphone qui peut déjà remplir quasiment tous les rôles d’une tablette et que son PC peu s’utiliser de la même manière grâce à une charnière détachable ou rotative il n’a alors que peu de raisons d’investir dans un troisième appareil.

12 commentaires sur ce sujet.
  • 7 février 2017 - 20 h 07 min

    Aucune surprise là-dedans.
    Les consommateurs se sont faits avoir pendant des années. Là ils ont compris.
    Les financiers ont tué la tablette comme ils détruisent tout ce qu’ils touchent.
    Et comme je l’écrivais récemment : àfaire des choix contre-nature pour des raisons purement financières le consommateur se lasse vite. Pourquoi pas de téléphonie sur une tablette ?
    Le consommateur en a également marre d’avoir un sous-produit informatique : jamais à jour, ne permettant pas de bosser, un copier-coller hasardeux, un clavier virtuel pourri et non configurable, etc.
    C’est terminé le discours des années 2010 consistant à affirmer (et à flouer l’utilisateur au passage) que la tablette c’est pour les loisirs et le PC c’est pour bosser. Ceci permettant au passage d’excuser le sous-produit. Tu parles !
    Avec des produits à plus de 300 euros et des minipc à moins de 300, ça ne tient plus.

    Désormais c’est le retour des vrais OS, avec de vraies applications et de vrais usages.
    Malgré tout l’arnaque a eu du bon : ce qu’on réclamait avant 2010 est enfin là.
    On a enfin des applications duales fonctionnant à la fois avec une souris et avec le gros doigt.

    Db

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  • 7 février 2017 - 20 h 15 min

    Le seul pc hybride qui ce vends est le fait d’installer windows 10 sur un pc.

    L’ecran tactile sous windows 8 est un Marché de (r)niche, les seuls marges de la famille microsoft sont sur les machines de jeux .

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  • 7 février 2017 - 20 h 16 min

    @Gaduc: C’est vrai que l’arrivée d’app fonctionnant aussi bien à la souris qu’au doigt a du faire réfléchir pas mal d’acheteurs.

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  • CHP
    7 février 2017 - 21 h 09 min

    Bah oui, normal, les constructeurs proposent des produits de moins en moins inintéressants à des prix de plus en plus élevés (même chez les chinois).

    Je cherche toujours une tablette sous Windows (x86) disposant d’un GPS pour remplacer ma vieillissante Acer W4 pour du travail pro.
    Et les tablettes Android souffrent d’un problème de MAJ des ROM (OTA) et de la faiblesse des ports µUSB (j’en ai 2 de grandes marques en souffrance). Pas de quoi inciter à en racheter.

    Bref, comme déjà dit, Les constructeurs vendent toujours plus cher des appareils qui en offrent moins…

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  • 7 février 2017 - 21 h 14 min

    Il faut dire que vendre des tablettes sans réussir à vendre du contenu est assez ballot

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  • Max
    8 février 2017 - 1 h 59 min

    Comme d’habitude, aucune assurance à voir sa tablette mise à jour dans les années à venir.

    À la vitesse qu’on passe d’une version Android à une autre, ta version d’Android périme rapidement (2 ans).
    Le constructeur ne se presse pas à mettre à jour ta tablette afin qu’il puisse te vendre sa dernière tablette sortie.

    Ma pauvre tablette Samsung Galaxy Note 10.1 (édition 2012) fonctionne nickel mais de part sa non mise à jour décrété par Samsung, elle sera larguée dès que les développeurs d’apps ne voudront plus supportés ma version d’Android.
    Me reste les ROMs customs que je regarderai quand je n’aurais plus le choix. :-(

    Ma mère a une tablette Samsung Galaxy Tab A6 2016 mais une tablette de 10 pouces, c’est mieux en paysage à mon avis mais Samsung préfère le portrait. Encore un 8 pouces en portrait ça passe mais 10 pouces, il ne faut pas exagérer.

    Mon souhait : une tablette avec batterie amovible, un peu du style de ma tablette (HP de part et d’autre de l’écran, des bords pour tenir la tablette (ma mère galère car elle touche l’écran tactile ou les boutons “retour”/”accueil”)), des mises à jours régulières voir payantes quand on passe de 4.1.2 à 7.0, un film protecteur préinstallé (très dur à installer sauf dans un endroit sain sans poussière et humide).

    PS : On peut toujours rêver.

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  • 8 février 2017 - 2 h 33 min
  • uko
    8 février 2017 - 3 h 02 min

    @CHP:
    S’il y a bien un truc avec lequel je n’ai jamais eu de pb, c’est les ports microUSB. Comme quoi… et pourtant, j’en use des appareils avec des ports à ce format.

    Pour ma part, ce qui me semble évident c’est que le phénomène est des plus naturels, et comparable à ce qu’il s’est produit avec les netbooks. Un boom pendant lequel la plupart des acheteurs potentiels s’équipent, puis une régression parce que définitivement, le monde comme le marché ont des limites… et parce que le référentiel utilisé est bien trop élevé !

    Pour simplifier et en prenant le concept à l’extrême, si le monde contient 100 personnes, et que ces 100 personnes s’équipent d’une balle bleue la première année, quelles sont les chances que les ventes croissent l’année suivante ? A moins que tout le monde décide de devenir jongleur, il y a peu de chance de se produire vu que tout le monde est déjà équipé. Probablement que la chute sera aussi rapide que le boom de départ, puis que le marché se régulera et les ventes se stabiliseront au bout de quelques années.

