Je ne suis pas spécialement d’accord avec cette analyse. Je comprends l’argument de Gartner et la logique qui aboutit à cette conclusion concernant la disparition du secteur des PC low-cost. Mais je pense que le marché est assez mal diagnostiqué. En partie parce que Gartner ne scrute pas l’ensemble du marché.

Des PC low-cost qui disparaitraient ?
Pour Gartner, le secteur PC va traverser une forte crise entre 2026 et 2028. Loin d’une idée de turbulences techniques comme nous en avons connues par le passé, la tension sur les composants risque de durer. Nous avons eu des crises sur la mémoire vive et le stockage. Suite à des catastrophes naturelles, des incendies et autres problèmes techniques. Nous avons connu la pandémie de COVID et les problèmes d’approvisionnement comme de circulation des ressources. Mais pour tous ces évènements, il était possible de prévoir une fin. Une sortie de crise.
La problématique d’aujourd’hui est différente. La hausse spectaculaire des prix de la mémoire et du stockage combinée avec la faiblesse des stocks disponibles devrait durer longtemps. Assez pour faire souffrir tout l’écosystème jusqu’en 2028. Dans cette logique, il semble assez évident que le marché va devoir faire des choix. Et pour Gartner, la réponse est mécanique. Elle tend à augmenter les prix vers plus haut de gamme. Voilà la logique du cabinet d’analyse :
“This sharp increase removes vendors’ ability to absorb costs, making low-margin entry-level laptops nonviable. Ultimately, we expect the sub-$500 entry-level PC segment will disappear by 2028,”
Ce qui peut se traduire par « Cette augmentation importante empêchera les vendeurs d’absorber les coûts [Des composants, ndlr], faisant des ordinateurs entrée de gamme, à faible marge, un marché non viable. A terme, nous estimons que le marché des PC à moins de 500$ aura disparu d’ici 2028. »
Cela s’analyse assez simplement. Comme les constructeurs ne pourront pas encaisser le surcoût lié aux hausses de tarifs de mémoire et de stockage, le prix des PC entrée de gamme va grimper au-dessus de 500$. Ce qui était vendu auparavant 300 ou 400$ ne pourrait plus être proposé qu’à 500$ et plus. Un phénomène que nous constatons en réalité déjà sur plusieurs secteurs avec une belle envolée des prix. Ce mouvement va s’accentuer rapidement désormais puisque les stocks « tampon » constitués par les fabricants avant l’augmentation des prix ont désormais bien fondu.

500$ HT = 500€ TTC
500$ = 500€ avec 20% de TVA
Cette analyse pourrait être complétée d’ailleurs. On peut estimer que les constructeurs vont naturellement privilégier les machines les plus haut de gamme dans un réflexe de rentabilité. L’indisponibilité de plus en plus chronique de la mémoire vive et du stockage entravent la production de PC entrée de gamme. Ils ne sont plus prioritaires. Pourquoi tenter de fabriquer 1000 machines avec 8 Go de mémoire vive vendues à 500$ si on peut fabriquer 500 machines vendues 1500$ avec 16 Go ? Si la marge réalisée est du même ordre, imaginons 10% pour chaque gamme, il y a plus à gagner à vendre 500 machines plus chères. Ces engins auraient en plus l’avantage de pouvoir beaucoup mieux encaisser d’éventuelles fluctuations passagères de prix.
Reste que le marché informatique est sur un plateau de renouvellement depuis des années. La majorité des particuliers achètent un équipement pour remplacer un modèle jugé trop ancien. Les « premiers achats » informatique existent toujours mais ils sont plus rares, ce sont ceux des étudiants ou des jeunes qui s’installent. Avec la situation actuelle, Gartner prévoit que les clients garderont plus longtemps leurs machines. Et, forcément, que les ventes vont plonger pour les trois années à venir. Il semble évident qu’un client qui a alloué un budget de 400$ pour un PC en 2020 par exemple, ne va pas forcément choisir de remplacer sa machine pour une solution à 1500$ en 2026. Il fera durer au maximum son investissement et trouvera des solutions en cas de panne. Avec une réparation ou un achat d’occasion, par exemple. Le public ne va pas magiquement trouver les ressources nécessaires à l’augmentation de son pouvoir d’achat informatique. Autrement dit, si le marché des ordinateurs à moins de 500$ disparait, il ne sera pas vraiment remplacé par celui situé au-dessus des 500$. Il sera tout simplement perdu.
