Les enceintes Bose SoundTouch étaient sur la liste des espèces d’enceintes menacées par leur constructeur. Cette gamme de solutions connectées se retrouvait confrontée à un problème très classique. Vendues depuis des années, remplacées par de nouvelles gammes, les marges qu’elles avaient générées se transformaient en pertes au fil du temps.

Bose coupe le son
Pour Bose, les « vieilles » SoundTouch ne rapportaient plus un centime alors que le coût des serveurs nécessaires à la prise en charge des services connectés qu’elles proposaient continuait de s’additionner. Les constructeurs sont toujours confrontés à ce dilemme : sans frais mensuels d’utilisation, ce type de produit est forcément voué à disparaitre car il finira forcément par couter trop cher. Avec des frais mensuels, les clients ne se bousculent pas pour les acheter. Au final, la solution retenue par Bose pour les SoundTouch est la même que pour beaucoup d’autres appareils de ce type. La marque « offre » des services en ligne à ses clients et, un jour ou l’autre, se décide de les arrêter.
C’est dans ces conditions que Bose a indiqué en octobre 2025 à ses clients qui avaient activé leurs services en ligne pour leurs SoundTouch, que celui-ci allait être stoppé en février 2026. Transformant les enceintes connectées en enceintes Bluetooth beaucoup plus banales. La suite de l’histoire est classique, une levée de boucliers des utilisateurs qui ne comprennent pas forcément pourquoi Bose a décidé de leur faire perdre l’intérêt spécifique de leur matériel. Bose, qui compte beaucoup sur son image, a donc décidé de revoir sa copie.

Bose remet le son
D’abord, la fermeture annoncée en février est repoussée au mois de mai 2026. Ce qui laisse un peu plus de temps aux utilisateurs. Mais ensuite et surtout, Bose va libérer le code des SoundTouch pour que des internautes puissent s’en emparer et développer des solutions alternatives aux services de la marque. En clair, ouvrir le code pour que des petits génies puissent transformer les SoundTouch en solutions plus autonomes : on imagine des intégrations dans un usage local en réseau mais également la possibilité d’aller piocher du contenu sur des serveurs alternatifs.
Le délai supplémentaire accordé aux clients devant servir de tampon pour que ces développeurs puissent proposer aux internautes les solutions adaptées à la survie de leur enceinte. On imagine que lorsqu’un service libre sera disponible, la marque s’empressera de communiquer dessus pour que ses clients puissent basculer leur SoundTouch de leurs serveurs à ces nouvelles fonctionnalités.
De son côté, Bose a assuré faire le travail nécessaire pour que les fonctions de streaming depuis Spotify Connect soient toujours disponibles, confirmé que la fonction AirPlay sera conservée et proposé des solutions allternatives pour continuer à exploiter ses enceintes. Il s’engage à maintenir l’application de contrôle SoundTouch sur smartphone. Même si elle ne proposera plus l’ensemble des fonctions actuelles.

Bose SoundTouch
Les Bose SoundTouch se retrouvent du bon côté de la barricade
Ces histoires d’abandon de logiciels qui tuent littéralement des produits matériels qu’ils supportent sont assez fréquentes. Du côté des enceintes connectées, on se souvient de la volonté de Sonos de briquer volontairement ses produits. Méthode ô combien contestable que la marque avait fini par abandonner quelques mois plus tard suite au tollé provoqué sur la toile. Plus récemment, le Car Thing de Spotify a eu droit à sa pure et simple mise à mort logicielle. Sauvée de justesse par des internautes mais sans l’aide de l’entreprise.
Google a également eu droit à son sabordage de produit avec sa manette Stadia, mais il a beaucoup mieux encadré la situation en proposant de lui-même une méthode pour ne pas la rendre inopérante.
