Les élèves anglais découvrent enfin leurs BBC micro:bits

Vous vous souvenez des micro:bits ? Ces petites cartes de développement conçues et financées par la BBC à destination des élèves Anglais ? Proposer un million de cartes à ses enfants est un pari sur l’avenir et ce pari pourrait être très positif pour le pays. Les cartes arrivant enfin dans les mains de leurs propriétaires, on découvre d’intéressants premiers projets pilotes.

Les micro:bits, c’est tout l’inverse des PC dans les écoles à la Française. C’est petit, c’est pas cher, c’est open-source, ça s’adresse à toute une tranche d’âge et c’est fait pour se gratter la cervelle. Alors qu’en France, les Régions se battent pour offrir des tablettes Apple ou des PC sous Windows, l’Angleterre va découvrir les joies de l’apprentissage de la programmation.

Minimachines

La carte micro:bits ne ressemble pas vraiment à un ordinateur. Petit bout de PCB surmonté de 25 leds, quelques boutons pour interagir avec son SoC, un module Bluetooth LE et quelques capteurs. Pas le genre de trucs qui permet de jouer à Candy Crush ou de lancer un PowerPoint, à priori. L’idée de la BBC, c’est de donner quelques briques de lego matériel pour faire joujou avec de la programmation. Pour appuyer sur le nerf moteur des enfants partout dans le monde, la curiosité. On appuie, on appuie même en masse en refilant le joujou à 1 million de gosses, et on attend de voir.

Minimachines

Tous les enfants de 11 à 12 ans devraient ainsi pouvoir faire joujou avec une micro:bits en Angleterre. Ce n’est pas un prêt, c’est la leur. C’est la BBC qui régale. Evidemment, les profs ont également reçu la leur, des informations et de la formation autour du projet. But du jeu ? Apprendre à programmer, comprendre l’interaction entre le matériel et le logiciel, découvrir un nouvel univers et laisser germer en eux un futur vers un métier qu’ils pourront inventer.

Minimachines

Les premiers projets sont super intéressants : Certains gamins travaillent seuls, d’autres mutualisent leurs cartes pour des projets en commun. Un micro:bits est déjà parti vers la stratosphère avec un ballon sonde pour mesurer la descente en température, plus de 1000 cartes sont assemblées afin de créer un panneau géant d’information grâce à leurs leds, d’autres équipent des voitures propulsées par des moteurs de fusée afin de mesurer leur poussée et d’établir le meilleur design de véhicule d’un point de vue aérodynamisme.

Minimachines

D’autres, enfin, ont créé un programme qui permet à des enfants autistes d’afficher leur sentiment au travers de petites émoticônes sur les leds de la carte : Triste, heureux ou en colère par exemple.

La carte ne permet pas de se transformer en minuscule ordinateur, elle n’a pas l’équipement pour, les Raspberry Pi et autres n’y verront pas un concurrent. Elle n’a même pas de micro contrôleur comme une Arduino. Non, l’idée est d’interagir et de mesurer son environnement. C’est surtout d’apprendre à construire un pont entre logiciel et matériel et à extraire les données récoltées.

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L’autre point crucial du projet, c’est la destination des cartes. Ce ne sont pas les écoles qui en héritent mais bien les enfants, ce seront leurs cartes et leurs projets qui naîtront au final de ces micro:bits. Et une fois les premiers déclenchements effectués dans leur cervelet, nul doute que certains de ces enfants iront jouer du côté des autres cartes de développement sur le marché. Qu’ils ne regarderont plus un smartphone, une tablette ou une console de la même façon.

Pour tout savoir de la micro:bits et du projet de la BBC, vous pouvez lire ce précédent billet.

 

15 commentaires sur ce sujet.
  • 24 mars 2016 - 11 h 06 min

    Ils sont moins cons (corrompus ?) que nous… Snif…

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  • 24 mars 2016 - 11 h 22 min

    Une sacrée initiative, vivement que l’on importe cette bonne idée.

