Vélos illégaux : comment lutter contre leur succès ?

On estime à plus de 50 000 les vélos illégaux en France, une vague qui n’a pas été endiguée et qui sera très difficile à écoper.

Les vélos illégaux ont envahi la ville. Il y a maintenant 7 ans, je tirais la sonnette d’alarme de l’arrivée en masse de véhicules hors la loi sur nos routes. Cela démarrait au MedPi 2019 où je rencontrais des professionnels présentant leurs draisiennes électriques à d’autres professionnels qui voulaient les acheter. Cet engouement naissant pour les deux roues était lié au succès déjà important des trottinettes électriques.

Je vous ai déjà parlé de tout cela, aussi je ne reviendrai pas trop en arrière, mais très brièvement j’ai tenté au fil des ans d’alerter sur le danger de ces engins particuliers : trottinettes, draisiennes et autres vélos électriques. Des vélos illégaux, souvent appelés « Fatbikes » par facilité, mais qui concernent plus de variété que ces modèles spécifiques à grosses roues. J’ai fait ce que j’ai pu, j’ai contacté des marques, j’en ai aidé d’autres, j’ai renseigné des distributeurs, j’ai même dialogué avec des membres des forces de l’ordre qui cherchaient à comprendre. J’ai apostrophé des journalistes et des rédactions, j’ai même provoqué certains revendeurs… Pour rien.

Alors j’ai fini par laisser tomber.

Et, sans surprise, nous sommes arrivés à la situation actuelle. Biclou, le magazine vélo du Parisien, vient de publier la vidéo ci-dessus sur le problème des vélos illégaux en France. Expliquant qu’il en existerait plus de 50 000 en circulation. Une masse énorme, portée par des utilisateurs déboursant des sommes conséquentes, des influenceurs sans trop de scrupules et des revendeurs qui se foutent bien de la loi tant que l’argent rentre dans les caisses.

50 000 vélos achetés parfois de bonne foi par des clients qui ne voient pas le souci. Clients qui ne comprennent pas ce qui leur arrive lors d’un très coûteux contrôle de police. Quand on leur explique qu’il va leur falloir payer plus de 1000€ d’amende. Parce que leur vélo n’est finalement pas un vélo. Qu’il s’agit d’un cyclomoteur d’après notre code de la route. Que les « zones grises » cela n’existe pas en droit. Et qu’il doit en conséquence être piloté comme un 50 cm3, c’est-à avec un casque et des gants adaptés, une plaque d’immatriculation, une assurance et toutes les joyeusetés légales obligatoires pour ce type de véhicule. Qu’il ne doit pas non plus être conduit sur les pistes cyclables et, bien entendu, qu’il doit être conforme et réceptionné par les organismes de certification d’État. 

Évidemment, une fois l’amende acquittée, la « bonne affaire » du Fatbike électrique débridé n’est plus la même. Dans le reportage de Biclou, un anonyme explique d’ailleurs avoir compris le problème et laissé tomber son engin survolté pour revenir à un vélo plus classique. 

Les vélos illégaux dans le viseur de la police

Les vélos illégaux dans le viseur de la police

Tenter de résoudre le problème à la source plutôt que de sévir dans la rue

J’ai trois idées pour tenter de résoudre le problème. Parce que si rien n’est fait, ce chiffre de 50 000 vélos illégaux va aller en grandissant et il y aura des drames en tous genres. Outre les problèmes d’assurance, les amendes et les mises en fourrière de ces engins, le nombre de cas où ces engins vont causer des accidents graves qui ne pourront pas être solutionnés par une assurance va exploser. Sans assurance, le propriétaire d’un de ces engins ne pourra pas faire face au coût d’un accident sur une autre personne. Non seulement le risque de fuite sera important, mais même si le propriétaire d’un de ces vélos reste sur place et assume le problème, il y a peu de chances qu’il puisse vraiment y faire face. Un fonds d’indemnisation prendra le relais et viendra lui demander des comptes. Mais à moyen et long terme, ce fond exigera toujours plus de financement et devra être renfloué par les assureurs classiques sur les primes versées par tous les assurés.

