Vélos illégaux : comment lutter contre leur succès ?

On estime à plus de 50 000 les vélos illégaux en France, une vague qui n’a pas été endiguée et qui sera très difficile à écoper.

Les vélos illégaux ont envahi la ville. Il y a maintenant 7 ans, je tirais la sonnette d’alarme de l’arrivée en masse de véhicules hors la loi sur nos routes. Cela démarrait au MedPi 2019 où je rencontrais des professionnels présentant leurs draisiennes électriques à d’autres professionnels qui voulaient les acheter. Cet engouement naissant pour les deux roues était lié au succès déjà important des trottinettes électriques.

Je vous ai déjà parlé de tout cela, aussi je ne reviendrai pas trop en arrière, mais très brièvement j’ai tenté au fil des ans d’alerter sur le danger de ces engins particuliers : trottinettes, draisiennes et autres vélos électriques. Des vélos illégaux, souvent appelés « Fatbikes » par facilité, mais qui concernent plus de variété que ces modèles spécifiques à grosses roues. J’ai fait ce que j’ai pu, j’ai contacté des marques, j’en ai aidé d’autres, j’ai renseigné des distributeurs, j’ai même dialogué avec des membres des forces de l’ordre qui cherchaient à comprendre. J’ai apostrophé des journalistes et des rédactions, j’ai même provoqué certains revendeurs… Pour rien.

Alors j’ai fini par laisser tomber.

Et, sans surprise, nous sommes arrivés à la situation actuelle. Biclou, le magazine vélo du Parisien, vient de publier la vidéo ci-dessus sur le problème des vélos illégaux en France. Expliquant qu’il en existerait plus de 50 000 en circulation. Une masse énorme, portée par des utilisateurs déboursant des sommes conséquentes, des influenceurs sans trop de scrupules et des revendeurs qui se foutent bien de la loi tant que l’argent rentre dans les caisses.

50 000 vélos achetés parfois de bonne foi par des clients qui ne voient pas le souci. Clients qui ne comprennent pas ce qui leur arrive lors d’un très coûteux contrôle de police. Quand on leur explique qu’il va leur falloir payer plus de 1000€ d’amende. Parce que leur vélo n’est finalement pas un vélo. Qu’il s’agit d’un cyclomoteur d’après notre code de la route. Que les « zones grises » cela n’existe pas en droit. Et qu’il doit en conséquence être piloté comme un 50 cm3, c’est-à avec un casque et des gants adaptés, une plaque d’immatriculation, une assurance et toutes les joyeusetés légales obligatoires pour ce type de véhicule. Qu’il ne doit pas non plus être conduit sur les pistes cyclables et, bien entendu, qu’il doit être conforme et réceptionné par les organismes de certification d’État. 

Évidemment, une fois l’amende acquittée, la « bonne affaire » du Fatbike électrique débridé n’est plus la même. Dans le reportage de Biclou, un anonyme explique d’ailleurs avoir compris le problème et laissé tomber son engin survolté pour revenir à un vélo plus classique. 

Les vélos illégaux dans le viseur de la police

Les vélos illégaux dans le viseur de la police

Tenter de résoudre le problème à la source plutôt que de sévir dans la rue

J’ai trois idées pour tenter de résoudre le problème. Parce que si rien n’est fait, ce chiffre de 50 000 vélos illégaux va aller en grandissant et il y aura des drames en tous genres. Outre les problèmes d’assurance, les amendes et les mises en fourrière de ces engins, le nombre de cas où ces engins vont causer des accidents graves qui ne pourront pas être solutionnés par une assurance va exploser. Sans assurance, le propriétaire d’un de ces engins ne pourra pas faire face au coût d’un accident sur une autre personne. Non seulement le risque de fuite sera important, mais même si le propriétaire d’un de ces vélos reste sur place et assume le problème, il y a peu de chances qu’il puisse vraiment y faire face. Un fonds d’indemnisation prendra le relais et viendra lui demander des comptes. Mais à moyen et long terme, ce fond exigera toujours plus de financement et devra être renfloué par les assureurs classiques sur les primes versées par tous les assurés.