Avec la SoundTouch, Bose semble faire les bons choix. Mais il aura tout de même fallu tordre le bras à la société pour qu’elle se décide à considérer ses anciens clients et l’impact écologique de sa décision. Si personne n’avait protesté, la SoundTouch aurait été désactivée. C’est d’ailleurs la norme depuis longtemps dans beaucoup de domaines. Des constructeurs qui lancent des produits en assurant une grande compatibilité dans le temps, un format totalement propriétaire et qu’on assure comme totalement évolutifs. Des promesses de disponibilité de pièces détachées et autres assurances d’exploitation dans le temps long. Constructeurs qui s’empressent de ne pas respecter leurs engagements un ou deux ans plus tard. Laissant dans la panade l’acheteur qui comptait bien faire évoluer son produit. La méthode est connue et se répète très régulièrement depuis les années 80.
Aujourd’hui cependant, le législateur a fait évoluer les choses. Obligeant par exemple les fabricants à proposer pendant des années des pièces détachées pour leurs matériels, une obligation de proposer un indice de réparabilité pour certains appareils. Mais du côté des promesses d’usages ? Des fonctionnalités en ligne qui sont les arguments essentiels d’un achat comme une enceinte connectée ? Rien. Il faut faire confiance à un constructeur qui peut décider à la vue d’un bilan comptable que de tirer un trait sur un serveur qui pilote des dizaines de milliers d’appareils sera bien plus rentable.

L’indice de réparabilité
Un label et une méthode de développement pour les appareils connectés ?
Pourquoi ne pas créer un label pour ce type d’appareil connecté ? On le sait, financièrement, il est impossible pour une marque de continuer à fournir un service en ligne qui lui coute de l’argent s’il n’y a pas d’entrées à proposer en face. Pourtant, ce genre de produit est mis en vente régulièrement sur le marché. Aujourd’hui, Bose propose d’autres enceintes que la SoundTouch qui vont se retrouver exactement dans la même situation dans quelques années.
La solution serait donc de proposer aux constructeurs une autre méthode de développement qui consisterait à penser en amont dans le temps long. Demander aux ingénieurs de chaque marque de suivre un protocole de désengagement technique dès la conception des produits. Avoir une solution clés en main à fournir aux internautes pour cette phase de désengagement inévitable qui suivra la commercialisation du produit.

Un indice d’ouverture du code ?
Et, au terme de cet investissement originel, profiter d’un label qui indiquera aux acheteurs intéressés que leur appareil ne finira pas à la déchetterie locale suivant l’évolution de service de son fabricant. Celui-ci pouvant décider à tout moment de basculer sur la méthode alternative à ses propres serveurs. Dès l’origine, en ouvrant cette possibilité lors de la vente. Ou au moment de la fin de service de son offre. Loin de paralyser un client éventuel, ce label pourrait au contraire l’inciter à choisir le produit.
Un label qui entrerait en synergie avec ceux mettant en valeur le côté « vert » des entreprises. A quoi bon proposer un produit dans un emballage recyclé ou avec une supposée neutralité carbone si on le dirige dès sa conception vers une obsolescence programmée ?
Source : ArsTechnica
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Si quelqu’un de Harman Kardon passe par ici, je suis un grand collectionneur de Omni 10+, 20+ et 50+. Et j’ai de plus en plus de problème pour en ajouter à mon réseau…
ça devrait être obligatoire pour tout le monde.
Un exemple. Bubendorff.
Je fais installer des volets roulants il y trois ans.
Suite à un incident, deux lames sont abîmées et doivent être changées sur la cinquantaine qui composent le volet.
Petit problème, alors que Bubendorff fait sa pub sur la reparabilite de ses volets roulants et la disponibilité des pièces détachées, aucune solution ne m’est proposée pour réparer, les lames ne sont déjà plus fabriquées.
Il faut tout changer !
De qui se moque-t-on ?
Le modèle à suivre : Squeezebox. Client & serveur open-source dès le départ, excellent matériel, durable. Logitech a finalement débranché le serveur officiel mais sa version libre était prête depuis longtemps.. On a seulement perdu l’accès à Deezer je crois, parce que Deezer n’ouvre pas son service…
Le modèle à ne pas suivre : Orange Tabbee, Orange MyPlug… achetez français qu’ils disaient ?