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  • 24 mars 2016 - 11 h 23 min

    déjà qu’on a pas importé l’idée du Raspberry… mais je soutiendrais à fond toute initiative en France sur ce sujet

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  • 24 mars 2016 - 11 h 28 min

    belle initiative !
    C’est curieux que se soit la BBC qui organise et finance ce projet plutôt que le gouvernement anglais (meme si la BBC est un media publique).

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  • 24 mars 2016 - 11 h 30 min

    Très bonne initiative, c’est bien une carte de type “arduino”, et bien équipée :

    Nordic nRF51822, 16 MHz 32-bit ARM Cortex-M0 256 kB flash,16 kB ram, 2.4 GHz BLE
    Freescale Kinetis KL26Z – 48 MHz ARM Cortex-M0+
    Freescale MMA8652 3-axis accelerometer
    Freescale MAG3110 3-axis magnetometer

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  • 24 mars 2016 - 11 h 32 min

    @OuiDocteurBob: Moins corrompu alors que c’est financé par la BBC…

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  • 24 mars 2016 - 11 h 32 min

    bien sur que c’est une bonne idée, bien sur qu’en france on a du talent pour faire autant, mais malheureusement avec les restrictions budgetaire, c’est impossible. A moins que TF1, bouygues ou bolloré investisse dans se genre de programme.

    En france l’arduino est principalement utilisé a des fins de projet, dans les ecoles surtout en terminal, pourquoi ne pas utilisé des produits 100% français.

    Ce genre de cartes, produits en millions, pourrais couter à peine 10€ par eleves, et en plus ça permet de l’emploi.

    10€ c’est quoi? c’est le prix d’un livre, d’un stylo, de 2/3 cahiers de marques.
    Avoir des tablettes à l’ecole c’est bien, mais

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  • 24 mars 2016 - 11 h 47 min

    @Thera : Et ?

    Je pense que ya plus à toucher, pour un élu, ou haut/moyen fonctionnaire à faire acheter des iPads / Surface, sur deniers publics, que d’autoriser la BBC à offrir ce genre de carte. Non ?

    Enfin, je dis “toucher”, mais ça peut-être embauche pour fifils, vacances, appart, promesse de jetons de présence pour plus tard, etc, etc…

    Il serait temps de remplacer “lobbying” par tentative de corruption.

    Mais, là, on parle plus MiniMachines, je m’arrête.

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  • 24 mars 2016 - 12 h 01 min

    @OuiDocteurBob: y a peut être un peu de corruption mais y a surtout bcp d’ignorance, de bétise et d’archaïsme chez nos élus. Mais généralement on a les élus qu’on mérite !

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  • 24 mars 2016 - 12 h 40 min

    On devrait obliger les citoyens à aller en commission de marchés publics pour faire tomber tous les fantasmes. L’ensemble est strictement réglementé et au moindre dérapage, c’est risque de taule. C’est tellement strict que souvent, c’est l’opposition qui gère la commission des marchés publics car il n’y a vraiment aucun rond à prendre. Pour des achats de tablettes comme dans le lycée de ma ville, c’est les enseignants qui se sont battus pour avoir cet “outil pédagogique” (sic) et au niveau du département, on a pris le mieux-disant par rapport au cahier des charges: prix d’achat, maintenance, reprise après quelques années.

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  • Kba
    24 mars 2016 - 13 h 24 min

    Hello,

    Super intéressant ! ! !
    Vous connaissez des outils, softs permettant d’initier nos tetes blondes aux joies de la programmation ?

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  • Xo7
    24 mars 2016 - 13 h 25 min

    Bravo à la BBC , ici comme ailleurs on forme des consommateurs, des exploiteurs mais très peu de pas producteurs, ils ont osé et ils vont gagner. On est loin du blingbling de la politique pour une efficacité plus grande.

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  • 24 mars 2016 - 14 h 02 min
  • Sly
    24 mars 2016 - 20 h 30 min
  • 25 mars 2016 - 0 h 43 min

    Sincèrement qui peut croire à part le cerveau fêlé d’un politique que distribuer des tablettes aidera les gosses à entrer dans l’ère du numérique ?
    Le but d’une tablette c’est de remplacer un ordinateur qui est déjà numérique.
    Db

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