Les entreprises vont forcément devoir suivre le mouvement à la hausse, faute d’alternatives. Elles feront également durer au maximum leur parc et seront moins sujettes à des changements rapides pour des gains de productivité. Le marché grand public risque de prendre son mal en patience. En procédant à d’éventuelles petites mises à jour ou en mettant simplement son argent de côté en attendant des jours meilleurs. Tout cela se tient. C’est logique et assez clair. Mais cela ne me parait pas tout à fait complet.

MSI Wind U100
La nature commerciale a horreur du vide marketing
Car c’est là qu’entre en jeu un facteur que je pense assez important dans toute cette affaire. L’opportunisme de certaines marques combiné au besoin de certains distributeurs.
Pendant l’aventure Netbook, avec l’arrivée de la seconde génération de machines en 10 pouces, certains acteurs du monde informatique se sont taillé une brèche opportune sur le marché. MSI par exemple, très connu aujourd’hui, n’avait pas réussi à se faire distribuer en grande surface en France. L’arrivée du MSI Wind a permis de mettre un « pied dans la porte » pour la marque. Cela a été difficile, très difficile. La négociation a été rude, la marque y a laissé une bonne partie de sa marge mais… MSI était en rayon, face au public, sur un marché compliqué. Pour la grande distribution, c’était un pari gagnant parce que les engins avaient le vent en poupe. Ils répondaient à la fois à un besoin mais aussi à une mode. Ils ont servi de produit d’appel avec, parfois là encore, des sacrifices sur le prix de vente.
Comme vous l’aurez compris, pas grand monde n’a gagné d’argent avec les MSI Wind. Les engins étaient proposés peu cher par la marque à une grande distribution qui les vendait également peu cher. Comble de l’opération : MSI en fabriquait aussi pour un de ses concurrents qui était Medion et qui les vendait lui-même à prix cassé. Depuis, MSI a gagné des parts de marché, la marque s’est servi de cette douloureuse entrée pour devenir un acteur reconnu en France sur le secteur des portables.

Quel rapport avec les PC Low-Cost ? Il est assez simple. Le commerce a besoin de ces PC à « 500$ » pour faire vivre leur espace commercial informatique. Sans eux, impossible de vendre l’ensemble des autres éléments de l’offre. Écrans, imprimantes, câbles, souris, claviers, manettes et autres accessoires. Les grands distributeurs, ceux qui sont les premiers à demander aux marques des machines à bas prix, feront tout ce qui sera nécessaire pour continuer à faire vivre leur rayon informatique. Ils gagnent peu avec leurs machines mais se rattrapent en général avec les accessoires supplémentaires. Cette démarche-là a absolument besoin d’un prix d’appel.
On l’a vu, depuis des années, les fabricants informatiques proposent des formules « à la carte » aux revendeurs. Des machines « exclusives » qui sont composées a partir de composants « communs ». Une version d’un 15 pouces sort chez une marque, elle est alors déclinée avec différents processeurs, plus ou moins de mémoire et de stockage et des options variées. Certains distributeurs jouent sur la mémoire vive, d’autres sur la capacité de stockage. On peut ainsi retrouver de subtiles variations du même ordinateur de base avec une définition d’écran plus ou moins élevée, un système d’exploitation ou non et autres changements pour coller au prix demandé par le distributeur.
Je reste persuadé que certaines enseignes vont tout faire, tous les sacrifices possibles, pour continuer à proposer en rayon des machines abordables. Pas par choix véritable ou goût des petites marges mais parce que ne pas le faire rimerait avec la perte d’une grande partie de leur offre et de leur chiffre d’affaires. Et si les grandes marques ne veulent pas proposer les PC dont ils ont besoin, certaines plus petites verront là une opportunité pour venir s’installer dans les rayons. Pour se faire un nom. Et croyez moi, certaines piaffent d’impatience. Ces marques savent que vendre à marge quasi nulle a un coût, mais que ce coût est inférieur à une campagne de publicité internationale pour exister face aux géants du marché.

Vers une certaine dégadgetisation du marché
Ces dernières années, on a vu des marques ne plus savoir quoi faire pour justifier leurs tarifs : des gadgets sont apparus à la pelle. LEDs à foison, débauche de haut-parleurs, double protection biométrique avec caméra infrarouge et lecteur d’empreintes, pavés tactiles gigantesques, châssis ultra-fins… Les machines ont justifié la fin de la baisse de leurs tarifs en ajoutant de plus en plus de fonctions ou de gadgets externes à leur usage premier.