Mais surtout, quel besoin de passer par le Cloud pou contrôler une enceinte ?? Tout peut se faire en théorie en point à point (Bluetooth, Airplay..) ou par le réseau Wifi local. Cela veut dire aussi que l’enceinte est inutilisable si Internet n’est plus accessible ? Qu’est-ce que c’est que cette architecture ? Que certaines fonctions ne soient plus dispo, comme le streaming Spotify par exemple, cela se conçoit, mais sans compromettre la très grande majorité des fonctions qui peuvent techniquement se faire en local.
Si on pouvait avoir la même chose pour smartphones et tablettes, appareils abandonnés fonctionnels. Même si ça signifiait perdre des fonctions.
Bonjour,
Je lis ici les reproches formulés aux marques concernant l’évolution de leurs produits qu’elles imposent après avoir créé une « dépendance ».
Et donc ?
Il y a tout de même une sacré part d’hypocrisie dans ce genre d’attitude. Non ?
Un des objectifs d’une entreprise c’est d’être rentable et par conséquent de tout mettre en oeuvre pour le rester dans le temps.
Sortir des produits qui attirent la clientèle (existante ou à créer) est donc le minimum pour une entreprise. Non ?
Ne pas prolonger des produits qui ne font plus rentrer d’argent mais qui continuent de coûter en production et distribution c’est plutôt sain. Non ?
Sinon, on a inventé les abonnements de maintenance pour cela.
C’est exactement ce que l’on met en oeuvre pour l’électroménager, les véhicules et les logiciels.
Venir râler qu’on a payé un produit qui a séduit voici 2 ou 3 ans, qu’on a acquis avant tout pour épater la galerie et non vraiment suite à un besoin, qui ne dispose plus de maintenance et que l’on n’est pas prêt à payer pour une telle maintenance, c’est cela, pour moi, l’hypocrisie.
Ma réponse : ben, fallait pas l’acheter car on savait très bien lors de l’achat ce qu’il allait se passer. Ou alors on est un gamin de 3 ans.
Cette hypocrisie est, du reste, une manière peu élégante de tenter de masquer sa faute.
db
@Gaduc: Plusieurs choses :
D’abord et c’est la chose la plus importante, en quoi cela enlève t-il le moindre intérêt à l’idée d’un label garantissant que le produit proposé soit opérable en local ou alternativement après la phase de commercialisation du service vendu ?
Ensuite : pourquoi l’utilisateur, parfois néophyte sur les sujets dont nous parlons, ne devrait-il pas être défendu ? Bose par exemple a produit des générations de SoundTouch depuis 2013, il n’est pas évident de savoir ou de comprendre les dépendances externes de ce type de produit pour un particulier lambda. La moindre des choses est donc d’expliquer la problématique.
Qu’a fait Bose en quelques jours après que ses clients ont expliqué leur mécontentement ? Ils ont décidé tout simplement de faire une mise à jour de l’application pour qu’elle fonctionne en local. Une action au cout probablement marginal. Ils ont également décidé de continuer à router les chemins pour AirPlay et Spotify Connect en changeant probablement quelques adresses qui pointaient des anciens vers les nouveaux serveurs. Là encore, un développement simple sans réel cout d’infrastructure. Ils auraient parfaitement pu proposer cela en réunion dès la décision prise de retirer les serveurs dédiés aux technologies SoundTouch. L’impact aurait alors été léger , l’abandon de quelques services tiers et peu employés. Ce que tout le monde aurait compris.
Ce qui a été décidé c’est de prendre une hache et de couper l’accès au serveur au lieu de sortir un clavier et de mettre en œuvre un changement technique. Je suis certain que Bose aurait pu anticiper ces changements techniques un peu mieux et donc englober le cout de développement de ce changement sur les bénéfices liés aux enceintes SoundTouch.