LOL

1 : Sévir chez les vendeurs de vélos illégaux

Aujourd’hui, la seule méthode de lutte contre les vélos illégaux, en France, semble être de verbaliser dans la rue. Il n’est pourtant pas difficile de trouver les vendeurs de ces vélos. C’est assez étonnant de voir que, dans la même ville, probablement le même quartier, un vendeur de ce type de Fatbike qui n’a pas le droit de rouler sur la voie publique ne soit pas inquiété des produits qu’il vend. Pendant que, de l’autre côté de sa vitrine, le vélo qu’il a commercialisé est bloqué par les forces de l’ordre. Comme s’il était impossible de passer de l’autre côté de la vitre pour aller régler le problème à la source. 

Pourtant la logique voudrait qu’en appliquant la loi chez les fournisseurs de ces engins, on empêche d’un seul coup des centaines d’infractions potentielles. J’ai bien ma petite idée de ce qui explique ce problème : en France, nous avons désormais beaucoup de policiers dans la rue, mais très peu pour contrôler les vendeurs.

Il suffit de pousser la porte d’un revendeur ou de cliquer sur un moteur de recherche pour mieux faire respecter la loi. Les journalistes de Biclou n’ont pas eu de mal à constater le problème en caméra cachée. Des vendeurs qui incitent sciemment les utilisateurs à tricher. Qui donnent même des conseils pour ne pas se faire attraper par des contrôles.

Une présentation qui joue sur les mots pour faire croire à un usage légal de l'appareil

Une présentation qui joue sur les mots pour faire croire à un usage légal de l’appareil

Un attelage de policiers en civil et/ou de personnes habilitées à ce type de visite chez les marchands n’aurait pas grande difficulté à constater la proposition de ce genre de vélos illégaux avant même qu’ils ne soient vendus. La saisie des matériels et une amende salée en plus du risque de prison devraient rapidement régler le problème. Une demande de facture pour chaque verbalisation afin de connaitre le vendeur du véhicule illégal, serait également une bonne idée.

"Idéal pour vos trajets urbains"

« Idéal pour vos trajets urbains »

Une simple recherche chez Décathlon montre l’étendue du problème : la marque propose sur sa place de marché des modèles absolument interdits sur la voie publique et se cache derrière une mention précisant l’obligation de rouler sur « une voie privée » pour se dédouaner de toute responsabilité.

Mais 40 Km/h "sur voie privée"

Mais 40 Km/h « sur voie privée »

Ce double discours est typique des vendeurs aujourd’hui. Ils font semblant de ne pas comprendre le sens de la loi qui est pourtant très claire. Si le véhicule peut être débridé pour parvenir à aller au-dessus des 25 Km/h, alors il est illégal sur voie publique. Même s’il reste à bridé à 25 Km/h toute sa vie. 

D’autres vendeurs ont décidé de pratiquer un double discours en « oubliant » les éléments problématiques sur leurs fiches techniques. La vitesse trop élevée, les moteurs trop puissants, le fait de pouvoir rouler sans pédaler du tout… tout ce qui pourrait poser problème aux yeux de la loi est passé sous silence. Sans évidemment que cela ne trompe personne. Un petit tour sur la fiche technique réelle du fabricant qui exporte le vélo dans le monde entier révèle rapidement le pot aux roses. Évidemment, le vendeur a un devoir de conseil, mais combien de cyclistes se faisant verbaliser vont se retourner contre le magasin qui leur a vendu l’appareil ?

Le code de la route n’est pas « flou » du tout. Le fait de rouler sur un véhicule ne proposant pas, par construction, une limitation à 25 Km/h, lui interdit la circulation sur la voie publique. Si ce véhicule peut simplement passer à plus de 25 Km/h d’une manière ou d’une autre, il est également interdit sur les routes, sentiers et chemins en France1. Il n’est tout simplement pas homologué route. Decathlon le sait, la marque le sait, les influenceurs le savent, tout le monde le sait. Des centaines d’offres de vélos illégaux pullulent en ligne sans que cela n’émeuve personne.