LOL

1 : Sévir chez les vendeurs de vélos illégaux

Aujourd’hui, la seule méthode de lutte contre les vélos illégaux, en France, semble être de verbaliser dans la rue. Il n’est pourtant pas difficile de trouver les vendeurs de ces vélos. C’est assez étonnant de voir que, dans la même ville, probablement le même quartier, un vendeur de ce type de Fatbike qui n’a pas le droit de rouler sur la voie publique ne soit pas inquiété des produits qu’il vend. Pendant que, de l’autre côté de sa vitrine, le vélo qu’il a commercialisé est bloqué par les forces de l’ordre. Comme s’il était impossible de passer de l’autre côté de la vitre pour aller régler le problème à la source. 

Pourtant la logique voudrait qu’en appliquant la loi chez les fournisseurs de ces engins, on empêche d’un seul coup des centaines d’infractions potentielles. J’ai bien ma petite idée de ce qui explique ce problème : en France, nous avons désormais beaucoup de policiers dans la rue, mais très peu pour contrôler les vendeurs.

Il suffit de pousser la porte d’un revendeur ou de cliquer sur un moteur de recherche pour mieux faire respecter la loi. Les journalistes de Biclou n’ont pas eu de mal à constater le problème en caméra cachée. Des vendeurs qui incitent sciemment les utilisateurs à tricher. Qui donnent même des conseils pour ne pas se faire attraper par des contrôles.

Une présentation qui joue sur les mots pour faire croire à un usage légal de l'appareil

Une présentation qui joue sur les mots pour faire croire à un usage légal de l’appareil

Un attelage de policiers en civil et/ou de personnes habilitées à ce type de visite chez les marchands n’aurait pas grande difficulté à constater la proposition de ce genre de vélos illégaux avant même qu’ils ne soient vendus. La saisie des matériels et une amende salée en plus du risque de prison devraient rapidement régler le problème. Une demande de facture pour chaque verbalisation afin de connaitre le vendeur du véhicule illégal, serait également une bonne idée.

"Idéal pour vos trajets urbains"

« Idéal pour vos trajets urbains »

Une simple recherche chez Décathlon montre l’étendue du problème : la marque propose sur sa place de marché des modèles absolument interdits sur la voie publique et se cache derrière une mention précisant l’obligation de rouler sur « une voie privée » pour se dédouaner de toute responsabilité.

Mais 40 Km/h "sur voie privée"

Mais 40 Km/h « sur voie privée »

Ce double discours est typique des vendeurs aujourd’hui. Ils font semblant de ne pas comprendre le sens de la loi qui est pourtant très claire. Si le véhicule peut être débridé pour parvenir à aller au-dessus des 25 Km/h, alors il est illégal sur voie publique. Même s’il reste à bridé à 25 Km/h toute sa vie. 

D’autres vendeurs ont décidé de pratiquer un double discours en « oubliant » les éléments problématiques sur leurs fiches techniques. La vitesse trop élevée, les moteurs trop puissants, le fait de pouvoir rouler sans pédaler du tout… tout ce qui pourrait poser problème aux yeux de la loi est passé sous silence. Sans évidemment que cela ne trompe personne. Un petit tour sur la fiche technique réelle du fabricant qui exporte le vélo dans le monde entier révèle rapidement le pot aux roses. Évidemment, le vendeur a un devoir de conseil, mais combien de cyclistes se faisant verbaliser vont se retourner contre le magasin qui leur a vendu l’appareil ?

Le code de la route n’est pas « flou » du tout. Le fait de rouler sur un véhicule ne proposant pas, par construction, une limitation à 25 Km/h, lui interdit la circulation sur la voie publique. Si ce véhicule peut simplement passer à plus de 25 Km/h d’une manière ou d’une autre, il est également interdit sur les routes, sentiers et chemins en France1. Il n’est tout simplement pas homologué route. Decathlon le sait, la marque le sait, les influenceurs le savent, tout le monde le sait. Des centaines d’offres de vélos illégaux pullulent en ligne sans que cela n’émeuve personne.