Redire ce qui est dit dans le billet, pour expliquer que c’est la faute du consommateur parce qu’il croit au Père Noël est un point de vue qui se défend. Mais il ne faut jamais oublier l’asymétrie de ce qui se joue ici. Bose déploie un marketing important pour mettre en avant des services Cloud mais ne précise jamais que ce service sera sans doute un jour limité ou qu’il passera à la trappe. Des SoundTouch sont actuellement encore en vente en magasin, jamais tu ne verras sur les présentations que le service a un calendrier déjà acté dans son obsolescence.
Tu expliques que les gens achètent des produits connectés pour « épater la galerie », c’est aller un peu vite. J’ignore quel âge tu as mais pour mes enfants, le Cloud musical est quelque chose d’absolument naturel. Les Spotify ou Deezer, l’accès à l’entièreté des musiques qu’ils aiment partout et tout le temps est la norme. Pour eux ce n’est ni un avantage ni un truc magique, c’est juste la norme. Moi qui ai connu les médiums physiques, c’est évidemment une autre histoire. Mais je ne vais épater personne de moins de 20 ans en lui disant : « Regarde, il y a tout le catalogue de tel musicien dans Deezer » ce serait comme si je lui montrais un smartphone en lui disant que ça permet de passer des appels dans la rue. Ce qui épate mes enfants, c’est l’archaïsme du format cassette. Cela n’épate plus personne de fournir des services Cloud, c’est devenu un service comme un autre. Et c’est tout le problème, pourquoi croire que c’est compliqué ou onéreux comme service quand n’importe quel smartphone, voiture, télé ou autre le propose ?
Dernier point, Bose n’a pas arrêté de vendre des enceintes connectées, il a juste changé de gamme et de protocoles pour des raisons qui lui sont propres. Ce changement implique sans doute d’autres besoins en termes de serveurs. Il a donc décidé de faire disparaitre la ligne de dépense correspondante sur son tableur. Il n’en reste pas moins que dès le départ, en, ayant un peu conscience des problèmes que cela allait soulever, il aurait pu décider d’ouvrir son API. La preuve, il le fait quelque temps plus tard.
Ce que ce billet, qui ne sera probablement jamais lu par les responsables de Bose, dit est finalement assez simple. Il explique que l’on n’a plus le droit en 2026 de décider de jeter à la benne des dizaines de milliers (probablement plus) de produits en leur faisant perdre leur principal intérêt d’un trait de plume. Surtout si en même temps on parle de la vertu de son approche environnementale en tant qu’entreprise (https://www.bose.fr/fr_fr/about_bose/sustainability.html ). Pourtant on sent ici que cela n’a même pas effleuré l’esprit de la marque au moment de prendre la décision de couper les serveurs SoundTouch. La décision a été prise de manière purement technique, comme si on était en 1950. On est en 2026 et aujourd’hui ce n’est ni la bonne manière d’un point de vue humain, écologique et même économique de faire.
Dernier point : je n’ai jamais acheté de Bose, je n’ai commis aucune prétendue « faute ». Mais si aucune levée de bouclier n’était faite quand un fabricant ne tient pas les promesses qu’il a faites sous prétexte qu’il ne faut pas croire les entreprises, on serait encore avec des médecins qui expliquent dans des spots de pub que la cigarette c’est bon pour la santé. Que des gens soient séduits par les promesses des marques sans réfléchir à la durabilité d’une telle promesse dans la durée, ce n’est pas une faute si ceux-ci ne sont pas instruits de ces problématiques. Or que cherche à faire ce billet encore une fois ? Justement, proposer cette simple mise en perspective. Ce que tu vois comme une hypocrisie est l’essence même du pourquoi de ce billet : je ne suis pas concerné, mais si personne n’explique que les services Cloud ont un coût, ce ne sera pas les constructeurs qui en feront la publicité.
@Gaduc:
Oulla, t’es bien énervé toi mais moi qui possede cette enceinte payé 400 balles, il y a 5 ans, ben j’ai pas envie qu’elle s’arrête. J’ai acheté une Bose pour la garder, j’ai pas pris une merdouille jetable.