2 : Améliorer la formation des forces de l’ordre et lancer des campagnes d’information nationales

Faire redescendre l’information sur ces vélos illégaux auprès de nos concitoyens ne serait pas du luxe. En demandant, par exemple, aux assureurs de communiquer auprès de leurs clients. Tout en précisant ce qu’ils risquent à rouler avec un engin non assuré et le type de véhicules réellement couverts par leur assurance habitation. En proposant des spots de publicité en ligne pour des recherches sur certains mots-clés ou autres campagnes du genre.

Les policiers dans la vidéo de Biclou semblent au point pour leurs contrôles. Ils sont même équipés d’un appareil pour constater la vitesse des véhicules. Mais malheureusement ce n’est pas le cas partout. Cela fait des années que différents engins électriques sont présents sur le territoire et certains membres des forces de l’ordre ne semblent avoir aucune idée des règles qui les entourent. Skateboard, monoroues, draisiennes, trottinettes et autres vélos électriques sont précisément encadrés désormais. Certains ne comprennent pourtant toujours pas comment appliquer la loi. Le matraquage actuel sur les FatBike pose même problème. Certains de ces vélos, pourtant parfaitement légaux, sont mis à l’index alors que d’autres, au design de VTT plus classique, ne sont pas inquiétés alors qu’ils sont en infraction.

Trottinette 2000 Watts

Trottinette 2000 Watts

3 : Changer la réglementation pour les vélos à assistance électrique

Les trottinettes électriques ne sont pas bridées en puissance, il est légal d’avoir un moteur 1500 ou 2000 watts sur ces engins du moment que celui-ci ne dépasse pas les 25 Km/h par construction. Ce qui offre à ces modèles des capacités très impressionnantes à l’usage. On peut monter des côtes, démarrer rapidement, se balader avec un beau bagage sur le dos. Pour développer cette puissance, il suffit d’activer une poignée de « gaz ».

Limité à 250 watts

Vélo cargo limité à 250 watts

En face, les vélos à assistance électrique sont toujours limités à 250 watts de moteur en assistance uniquement. Même s’il s’agit d’un vélo cargo qui transporte du matériel ou des enfants. Les constructeurs ont certes proposé des solutions moteur de plus en plus élaborées avec un couple qui a largement évolué, mais cette limitation à 250 watts est un vrai problème.

C‘est cette législation qui pousse de nombreux acheteurs à se tourner vers des vélos illégaux. Beaucoup d’internautes l’indiquent clairement. Le vélo électrique classique, ils ont testé. Et ce n’est pas adapté à leur usage. Non pas qu’ils cherchent à dépasser les 25 Km/h ou à remonter leur rue en roue arrière. Le problème, c’est que leur trajet quotidien passe par une côte assez pentue et que le moteur embarqué ne suit tout simplement pas. Comment dépasser cela ? Il suffit de basculer sur un vélo illégal qui va proposer 750, 1000 ou 1500 watts de puissance et l’obstacle n’est plus qu’un lointain souvenir. Petit détail, ces vélos à grosse puissance de moteur sont quasiment tous pensés pour fonctionner à des vitesses largement supérieures au 25 Km/h autorisés. Et la nature humaine étant ce qu’elle est, avoir la possibilité de passer de 25 Km/h à 30, 40 ou 50 Km/h, est trop forte pour que les clients s’en privent. Les options pour ne pas avoir à faire autre chose que semblant de pédaler, voire de réactiver une poignée de gaz, sont à la portée d’un clic d’application. C’est trop tentant pour résister.

Ces clients, s’ils pouvaient se procurer des vélos légalement avec un moteur plus puissant, proposant juste plus de couple, seraient sans aucun doute moins tentés par l’offre illégale. Ils ne pourraient toujours pas dépasser les 25 K/h mais auraient moins de difficultés dans leurs trajets, surtout les propriétaires de vélos cargo.

Ce que je constate aujourd’hui, 7 ans après avoir tiré la sonnette d’alarme, c’est que des dizaines de milliers de vélos illégaux circulent sur nos routes. Aucune mesure prise pour taper sur les utilisateurs n’a eu d’effet. Il y a également un bon paquet de trottinettes électriques qui filent bien au-delà des limites légales, parfois conduites par de très jeunes enfants et même des parents qui accompagnent leur bambin vers l’école. Sans même se douter du danger qu’ils font courir à leur progéniture. Certains importateurs de draisiennes électriques ont normalisé un seul de leurs modèles pour la route mais continuent de vendre un catalogue complet de modèles parfaitement illégaux sur la voie publique. En indiquant pourtant que leurs véhicules sont parfaits pour la « jungle urbaine ».