2 : Améliorer la formation des forces de l’ordre et lancer des campagnes d’information nationales

Faire redescendre l’information sur ces vélos illégaux auprès de nos concitoyens ne serait pas du luxe. En demandant, par exemple, aux assureurs de communiquer auprès de leurs clients. Tout en précisant ce qu’ils risquent à rouler avec un engin non assuré et le type de véhicules réellement couverts par leur assurance habitation. En proposant des spots de publicité en ligne pour des recherches sur certains mots-clés ou autres campagnes du genre.

Les policiers dans la vidéo de Biclou semblent au point pour leurs contrôles. Ils sont même équipés d’un appareil pour constater la vitesse des véhicules. Mais malheureusement ce n’est pas le cas partout. Cela fait des années que différents engins électriques sont présents sur le territoire et certains membres des forces de l’ordre ne semblent avoir aucune idée des règles qui les entourent. Skateboard, monoroues, draisiennes, trottinettes et autres vélos électriques sont précisément encadrés désormais. Certains ne comprennent pourtant toujours pas comment appliquer la loi. Le matraquage actuel sur les FatBike pose même problème. Certains de ces vélos, pourtant parfaitement légaux, sont mis à l’index alors que d’autres, au design de VTT plus classique, ne sont pas inquiétés alors qu’ils sont en infraction.

Trottinette 2000 Watts

Trottinette 2000 Watts

3 : Changer la réglementation pour les vélos à assistance électrique

Les trottinettes électriques ne sont pas bridées en puissance, il est légal d’avoir un moteur 1500 ou 2000 watts sur ces engins du moment que celui-ci ne dépasse pas les 25 Km/h par construction. Ce qui offre à ces modèles des capacités très impressionnantes à l’usage. On peut monter des côtes, démarrer rapidement, se balader avec un beau bagage sur le dos. Pour développer cette puissance, il suffit d’activer une poignée de « gaz ».

Limité à 250 watts

Vélo cargo limité à 250 watts

En face, les vélos à assistance électrique sont toujours limités à 250 watts de moteur en assistance uniquement. Même s’il s’agit d’un vélo cargo qui transporte du matériel ou des enfants. Les constructeurs ont certes proposé des solutions moteur de plus en plus élaborées avec un couple qui a largement évolué, mais cette limitation à 250 watts est un vrai problème.

C‘est cette législation qui pousse de nombreux acheteurs à se tourner vers des vélos illégaux. Beaucoup d’internautes l’indiquent clairement. Le vélo électrique classique, ils ont testé. Et ce n’est pas adapté à leur usage. Non pas qu’ils cherchent à dépasser les 25 Km/h ou à remonter leur rue en roue arrière. Le problème, c’est que leur trajet quotidien passe par une côte assez pentue et que le moteur embarqué ne suit tout simplement pas. Comment dépasser cela ? Il suffit de basculer sur un vélo illégal qui va proposer 750, 1000 ou 1500 watts de puissance et l’obstacle n’est plus qu’un lointain souvenir. Petit détail, ces vélos à grosse puissance de moteur sont quasiment tous pensés pour fonctionner à des vitesses largement supérieures au 25 Km/h autorisés. Et la nature humaine étant ce qu’elle est, avoir la possibilité de passer de 25 Km/h à 30, 40 ou 50 Km/h, est trop forte pour que les clients s’en privent. Les options pour ne pas avoir à faire autre chose que semblant de pédaler, voire de réactiver une poignée de gaz, sont à la portée d’un clic d’application. C’est trop tentant pour résister.

Ces clients, s’ils pouvaient se procurer des vélos légalement avec un moteur plus puissant, proposant juste plus de couple, seraient sans aucun doute moins tentés par l’offre illégale. Ils ne pourraient toujours pas dépasser les 25 K/h mais auraient moins de difficultés dans leurs trajets, surtout les propriétaires de vélos cargo.

Ce que je constate aujourd’hui, 7 ans après avoir tiré la sonnette d’alarme, c’est que des dizaines de milliers de vélos illégaux circulent sur nos routes. Aucune mesure prise pour taper sur les utilisateurs n’a eu d’effet. Il y a également un bon paquet de trottinettes électriques qui filent bien au-delà des limites légales, parfois conduites par de très jeunes enfants et même des parents qui accompagnent leur bambin vers l’école. Sans même se douter du danger qu’ils font courir à leur progéniture. Certains importateurs de draisiennes électriques ont normalisé un seul de leurs modèles pour la route mais continuent de vendre un catalogue complet de modèles parfaitement illégaux sur la voie publique. En indiquant pourtant que leurs véhicules sont parfaits pour la « jungle urbaine ».