La course à un affichage de plus en plus rapide est un très bon exemple de ce mouvement. En quelques années, le moindre portable est passé de 60 à 120, 240 ou 265 Hz. Ce qui est très positif à prix constant mais moins apprécié quand les prix s’envolent. L’utilisateur lambda qui cherche un PC à bas coût préfèrera toujours garder son budget intact plutôt qu’acheter une double paire de haut-parleurs, des LEDs qui clignotent, un écran 180 Hz et une double solution biométrique qu’il ne configurera même pas.
Je suppose qu’en ce moment même, une armée d’ingénieurs taille dans les gadgets du monde portable pour réduire la note. Cela passera par des éléments très secondaires et probablement d’autres aspects plus importants des machines mais pas forcément primordiaux de celles-ci. Une légère hausse de la coque, quelques millimètres qui permettront un assemblage moins couteux et une intégration de batteries plus épaisses moins chères à l’achat. La probable disparition des claviers rétroéclairés qui avaient commencé à faire leur apparition sur les portables les plus abordables. Une réduction des surfaces tactiles et autres modifications qui vont tendre vers des engins plus simples et plus abordables. Si une bonne partie du public sera plus sensible à la facture d’un PC low-cost qu’au nombre de gadgets qui serotn embarqués sur son voisin proposé à 100€ de plus, les premiers qui vont réclamer ce mouvement seront les revendeurs eux-même.

L’analyse de Gartner est linéaire
Pour Gartner, les machines sous les 500$ vont disparaître parce que ce marché ne serait plus rentable. C’est assez vrai, proposer un ordinateur portable moderne avec 16 Go de mémoire vive et 512 Go de stockage sous Windows avec une puce Intel ou AMD issue des deux dernières générations derrière parait difficile. Il faut compter dans ces 500$ HT la marge du distributeur, celle du fabricant et de l’éventuel grossiste. Il faut également compter le transport et, évidemment, la fabrication de l’engin. Cela ne laisse pas beaucoup de possibilités pour manœuvrer sur les prix.
Mais, et on l’a déjà vu en action, le marché ne fonctionne pas tout entier comme cela. Sur le segment des MiniPC, segment peut-être le plus agile de l’offre informatique avec une production quasiment à flux tendu et souvent vendue en direct par les marques, la réaction a été rapide. À la suite de la hausse des prix de la mémoire, les fabricants ont immédiatement proposé des engins de type barebone. Une manière de passer entre les gouttes du problème en enlevant mémoire et stockage de l’équation. Puis, assez vite, sont apparues des variantes de leurs machines plus classiques. Des modèles qui ont fait entrer notamment des puces de générations passées. Des processeurs qui avaient disparu des radars ces dernières années chez AMD comme chez Intel sont revenus sur le devant de la scène.
Les minimachines livrées auparavant systématiquement avec 16 Go de mémoire vive et 512 Go de stockage ont rapidement été déclinées en 12 et 8 Go de RAM. Leur SSD a changé également, passant à 256 ou même 128 Go. Bref, le marché a fait un truc étrange pour les fabricants classiques, il est allé à l’envers. Aujourd’hui, une marque comme Geekom propose un MiniPC avec un processeur lancé il y a 3 ans par AMD, avec 16 Go de mémoire et 512 Go de stockage, pour moins de 400€. Si aucune grande marque ne veut proposer ce genre de prix, ce type de constructeur se fera une joie de venir prendre leur place dans les rayons d’un supermarché.
Les fabricants de MiniPC ont été très rapides car ils fabriquent leurs machines en petites séries et pour certains n’ont pas beaucoup d’état d’âme quant à la perception de leur marque. Qu’on considère certaines de leurs machines comme dépassées ne leur fait ni chaud ni froid. Ces engins sont leur seule ressource et ils feront tout pour la faire vivre. Des grands noms du secteur comme HP, Lenovo, Dell, Acer ou Asus ont une gamme plus large de produits et vendent parfois du service. Pour une marque « noname », ne plus vendre de MiniPC abordable signifie simplement disparaitre.

