Nvidia DGX Spark : les minimachines spécialisées en IA sortent aujourd’hui

La gamme DGX Spark de Nvidia regroupe un ensemble de nouvelles minimachines super spécialisées dans les calculs d’IA.

C’est aujourd’hui que Nvidia lance la commercialisation officielle de sa minimachine DGX Spark. Un engin hyper compact à la puissance redoutable qui se veut être le réceptacle d’usages d’Intelligence Artificielle locaux.

Construit autour de l’architecture Nvidia Blackwell, la petite machine ne mesure que 15 cm de côté pour 5.05 cm d’épaisseur. À peine plus grand qu’un MiniPC classique et donc très facilement déployable dans tout type d’environnement. Avec une consommation de 240 watts, l’engin annonce une puissance de calcul de 1 PFLOP en FP4.

Le DGX-1 de 2016

Il est utile à ce stade de regarder un peu en arrière et de se souvenir du premier DGX-1 sorti en 2016. A l’époque, l’idée pour Nvidia et de fournir un support de travail pour les IA. Avec 170 TFLOPS en FP16, l’engin était déjà très robuste dans son rôle d’unité spécialisée. Mais l’objectif était alors surtout de proposer le support nécessaire aux ingénieurs et programmeurs désireux de développer autour des calculs d’IA. L’engin coutait alors 129 000 dollars pièce, occupait un rack de serveur entier avec 86 cm de large pour 44 cm de profondeur et 13 cm d’épaisseur, pesait plus de 60 kilos et consommait 3500 watts. Il fonctionnait grâce à 8 puces Tesla V100 de génération Pascal. Des entreprises spécialisées se sont jetées dessus afin d’avoir une sorte de laboratoire d’entrainement pour du Deep Learning. 

Neuf ans plus tard, Nvidia annonce le DGX Spark qui ressemble à une maquette de son prédécesseur. Il faut dire que toute la donne a changé. Tout le monde a entendu parler d’IA ou presque, énormément de gens ont testé ces outils en ligne. Et la plupart des boites se creusent la tête pour ajouter un peu d’IA dans leur communication. La technologie est largement sortie des laboratoires de recherche. Pour Nvidia, il est temps de proposer une architecture moins onéreuse. Passant des budgets seulement accessibles aux grands groupes à des unités que toute entreprise pourrait acquérir.

Le DGX Spark change donc totalement de puissance, de prix, de format et de méthode de vente. Proposé au prix public de 3999$, il s’inscrit dans une dépense possible pour une PME classique. Il ne nécessite pas une alimentation spécifique ni une baie serveur, ne demande pas de local dédié mais se pose sur une baie classique ou même sur un bureau. Pas besoin de faire un emprunt à la banque ou de ralentir d’autres investissements, l’amortissement de l’objet est également beaucoup plus simple.

Architecture NVIDIA Grace Blackwell
GPU Blackwell Architecture
CPU 20 core Arm, 10 Cortex-X925 + 10 Cortex-A725 Arm
CUDA Cores Blackwell Generation
Tensor Cores 5th Generation
RT Cores 4th Generation
Tensor Performance1 1000 AI TOPS
System Memory 128 GB LPDDR5x, unified system memory
Memory Interface 256-bit
Memory Bandwidth 273 GB/s
Storage 1 or 4 TB NVME.M2 with self-encryption
USB 4x USB 4 TypeC (up to 40Gb/s)
Ethernet 1x RJ-45 connector
10 GbE
NIC ConnectX-7 Smart NIC
Wi-Fi WiFi 7
Bluetooth BT 5.3
Audio-output HDMI multichannel audio output
Power Consumption 170W
Display Connectors 1x HDMI 2.1a
NVENC | NVDEC 1x | 1x
OS NVIDIA DGX OS
System Dimensions 150 mm L x 150 mm W x 50.5 mm H
System Weight 1.2 kg

Avec une architecture Blackwell pour 1 Pétaflop en FP4, l’engin se veut être autant un outil de recherche qu’une solution d’exploitation. La marque le présente comme le réceptacle d’une IA personnelle. Il permettra de piloter des LLM puissants en local, sans avoir besoin de recourir à des données partagées par un géant du marché. 

