Bambu Lab se prend les pieds dans le tapis des licences

Bambu Lab, jeune pousse connue pour ses imprimantes 3D, vient de faire un aller-retour mérité dans le monde merveilleux du Shitstorm.

Bambu Lab c’est une success story. De jeunes ingénieurs passionnés qui rassemblent leurs compétences pour proposer des imprimantes 3D d’excellente facture. La marque lance un premier modèle en 2020 via un financement participatif. Le succès est au rendez-vous et la reconnaissance est rapide. Après quelques modèles qui montrent tout son savoir-faire, le résultat est là. En quelques années, Bambu Lab est devenu un acteur phare. Passant devant des marques présentes depuis bien plus longtemps.

Bambu Lab X2D + AMS COMBO

Bambu Lab X2D + AMS COMBO

Ses imprimantes sont efficaces, la marque a réussi à se bâtir une communauté loyale et ses produits sont souvent considérés comme des solutions parfaites pour les créateurs1. Au fur et à mesure que leurs imprimantes se déploient, Bambu a annoncé des fonctions de plus en plus ambitieuses, proposé des solutions innovantes et marqué des points sur un marché que certains pensaient déjà totalement bouché.

Comme beaucoup d’autres constructeurs avant eux, et en particulier Prusa, Bambu Lab souffre d’un problème assez récurrent que connaissent les sociétés à succès. La marque « inspire » beaucoup ses concurrents. J’avais pour habitude de dire que les imprimantes 3D chinoises étaient des produits Prusa avec deux ans de retard. Désormais j’ai plus tendance à dire que l’inspiration vient de Bambu Lab. Et cette inspiration n’a plus que 12 mois de retard. Idées, intégrations, fonctions et même design, la marque Bambu est fort copiée. À peine lance-t-elle un produit que son look et ses spécifications se retrouvent chez des produits concurrents.

Creality Sparkx i7

Creality Sparkx i7

Un exemple récent avec l’imprimante SparkX i7 de Creality. La marque avait pour habitude de proposer des modèles cartésiens très sobres et bruts de décoffrage. Leur dernière née est clairement sous inspiration Bambuléenne. Cela va de la robe blanche du châssis au petit élément qui tourne en façade de la tête d’impression pour montrer l’activité de l’extrudeur.

Ces évolutions concurrentielles, Bambu Lab ne peut pas y faire grand-chose. Les produits d’autres marques restent suffisamment différents et le concept d’impression tellement globalisé qu’il apparait impossible de tenter de les attaquer.

Bambu Lab voit rouge mais se trompe de cible

Il y a quelque temps, un développeur indépendant publie un bout de code, une évolution du logiciel OrcaSlicer. Paweł Jarczak ne se doute probablement pas à ce moment-là que sa version maison d’OrcaSlicer va mettre le monde de l’OpenSource et de l’impression 3D en ébullition. OrcaSlicer c’est un Slicer, c’est à dire un outil qui sert à traduire en langage compréhensible par une imprimante 3D, le volume de l’objet à imprimer. Une sorte d’interprète qui définit comment imprimer les choses. Une étape indispensable pour l’impression d’un objet.

La version de ce slicer développée par Pawel a un but très précis : outrepasser les limitations imposées par le constructeur qui obligent à passer par ses serveurs pour pouvoir imprimer en local. On en avait parlé en janvier 2025 lorsque la marque avait annoncé ce mouvement de fermeture de son écosystème. Les imprimantes mises à jour avec le dernier firmware maison ne pourraient plus passer par un réseau local pour imprimer, mais uniquement via leurs serveurs. Le simple réglage de l’appareil ou l’accès à son flux vidéo, tout devra d’abord faire le tour de la terre avant de déclencher quoi que ce soit sur une imprimante pourtant installée à 3 mètres dans le même bureau. Un choix qui n’avait pas été apprécié par les internautes, ils y voyaient un recul important dans leur droit de propriété et d’usage.