Des bouleversements importants sur le marché des PC low-cost
L’ensemble de ces éléments me laisse à penser que le marché du PC low-cost va être bouleversé ces prochaines années. Mais loin de disparaître, il peut rebattre des cartes. L’actualité nous fait découvrir un portable MacBook Neo qui sera facturé à partir de 599€ pour un étudiant et 699€ pour un acheteur classique. Apple y déploie les stratégies nécessaires pour baisser la note : puce ancienne, mémoire et stockage en baisses, ajustements techniques. Rien n’empêchera les constructeurs de PC de faire exactement la même chose maintenant que la marque à la pomme a ouvert la voie.
Et ils n’auront d’ailleurs pas d’autres choix. Comment vendre des portables entrée de gamme au-dessus des 500€ à des étudiants si Apple propose une solution à 599€. Je ne vais pas comparer le Macbook Neo à d’autres engins qui n’existent pas encore en réplique dans le monde PC mais il me parait difficile de croire que le marché classique sous Windows va pouvoir gagner à prix égal ou légèrement inférieur. Surtout avec un Windows 11 si délabré.

Le marché des PC low-cost qui disparaitrait serait une fuite en avant importante du secteur tout entier. Certes les prix vont bouger, largement à la hausse. Mais en jouant sur différents postes, les PC Low-cost vont continuer à y exister. Les constructeurs n’ont d’ailleurs pas réellement le choix, toute l’industrie tient sur un certain volume de fabrication et de vente. Arrêter l’entrée de gamme aurait des conséquences sur ce volume en ralentissant énormément le segment, ce qui affecterait également le prix de fabrication des segments plus haut de gamme. Et le public comme les entreprises ne suivraient plus. Un ralentissement trop important de la production aurait un impact monstrueux sur l’ensemble du secteur et mettrait en péril la solidité des marques les mieux établies.
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Les analyses Gartner, le Magic Quadrant de Gartner… Depuis le temps que je suis dans la profession, je pouffe !
Gardons les pieds dans la glaise !
Pour l’utilisateur lambda, chez lui ou en entreprise, afin de se rendre sur internet, faire un peu de bureautique ou accéder à un logiciel en saas, une machine basique est suffisante et, face à l’augmentation du coût, le matériel sera conservé plus longtemps ou amorti sur une durée plus longue.
En premier lieu, il serait nécessaire que les OS, et les logiciels plus généralement, soient développés en optimisant l’usage des ressources afin que les capacités des matériels n’aient pas à augmenter pour satisfaire le manque de rigueur des développeurs. Et peut être que l’on arrête d’imposer l’IA partout, consommatrice de ressources sur le poste de travail, pour résoudre des problématiques que l’utilisateur lambda n’a pas…
Il y a aussi une tendance de fond il me semble : les PC durent de plus en plus longtemps, l’évolution technologique étant moindre de génération en génération.
Avoir aujourd’hui un PC de plus de 10 ans est tout à fait possible (c’est ce que j’ai en laptop comme en machine fixe principale).
On est loin de mes premiers achats où je doublais au minimum la fréquence en changeant de génération (de mémoire P90 -> P233MMX -> Céléron 600MHz -> Athlon XP1800+) avec 2 ou 3 ans à chaque étape.
J’aimerais faire un constat adjacent: le MacBook neo ne pourra tenir ce prix qu’en échange de 8Go de ram.
C’est certes un choix fait pour assurer une segmentation du marché et laisser se la place au MacBook air, mais c’est aussi tendu possible par un os frugal…
…du moins is qui était frugal : avec l’ajout de fonctionnalités IA dont la clientèle ne veut pas, la quantité de ram a disposition des applications réduit tant du côté de macOS que de windaube.
Je me demande comment va évoluer le marché du low cost: est-ce que linux va se faire une place au soleil, est-ce que windows va accepter de rendre des fonctionnalités IA optionnelles, est-ce qu’apple va devenir leader du low cost (sic)? Est-ce que chromeOS ou fushia vont devenir des acteurs hors des US/etudes?
J’ai aucune réponse, mais une grande curiosité et un voeux pieux auquel je ne crois pas: que ce soit le moment de gloire de linux 🤞
@Derf: Je n’ai pas voulu entrer sur ce terrain là mais… oui. Gartner et les analystes en général, nous pondent des futurs bourrés d’IA comme ils nous en ont pondu bourrés de réalité virtuelle ou d’écrans 3D il y a quelques années… Le futur devait se passer dans un canapé avec un casque VR sur la tête.