Franchement, à l’époque je n’étais pas au fait de ce genre de pratique et j’achetais juste une enceinte connecté avec un son fidèle dans un budget plutôt costaud pour moi.
Tant mieux pour toi si tu peux te permettre de jeter l’argent par les fenêtres mais ce n’est pas le cas de tous le monde. Ceci dit, franchement leur appli n’est vraiment pas une réussite, je ne m’en sert pas, de plus, la radio qui ne peut démarrer sans te balancer une pub comme sur YT, je l’ai un peu en travers à plus de 400€ l’enceinte, et ça n’était pas non plus indiqué sur la boite.
Donc oui, il est normal pour une entreprise d’etre rentable, mais anormal de pigeonner les gens.
Bref, malgré ça, je suis plutôt content de mon achat car le son est vraiment quali et puissant et je suis rassuré de savoir que mon enceinte ne sera pas bonne pour la déchèterie dans 2 mois.
@bougnacas je pense que vous pouvez imprimer les lames en 3d… il a des fichiers stl de dispos …
@Arpenteur: En fait, c’est le cas de pas mal d’appareils Android, le code source est régulièrement libéré après la 1ère année de commercialisation (pas tout les fabricants, je te l’accorde, et encore, il faudrait vérifier), c’est juste qu’il faut qu’un développeur s’intéresse au modèle du smartphone ou tablette, et maintienne l’OS.
@essdex Pour ceux qui connaissent BOSE depuis leus débuts (unités de compte: les dizaines d’année), je pense qu’ils n’en n’ont jamais acheté. C’est le principe Apple; le marketing « vous avez acheté le meilleur ! ». Tu parles Charles… J’aime bien la mention « merdouille jetable », même si le premier terme est (un peu) surévalué (quoi que mer… bouse…). Dans la restitution sonore, il ya deux écoles: les puristes qui veulent l’original, amplifié, et les autres, les bidouilleurs, qui caressent les acheteurs dans le sens du poil… « Tu veux des basses ? hop, un p’tit coup de réglage, et tu vas être content. »; lequel « réglage », ils le facturent plusieurs dizaines (centaines ?) d’EUR que ce que la valeur intrinsèque du produit justifierait. Quant à l’emprise, juste un exemple; ma femmes s’est vu offrir un smartphone Samsung (basique). Lequel est équipé d’un récepteur radio FM. Suite à un accord contraignant mondial (Deezer ? ou un autre…) Samsung a fait une mise à jour qui INHIBE le fonctionnement de ce module ! Cela va même plus loin, car on ne sait pas comment redonner vie au système, contrairement à ce que BOSE accepte de faire. L’appétit du dollar, c’est le seul but.
@Gaduc: La comparaison avec un abonnement de maintenance n’est pas appropriée. Un abonnement de maintenance permet de garantir une intervention en cas de panne ou le maintient d’une mise à niveau des fonctionnalités. Là c’est totalement différent. Le constructeur decide, à sa gise, de soudainement rendre la matériel définitivement inopérant. Ça n’a aucun rapport avec de la maintenance, pas plus qu’avec un abonnement tout court.
Dans ce cas précis, la rentabilité n’est pas un argument valide non plus. Bien-sûr, une entreprise doit impérativement faire des profits. Dans ce cas, le coût du service est connu dès le départ. S’il doit s’arrêter au bout d’un certain temps, alors ça doit être annoncé clairement, au moment de la vente. Dans le cas contraire, la vente est juste malhonnête. On vend un matériel, en sachant pertinemment que les fonctionnalités principales mises en avant lors de l’achat seront rendues inopérantes au bout d’un certain temps, sans l’annoncer à l’acheteur. Vendre un matériel dont on sait pertinemment qu’il cessera rapidement de fonctionner, sans en informer l’acheteur, ça s’appelle une escroquerie ou, au mieux, un vice caché. Ça ne peut en aucun cas être un business model.