L’exemple souvent donné pour comprendre ce recul est simple. Imaginez que vous ayez un travail d’impression à faire pour un tiers, ou même un projet personnel qui vous tient à cœur et que vous voulez garder secret. Il devient impossible d’utiliser votre imprimante Bambu Lab sans avoir peur que le fichier de votre impression se retrouve stocké sur un serveur qui ne vous appartient pas. Surtout que la marque propose également un service d’hébergement de fichiers 3D à imprimer. Des professionnels de l’impression 3D annoncent un peu partout qu’ils reçoivent des demandes de leurs clients exigeant un contrat qui les oblige à une impression 100% locale. Une sorte de contrat qui les protège de toute fuite de données pour éviter l’espionnage industriel. Autrement dit, pour ces professionnels, le recours à une imprimante de la marque Bambu Lab est aujourd’hui proscrit.

Avec son petit bout de logiciel, Paweł Jarczak permettait donc à des propriétaires de la machine de ne pas passer par la case « internet » et d’imprimer totalement via un réseau local. Plus besoin de passer par Bambu Studio, le Slicer maison qui force à utiliser les serveurs de Bambu. La version d’OrcaSlicer fait le boulot. Un changement mineur qui n’affecte en rien la marque, qui ne voit même plus passer le travail d’impression, et qui arrange bien les affaires de la communauté d’utilisateurs soucieuse d’employer leur matériel comme bon leur semble.

Pourtant Bambu Lab ne voit pas cette évolution logicielle d’un très bon œil. On ne sait pas pourquoi, ni sur quelle base juridique mais elle envoie alors à Pawel un courrier de mise en demeure lui intimant l’ordre de retirer son code. Son argumentaire est simple. C’est à la fois une violation des conditions d’utilisation de la marque et la preuve d’un travail de décompilation et de rétro-ingénierie de son code source. Code source fermé et propriétaire, selon eux. 

Un code source pas si fermé que cela

Le développeur a alors partagé sa mésaventure en ligne, mettant en avant son incompréhension devant cette menace. En effet, le code en question est issu d’une licence open source très particulière dont Bambu Lab a pu profiter et qu’elle veut aujourd’hui protéger. Il s’agit d’un code de type AGPL. Une licence spécifique qui permet à tout le monde d’utiliser le code en question, même pour des besoins commerciaux, à condition de laisser son propre développement avec la même licence. Or si on regarde l’historique de développement du logiciel qui est censé être protégé, fermé et propriétaire, on découvre que le logiciel Bambu Studio est bien lui-même issu d’un autre produit.

L’historique exact est limpide. Au commencement était Slic3r, un logiciel développé à partir de 2011 sur lequel s’appuient la majorité des slicers modernes. Lancé sous licence open source AGPLv3, il autorisait donc sa modification complète et sa recompilation sous un autre nom à condition expresse de permettre à d’autres de prendre les logiciels en découlant pour les modifier à leur gré. La société Prusa a ainsi pris Slic3r et l’a modifié pour lui faire mieux comprendre les évolutions et le développement de ses propres imprimantes. Une manière d’optimiser nativement le processus d’impression et de proposer un service aux petits oignons à ses clients. Mais si Prusa a modifié Slic3r, la marque a ensuite proposé PrusaSlicer sous la même licence AGPLv3 avec l’ensemble des sources nécessaires pour que n’importe qui puisse modifier le tout à son tour.

Chose faite alors par… Bambu Lab ! La marque a lancé son propre logiciel Bambu Studio sur la base du travail de Prusa et lui a à son tour apporté des modifications propres à ses besoins. Elle a ensuite fait comme tout le monde, proposé le code de son logiciel en ligne pour que tout un chacun puisse le modifier. Ainsi est apparu un autre Sliver, OrcaSlicer. Une solution gratuite et libre codéveloppée de manière plus indépendante, sans être rattachée à une marque d’imprimantes en particulier. Et c’est donc ce dernier OrcaSlicer qui a été modifié par Paweł Jarczak pour outrepasser les restrictions de Bambu. 

Le plus drôle étant qu’en 2022, Josef Prusa, à la tête des imprimantes du même nom, publiait sur Twitter la remarque ci-dessus. Ils avaient injecté dans le code source de leur propre Slicer une remontée d’information des logiciels utilisant leur développement du code source. Cette remontée listait alors la version 2.4.0 de Bambu Slicer qui avait simplement posé un nouveau design cosmétique sur le code pur de Prusa. Ce « ping » du serveur de Prusa n’était pas spécialement problématique, juste quelques données statistiques. Mais c’est un des points qui sert d’excuse à Bambu pour attaquer Pawel.