Et cette IA qu’ils voient partout aujourd’hui n’a toujours que quelques cas d’usages pour une dépense locale ou externalisée somme toute monstrueuse. Bien loin des préoccupations des particuliers comme des PME qui regardent tout cela comme nos bovins préférés regardent passer les trains. En sachant qu’il y en aura un autre dans pas longtemps.
@gUI: Tout à fait, deux choses se coordonnent. D’abord la puissance des machines colle aux besoins et surtout les besoins n’évoluent plus beaucoup. Certes les nouvelles machines vont plus vite et de nouveaux outils sont disponibles mais pour un particulier classique comme pour une entreprise, le moindre processeur de ces 10 dernières années pourra piloter la très grande majorité des usages réels.
@n0n0n4t0r: Linux a un coup à jouer. Microsoft a pu garder la maîtrise du parc en allant jusqu’à sabrer le prix de ses licences OEM. Mais face à la détérioration de son offre Windows, à sa gourmandise, c’est sur l’aspect technique que Linux peut se déployer désormais. Un PC Linux avec firefox + libreoffice va remplir une bonne part du cahier des charges d’un particulier. Si il peut compter sur Proton pour jouer…
> puce ancienne, mémoire et stockage en baisses, ajustements techniques. Rien n’empêchera les constructeurs de PC de faire exactement la même chose maintenant que la marque à la pomme a ouvert la voie.
C’est une puce de téléphone, le marché du téléphone est plus grand que celui des PC portable. La puce est largement amorti et c’est plus facile pour Apple de sortie un PC portable sous ARM puisque sont OS est passé depuis longtemps sous ce type de processeur.
Avec un PC sous Windows, la compatibilité INTEL est un frein. Et l’émulation sous ARM est moins efficace et la limitation à 8 Go est encore plus pénalisante que sous MacOS.
De plus pour pour Apple avec seulement 2 machines « low cost » (pour Apple), c’est plus facile pour lui de faire des économies d’échelle.
A voir si l’option sera payante pour Apple.
@hle: « la compatibilité INTEL est un frein. »
Commercialement, la compatibilité x86 est le plus gros moteur actuel du marché.
Je me rappelle de mon prof d’économie qui, il y a 20 ans, nous expliquait que la grande qualité des analystes était d’être très forts pour expliquer pourquoi l’analyse de l’an passé était erronée 😁
Content de voir que ça n’a pas vraiment changé. Ce métier est vraiment formidable.
@Jle: J’ai un grand ponte d’un fabricant qui m’a expliqué qu’une bonne partie du métier d’analyste aujourd’hui consiste à aller dans le sens du marché. Par exemple pour la réalité mixte, tu as eu plein de rapports avec des chiffres allant jusqu’à 2030 qui expliquaient que tout le monde aurait un casque connecté sur la tête.
Le but n’était pas d’anticiper l’avenir, ces chiffres servaient surtout a financer le présent. Comme l’IA, les analystes font des paris sur une rentabilité à moyen et long terme parce que cela permet de présenter le rapport à des investisseurs pour leur donner confiance.
Après, peut-être que Gartner a raison et que j’aurais tord. Ce que je vois c’est qu’aujourd’hui il y a des réponses aux PC des constructeurs qui dépasseraient les 500$. Et que certains sont partants pour plonger dans la brèche.
@gUI:
C’était vrai quand les GPUs ne surpassaient pas le CPU autant que maintenant.
De nos jours c’est la partie graphique qui change très souvent, et étant toujours plus énergivore réclame une alimentation toujours plus puissante.
Il est intéressant de noter que Gartner prédit régulièrement la « mort » de segments entiers, souvent avec un taux de réussite très relatif. Concernant cette fin du PC low-cost au profit du Cloud, l’histoire appelle à la prudence :
Le précédent du BYOD : En 2013, Gartner prédisait que la moitié des entreprises mondiales obligeraient leurs employés à utiliser leur propre matériel (BYOD) d’ici 2017. La réalité ? Le cadre légal et la cybersécurité ont freiné cette prophétie, et le PC d’entreprise fourni reste la norme.
L’erreur Windows Phone : En 2011, leurs analystes prévoyaient que Windows Phone dépasserait l’iPhone en parts de marché dès 2015. On connaît la suite.