La vague des vélos illégaux n’est pas prête de s’arrêter et au niveau politique personne ne semble vouloir régler le problème à sa source.

 

Est-ce que cet engin électrique a le droit de rouler sur la voie publique ?

Notes :

  1. Beaucoup semblent croire que les sentiers et autres chemins communaux ne sont pas la voie publique. Si le public y a accès, c’est par définition une voie publique.

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67 commentaires sur ce sujet.
  • 17 juin 2026 - 12 h 26 min

    Moi je remarque une chose, certes il à une limitation à 25km/H sur voie publique, au delà nous rentrons dans l’illégalité. C’est la même chose pour les voitures. 50km/h en ville, mais si on veut on peut rouler à 100km/h vu que l’engin le permet.

    Le problème ici n’est pas la vente de l’engin en lui même. D’ailleurs le blog est partenaire de GEEKBUYING, et le premier vélo sur le site c’est un ZONVEER qui monte a 55km/h.

    Donc taper sur les vendeurs n’est pas la bonne stratégie, sinon chaque constructeur et vendeur auto devraient brider tous les véhicules parce que la lois dit 130km/h max en France, ca n’as pas de sens.

    Reply
  • 17 juin 2026 - 12 h 41 min

    @Bruce:
    Quand j’avais passé le permis moto il y a plus de 30 ans, le moniteur expliquait déjà les catégories de cycles ainsi (et avec un sourire en coin pour la première): « Il y a les cycles à pédales, les cycles à moteur et les motocycles ».

    Comme tu as passé le A, tu ne peux l’ignorer et actuellement absolument rien n’empêche d’homologuer un cycle à moteur électrique (qui pourrait d’ailleurs avoir des pédales, une mobylette en avait) ne tentant pas de se faire passer pour un vélo.

    Certes, le vélo n’impose pas une assurance responsabilité civile dédiée mais je pense que si, vu leur coût combiné la fréquence de leurs vols (+ pas d’immatriculation/VIN etc donc recel facile), tu veux en assurer un pour le vol tu vas déchanter aussi.

    Au delà de ce pb d’assurance, se balader sur des chinoiseries sans homologation à des vitesses largement supérieures à 25km/h (et idéalement à poil) on est un peu pilote d’essai et la casse d’un cadre ou autre peut avoir des conséquences peu agréables à subir. Quand je vois que j’ai réussi il y a 5 ans à casser le cadre d’un VTT (tige entre moyeu pédalier et dérailleur, un peu au delà de la soudure au moyeu) sur mon seul effort en danseuse en montée, j’étais content que ce ne fut pas sur un choc dans une descente rapide.

    Autant je suis d’accord pour dire qu’on est parfois trop emmerdants sur ces sujets en France (allez voir aux USA ce qui roule comme véhicules modifiés et sans y poser de pb particulier), mais c’est pas une raison pour tout laisser filer à veau l’eau non plus.

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  • 17 juin 2026 - 12 h 49 min

    @Thib: Ok, pas de souci alors mais dans ce cas là on impose les mêmes règles que les voitures ? Assurance obligatoire pour tous les EDPM, plaque d’immatriculation et réception aux mines avec carte grise ? Comme ça, on a la même assurance que les voitures pour tous les engins ?

    C’est bien de voir les différences entre les deux catégories, mais il faut les contextualiser par rapport à la permissivité accordée aux 2 roues comme les VAE et autres trot.