On parlerait d’un arrêt du service cloud après 10 ans, ce serait peut être discutable. Là, les derniers on été vendus il y a à peine plus de deux ans…
Enfin, serait on tenté de dire. Ce n’est pas parce que le fabricant cesse de supporter un objet qu’il faille le benner.
La communauté du libre peut proposer des solutions pour continuer à faire vivre ces objets, mais pour cela elle a besoin des codes sources et de la doc.
Merci à BOSE, j’aimerai bien que GOOGLE en fasse autant avec les thermostats NEST de première et deuxième génération.
Tout matériel connecté devrait offrir la possibilité de pouvoir changer le micrologiciel, une fois le service abandonné par le fabricant, pour permettre à la communauté du libre de faire perdurer le produit.
J’ai un gros doute sur GOOGLE maintenant qu’ils veulent abandonner les diffusions systématiques (pour 1 ou 2 annuelle) du code ANDROID pour les solutions alternatives.
Pour revenir au NEST, GOOGLE ne supporte plus le produit mais il continue de pomper les informations d’utilisation si vous n’avez pas désactivé le wifi !
@aka_mgr: Deezer est bien de la partie ! Le plugin de Philippe44 est opérationnel : https://github.com/philippe44/lms-deezer. La commu LMS (désormais Lyrion) lui doit beaucoup
NB : Tout l’opposé de Philiiiiiipe : https://www.nanarland.com/videos/les-incontournables/philiiiiiiippe.html
Il y a deux types d’ouverture (les deux n’étant pas exclusives) : la documentation des API et la possibilité de remplacer le logiciel de l’objet connecté par un logiciel tiers (quitte à perdre la garantie dans ce cas). L’absence de ces ouvertures n’a à mon avis pas d’autres raisons que la volonté d’enfermer l’utilisateur dans un écosystème et/ou revendre ses données. Par ailleurs le cloud ne se justifie techniquement dans beaucoup de cas que pour un accès à distance (parfois un peu gadget) qui devrait rester optionnel. Mais les fabricants imposent souvent la création d’un compte pour pouvoir utiliser le produit même si on n’utilise pas le cloud.
Des entreprises montrent pourtant qu’on peut bâtir un succès commercial sans ces pratiques (Nuki, Shelly pour des exemples que je connais). Le législateur devrait en faire un peu plus dans ce domaine.
@aka_mgr: pour Squeezebox et Logitech ça ne s’est pas passé si facilement que ça!!! Pour Logitech c’était on ferme le service et les Squeezebox que vous avez acheté (même les EU Radio qui avaient à peine 2 ans) vous les amenez à la déchetterie.
Il a fallu leur mettre une sacré pression pour leur tordre le cou, autant de la part des clients et d’une communauté active qui s’était formée en amont de la fermeture de service, que en interne de la part d’employés (anciennement de la société Squeezbox rachetée par Logitech) et de menaces judiciaires pour violation de licences de logiciel libre (qui leur impose normalement d’ouvrir leur code).
Et c’est un employé de Logitech (Mickael, je crois) qui gérait tout seul cette transition avec même la redirection de certains noms de domaines *.squeezebox.com nécessaires aux radios vers son propre serveur web perso, et en prenant sur son temps libre. Et logitech n’a libéré les choses que au compte-goutte, le serveur local existait déjà avant que Logitech rachète la société Squeezebox, ce qui a permit une « libération sur serveur local » plus facilement, mais pour la libération du firmware des radios et récepteurs ça pris au moins 7 ou 8 ans après la fermeture du service…
@Tof: Oui dans mon souvenir cela avait été une sacrée bataille…
Dans le courriel de Bose que j’ai reçu concernant mon inséparable Soundtouch, ils mentionnent ce qui va continuer de fonctionner et ce qui deviendra inopérant. Ainsi, on apprend qu’on ne pourra plus se servir des 6 boutons de préselection qui ne seront plus programmables ! J’adore cette enceinte mais cette stratégie d’obsolescence programmée est insupportable, compte tenu que le matériel est bien fonctionnel.