Utile pour construire ses propres bases de données, les entrainer et les exploiter, DGX Spark ouvre la voie à des usages différents de ce que propose le Cloud. Imaginez-vous dans un laboratoire de recherche médicale avec des dossiers sanitaires de patients protégés d’une exploitation dans les nuages par le secret médical. Avec ce type de minimachine, vous pourrez modéliser une LLM de recherche en local. Vous travaillez dans un domaine d’expertise particulier ? Le corpus entier des dossiers passés et des décisions prises peut être implanté dans ces machines et entrainé pour chercher pour vous les éléments les plus semblables au cas que vous rencontrez aujourd’hui. Votre entreprise possède un catalogue de centaines de machines différentes ayant chacune des spécifications et des retours techniques d’interventions dûment archivées ? Ce type d’outil peut aller trouver les meilleures réponses et vous donner les contacts et liens des personnes à interroger en cas de pépin avec un client. Dans tous ces cas, nul besoin de monter vos données en ligne et donc de les partager avec une entité tierce. Tout reste en local.

Évidemment, cela a également ses mauvais côtés. Si vous téléchargez un LLM déjà entrainé sur votre machine et que vous ne le mettez plus à jour, vous retrouvez la différence qu’il y a entre l’Encyclopédia Universalis papier et Wikipedia. Le moindre évènement important sera mis à jour sur Wikipedia tandis que votre encyclopédie restera figée dans le temps. Mais pour de nombreux cas précis, notamment pour des raisons de secret industriel ou professionnel, cette étanchéité est salutaire.

Les DGX Spark annoncent 1 Pétaflop de puissance de calcul en FP4. Pas la fiabilité la plus importante disponible donc. Le gros DGX-1 de 2016 annonçait déjà 1 Petaflop en « précision mixte » ce qui ne veut pas dire grand-chose et 170 TFLPS en FP16. Quoi qu’il en soit c’est suffisant pour des modèles locaux comme DeepSeek, surtout parce que les machines profiteront de 128 Go de mémoire unifiée à la bande passante très rapide. Il ne faudra cependant pas forcément s’attendre à des résultats aussi spectaculaires que des LLM surentrainés en ligne pilotés par des investissements matériels ayant couté des milliards de dollars.

Nvidia indique des exécutions locales de modèles totalisant 200 milliards de paramètres avec la possibilité d’affiner des versions de 70 milliards de paramètres. Sans préciser vraiment le confort apporté par la machine. Le temps de réaction des IA ou la durée des entrainements. 

Le ticket d’entrée a considérablement baissé et la méthode de commercialisation qui change. Si les premiers exemplaires sortis en 2016 et les déclinaisons suivantes étaient des machines exclusivement proposées par Nvidia. Les nouvelles vont être vendues par les mêmes canaux – légèrement élargis – que les cartes graphiques de la marque. Ainsi, Acer, Asus, Gigabyte, MSI ainsi que Dell, HP et Lenovo vont proposer leurs propres versions des Spark.  Ce qui devrait entrainer une baisse des tarifs et un moyen pour les entreprises de profiter de meilleures conditions d’achats auprès des grands groupes.

Plus d’infos chez Nvidia


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13 commentaires sur ce sujet.
  • 15 octobre 2025 - 16 h 09 min

    Le gros souci de cette plateforme c’est la bande passante de la mémoire, qui est le principal critère de rapidité pour l’IA.

    Les Mac Studio sont bien plus rapides, particulièrement dans le haut-de-gamme (même si plus coûteux). On peut, pour le prix de 2 DGX Spark, avoir environ le triple de bande passante et le quadruple de mémoire. Pas anodin.

    Reply
  • PM
    15 octobre 2025 - 16 h 38 min

    C’est le moment de vendre ses actions NVIDIA ?