    Pouvoir acheter un VAE qui est obligatoirement assuré avec son habitation et pouvoir le conduire sans casque ni gants homogué, le faire circuler sur les pistes cyclables et sans plaque est une chance. Et cela n’est possible qu’en limitant les possibilités de puissance. Au contraire des voitures qui offrent plus de possibilités aux constructeurs mais également des moyens de contrôle beaucoup plus lourds. C’est d’ailleurs pour cela que les speed bikes ont besoin d’une homologation, d’une plaque et d’une forme de permis…

    « Le problème ici n’est pas la vente de l’engin en lui même. D’ailleurs le blog est partenaire de GEEKBUYING, et le premier vélo sur le site c’est un ZONVEER qui monte a 55km/h. »

    Oui, Geekbuying, cela ne t’aura pas échappé, est un site qui vend ses produits sur l’ensemble de la planète. Et dans certains pays, la législation n’impose pas de vitesse limite. Ce n’est pas parce qu’un pays a une législation spécifique que tous les autres pays vont suivre la même législation. Ni que le vendeur va s’accorder à la plus restrictive de toutes. Par ailleurs tu ne verras jamais de promotion pour des modèles illégaux sur voie publique sur Minimachines. C’est la différence entre un magasin en ligne international dont le siège est situé hors UE et un magazin de quartier qui fait la promo du débridage d’engins illégaux par construction.

    « Taper sur les vendeurs » ce n’est pas le choix recherché. En fait, en société, on appelle cela juste « respecter la loi ». Parce que sinon, tu ouvres la porte à pas mal de dérives. Vente de contrefaçons, refus de SAV, vente d’alcool ou de cigarettes aux mineurs, vente de drogue, vente d’armes. « Ok, c’est illégal, mais la solution ce n’est pas de Taper sur les vendeurs » ? Respecter la loi ce n’est pas optionnel pour un pro, c’est la base. Et si on trouve qu’il faut changer la loi, le plus simple c’est de militer, dans une association par exemple. Mais ce n’est pas en dédouanant des pros de leur obligation de conseil que tu vas améliorer les choses.

    Oublier la différence de traitement entre les voitures (permis, assurance, plaque, contrôle technique) et les VAE c’est ne voir que le côté vide du verre et oublier tous les avantages du format.

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  • 17 juin 2026 - 12 h 52 min

    @yann: Je ne comprenais pas pourquoi les USA avaient tant de véhicules modifiés sur les routes. Et puis j’ai compris que dans la majorité des états, l’amende est dérisoire.
    En France, tu te balades avec une ancienne ambulance qui n’a plus les rails arrière pour le brancard, des sièges et des ceintures en rab, tu n’as pas ton contrôle technique. Aux USA, tu as une voiture montée sur pistons qui gigote toute seule pour danser dans la rue, ben tu payes 5$ d’amende. :D

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  • 17 juin 2026 - 14 h 00 min

    Il y a et il y aura toujours des vendeurs de kits, de système de débridage, d’engins de toute sorte ultra performants et non homologué sur route ouverte

    Tout simplement parce que aucun vendeur n’est censé dire autre chose que attention, si débridé, vous n’avez pas le droit sur la voie publique.

    Une carte grise et un équipement casque gants obligatoire, c’est peanuts par rapport au budget de ces « monstres » pour avoir le droit de les utiliser. Les clients veulent pas …

    (Regardez pas le site Akrapowitz, ou Bidallo et Minarelli pour les plus anciens)

    Pierre, c’est parfaitement légal de vendre ce genre prestations !
    C’est le client le fautif dès qu’il met en route, et c’est bien normal !

    ;)

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  • 17 juin 2026 - 14 h 09 min

    @Pierre Lecourt: Bah pour l’histoire du passage au mine c’est bien l’homologation ? Donc cela existe déjà. Si le soucis c’est que cela coute 50 000€ pour vendre 1000 cyclo par an sur le territoire, je pense que l’on a un soucis avec le processus d’homologation.

    Les vendeurs doivent clairement faire leur taf. Après, pour avoir connu les vendeurs de cyclo qui proposaient de débrider d’origine les mob/scooter/etc… clairement c’est pas nouveau qu’ils fassent n’imp et les pouvoir public n’on pas vraiment pris le problème à bras le corps en 30ans. Donc celui de la version électrique… Des cas de loi qui interdisent d’utiliser mais pas de vendre, il y en à la pelle.