La vague des vélos illégaux n’est pas prête de s’arrêter et au niveau politique personne ne semble vouloir régler le problème à sa source.

 

Est-ce que cet engin électrique a le droit de rouler sur la voie publique ?

Notes :

  1. Beaucoup semblent croire que les sentiers et autres chemins communaux ne sont pas la voie publique. Si le public y a accès, c’est par définition une voie publique.

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25 commentaires sur ce sujet.
  • 16 juin 2026 - 8 h 48 min

    Pourquoi changer quelque chose? Le contribuable se fait plumer trois fois :
    1. La première par le revendeur et en même temps par l’État via la TVA.
    2. La seconde par l’État via les forces de l’ordre en cas de contrôle.

    Je vous rejoins totalement sur le fait qu’il faut agir à la source, et donc interdire la vente de ces engins ou, a minima, indiquer ce qu’ils sont réellement. Mais je ne vois aucune raison pour l’État d’agir.

    Reply
  • 16 juin 2026 - 9 h 07 min

    Un de ces articles très intéressants sur un sujet largement absent de l’actualité.

    J’ai un vélo à assistance 45km/h pour le vélo taf, avec plaque d’immatriculation, assurance et casque réglementé. Le machin est puissant et peut surprendre, ça ne me viendrait pas à l’idée de rouler « à l’arrache » sans casque ni assurance..

    Mais bon, les fournisseurs semblent aisément jouer de l’ignorance des clients pour s’engouffrer dans la brèche et vendre leurs machins… dommage pour l’acheteur final qui risque la grosse amende.

    En tout cas, toujours un plaisir de lire ce genre d’articles sur Minimachines 👌

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  • 16 juin 2026 - 9 h 13 min

    En effet, combinaison explosive de législation mal connue (y compris des flics, ce qui dans toute autre profession serait qualifié d’incompétence: Manque de formation, sans doute, mais également de toute curiosité personnelle) et inadaptée aux VAE lourds.

    Pour ma part, devoir payer une assurance pour une trottinette ou plutôt monoroue me garde à l’écart: Je dirais que pour rouler comme à vélo, ça me semble comparativement de trop. La jungle des pièces vélo, avant même le VAE mais qui a singulièrement divergé avec, handicapant la réparabilité (ne serait-ce que changer un jour la batterie, sans même parler de retrouver un moteur compatible) me tiens également à l’écart du VAE.

    En fait, comme il est toujours mieux d’être incitatif que répressif, faire évoluer/homogénéiser le trop complexe cadre actuel puissance (genre 500W pour tout le monde, ce qui ferait déjà la puissance de 2 cyclistes en forme dispo en continu avec son appoint en prime), assurance et impératif de ajouter un impératif de réparabilité permettrait d’aiguiller naturellement vers des modèles ayant les caractéristiques légales.

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  • 16 juin 2026 - 10 h 26 min

    50 000 est même peut-être en-dessous de la vérité si on inclut les vélos sur lesquels on a monté une roue magique de 1000W ou plus. Il suffit de regarder les effectifs de delivretoo, supereats et autres. Tous ceux que je croise sont équipés de ce genre de montures illégales.
    Ca a la vertu de faire baisser le nombre de cyclomoteurs à essence, mais c’est probablement le seul avantage social qu’on puisse y trouver.

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  • 16 juin 2026 - 10 h 36 min

    La législation est tout de même connu par beaucoup, mais ils s’en fiche. Dans mon entourage, je connais des gens qui conduisent leur trottinette pour aller au taf tous les jours sans assurance juste parce qu’ils ont la flemme d’en chercher une, ou un vae débridé à 39 km/h et quand j’ai dit que l’amende était de 1350€ on m’a répondu qu’il n’y avait pas de contrôle. Comme pour beaucoup de sujets, les gens ne pensent pas à la sécurité mais seulement à la répression.
    J’ai fait près de 5000 km en trottinette à Bordeaux et proche banlieue et jamais un contrôle.