Une réaction épidermique et, il faut le dire, complètement idiote

En réaction donc, les avocats de Bambu ont envoyé une mise en demeure pour fermer cette brèche. En accusant Pawel d’intrusion, de se faire passer pour leur produit et de poser des risques de sécurité. Allant jusqu’à parler de risque pour toute leur infrastructure. La marque a, en outre, interdit à Pawel de publier leurs échanges, ce qui ne laissait alors qu’un combat déséquilibré entre une marque avec une énorme communauté et un simple particulier.

Manque de bol pour Bambu, la communauté du libre s’est engagée aux côtés de Pawel. D’abord pour dire que les revendications étaient infondées, ensuite pour leur dire de déposer vraiment plainte s’ils s’en sentaient réellement légitimes. Ils auraient eu du mal à défendre un argumentaire tel que le leur en se basant sur les licences employées. La SFC, l’association Software Freedom Conservancy, a mis également son nez dans l’aventure. En analysant les actions de Bambu, elle a pu relever deux infractions à la licence AGPLv3 : le recours à une bibliothèque spécifique dont le code n’a pas été publié en est une. Ce bout de code étant justement la partie opaque qui oblige à passer par les serveurs de la marque. On comprend qu’est ici tout le problème. Si Bambu a laissé cette partie du code totalement dans le noir, c’est bien parce que cette obligation est absolument non nécessaire, totalement artificielle. Le simple fait de limiter l’accès à Pawel Jarczak au droit de modifier ce code est une seconde violation de la licence AGPLv3. Forte de ces deux éléments, la SFC a récolté plus de 100 000 $ de dons pour pouvoir répondre aux poursuites annoncées au côté du développeur.

Le plus étrange dans cette affaire est que Bambu Lab n’a rien à gagner à chercher des poux à cette communauté. Je suppose que 99% de leur clientèle utilise le logiciel Bambu Studio d’origine, passe par leur serveur et ne voit pas le souci posé par toute cette histoire. La marque vise avec cette attaque des utilisateurs chevronnés et pointilleux, ceux qui vont au mieux ne pas vouloir de ce logiciel, au pire ne plus jamais acheter d’imprimante de la marque. En attaquant Pawel Jarczak, ils ont fait ce que beaucoup de sociétés de ce type font régulièrement : ouvrir la boite de Pandore d’un côté tout en lançant ce qu’on appelle un effet Streisand de l’autre. Et cela en plus de se faire détester par toute population de clients potentiels. Population généralement experte et fort écoutée dans ses recommandations produits.

Enfin, avant leur e-mail de menace juridique, le code source de Pawel n’était pas spécialement actif. Depuis, la situation a énormément changé.

Un contrefeu appelé Baltobu

Le 23 mai, nous apprenions que Bambu Lab revenait en arrière et laissait tomber toute idée de mise en accusation du développeur. Il faut dire que la SFC n’est pas la seule à avoir mis son nez dans l’aventure. Après Louis Rossmann, Jeff Gerling et le site Gamers Nexus qui n’y sont pas allés de main morte avec leurs déclarations, l’arrivée d’une entité juridique a changé la  donne. Cette entité est capable de se battre juridiquement à armes plus égales avec une société. Elle est également très écoutée car porteuse de nombreux projets. Elle a su récupérer plus de 100 000$ de dons et promet désormais de lancer un nouveau projet baptisé Baltobu.

Baltobu va se baser sur le code de Pawel pour proposer son alternative aux contournements des limitations imposées par Bambu Lab. Une idée qui a pour objet de dégager le développeur solo du problème. Au lieu d’attaquer un particulier qui devrait se défendre seul, Bambu devrait attaquer la SFC directement. L’idée de Baltobu est de proposer une plateforme de contournement ouverte et d’encourager les développeurs à y travailler. Mais aussi d’avoir une forme juridique aux commandes composée de spécialistes du code et du droit. En particulier des licences open source. Une entité clairement moins facile à intimider qu’un développeur solo. 

Avec Baltobu, les propriétaires d’imprimantes Bambu Lab vont récupérer les droits d’imprimer en local via un développement d’Orca Slicer. Le tout en se basant sur le code source non divulgué, contraire à la licence AGPLv3 que la SFC encourage à décompiler.