    Pour les utilisateurs qui n’ont pas « conscience » du problème de laisser ce genre d’engin à des enfants ou de monter à plusieurs dessus. L’enfant ne peux pas se payer l’EDPM seul, donc c’est au parent de jouer leur rôle d’éducation et de fournisseur de moyen/solutions. Au niveau des adultes, je pense que cela reste un choix (de facilité surement) mais un choix quand même. Tout le monde sais qu’une chute à vélo (même musculaire) a partir de 20km, tu peux te faire très mal. Si tu ne le sais pas, je met en doute les capacités de la personne à réussir a faire du vélo. De la même manière tu te fait plus mal en chutant en courant qu’en marchant.
    A la seconde ou tu prends un truc qui va plus vite c’est un choix. Ils peuvent se penser plus fort que les autres et ne pas prévoir de tomber mais la réalité se rappellera vite à eux en cas d’accident.
    Bref, je suis pas un grand fan de l’infantilisation des utilisateurs en mode : « Ils ne pouvaient pas deviner qu’une trot/roue/skate/etc c’est dangereux lancé à 60km/h »

    Pour moi la solution homologation adapté au volume + assurance obligatoire en fonction de la vitesse de pointe atteignable (sur du plat hein) de l’engin me semble la solution la plus logique. Comme tu le dit, les lois/règles existent déjà. BSR (ou équivalent actuel) 50km/h max puis permis pour plus.

    Après, je pense que l’on est tous d’accord pour dire qu’il y a un soucis.

    Reply
  • 17 juin 2026 - 14 h 21 min

    @Oud_s: Non, ce n’est pas légal de faire ce que font les vendeurs dans les deux cas présentés dans le billet :

    Dire « véhicule prévu pour la circulation urbaine » alors que le véhicule n’est pas bridé par construction à 25 Km/h

    Dire au client « quand les flics sont là alors passez en mode 1 pour ne pas vous faire attraper » et inciter a utiliser en ville un véhicule qui n’est pas bridé par construction à 25 Km/h.

    La loi est très claire, les véhicules doivent être bridés par construction à 25 Km/h et ne doivent pas être débridables. C’est donc très clairement illégal.

    La sécurité routière dit explicitement : « Si vous roulez avec un engin dont la vitesse maximale par construction est supérieure à 25 km/h : 1 500 euros d’amende (5e classe). »

    Cela veut dire que même si vous ne faites que 1 mètre avec un engin roulant alors à 15 Km/h mais qui peut aller jusqu’à 26 Km/h une fois débridé et cela même si cela n’est pas présentement le cas lors de votre contrôle, vous allez payer l’amende de 1500€.

    https://www.securite-routiere.gouv.fr/reglementation-liee-aux-modes-de-deplacements/reglementation-des-edpm

    Reply
  • 17 juin 2026 - 14 h 29 min

    @SirGallahad: Homologation au volume, pourquoi pas. C’est une bonne piste. Même si je doute que le soucis soit la gourmandise des centres qui doivent simplement gérer les essais. Par contre la durée d’homologation semble assez compliquée a gérer.

    Edit : Après, est-ce que c’est pas un moyen également de lutter contre le foutoir global que de ne rendre rentable qu’un certain volume ? La marque qui ne rpévoit que de vendre 1000 VAE va t-elle vraiment assurer le SAV et la production de pièces détachées ? Sera t-elle là dans 6, 12 ou 18 mois ? Si le volume minimum pour la rentabilité d’un VAE est nécessairement plus élevé pour que ce soit rentable et que le passage de l’homologation soit viable, c’est également une bonne façon de lutter contre des gens qui vont juste faire une promo et disparaitre dans la nature. Il y a des trucs à réfléchir.

    Quant à la prise en compte par les pouvoirs publics… N’en parlons pas. Quand les marques de location de trottinettes électriques sont apparues en France et ont lâché des milliers de véhicules dans les rues, aucune n’avait le droit d’y rouler. Il aurait été possible de les mettre toutes en fourrière et de demander 1500€ d’amende par engin, ça aurait vite calmé le jeu. A la place, « on » a préféré laisser faire en mode « startup nation » au grand dam des piétons et autres utilisateurs de la voie publique.