    Je trouve les trottinettes et VAE débridés encore plus dangereux car ils passent sous les radars.
    J’ai une navee gt3 max (400W nominal, 1000W max) qui est réglementaire (en plus, je suis assuré et j’ai mon casque vélo pour tous mes trajets) mais on peut tout de même la débrider à 32 km/h en coupant un fil, ce que je ne ferais jamais car c’est déjà assez dangereux à 25 km/h.

    Pour les speedbikes, j’en vois régulièrement, c’est soit des livreurs (uber, deliveroo et consort) soit des gens de plus de 30 ans, pas des jeunes inconcients. J’en arrive à me dire qu’il faudrait avoir un permis vélo/epdm quand je vois les comportements sur la route comme les 7h pour les scooters.

    Pour le sujet des vendeurs malhonnêtes, je suis d’accord mais c’est tellement facile à trouver en ligne que ça ne résoudrait pas complètement le problème. En ligne, il faudrait tout de même faire le ménage sur les principales places marché (amazon, cdiscount, fnac/darty, ali, …).

    un exemple de trottinette démesurée : navee xt5 ultra https://naveetech.fr/products/xt5-ultra

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  • 16 juin 2026 - 10 h 56 min

    @Pierre Lecourt: revenu en hexagone après plusieurs années hors de France, effectivement chaque semaine dans une grande métropole lyonnaise, ce sont 10 à 20 gros accidents en trottinette (quasi toutes débridées quand on interroge les personnes), fat-bike ou vélos.

    Quand je dis 10-20 gros cartons, ce sont des prises en charge chirurgicales, pas de simples contusions ou traumatismes, très peu de casques, ou de protections, rarement pour l’instant des enquêtes associées, et de tierces personnes impliquées (cela doit exister), mais se prendre un guidon de trottinette à 40-50km/h versus 25 ce ne sont pas les mêmes lésions

    Reply
  • 16 juin 2026 - 11 h 36 min

    Très bon article, merci. Effectivement, le problème est politique finalement, on ne parle pas d’un manque de moyens mais bien d’une législation inefficace. A la vue du contexte actuel, malheureusement, je ne suis pas sure qu’il ne se passe grand chose à moins qu’un accident au JT choque la conscience collective…
    Je me demande combien de personnes se retrouvent chaque année avec un crédit à vie et un handicap lourd pour avoir volontairement ignoré, comment imaginer l’inverse, le cadre légal ?
    Franchement, autant prendre un scooter électrique 50cc, c’est pas si chère au regard de ce que l’on risque et c’est surtout plus sécurisant, on a quand même des châssis et système de freinages étudiés pour circuler dans des conditions différentes.
    D’un coté, on a une législation qui dors et d’un autre des besoins qui changent, j’aimerai bien me passer de ma voiture pour faire mes 60 bornes quotidiennes et pour le moment, la solution électrique est trop chère ou inadaptée, c’est un autre sujet mais pas si éloigné du problème.

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  • 16 juin 2026 - 11 h 54 min

    Bonjour Pierre,

    Excellent article en effet, merci. 👍

    De mon coté j’ai un VAE « automonté » (un vélo classique auquel j’ai ajouté un moteur pédalier Bafang BBS02b 750W) avec lequel je roule sur la voie publique.

    Mais.

    J’ai limité la vitesse à 25 km/h via l’application Bafang en BT et de plus je module ma vitesse en fonction de la circulation et de l’environnement. 🙂

    D’ailleurs, en général j’utilise l’assistance au niveau 1 que j’ai paramétré pour qu’elle se coupe à 9 km/h, parfois je passe en niveau 2 (paramétrée jusque 12 km/h), et une fois je l’ai utilisée en niveau 3 (paramétrée à 18 km/h), j’ai paramétré le niveau 4 à 21 km/h et le niveau 5 à 25 km/h.

    Par contre, j’ai pris le modèle 750W non pour le fait que si je l’avais pas bridé il pourrait m’emmener vers 50/55 km/h (malgré les 26 kgs du vélo et mes 111 kgs), mais pour son couple camionesque de 120 Nm !
    Par chez moi c’est très pentu (nord Finistère) et comme je suis très lourde (vélo + bibi égal environ 140 kgs), il faut bien ça pour monter les cotes sans trop fatiguer le moteur et la cycliste assistée.