    Si on ajoute à ça le fait qu’on étudie pas ici un type de produit dans sa globalité mais une sous-catégorie appelée “tablette” dont sont exclus les “combo tablettes-PC” qui sont pourtant très similaires, les “phablettes” qui ne sont que des tablettes plus compactes (et de plus en plus grandes), les “smartphones” qui là encore remplissent des usages similaires… et par extension les PC portable, tactile ou non, dont les fonctionnalités couvrent aussi un large panel de celles des tablettes, on comprend vite que ces statistiques sont à prendre avec des grosses pincettes.

    Pour moi, le résultat actuel découle avant tout du contrecoup du boom:
    – Les gens sont équipés
    – Certains se sont rendus compte que le produit ne leur convient pas et ne renouvellent pas
    – D’autres sont satisfaits de leur équipement actuel et ne renouvellent pas

    Mais aussi de l’essor des smartphones:
    – Ils équipent presque tout le monde
    – Leurs fonctions sont très similaires à celles d’une tablette, si ce n’est par la taille
    – Leur taille se rapproche de plus en plus de celle des tablettes: Si on a commencé avec des smartphones de 3.5″ et des tablettes de 10″, la norme actuelle tourne plus autour de 5-6″ pour les smartphones et 8″ pour les tablettes. Je vois de plus en plus de gens dans mon entourage ne pas renouveler leur tablette parce que leur smartphone leur rend le même service, à commencer par moi-même.

    Après, il est certain que la régression de l’offre n’aide pas non plus. Alors même que je suis passionné du sujet, plus aucune tablette ne m’a fait rêver depuis la première Galaxy Tab S 8.4. En… 2013 ? Si les nouveaux modèles sont moins bons que les précédents, difficile de pousser les acheteurs à renouveler.

    Enfin, clairement comme l’indique Pierre les hybrides “Tablette-PC” remplissent aussi les fonctions de tablette pure. Si elles ne sont pas comptées dans les statistiques, elles les tirent forcément vers le bas. Si 100 balles bleues se vendent une année et que l’année suivante une gamme de balles rouges est proposée, il est probable que les chiffres de ventes de balles bleues diminuent. Ce n’est pas un indicateur très fiable pour juger de la santé du marché de vente de balles…

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  • 8 février 2017 - 8 h 42 min

    oui enfin comparer android et windows et tablette et smartphone me semble un peu too much

    on ne peut pas lire une bd confortablement sur un smartphone, le smartphone ne me rend en aucune façon les m^me services que ma tablette

    ces produits n’ont pas les mêmes finalités, de même
    si on cherche un truc pour consulter vite fait internet et jouer sur des jeu simple , pas besoin d’hybride
    si on a besoins de faire des retouches photo etc windows s’imposent

    et donc vive chuwy

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  • uko
    8 février 2017 - 9 h 24 min

    @adel10:
    Lire une BD, c’est un usage que doit avoir… 1%? 2% des utilisateurs de tablettes ? Perso, je l’ai fait à peu près autant sur smartphone que sur tablette, c’est à dire assez rarement.

    “le smartphone ne me rend en aucune façon les m^me services que ma tablette”
    Là, tu dois vraiment être un spécimen rare étant donnée que les deux ont les mêmes fonctionnalités. Surfer vite fait, consulter ses mails, regarder/partager une vidéo youtube, lire un ebook, jouer sur des jeux simples, chatter sur skype, utiliser les réseaux sociaux… autant d’activités, qui doivent couvrir 90% des usages des tablettes, que l’on retrouve presque à l’identique sur smartphone avec une perte de confort qui de nos jours est très raisonnable.
    Et encore, la perte de confort est purement visuelle et personnellement je trouve souvent plus agréable d’utiliser un smartphone de moins de 200g qui tient dans une main qu’une tablette de plus de 300g que je ne tiens que par une tranche.

    Quand à comparer android et windows, ce n’est pas vraiment le sujet. A mon sens, il y a deux aspects importants à prendre en considération: les fonctionnalités et l’ergonomie.
    Un ordinateur sous Windows couvre à peu près 100% des fonctionnalités. Une tablette sous Android apporte une ergonomie différente, mais perd en fonctionnalités. Un smartphone apporte encore une ergonomie différente, mais les mêmes fonctionnalités qu’une tablette, augmentées d’autres (téléphonie, GPS, APN plus qualitatif…).
    Il ne s’agit donc pas tant de les comparer que de se demander si étudier une statistique concernant les tablettes est pertinent sans prendre en compte les statistiques des autres “ordinateurs personnels” que sont les smartphones, phablettes, hybrides, laptops et autres, parce qu’ils couvrent des fonctionnalités similaires et/ou une ergonomie similaire, et donc des usages similaires.
    Et ce d’autant plus que si l’un des appareils listé est plus limité dans ses usages, ça serait la tablette.

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  • 8 février 2017 - 12 h 44 min

    J’ai renouvelé ma tablette par un Chromebook pour les raison suivant:

    Lenteur affligeante de ma tablette
    Aucune suivi des mise à jour (la seul à empirer les choses, encore plus lent)
    Autonomie pas terrible
    Ergonomie vraiment mauvaise, pas de clavier, trop lourd regarder une vidéo ce transforment en séance de musculation.

    Je l’avais acheté en complément de mon PC de bureau, le Chromebook (Acer R11) me permet de faire tout ce que je faisais avec ma tablette et m’ouvre la porte a plein de fonctionnalité qu’une tablette ne peut pas offre.
    En plus avec le Play store en beta j’ai toutes les applications que j’avais sur la tablette.

    Pour mon usage comme appareil complémentaire, pour moi les tablettes c’est fini…

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  • 8 février 2017 - 13 h 24 min

    @adel10 : Moi, pour lire une BD confortablement, j’utilise… (Suspens insoutenable !!) … une BD !!!
    Dingue, non ?
    Mais, je suis peut-être un peu spécial, je le reconnais…

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