De son côté, Bambu assure désormais que tout cela est né d’une incompréhension. Arguant que le fait de parler de ses conditions d’utilisation a été perçu comme une menace légale alors que ce n’était pas le cas. Une pirouette pour essayer de ne pas sortir de cette aventure trop perdant d’un point de vue image.

La ferme d’imprimantes 3D Bambu Lab de ZBdesigns

La morale de cette histoire

Ce qu’il faut retenir de toute cette aventure va un peu plus loin qu’une bataille étouffée dans l’œuf entre juristes. La tentative de Bambu Lab est finalement assez anecdotique sur le fond. Ils ont des avocats pointilleux et ont mal évalué leur action. Ils vont passer pour des procéduriers pénibles, ce qui ne fera probablement que peu bouger les lignes. Ceux déjà convaincus que la politique commerciale limitante de la marque verront leur avis renforcé. Quant aux fans séduits par la capacité de celle-ci à proposer des impressions de qualité, ils ne verront probablement pas le problème.

Ce que nous révèle cette histoire est un peu plus large que cela. De plus en plus d’entreprises veulent contrôler l’usage de leurs produits sous la contrainte de fonctionner obligatoirement par leurs serveurs. C’est vrai pour des logiciels évidemment, mais au travers de ces outils, de plus en plus de matériel est également concerné Bambu Lab en est un très bon exemple pour deux raisons.

D’abord parce que cela n’a aucun sens de forcer à passer par leur serveur. Le matériel peut tout à fait fonctionner en local sans avoir à envoyer ses fichiers à l’autre bout de la terre dans un Data Center inconnu. Certains modèles proposés par la marque sont d’abord sortis avec cette option d’impression en local, via un réseau classique, avant d’être contraints à une évolution vers l’usage d’un serveur distant suite à une mise à jour. Ce changement unilatéral de droits d’utilisation est alarmant.

Ensuite, comme on en a fait l’expérience avec pas mal de produits domotiques par exemple, le risque de perdre l’usage de son matériel est important. Le jour où le serveur distant a un problème, le jour où la société qui propose les produits met la clé sous la porte, votre matériel devient inopérant. J’ai une multiprise programmable, par exemple, achetée il y a bientôt 8 ans, qui est « coincée » dans un scénario spécifique. Je ne peux plus la reprogrammer. En cause, la disparition du serveur loué pour la piloter par une société qui existe toujours mais qui a arrêté ce produit pour se tourner vers une autre plateforme domotique. Résultat, le produit marche, la société existe mais impossible de profiter pleinement du matériel acheté.

Le fait qu’une organisation à but non lucratif comme la SFC puisse réveiller une communauté entière, dégager rapidement des sommes rondelettes pour faire face à d’éventuels frais d’avocat et surtout mettre une certaine pression médiatique sur une marque qui vit de son image est également révélateur. La SFC et certains influenceurs importants de cette communauté maker sont allés jusqu’à défier Bambu Lab de porter l’affaire en justice. Montant ainsi qu’il n’était pas question qu’une société sans aucun appui légal puisse montrer les dents. Forte face à un développeur solo, Bambu Lab s’est comportée comme tous les harceleurs le font quand une communauté soudée se dresse devant eux. Elle est repartie en s’excusant, invoquant une incompréhension des deux parties.

Le retour de bâton peut faire mal, pour Bambu. Les sommes déjà récoltées par la SFC pour la défense de Pawel seront finalement réinjectées pour permettre le développement de Baltobu en embauchant des développeurs. Cela, plus les travaux d’une communauté experte, va probablement aboutir à la création d’un nouveau projet sous licence AGPLv3 qui rendra caduques toutes les tentatives d’enfermement des imprimantes de la marque.

C’est évidemment un signal fort pour toutes les entreprises tentées par ce genre de pratique. Ne pas respecter les licences open-source dont elles profitent est déjà grave mais personne n’a les moyens financiers de rendre justice. Mais tenter de casser la philosophie implicite de ces développements et attaquer ses développeurs ne sera pas laissé impuni. 