    La limitation à 25 km/h ne me pose pas de problème, même si parfois ce serait bien qu’on puisse « très ponctuellement » avoir accès à une assistance à 40 km/h par exemple sur des routes où les « motorisés » sont particulièrement impatients et agressifs. Pour se sortir de ce passage stressant et dangereux au plus vite.

    Enfin, bien que j’ai bridé l’assistance de mon BBS02b, il m’arrive régulièrement de rouler à 50 voir une fois une pointe à 75 km/h !!!
    Sans l’aide du moteur bien entendu !
    En descente, tout simplement.

    Reply
  • 16 juin 2026 - 12 h 48 min

    Gros problème identique aux Pays-Bas avec ce type de Fatbikes et le danger qui représente sur les routes et les voies cyclables. Le gouvernement en néerlandais semble prendre le problème vraiment bras le corps avec une multiplication des contrôles de police. Comme Pierre le disait il faut prendre le problème à la source évidemment j’irai plus loin il faut le prendre des deux bouts et également servir sur les routes par le biais de contrôle renforcé et également d’information auprès des usagers peut-être avec un système d’amende échelonnée : une première fois une simple notification s’il y a récidive là on saivit

    Reply
  • 16 juin 2026 - 13 h 17 min

    Merci Pierre pour l’alerte il y a qq années et son suivi sur ce sujet d’utilité publique.

    Reply
  • 16 juin 2026 - 13 h 33 min

    Bonjour,
    je comprends ton émois mais rien interdit de vendre, c’est l’utilisation sur la voie publique qui est interdite.
    Dans le même cas il serait alors interdit de vendre un YZ125 Yamaha par exemple, t’as le droit de l’acheter, mais tu dois l’utiliser sur un terrain prévu a cet effet (et en général aller sur le terrain avec la moto sur une remorque) ou quand j’étais (vraiment) plus jeune l’achat d’un kit 175 de compétition (seulement pour la compétition) pour ma 125 :-)
    Ce qui est répréhensible coté vendeur c’est la promotion qu’ils en font, avertissent ils le client ou inscrivent-ils sur la facture que ce véhicule est seulement utilisable en voie privé ? Si oui alors je suppose que le client est responsable pas le vendeur.
    Je serai curieux de connaître le type mine de ces véhicules si jamais il en existe un.

    Reply
  • Luz
    16 juin 2026 - 13 h 53 min

    J’ai un fatbike. Je n’ai jamais eu de contrôle mais j’attends le premier avec impatience. J’ai déjà été interpellé dans la rue pour me demander comment ça se passait pour l’assurance.
    Le problème, c’est que j’ai un fatbike, un vrai, dont la seul batterie est celle de la lampe de 1100 lumens sur le guidon (et pile à l’arrière, je suis en règle avec mes ÉPI).
    J’ai vraiment peur que des lois sortent et visent les fatbikes en général, sans faire la discrimination entre les électriques et les musculaires comme le mien… Surtout que les lois existent déjà mais ne sont pas appliqués.
    Je me disais qu’un simple tachymètre laser et de la géométrie permettrai de facilement calculer la vitesse potentielle d’un vélo lors d’un contrôle…

    Reply
  • 16 juin 2026 - 14 h 19 min

    Quand on pense que dès cet été le contrôle technique va vérifier que les 50cc ne sont pas débridés…
    Pendant ce temps là y a tous ces engins sans carte grise, ni assurance qui sont nettement moins surveillés.

    Reply
  • 16 juin 2026 - 14 h 23 min

    @Luz:
    Les radars portés à la main sont à la base des tachymètres laser, mais ils ne mettront pas en évidence la capacité à rouler plus vite que lors d’une mesure.
    Pour voir si un système limite à 25km/h, il faut un banc à rouleaux qui peut ici être de petite taille… Ou (plus petit/portable) un dispositif qui permettrait de placer un réflecteur sur la roue le temps d’un test d’accélération roue motrice levée et compter des tours/seconde, puis entrer un diamètre et avec le développement alors connu, en tirer une vitesse.