Le coût caché du Cloud : Si Gartner pousse vers le DaaS (Desktop as a Service), de nombreuses études (comme celles de 451 Research ou les retours d’expérience sur le « Cloud Exit ») montrent que la location longue durée coûte souvent plus cher qu’un parc de machines locales amorties sur 5 ans, surtout sur le segment low-cost.
Gartner prédit la fin du PC low-cost en 2028 au profit du DaaS (Desktop as a Service), tout en théorisant par ailleurs la ‘Geopatriation’ (le retour au local pour des raisons de souveraineté). Il semblerait que même chez eux, la main gauche ignore ce que prédit la main droite.
C’est pas eux qui avaient prédit l’échec de l’iPhone aussi ?
et il y aura toujours la possiblité d’acheter des machines bare bone et de recycler de l’ancienne machine la ram & le ssd.
« Et ils n’auront d’ailleurs pas d’autres choix. Comment vendre des portables entrée de gamme au-dessus des 500€ à des étudiants si Apple propose une solution à 599€. »
C’est clair que Apple a tué l’analyse de Gartner dans l’oeuf…ou Apple à tué tout le monde…je ne sais pas mais les deux propositions ne peuvent pas être vraies…
Question de béotien : cette croissance de l’IA ne suppose t elle pas que les gens aient des objets avec de la RAM et du stockage pour de l’IA ?
@Hekimian: Nan, pas si tu tu te reposes sur les services d’IA en ligne. Pour ça, un simple navigateur sur un netbook suffit.
Les IAs locales, ça dépend énormément de ce que tu fais. Pour les usages récréatifs, le floutage d’arrière plan en visio (quand bien même on savait faire ça sans IA depuis des lustres…), ça ne demande pas quantité de RAM et encore moins de stockage.
Ceux qui ont besoin de bcp de RAM et de stockage, ce sont ceux qui installent un LLM (pour simplifier, un équivalent à ChatGPT directement sur ta machine) ou qui font des traitements très lourds. Le grand public n’est absolument pas concerné par ce genre de délire, ni l’essentiel des professionnels d’ailleurs.
Gartner a peu être une vue un peu trop americano centré :
– le problème de ram a l’air de se détendre un peu.
– Si je regarde les dispo qu’on a chez nos fournisseur Dell et HP c’est compliqué, Lenovo ca va.
Je ne peux m’empêcher d’y voir un des soucis d’approchées, Dell et HP étant américains Donald leur a interdit de se fournir en ram chez les chinois avant de lever l’interdiction.
Lenovo est chinois, Donald a moins de pouvoir dessus.
Quand je vois les prix des config de mini pc sur ce site et ceux d’hp/dell, la différence me parait énorme, ok il reste les finitions, le support au gros mais l’écarterez commence a être difficile a justifier.
En pro si HP et Dell s’enfoncent Lenovo va récupérer des parts de marché, du coup si les us tirent trop sur la corde c’est une bonne partie de leur industrie qui va partir.
Du coup la ligne de crète me parait mince pour l’avenir du marché, mais la fin des entré de gamme je n’y crois pas, surtout qu’on trouvait des machines sacrement équipé ( avec peut être quelques trou dans la raquette ) a ce prix.
Il faudra aussi voir les progrès qui sont fait, si on retombe dans la période intel juste avant le retour d’amd on a eu droit a des progrès entre chaque générations qui étaint plus mince qu’une feuille de papier l’aluminium.
Le seul marché qui pourrait attaquer directement l’entré de gamme c’est l’occasion.
@Pierre Lecourt: Commercialement, la compatibilité x86 est le plus gros moteur actuel du marché.
On est d’accord pour un PC Windows.
Le plus gros marché de processeurs avec les téléphones sont des processeurs « ARM » qui sont suffisamment puissant maintenant pour un PC « Low Cost » avec un prix nettement inférieur avec ceux compatible INTEL nativement.
Donc Apple a un avantage avec sont système qui n’a plus besoin d’être compatible INTEL. La couche d’émulation logiciels est même prévus d’être enlever du système.
@hle: Ben le truc c’est que les smartphones ça ne m’intéresse pas…
Un boom de l’occasion chez le particulier vu la tenue des portables dans le temps et les exigences qui ne montent pas ?
J’ai renouvelé mon laptop gamer juste avant l’explosion et mon laptop de boulot est surveillé de près par l’entreprise donc pas utilisable en perso (boum, remarque pour utilisation d’un backup perso dans le cloud). Pour la 1ère fois, j’ai acheté un laptop d’occasion à 200 euros, un Lenovo Yoga, et mis un ubuntu et finalement CachyOS.