Je n’ai aucun souci avec le fait que certaines imprimantes professionnelles imposent de passer par des serveurs spécifiques, en utilisant un matériel spécifique et avec des consommables spécifiques. Cela existe et c’est probablement pour une bonne raison que ces marques imposent des limitations. Je n’ai pas de problème avec cela car leurs développements sont internes et non basés sur un code qu’il faut par nature partager, leur matériel est souvent exemplaire et surtout c’est clairement stipulé dans le contrat lors de sa signature

Pour d’autres, si l’acheteur n’a pas été mis au courant de ces limitations en amont et découvre qu’une simple mise à jour va lui enlever une certaine liberté d’usage, c’est une autre histoire. Laisser passer la mésaventure de Paweł Jarczak ouvrirait une brèche importante. Brèche qui pourrait se conclure rapidement par d’autres limitations d’usages.

Pourquoi ne pas faire payer le passage par le serveur de Bambu ? Un abonnement mensuel ou un abonnement au nombre d’impressions ? Pourquoi ne pas limiter les filaments exploitables à une liste décidée par le constructeur avec l’usage de puces RFID par exemple ? Faire perdre la liberté d’usage des produits aux utilisateurs est souvent une excellente source de revenus. Les constructeurs le savent et il ne se passe probablement pas une journée sans qu’une idée de ce type ne jaillisse dans la tête de certains de leurs dirigeants.

Notes :

  1. Dans le sens où ils ne sont pas destinés aux bidouilleurs mais à ceux qui cherchent juste une imprimante fiable et sans problème de manipulation.

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24 commentaires sur ce sujet.
  • 27 mai 2026 - 13 h 05 min

    J’ai acheté ma BambuLab A1 juste avant le premier shitstorm.
    Déjà qu’à l’époque, je n’avais pas apprécié. J’avoue que ce nouveau move de leur part à scellé leur sort à mon niveau. Je n’achèterai plus jamais d’imprimante de chez eux.
    Ils me font penser à Synology.
    Et ce n’est pas un compliment 🤭.

    Reply
  • 27 mai 2026 - 13 h 22 min

    @Franck: C’est vrai qu’il y a des similitudes entre l’action non totalement mesurée et la réaction des clients pas très tendre !

    Reply
  • 27 mai 2026 - 13 h 48 min

    Encore et toujours la même chose, on te vend un produit que payes cash mais qui d’une façon, ou d’une autre, n’est jamais a toi.
    Dans le cas présent, c’est encore plus minable, ils s’appuient, en partie, sur l’Open source pour leur business mais dès qu’un utilisateur se sert de cette même partie open source pour son usage légitime, ils le menacent de lui envoyer les foudres d’armagedon… Pathétique.

    Reply
  • 27 mai 2026 - 14 h 19 min

    Il me semble que dans le cas des constructeurs automobiles, la règlementation impose de pouvoir accéder à des pièces détachées jusqu’à un certain nombre d’années après la fin de disponibilité du modèle (ou la date de sortie, je ne sais pas).
    Ne serait-il pas possible de militer pour un équivalent pour le matériels / logiciel qui impose de passer par des services en ligne ?
    Par exemple, après la sortie d’un matériel comme la prise commandée de Pierre, imposer 10 ans de service en ligne minimum garanti, et / ou une possibilité de passer par un service tiers ou en direct ?

    Il est d’ailleurs possible que bientôt, des voitures se retrouvent incapable de rouler pour cette raison (imaginons une faillite de constructeur –> plus de service de mise à jour / autopilote –> blocage du véhicule), la logique voudrait qu’on puisse généraliser le cas…

    Reply
  • GdB
    27 mai 2026 - 15 h 51 min

    Bambulab m’a permi de passer du statut de bidouilleur d’imprimante 3d à celle d’imprimeur en 3d quand j’avais envie avec la P1S. Mais ils cumulent les erreurs et la concurrence est bien réveillée.
    Je vais surveiller Baltobu, mais moi aussi je sens que ma prochaine imprimante ne sera pas un bambu.

    Reply
  • z
    27 mai 2026 - 18 h 18 min

    J’ai attendu ce soir pour vérifier histoire de ne pas dire de bêtise, mais je ne comprends pas la polémique : il y a bien un mode ‘LAN only’ dans le menu de ma P2S. Du coup, c’est quoi le problème ?

    Si je veux imprimer sans passer par le cloud Bambulab, c’est tout à fait possible et prévu officiellement !