    Sinon, ces fatbikes à gros pneus on les trouvait traditionnellement en bord de mer pour pouvoir rouler sur le sable (éventuellement avec la planche de surf). On voit les politiques commencer à les cibles en ville, comme les SUV, mais peut-être que ces derniers devraient se demander s’il n’y a pas une bonne raison liée à leur action qui explique cela. Comme par exemple mettre le budget bitume dans des ralentisseurs (à 80% hors normes) au lieu de l’entretien des chaussées.

    Il y a clairement un problème à mon sens largement issu des politiques menées qui a vu un glissement berline/suv en auto, routière/trail en moto et classique/fat en vélo. Pour ma part, étant utilisateur des 3 tout en faisant extrêmement attention ou je mets mes roues, je ne suis pas client SUV/Trail/Fat mais j’ai vu mon propre maire se plaindre une fois dans une réunion publique (après un tour de vis sur le stationnement résidentiel et une répression bête et méchante qui était très mal passée) de ce glissement… et je n’avais pas pu m’empêcher de le renvoyer à ses responsabilités à lui et ses collègues dans tout le pays. Sourire un peu gêné en retour…

    Reply
  • 16 juin 2026 - 14 h 24 min

    > En face, les vélos à assistance électrique sont toujours limités à 250 watts de moteur en assistance uniquement. Même s’il s’agit d’un vélo cargo qui transporte du matériel ou des enfants. Les constructeurs ont certes proposé des solutions moteur de plus en plus élaborées avec un couple qui a largement évolué, mais cette limitation à 250 watts est un vrai problème.

    Les solutions moteur des VAE standard ne sont pas plus élaborées, c’est juste que les fabricants s’assoient sur la limitation à 250W. La communication est basée sur une gamme de moteur ayant des couples d’une cinquantaine de nm à 120nm, ce qui en pratique implique de dépasser la limite de 250W. L’application de suivi de mon moteur de VAE touring permet bien de voir que la limite d’assistance est très souvent dépassée.

    Reply
  • 16 juin 2026 - 14 h 30 min

    Pour compléter mon message, j’ajoute que si je suis très attaché à la limite d’assistance à 25km/h, qui permet un cohabitation relativement pacifique des vélos à assistance et des vélos classiques, comme Pierre je pense que la limite à 250W n’a pas de sens. Si on doit mettre une autre limite physique à l’assistance, peut-être devrait-elle être basée sur l’accélération. Mais je ne suis pas sûr que ce soit pertinent.

    Reply
  • 16 juin 2026 - 14 h 58 min

    quid de la responsabilité des influenceurs vantant les mérites de tels produits en montrant la procédure de débridage et faisant leurs essais dans ces conditions non conformes?

    Reply
  • 16 juin 2026 - 15 h 11 min

    @yann: je vais dans le sens de ta remarque du dernier paragraphe, à savoir, que d’une manière très générale, on impose, par le marketing ou autre, une nouvelle forme d’un produit, on attend que ça se généralise bien et puis on taxe à tout va (directement ou indirectement). Attendez que le parc automobile électrique se généralise vraiment pour voir flamber (encore) le prix de l’électricité.

    Reply
  • 16 juin 2026 - 15 h 17 min

    Merci pour le suivi de ces sujets au fil des années !

    L’évolution des VAE vers des puissances autorisées à la hausse aurait des effets indésirables… Hors circulation urbaine. Sur pistes et sentiers forestiers, si les vélos sont autorisés, les VAE le sont obligatoirement aussi car la réglementation est ainsi ficelée. Un impensé sans doute, qui amène une surfrequentation et des dégradations des sols, sans parler des vitesses de croisement souvent discourtoises des randonneurs. Problèmes qui seraient accentués.

    L’idéal aurait été , a mon sens, une catégorie VAE spécifique, différenciée des vélos ‘musculaires’ donc possibles à interdire sur certaines zones, toujours sans assurance obligatoire, avec une limite de vitesse de 32 km/h ( dito allemagne il me semble ), éventuellement un peu plus que 250 w, mais avec obligation de casque et gants.