La batterie n’est plus de prime jeunesse mais suffisante pour mon usage pas trop nomade. J’ai mis 8GB de plus pour 25 euros (mais dans les faits, pas nécessaire). Je fais toute ma bureautique, je lis mes BDs, un peu de jeu….
Un super achat mais il est vrai que j’ai la connaissance pour rester sur Linux et la plupart des docs sur le cloud donc voir un laptop d’occasion ne me fait pas peur. Et le laptop de gamer si besoin de Windows et pour faire du montage vidéo.
Par contre, l’amortissement plus long des laptops peut aussi empêcher l’occasion de se développer.
Mais je ne vois pas mon entourage âgé acheter des laptops a 800-1000 euros.
Ca fait penser au marché de la voiture électrique : les constructeurs ont laissé tombé le marché des autos bas de gamme pour fabriquer et vendre du Premium. On voit le résultat aujourd’hui : les ventes s’effondrent, les riches se sont équipé mais les pauvres ont toujours besoin de voitures pas chères et on ne leur propose plus que des voitures de luxe. La demande est là mais n’offre a disparue !
@n0n0n4t0r:
cpu d’il y a 2 ans
8 gig de ram
touch id si tu prend le ssd de 512gig
2 port usb… 1x 3.2 et un autre en 2.0
pas de magsafe
batterie de 36,5 Wh
écran avec pas de True Tone, pas de support P3 Wide Color
trackpack multitouch pas mécanique
webcam sans center stage
bref énormément de concessions
@Pierre Lecourt: Avec un peu chance, Aluminium de Google sera honnete, au moins pour les usages basiques. Et ca c’est agnostique x86 ou Arm. Et y’a, en entrée de gamme, plus d’applis et meilleures que pour Windows et toutes ses m*rdes Electron qui marchent moins bien que le site web. Et les jeux. Et avec un peu de chance une UI pas trop différente (pour mes utilisateurs, les 3 boutons home back multi sont plus importants que des fenetres, en particulier resizable et superposables, mais meme juste split-screen c’est superflu, alors que les boutons… c’est toutes les quelques minutes ^^).
@duce: Je me faisais la même réflexion sur les voitures, en lisant le billet.
Un tas d’options inutiles (certaines imposées par Bruxelles), qui ne font que gonfler la facture.
Du coup, comme tu le dis, ceux qui ont les moyens ont acheté du neuf, les autres, préfèrent se rabattre sur l’occasion, avec des bagnoles moins chères a l’entretien et moins sujettes aux pannes électroniques.
Les constructeurs automobile, comme les fabricants de PC, vont devoir revenir à l’essentiel.
Vivre sous Win11 avec 8Go de RAM, c’est pas la mort, surtout quand on prépare bien son OS :
– Utilisation d’un « Debloater » pour virer toutes les cochonneries ajoutées en plus par MS et le constructeur
– Ajout d’un Ad blocker dans le navigateur
En plus, même si on vient à court de RAM, il reste le swap et avec les NVME ça limite bien les pertes de performances. On a vécu des années d’abondance avec des machines de plus en plus puissantes et des fournisseurs qui n’hésitaient pas à ajouter tout et n’importe quoi pour vendre plus ou tracker nos données. Il est peut être grand temps d’arrêter ça et de reprendre le contrôle de nos machines !
@s@s: Pour une personne lambda, ta solution est, finalement, encore plus technique que d’installer Linux mint…
@Pierre Lecourt: >Ben le truc c’est que les smartphones ça ne m’intéresse pas…
Les smartphones se rapproche de plus en plus, au moins au niveau des performance des mini PC. Et le marché est plus important. Donc les économie d’échelle sont grand.
Je serais pas étonné que Apple utilise un stock de processeur A18 Pro qui ne pouvait pas être utilisé sur les iPhone 16 Pro, car seulement cinq cœurs GPU fonctionnel au lieu de six prévus. Pour les recycler sur leur Mac Neo.
Grosses économie à la clef !
@hle: Oui mais je ne vois pas trop le rapport avec l’argument de base qui était que le x86 était un frein ? Apple fait du Apple, le fait qu’il soient sous ARM ou autre chose importe peu.
Retirer le x86 du marché PC serait aujourd’hui tout simplement suicidaire.