    Reply
  • 27 mai 2026 - 18 h 21 min
  • z
    27 mai 2026 - 18 h 40 min

    @Pierre Lecourt: Non, je suis bien à jour: version 01.02.00.00du 09/04/2026. Par contre, je crois comprendre la subtilité. En mode ‘Lan Only’, je ne peux pas imprimer ni utiliser la caméra à distance (via BambuHandy par exemple). Par contre, je peux l’utiliser en local via BambuStudio ou OrcaSlicer.

    Reply
  • 27 mai 2026 - 18 h 49 min

    Ce que tu écris Pierre n’est pas exacte: « La version de ce slicer développée par Pawel a un but très précis : outrepasser les limitations imposées par le constructeur qui obligent à passer par ses serveurs pour pouvoir imprimer en local. »
    Il est tout à fait possible d’imprimer en local (mode ‘LAN only’ sélectionné depuis l’imprimante) depuis la mise à jour du Firmware ET du trancheur BambuStudio.
    Ce qui n’est plus possible sans passer par le Cloud Bambu, c’est de lancer ou suivre une impression depuis son smartphone.
    Je possède une P2S depuis quelques mois et l’utilise exclusivement le mode LAN. Ayant pour habitude de surveiller mes impressions, l’utilisation du smartphone ne m’intéresse pas,

    N’allez pas croire que la situation soit idéale:
    – N’utilisant que Linux, j’ai eu beaucoup de difficulté à faire fonctionner le trancheur BambuStudio avant de trouver la solution (lague rendant l’application inutilisable), toujours pas corrigée par Bambu à ce jour,
    – Avant cela, j’utilisai OrcaSlicer, mais j’étais obligé de passer par la clef USB pour imprimer. Pourquoi? Parce que Bambu a développé un pilote réseau propriétaire pour que l’imprimante puisse « causer » avec SON trancheur uniquement.

    Je n’ai pas encore réussi à réaliser une impression complète d’OrcaSlicer vers ma P2S mais ne m’avoue pas vaincu. C’est clairement la voie à suivre et les motivations pour y arriver sont là.
    Il est clair que lentement mais sûrement, Bambu ferme son écosystème après avoir largement profité des développements OpenSource. Comme bons nombres de fabricants l’ont fait par le passé. Anycubic n’a jamais livré les bonnes versions de firmware pour l’i3 Mega. Heureusement que des contributeurs comme KnutWurst ont porté Marlin sur la machine permettant de personnaliser quelques fonctions.

    Reply
  • z
    27 mai 2026 - 19 h 07 min

    Après avoir creusé un peu le sujet, il s’avère que le mode ‘LAN only’ est bien présent dans les derniers firmwares. Ce qui pose un problème, c’est que le firmware de janvier dont tu parles dans l’autre billet impose la création d’un compte à l’activation de l’imprimante. Une fois l’imprimante activée, il est tout à fait possible de la passer en ‘LAN only’.

    La communauté a vu dans cette activation obligatoire un risque de fermeture de la part du constructeur, d’où la polémique.

    Mais si je veux éviter que mon fichier top secret ne fasse le tour de la terre avant impression, c’est tout à fait possible… Et heureusement !

    Reply
  • 27 mai 2026 - 20 h 41 min

    Moi je me suis arrêté à la dernière mise à jour avant le changement sur ma A1 mini. Mais il me semble que sur les derniers firmware il y a deux options : le LAN mode qui permet de se couper du cloud, et le mode développeur, qui permet à un slicer tiers de piloter directement l’imprimante (comme avant, sans ça je crois que la communication se fait par un outil Bambu spécial).

    Si j’ai bien compris, activer LAN mode + dev mode revient à restaurer l’ancien fonctionnement du LAN mode ?