    Trop tard maintenant, il y a déjà assez de catégories entre les VAE, epdm, cyclomobiles légers…

    Reply
  • 16 juin 2026 - 15 h 26 min

    Plutôt que de tout interdire. Il ne serais pas plus simple de rendre certains équipements obligatoire et accès en fonction de la vitesse atteignable ?
    5 km/h : Accès zone piétonne
    25 km/h : Accès piste cyclable + équipement équivalent vélo musculaire
    50+ km/h : Route : Eclairages + retro + équipement équivalent moto.

    En fait j’ai du mal a comprendre pourquoi il semble si compliqué de vendre ces fat bike débridés comme des scooter ? C’est pas 2 cligno et un rétro qui rendent l’homologation compliqué.

    Reply
  • 16 juin 2026 - 15 h 56 min

    C’est triste à dire mais les fabricants chinois (tout comme leur gouvernement d’ailleurs) sont près à tout pour exporter le plus de biens de consommation possible à l’étranger, que ces biens soient légaux ou pas dans les pays importateurs.

    Il y a le même type de problèmes avec le fourrage pour animaux provenant de chine. 1 envoi sur 10 ne respecte pas les règles d’importation prévues. En de tels cas, ils trichent tout en ayant une parfaite conscience du fait qu’ils irrespectent nos lois.

    Il semble que pour eux, seul compte le fait d’encaisser notre argent, peu importe la manière ;-(

    Le seul moyen de changer cela est d’amender lourdement de telles entreprises ou gouvernements irrespectant nos lois et réglementations en vigueur…

    Reply
  • 16 juin 2026 - 15 h 59 min

    @SirGallahad: C’est pas compliqué, c’est juste super coûteux pour les marques qui doivent passer les contrôles de conformité. Cela augmente fortement le prix et le contrôle qualité.

    Et l’histoire est moins belle à raconter?

    En dehors du VAE qui s’enfourche avec une assurance habitation, les cheveux au vent et sans plaque, on passe à un véhicule qui coûte un peu tous les mois, nécessite gants et casque, pour lequel un écart pourra donner suite à une verbalisation.

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  • 16 juin 2026 - 16 h 12 min

    @Pierre Lecourt: Je n’ai aucune idée du coût de l’homologation.
    Une procédure simplifiée pourrais peu être aider.

    Pour l’histoire, effectivement, mais bon a moins d’être débile ou de fermer délibérément les yeux/oreilles/etc… Tu dois bien te douter que si un casque est nécessaire avec un scooter thermique bridé à 50, il le sera aussi avec n’importe que engin sans carrosserie.

    Bref, je comprend le problème et il existe. Mais j’en ai marre que toutes les solutions proposés soient des interdictions.

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  • 16 juin 2026 - 16 h 19 min

    @SirGallahad: Encore une fois, je vois des mômes de 10 ans aller chercher une baguette sur une trott d’adulte ou des papas qui emmènent leurs bambins à l’école sur une trott avec eux. C’est pas être débile, c’est juste ne pas se rendre compte du danger.

    @Invité: Beaucoup de sociétés françaises importent d’elles-mêmes des engins chinois, sans que le gouvernement chinois ne soit de la partie. Certaines collent juste une étiquette sur les produits pour avoir une marque moins exotique et tout le travail d’importation est pris en charge par des sociétés 100% françaises.

    @Paul: C’est tout le problème… regarde les pubs, les engins sont vantés comme parfaits pour un usage urbain et ne peuvent pourtant pas y circuler. La mauvaise foi règne en maître . Un peu comme dans beaucoup d’autres domaines. Comme les bonbonnes de protoxyde d’azote. Je ne connais pas de cuistot qui utilise des bonbonnes de 5 litres…

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  • Luz
    16 juin 2026 - 16 h 42 min

    @yann: quand je parlais de tachymètre, je parlais du bidule qui compte les tours d’une pastille réfléchissante. On prends le diamètre de la roue, le nombre de tour et on a la vitesse de la partie roulante du pneu sans vrai charge. Mais au final, c’est con parce que ne permet de tester facilement que les vélo à gâchettes qui sont déjà interdits. Effectivement, il n’y a que les rouleaux façon hometrainer qui semblent pouvoir fonctionner…
    Quand à l’utilisation de mon Fat, c’est bitume, terre, boue et sable. Y a de tout à Brest, sauf de la neige…

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