C’est les mêmes analyste qui ont poussé les constructeurs auto français à fabriquer que du haut de gamme, résultat : plus de vente…. mort de rire…comment foiré une industrie entière
@Pierre Lecourt:
Ça me semblait clair; le prix des processeurs ARM est plus modique que les x86. C’est plus un frein pour Apple avec son système sous ARM; mais comme tu le dit toi même pour du PC sous Windows x86 c’est rédhibitoire (malgré une version de windows sous ARM).
C’est plus facile de faire un PC low cost ARM, donc c’est un avantage pour Apple, car le marché pour un mini PC pour un autre Unix Like ARM n’est pas très grand par rapport à celui de Windows x86.
Le Couple Windows/Intel si tu préfère est donc un frein pour faire des machines moins cher.
L’architecture ARM, a prix le marché des téléphones, puis des tablettes et maintenant en cours de prendre celui des ordinateurs personnel malgré le résistance due a « Wintel ».
@hle: Sur le papier oui, les SoC ARM sont moins chers. En pratique ce n’est pas le cas.
D’abord, il n’y a plus de résistance Wintel. Cela n’existe plus. C’est une vision dépassée.
Microsoft a investi des sommes colossales pour aider Qualcomm à développer un SoC adapté à Windows. Qualcomm en a investi tout autant. Ce duo a tué de fait l’idée du couple Wintel. Aujourd’hui c’est plutôt « Wincom ». C’est tellement vrai que la marque a lancé les machines Copilot avec Qualcomm à une date qui a pris de court AMD et Intel. Seuls les SoC Qualcomm avaient un NPU adapté pour coller à ce cahier des charges. Cela disqualifiait – dans l’esprit de Microsoft parce que le public s’en foutait à l’époque – les machines AMD et Intel qui n’avaient pas droit à l’appellation « Copilot » avec leurs NPU 5 TOPs. J’ai même dû faire des billets pour expliquer que « Copilot » ne rimait pas forcément avec ARM ( https://www.minimachines.net/actu/copilot-x86-127070 ) tellement la com’ de Microsoft était orientée. Microsoft a investi également beaucoup d’argent pour rendre Windows compatible ARM. Ce qui va également à l’encontre de l’idée du couple Wintel.
Ensuite, les puces ARM actuellement compatibles Windows, les puces Snapdragon donc, sont largement plus chères que les puces AMD et Intel. Ce qui pose de sérieux problème de concurrence d’ailleurs, ces machines se vendent mal. Il n’y a qu’a voir les dernières soldes pù les machines Snapdragon étaient proposées en masse et n’ont d’ailleurs pas forcément trouvé preneur.
Enfin, Apple amorti ses SoC sur une gamme de plus en plus large de produits : smartphones, tablettes et PC. Cela permet de baisser le cout de R&D de ses SoC mais l’investissement en R&D est absolument monstrueux. Alors évidemment, pour Apple qui a pour client le particulier et les prois en direct, c’est super avantageux. Mais pour Qualcomm, pour le moment, je ne suis pas certain que le pari soit gagné. On verra à long terme.
Je pense que le couple Windows/x86 a toujours de beaux jours devant lui mais que le meilleur moyen que les SoC ARM deviennent vraiment efficaces sur PC passe par Linux. Pas par Microsoft. On verra si Mediatek/Nvidia parvient à rebattre les cartes. Peut être si Valve continue a travailler Proton pour ARM ?
@Pierre Lecourt: Des machines Linux/ARM, ça ferait plaisir mais je n’y crois pas.
Si les fabricants passent par des SOC ARM, c’est parce que c’est bien verrouillé et qu’ils ont droit de vie ou de mort sur leurs productions, toujours cette obsolescence programmée.
D’ailleurs, c’est a se demander si la volonté d’MS, avec Qualcomm, n’était pas de réussir la ou la puce TPM a échoué, obliger les utilisateurs à jeter leur machine, faute de MAJ possibles.
Mais la ou il est possible de passer sous Linux avec x86, sous ARM, c’est une autre histoire.
Aujourd’hui, sous une tablette Android, il devient même de plus en plus impossible de prolonger la vie de la bécane avec une ROM custom (dernière MAJ de Samsung, il n’est plus possible de déverrouiller le bootloader…), et si c’est possible, c’est au risque de bricker la machine et d’en faire un presse papier.
Pour le moment, les machines ARM c’est « tu payes cache mais cela ne t’appartient jamais ».
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