    Reply
  • Ln2
    28 mai 2026 - 1 h 11 min

    Magnifique conclusion. Que le fabricant puisse controler le consommable qui est lui aussi dans sa chaine de valeur.
    Ca me fait penser à la foire de Paris où cette année , au concours Lepine, une société vendait une machine qui distribue automatiquement de la paté pour les chats. Vous me direz, ca existe depuis 20 ans pour les croquettes, et bien c’est pour cela qu’ils font de la paté. Avec un business model type Nespresso. Les boites de paté extrudables sont obligatoirement les leurs, vendus plus chers que des paté premium.
    (je suis un peu mauvaise langue, car leur machine permet aussi de distribuer des croquettes)

    Reply
  • z
    28 mai 2026 - 7 h 34 min

    @DjéLabs: Salut, Je suis également exclusivement sous linux (ZorinOS) et n’ai jamais rencontré de pb avec Bambustudio !
    J’utilise la version flatpak depuis le début et juste… ça marche !

    Reply
  • 28 mai 2026 - 9 h 10 min

    Cette capacité de l’industrie en général à tendre vers l’enshittification par pure cupidité est quand même d’une constance rare…

    Reply
  • 28 mai 2026 - 9 h 51 min

    Il me semble que la polémique actuelle est en fait le sujet complètement inverse.

    L’accès LAN est effectivement possible, même avec les derniers firmwares, mais il désactive complètement l’accès au cloud, donc il est notamment impossible d’utiliser l’application mobile Bambu Handy.

    Le fork d’Orca Slicer par Pawel Jarczak utilisait un plugin « bambu networking » provenant d’une ancienne version Linux de Bambu Studio, et permettant donc d’accéder au Cloud de Bambu Lab depuis un autre slicer que Bambu Studio.

    La revendication de BL est que ce plugin contient du code propriétaire et non couvert par la licence AGPL qui ne s’applique qu’au slicer lui même (et pour lequel BL fournit bien le code), et donc que ce fork violait leur propriété intellectuelle et leur « Terms of Use ».

    La communauté indique que ce code étant imbriqué dans le slicer, il devait couvert par la licence et donc le code devait être publié et librement utilisable.

    Reply
  • 28 mai 2026 - 10 h 46 min

    Même souci chez Anycubic finalement avec la KobraX, l’impression connecté passerait par le cloud, il faut enregistrer son imprimante via le tel, ce que je n’ai pas fait.
    De ce que je vois dans les groupes facebook quand le cloud Anycubic tombe, ils ne peuvent plus imprimer, ça m’insupporte !

    Reply
  • 28 mai 2026 - 11 h 22 min

    @JP67: Non, il suffit de demander au logiciel de basculer en mode local et d’indiquer l’IP de l’imprimante ou de scanner un QRCode sur l’écran. J’imprime en local sans aucun souci sans même avoir de compte Anycubic.

    Reply
  • 28 mai 2026 - 15 h 41 min

    Bon ben je devais remplacer ma (vieille) imprimante 3D full diy

    Ce ne sera pas par une bamboo ( fermer du code libre, c’est niet)

    Reply
  • 28 mai 2026 - 18 h 48 min
  • 28 mai 2026 - 22 h 55 min

    Cet article (et désolé de le dire) omet (comme tous les autres sur le sujet, qui ont TOUS le même discours) plusieurs faits importants qui font quand même pas mal relativiser l’histoire.

    Disclaimer : j’ai une Bambu depuis le tout premier kickstarter. Moi aussi je préfère quand tout est open-source, ouvert, et qu’il n’y a pas d’usage inutile du cloud, etc.

    Mais force est de constater que l’écosystème Bambu, depuis le début, marche 1000x mieux que les écosystèmes open source de bout en bout (octoprint en comparaison est une abomination, en terme d’usage, configuration de maintenance).

    Et surtout, Bambu s’est pris une shitstorm il y a quelques années quant à leur manque de sécurisation de leur écosystème. Voir notamment ici : https://blogg.karlsbakk.net/2022/11/23/bambu-lab-x1-carbon-the-flipside/ (qui est un peu le point de départ de tout l’arc narratif « sécurité déficiente chez Bambu »), et ce retour était LARGEMENT partagé par la communauté 3D à partir de là.

    A l’époque, la réponse de Bambu (voir ici : https://blog.bambulab.com/answering-network-security-concerns/) a été de dire « on est plus orienté [de par leur historique dans le monde des drones, dont Bambu est une émanation] sur l’aspect hardware, et on reconnaît qu’on n’est pas très bon sur l’aspect « software » (et donc « sécurité »), car ce n’est pas notre métier à la base : mais on va s’améliorer ».