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  • 17 juin 2026 - 16 h 26 min

    Moi j’ai un peu l’impression qu’il manque un ou plusieurs intermédiaires dans les mobilités. Je fais 3okm par jours en vélo musculaire pour le taf. J’habite en périphérie d’une assez grosse agglo, et pour rejoindre la métropole, en dehors des 4-voies, il n’y a pas grand chose. Mais la métropole a beaucoup investi sur les pistes cyclables et des solutions pour le vélo existent (ce qui est super !). Donc pour faire péri-urbain à péri-urbain sur plus de 10km, c’est soit 20min de voiture, soit 2x le temps de vélo, soit un gros détour sur un scooter électrique, soit plus d’une heure de transport en commun pour rejoindre le centre de l’agglo avec un réseau centralisé. Les gens vont donc massivement vers la voiture et ça se comprend. Une catégorie intermédiaire, comme un VELI, ou un autre véhicule très léger mais restant à moins de 50 km/h, mais pouvant malgré-tout emprunter des voies vertes, pourrait contourner le problème du tout 4-voies. Ou alors permettre l’accès à certains tronçons cyclables. Bref, penser réellement les mobilités quotidiennes pour se passer de la voiture.

    Reply
  • 17 juin 2026 - 16 h 31 min

    @Antoine: Oui les infrastructures ne sont pas cohérentes et n’incitent pas a utiliser les vélo d’une ville à l’autre.

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  • 17 juin 2026 - 17 h 46 min

    @Thib:
    Mouais. L’objet voiture peut très certainement dépasser la vitesse autorisée selon la voie où l’on se trouve. Mais il s’agit d’une action consciente du conducteur qui sait qu’il se place en position d’infraction. Il faudrait arrêter de dire que c’est la faute au platane…
    Le problème de ces engins qui pullulent comme le dit Pierre c’est bien qu’ils sont par nature en infraction avec la réglementation routière notamment. Et d’entretenir un flou sur cette nature. Les commerçants sont bien coupables de vendre un bien dont l’utilisation est interdite. Puisque tu sembles aimer les métaphores, le dealer n’est qu’un commerçant comme un autre. Pas de sa faute si l’abominable ETAT lui met des bâtons dans les roues d’honnête et somme toute sympathique entrepreneur…

    Reply
  • 17 juin 2026 - 18 h 35 min

    Rien ne sera fait car cela entraîne de nouvelles recettes pour l’état. Et aussi parce que rien n’a jamais été fait pour les voitures non plus, qui peuvent allègrement dépasser les 130kmh autorisés en france, bizarrement aucun constructeur automobile n’a jamais été inquiété.

    Il faut rendre l’assurance obligatoire pour tous les types de véhicules motorisés qui empruntent la route, point. C’est le seul moyen de s’en sortir sans avoir à verifier la vitesse, l’homologation, le débridage, l’accélération, le couple, etc.

    Reply
  • Xo7
    17 juin 2026 - 19 h 09 min

    Il y’a 10 minutes, 2 enfants 10 et 6ans, sur un vélo électrique sans assistance, le petit sur le porte bagage les deux sans protection au milieu de la route …que dire …ils l’ont pas acheté à la boulangerie…
    Pour répondre a ISMAEL c’est déjà le cas responsabilité civile pour les vélos et les piétons et assurance routière pour les autres.

    Le pseudo flou est entretenu par les journalistes méconnaissant et les vendeurs malhonnêtes (la petite mention « exclusivement sur voie privée » à très vite disparue).

    Sur Paris c’est une horreur et aucune verbalisation tout les livreurs en s’ont équipés … les équipements de la poste sont aussi sans assistance (ou si peu) et tout ce petit monde sur les trottoirs

    Reply
  • Xo7
    17 juin 2026 - 19 h 10 min

    @SirGallahad: poignet cassé à 4km/h je connais

    Reply
  • Xo7
    17 juin 2026 - 19 h 11 min
  • 17 juin 2026 - 20 h 46 min

    Pourquoi cette obsession pour les VAE qui ne respectent pas les normes?

    Ce n’est pas ça le problème. Je n’ai pas de VAE, de ce qu’on appelle encore abusivement une trottinette, ou de monocycle. Je n’ai pas non plus de SUV électrique.

    Je suis un pièton 90% du temps et le reste du temps un cycliste qui pédale sans assistance sur une machine qui pèse 12 kilos.

