Raptor Lake est annoncé : la 13e Gen d’Intel en approche

La 13e Gen de processeurs Intel au nom de code « Raptor Lake » sera mise en vente à la fin du mois d’octobre.

Cette première génération de puces Raptor Lake n’est pas a franchement parler une gamme dédiée aux minimachines. Mais elle annonce de bonnes choses pour la suite. Avec des puces gourmandes en énergie, Intel vise ici les utilisateurs les plus exigeants, mais il faut regarder plus loin pour comprendre l’intérêt de ces solutions.

Six processeurs Raptor Lake sont annoncés pour le moment. En réalité ils ne sont que trois, du Core i5 au Core i9, mais Intel les décline avec ou sans circuit graphique. Les prix vont de 294$ à 589$ et les configurations sont assez impressionnantes. On retrouve ainsi des Core i9-13900K(F) avec un mélange de 8  P-Cores (Les coeurs performants) et 16 E-Cores (Les coeurs efficients) pour 32 Threads en parrallèle et des fréquences pouvant atteindre 5.8 GHz. Les mémoires cache ont explosé avec de 20 à 32 Mo de cache L2 et de 24 à 36 Mo de cache L3. 

Une génération de transition entre Alder Lake, l’actuelle 12e Gen et Meteor Lake, la future 14e Gen.

Le premier élément a prendre en compte est un changement d’architecture qui, même si il n’est pas fondamentalement différent du précédent, propose une évolution. Les P-Cores utilisent désormais Raptor Cove au lieu de Golden Cove. Cela n’est pas qu’un nom de plus dans la litanie égrainée comme un mantra par Intel. Techniquement cela annonce des optimisations, une meilleure gestion des processus de fabrication, 200 MHz de mieux pour chaque coeur et 2 Mo de cache L2 désormais.

Le travail des équipes du fondeur a donc été d’optimiser les puces pour les rendre plus efficaces et mieux profiter des éléments déjà introduits avec le passage aux coeurs P et E. Intel annonce ainsi un gain de 15% des performances en mono coeur et jusqu’à 41% en multi coeur. Un gain impressionnant qui s’explique sans doute par une meilleure maitrise dans la production de ses puces gravées en Intel 7 correspondant à une gravure 10 nano. Un travail qui permet une augmentation très sensible des fréquences des P-Cores en mode Turbo. Sur le Core i9 le plus haut de gamme de la génération actuelle on grimpe à 5.2 GHz tandis qu’elle atteint désormais 5.8 GHz ici.

Autre évolution, plus intéressante à mes yeux, l’augmentation des E-Cores sous Raptor Lake. On passe sur le haut de gamme de 8 à 16 de ces coeurs qui sont là pour seconder les P-Cores. L’architecture Gracemont ne bouge pas d’un poil mais les fréquences sont légèrement boostées. Le doublement de ce nombre de coeur permet d’atteindre les 32 Threads traités en parrallèle et de profiter de plus de mémoire cache.

Intel indique également que la solution est moins gourmande à l’usage. Enfin, en quelque sorte. Si on prend un processeur Alder Lake actuel et qu’on le met en face d’un Raptor Lake. Au hasard un i9-12900K face à un i9-13900K, on peut retrouver la même performance pour un quart de sa consommation. Le schéma d’Intel est peu précis mais on retrouve une performance à 241 Watts pour le 12900K qui est atteinte avec seulement 65 Watts pour le 13900K. Cela veut dire que même si la puce est capable de plus de performances, il est possible de ne pas choisir cette voie mais au contraire de dépenser quatre fois moins d’énergie pour des performances similaires à la solution actuelle.

65 watts c’est beaucoup pour un MiniPC mais c’est largement envisageable pour des petites tours en Mini-ITX. Certaines solutions de boitier, dépourvues de ventilation, peuvent encaisser ce type de TDP sans soucis. On pourra donc profiter de performances très élevées avec cette génération de puce dans des formats assez compacts. Cela augure du bon pour la suite.

Le format des processeurs ne change pas et le socket LGA1700 est toujours de mise. Raptor Lake est toujours compatible avec la DDR4-3200 mais peut désormais supporter la DDR5-5600. On retrouve 20 lignes PCIe avec 16 lignes en X5 et 4 lignes en x4. Suivant les chipsets, les cartes mères pourront être retro compatibles avec les processeurs Intel Alder Lake (Z790) ou uniquement avec cette gamme Raptor Lake (Z690). Les circuits graphiques ne changent pas en reprenant les solutions Xe de la marque.