    Suite à quoi il y a eu plusieurs itérations, dont les dernières en date, mais qui à la base ne sont que le contrecoup de ce pointage du doigt de problèmes (réels) de manque de sécurisation initaux. Même si le risque est faible qu’un hacker s’amuse à ça, en pratique l’idée est quand même d’empêcher n’importe qui d’envoyer une impression sur n’importe quelle imprimante (au hasard, un gamin à l’autre bout du monde qui trouverait ça trop marrant, alors que l’imprimante en question a peut être encore l’impression précédente sur son plateau, ce qui mènera à un bon plantage, voir une casse du matériel, voire un départ de feu).

    Alors oui, les menaces juridiques, tout ça, c’est vraiment pas un move intelligent (image déplorable, effet contre-productif, etc.).

    Mais je trouve étonnant que tout le monde surf d’une seule voix contre Bambu, alors qu’encore une fois :
    – l’écosystème fermé, franchement, c’est pas un souci (et je dis ça alors que je suis full linux / open-source de partout depuis années) : tout ce qui est en place chez Bambu est carrément plusieurs crans au dessus des solutions open-source (dont ils sont repartis, bien sûr, mais c’est loin d’être les seuls – vous connaissez AWS et vous savez un peu ce qui permet de faire tourner leur infrastructure qui leur rapportement des sommes faramineuses, au fait ? ;) )
    – leur volonté de sécuriser leur écosystème vient en grande partie des remontés de leur communauté d’utilisateurs – évidemment, ceux qui râlaient il y a 2-3 ans sur le manque de sécurité ne sont sans doute pas les mêmes que ceux qui râlent aujourd’hui que l’écosystème devient trop fermé !

    Par contre, bien sûr, comme je l’ai déjà dit, Bambu gère évidemment très mal ces aspects et leur actions / communication (et au delà de tout ça on peut bien sûr leur reprocher plein de choses, d’avoir mal géré les défauts qualités (plateaux bombés, départ de feu, câble d’alim mal conçu, etc.).

    Reply
  • 29 mai 2026 - 12 h 14 min

    Un élément à ajouter à la discussion et qui ne transparaît pas ici, c’est que Bambu Lab est une entreprise chinoise.
    Dès lors, le fait que la partie « transmission des données » à la maison mère soit en closed source et que dès qu’un dev « ose » s’en affranchir ça se termine en attaque juridique assez « lourde » est pour le moins … intéressante.
    Ils ont fait machine arrière mais le code est toujours présent et actif. Un utilisateur non averti continuera à envoyer sans le savoir son fichier d’impression sur les serveurs de l’entreprise basée à Shenzhen.

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  • 30 mai 2026 - 13 h 38 min

    @django:

    Évidemment qu’une solution adaptée au matériel spécifiquement sera plus efficace (IHM, rapidité de configuration, etc…) qu’une autre qui couvre plusieurs machines de plusieurs constructeurs.

    Mais il n’est absolument pas nécessaire que ce code soit closed source pour être efficace.

    De la même manière, l’assertion « du code fermé est plus sécurisé » est absolument fausse et même dangereuse à répandre, puisque ça fait croire aux gens utilisant ce code qu’ils sont en sécurité ce qui est outrageusement faux…

    Bref, fuyez les marques qui prétendent faire ce genre de merdes pour votre bien. Le seul « bien » que ça procure, c’est pour gonfler les profits de ces entreprises.

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  • 30 mai 2026 - 22 h 08 min

    @django:
    Le sujet de la sécurité est bien évidemment clé, mais travailler entièrement en local sur un réseau local correctement sécurisé et géré présente à mon avis moins de risques que de passer par des serveurs sur internet que l’on ne maîtrise pas. On a le droit de ne pas faire une confiance aveugle au fabricant, et ses serveurs peuvent aussi faire l’objet d’attaques.
    Passer ou pas par les serveurs du fabricant doit être un choix du client, sauf si c’est clair au moment de l’achat et que le client l’accepte (ce que je ne recommande pas). Mais ça ne peut pas être imposé par un upgrade de firmware.
    Je partage le point de vue de Kenda.

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  • 30 mai 2026 - 23 h 04 min

    Bonjour, si jamais bambulab a un souci de serveur ou autre, peut-on toujours imprimer via la carte micro sd ? Merci

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