    Je vois des trottinettes boostées tout le temps et des « fatbikes » de plus en plus. Ce qui me gène ce n’est pas qu’un véhicule électrique VAE ou draisienne soit capable de laisser sur place une bagnole au démarrage et atteigne 70/75 km/h de vitesse de pointe. Sur des axes où les SUV de 2 tonnes, les poids lourds et les bus ne respectent pas les limitations de vitesse, avoir un gros couple au démarrage et être capable de distancer les mastodontes est plutôt sécurisant. C’est donc ailleurs que se situe le problème, dans certains comportements dangereux dans des zones où ce sont les piétons, les animaux, et les cyclistes qui utilisent leurs muscles qui sont les potentielles victimes des usagers qui ne respectent pas le code de la route.

    Parce qu’ils peuvent se le permettrent. Les zones 30? Les zone 20? C’est pour les lâches. Frôler un piéton à 20 ou 30 et plus km/h? C’est rigolo. Et tant pis si le piéton en question qui est dans une zone réglementée et donc normalement sécurisante porte un casque audio et n’entend pas la machine arriver.

    De toute façon les moteurs électriques des engins électriquement motorisés font peu de bruit et surprennent le plus souvent quand ils arrivent pas l’arrière.

    Le problème est aussi que ces machines, à part les SUV prennent les pistes cyclables alors que les trottinettes ne sont pas des vélos.

    Mais de toute façon les scooters et motos à moteurs atmosphériques le font déjà depuis longtemps sans être inquiétés. Et le stationnement sur les pistes cyclables est un grand classique et une source récurrente de conflits.

    Le problème n’est pas la puissance de ces machines, débridées ou pas – 25km/h c’est déjà une vitesse de pointe que peu de cyclistes qui ont des machines à propulsion musculaires peuvent maintenir sur tout un trajet alors qu’avec un VAE même en côte ce n’est pas un problème.

    Un choc entre un piéton et un VAE non débrydé à 25km/h est un désastre pour le piéton adulte, imaginez pour un enfant.

    Le problème c’est qu’on ne se pose pas la question du pourquoi du VAE à la base. Le VAE reste un transport individuel avec tous les travers liés à l’individualisme qui va avec dont les incivilités, qui ne sont pas que commises par des jeunes qui s’amusent. Il y a un paquet de mamans en VAE cargo près de chez moi qui déboulent à plus de 20 km/h avec trois gamins derrière sans se poser la question de comment elle va s’arrêter dans une rue qui fait à peine deux mètres de large si un piéton un peu dans la lune fait un écart.

    Quand aux SUV électrique en forme de parpaing ils passent à 50 dans une zone limitée à 20 à moins d’un mètre de ma porte d’entrée sans se poser la moindre question.

    Le problème c’est qu’il n’y a pas d’aménagement pour obliger les gens à ralentir dans certaines zones et qu’on compte sur leur bon vouloir.

    Le problème c’est que les bagnoles électriques ou pas sont considérées encore aujourd’hui comme des totems de puissance au mépris des autres usagers, cyclistes et piétons. Le problème est que les véhicules VAE, draisiennes et trottinettes sont vendus avec un imaginaires de puissance, d’agressivité et de virilité découlant directement de l’imaginaire de la sacro sainte bagnole.

    Le problème aussi est que les flics ne font pas leur boulot, le seul qu’ils devraient faire plutôt que de passer leur temps à faire du contrôle au faciès, faire en sorte de pacifier par l’application de la loi l’espace public partagé.

    Si ça ne tenait qu’à moi on interdirait les machines à propulsions électrique qui ne sont qu’un marché basé sur le green washing et ne résoud pas le problème de fond qui est: comment partager l’espace public sans que ce soit dangereux toujours pour les mêmes. Donc retour aux déplacement par la puissance musculaire pour toustes. Et surtout il faut travailler pour que les transports en commun remplacent efficacement les véhicules individuels partout où c’est pertinent.

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  • 17 juin 2026 - 20 h 49 min

    @Ismael: pas sûr que les recettes couvrent la sécurité sociale, et effectivement les assurances se feront un plaisir de remplacer une prévention efficace (interdiction à l’importation, contrôles douaniers, verbalisations des importateurs)

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