Un Mini ordinateur digital PDP-8 à partir d’une Raspberry Pi

Il est des machines mythiques dans le domaine de l’informatique et le PDP-8/I en est une. Loin de l’informatique personnelle, ce Mini ordinateur de Digital proposait un design et des fonctionnalités hors du commun.

Ce n’est pas parce que l’interface des machines de l’époque était surtout composée de boutons et de petites lumières qu’il fallait en faire quelque chose de vilain. Les ingénieurs de Digital ont toujours su tirer parti des énormes problématiques posées par les interface ultra-complexes de leurs premiers ordinateurs. Le PDP-8/I en est un excellent exemple.

PDP 8 PUB

Lancé en 1965, le PDP-8/I est un mini ordinateur destiné au seul marché informatique de l’époque, celui des entreprises. Il fut un des best seller de la marque. Programmable en Fortran et en assembleur, disposant d’un interpréteur Basic, c’était une petite merveille technique.

Mais c’est surtout son look qui faisait du PDP-8/I une petite merveille, l’objet était disposé de manière à maximiser la lisibilité de l’interface proposée. Des séries de leds exposant la quantité de mémoire disponible, le buffer et autres informations techniques au dessus, des interrupteurs de commandes en dessous. Des codes couleurs pour manier le tout et beaucoup de pratique faisaient de l’objet un véritable monument à une certaine sobriété esthétique.

Core Memory

Un de ses cousins, le PDP-8f orne d’ailleurs la couverture du livre Core Memory du photographe Mark Richards à la gloire de ces vieilles machines à la préhistoire de la micro informatique.

Il s’est vendu plus de 50 000 PDP-8/I dans le monde et il est pourtant quasiment impossible de mettre la main sur un de ces objets aujourd’hui. Collectionnés, protégés dans des musées, envoyés à la benne… les rares machines disponibles ne sont pas en vente ou alors à des prix faramineux.

PDP-8/1

Qu’à cela ne tienne, de courageux Hackeurs/programmeurs ont décidé de recréer leur propres PDP-8/I sur une base de Raspberry Pi. Tout y est, l’interface à base de leds clignotantes ou ininterrompues.

PDP-8/1

Les boutons à bascule et surtout la possibilité d’émuler le comportement original de la machine !

PDP-8/1

Au démarrage il est possible de démarrer la carte Raspberry Pi tout à fait naturellement avec une gestion complète de ses possibilités en appuyant sur le bouton stop du PDP-8/I.

Mais il est également possible de retrouver un vrai mini ordinateur. Avec ses interactions boutons et lumières, chaque led fonctionne comme sur la machine d’origine.

PDP-8/1

Il est même possible de charger des programmes préparés à l’avance sur des clés USB, patiemment recopiés depuis des versions des programmes en papier perforé !

PDP-8/1

Un vrai travail d’architecture, de conception et de réalisation. Parfait sur tous les points, mené par le groupe Obsolescence Guaranteed. Et évidemment, une bien belle façon de présenter votre Raspberry Pi plutôt que dans un boitier en plastique noir tout moche.

Il est possible d’acheter un kit de base comprenant le boitier, les interrupteurs et la carte pour souder les différents composants pour 135$. Il est même possible d’obtenir l’engin pré-assemblé en contactant l’équipe.  Il est également possible de suivre les plans et instructions pour fabriquer son propre engin de toutes pièces mais là, bon courage!

 

12 commentaires sur ce sujet.
  • 1 décembre 2015 - 14 h 57 min

    “une bien belle façon de présenter votre Raspberry Pi plutôt que dans un boitier en plastique noir tout moche” => Ouch… est-ce vraiment la seule alternative ?

    Je ne comprends pas bien où l’article veut en venir.

    Répondre
  • 1 décembre 2015 - 15 h 10 min

    Génial !
    me voilà revenu au temps de mon DUT avec l’IRIS 45 et ses cartes perforées et des improbables engin IBM programmables en APL

    :-)

    Répondre
  • 1 décembre 2015 - 15 h 15 min

    @Thera: Je ne vais nulle part, je présente juste un joli travail. Si cela peut donner des idées pour confectionner de jolis boîtiers aux Rasp, tant mieux !

    Répondre
  • 1 décembre 2015 - 21 h 49 min

    J’aime bien ce genre d’article, ludique et instructif à la fois.
    Si certains ne sont pas capable d’apprécier cet effort, tant pis pour eux ;p

    Répondre
  • 1 décembre 2015 - 22 h 05 min

    j’adore ce genre d’articles …encore ;)

    Répondre
  • 1 décembre 2015 - 23 h 18 min

    Merci Pierre de me faire découvrir chaque jour toutes ces choses ! Je vais finir par en acheter un container de ces minimachines d’exception ^^

    Répondre
  • Xo7
    1 décembre 2015 - 23 h 52 min

    Ah les cartes perforées… On était très loin des films de science fiction dans les années 70 à peine plus que l’orgue de barbarie! Cela restera mon premier rejet de l’informatique :pas assez fun pas assez cool.
    Pour mon dut j’ai été stagiaire en 86 chez digital equipment ou j ai recroisé des lecteurs de cartes perforées du côté de Rungis je crois… cela m’a fasciné…trop chou ! Le top à l’époque étaient les dérouleurs de bandes (mon stage) et le disques dur de 60 cm sous cloche !avec toujours autant de boutons en face avant !

    Répondre
  • 2 décembre 2015 - 1 h 31 min

    Merci Pierre pour l’article.

    J’apprécie beaucoup l’idée de faire du neuf avec du vieux, ou bien, comme ici, faire du vieux avec du neuf ! D’autant que ce coup ci on dirait que de vieilles madeleines remontent à la surface, et la nostalgie camarade, la nostalgie camarade…

    La puissance embarquée de la Rasp et son faible encombrement permettent de petits miracles, en voici encore un.

    Répondre
  • 2 décembre 2015 - 10 h 51 min

    mon premier ordi en débarquant à la fac en 1977 ! un PDP8 avec 8 télétype en time sharing, un pote avait écrit un pgm de mastermind pour jouer contre l’ordi, j’en avais écrit un qui trouvait la combinaison, on a mixé les 2 pour avoir le pg ultime ou le PDP8 jouait contre lui même, on lançait le pgm (sur bande perforée) et au bout d’environ 3mn il écrivait “J’AI TROUVE” :-)

    Répondre
  • 2 décembre 2015 - 11 h 08 min
  • 2 décembre 2015 - 15 h 29 min

    Non de D…. Je ne suis pas le seul survivant à avoir fait de l’APL….
    “Ma” première machine : un Télémécanique T1600 du plan calcul de Giscard qu’on programmait avec le fameux LSE…

    Répondre
  • 8 décembre 2015 - 15 h 40 min

    @Laurent: c’est souvent triste aujourd’hui les cours d’électronique, des eprom et des led pour faire joujou c’est beaucoup moins sexy qu’un PDP8 :D

    Répondre
  • LAISSER UN COMMENTAIRE

    *

    *