    Reply
  • 15 octobre 2025 - 19 h 03 min

    Et pour le jeu ca donne quoi ? LOL

    Reply
  • 15 octobre 2025 - 19 h 06 min

    Quelqu’un connait le film « Colossus, the Forbin project » qui a inspiré le monstre d’IA que construit actuellement en secret Elon Musk à Memphis (500.000 puces NVidia) ?

    Reply
  • 15 octobre 2025 - 22 h 01 min

    a voir ce que ça faut face à l’offre d’amd

    Reply
  • 16 octobre 2025 - 0 h 15 min

    @Marc: AMD est hors compet’, avec ça tu prototype des modèles que tu peux scale en datacenter très facilement. C’est un peu comme Qualcomm et Arduino comme l’avait présenté Pierre dans un billet récent. AMD ne tente même pas de rivaliser avec Nvidia sur le segment pro, il n’y a absolument aucune alternative viable pour le moment.

    Néanmoins, petite larme de voir la dgx de 2016, on l’a gardée au bureaux comme trophée, après ses 9 années de loyaux services.

    Reply
  • 16 octobre 2025 - 18 h 16 min

    @Kalystow: Ah ah pauvre petite DGX abandonnée…

    Reply
  • 16 octobre 2025 - 18 h 24 min

    Urgent d’attendre la V2.
    Db

    Reply
  • 17 octobre 2025 - 2 h 05 min

    @Kalystow: je vois pas de quoi tu parle. Coté calcul scientifique, AMD a depuis ces MI3XX largement dépassé NVIDIA (calcul en float64…)

    En face de la DGX Spark il y a depuis 6mois l’IA-MAX avec la même quantité de RAM, la moitiée du prix, a peine 10% de moins sur la bande passante. les perfos en LLM sont plus que correctes, et ils sont utilisable pour du jeux. Si l’on compte que AMD n’a pas utilisé sa dernière architecture ils ont encore de la marge les perfo du RNDA4 sont plus que encourageante. Il est possible de monter 2a3 fois plus de stockage. (1-4To vs 3x8To pour le framework desktop)
    Quand au CPU sur ces 2 machines… bonne chance aux coeurs ARM de NVIDIA face au 16Coeurs zen5. Surtout que si je comprend bien la photo, les CPU et GPU sont dans 2 packages différant, il faudra voir ce que ça a comme conséquence sur l’accé mémoire.
    Et il y a encore le XDNA2.

    Reply
  • 17 octobre 2025 - 17 h 54 min

    @Clément: Moi je lis :

    – Apple 153GB/s
    – Nvidia 273 GB/s

    Donc je ne comprends pas ta remarque ?

    Reply
  • 17 octobre 2025 - 17 h 56 min

    @Ekimia:

    Ha effectivement j’ai mis les chiffres du M5 , le M3 ultra 800GB/s

    Reply
  • 17 octobre 2025 - 21 h 41 min

    un MAC studio M3 ultra avec 512Go de RAM, 16To de SSD c’est 17424€ soit plus que le pris de 4 DGX
    Si le « ConnectX-7 Smart NIC » marche ça risque d’etre bien plus rapide.
    C’est aussi le prix de 7/8 IA-MAX, en mode cluster c’est lui qui peut-etre le plus rapide a servir un nombre important de client.

    Il y a qq premier bench la: https://lmsys.org/blog/2025-10-13-nvidia-dgx-spark/#results
    les resultat sont mitigé, par exemple les resultat avec l’oss-120 sont tres mauvais, d’autre sont bien meilleur.
    Par contre Docker c’est pas fait pour la prod, ils auraient quand même pu mettre podman.

    Reply
  • 24 juin 2026 - 12 h 45 min

    […] avec la puissance des LLM actuels, du moins tant qu’un engin comme le AMD Ryzen Halo ou le Nvidia NGX Spark demanderont respectivement 120 et 170 watts pour fonctionner. Outre le fait que développer cette […]

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