Tout cela augure du bon pour la suite. Cette génération promet déjà des chiffres impressionnants. Fini l’Intel ronronnant qui se contentait d’un changement de puce annuel avec un gain de quelques pouillèmes. La marque annonce 24% de performances supplémentaires en jeu, 34% en « création ». C’est flou mais c’est plus prometteur que du temps où le fondeur n’avait pas de concurrence. 

La bataille avec AMD a remis Intel sur les rails et le pousse a trouver des solutions innovantes. Cela passe par cette 13e Gen et cette amélioration de sa gamme mais cela augure surtout du bon pour la suite. Pour le futur Meteor Lake.

Raptor Lake comme une répétition du futur

Pour bien comprendre ma position par rapport à cette 13e Gen, il faut d’abord comprendre où j’en suis avec l’informatique. Cela fait plusieurs générations que je me dis que changer de processeur ne m’apporterait pas un énorme avantage à l’usage par rapport à la puce que je possède. Je n’investit pas dans un processeur pour être juste plus rapide dans un test de processeur. Je me fiche pas mal de savoir que ma machine es censée être plus rapide si je n’en voit pas l’usage au quotidien. Si mon PC devait tomber en panne ou si je devais acheter un PC je me pencherais sur des solutions modernes évidemment mais en l’espèce mon Core i5 de 9e Gen me suffit encore amplement pour tout faire. Je ne dis pas que cela doit être le cas pour tout le monde, certains utilisateurs ont besoin d’un maximum de performances et c’est rentable pour eux d’investir chaque année. Parce que c’est leur loisir principal. Parce que chaque seconde économisée sur certains calculs, mises bout à bout, valent le coût de cet investissement.

Mais pour la majorité je ne suis pas sûr que le gain de performance d’une Gen à l’autre – et parfois de deux ou trois Gen à l’autre – ne soit si sensible que cela. Un effet de performance est bien ressenti au début avec sa machine… mais ce gain en puissance est très vite aperçu comme la performance normale par l’habitude.

Mon soucis est autre au quotidien, avoir un PC rapide c’est formidable mais si il peut ne pas faire de bruit c’est encore mieux. Si il est compact ou carrément invisible à mes yeux, j’en suis encore plus heureux. Ce que propose cette nouvelle génération est donc intéressant car cela permet de profiter d’une performance équivalente pour moins de consommation. On verra ce que propose Intel dans la suite.

Mais c’est ce qui arrive derrière cette génération qui m’attire le plus… La maitrise des P-Cores et des E-Cores par Intel annonce des choses vraiment intéressantes. La marque va pouvoir créer des puces véritablement sur mesures pour tous les usages. Des solutions très haut de gamme avec d’excellentes performances en additionnant des coeurs dans tous les  sens. Mais également des propositions visant des TDP précis avec un chausse pied pour faire entrer le maximum de coeurs dans des processeurs adaptés à tous les usages. Des tablettes et autres solutions compactes et fanless, des portables, des MiniPC et des tours plus classiques. Des puces adaptées à tous les besoins beaucoup plus facilement.

Il sera intéressant de suivre comment le marché va se saisir de ces opportunités. Si Intel pousse son concept Meteor Lake au maximum il sera possible de venir sonner à la porte du fondeur et de lui demander une puce avec un TDP adapté ou une enveloppe de performance précise. Avec l’arrivée dans le futur d’une nouvelle génération de circuit graphique, le marché va profiter d’une gamme parfaitement originale. Si vous voyez ce qu’a fait AMD pour Valve en créant la puce Aerith qui équipe le Steam Deck, vous aurez une idée du degré d’adaptabilité des fabricants de processeurs dans le futur.

Ce ne sera plus aux constructeurs d’ordinateurs personnels d’adapter les machines aux différentes gammes de processeurs mais bien les processeurs qui viendront se positionner au plus près des besoins des fabricants. Et cela permettra de fabriquer de bien meilleures machines suivant les objectifs de chacun : puissance brute, sobriété énergétique ou un savant mélange des deux.

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Un commentaire.
  • 28 septembre 2022 - 13 h 34 min

    C’est clairement une proposition intéressante.
    Mais je crains qu’il n’y ait quand même toujours un ticket d’entrée conséquent, et ce ne sont (sans doute) pas des petits fabricants qui sont sur des marchés de niche qui vont pouvoir venir frapper à la porte d’Intel ou d’AMD pour demander un processeur sur mesure.
    Mais bon, c’est déjà pas si mal, et si en plus ils arrivaient à faire ça avec une rétro compatibilité pour qu’on puisse utiliser des processeurs futurs sur des machines qui ne sont pas neuves, on irait dans le bon sens !

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