Le Flipper One a beau être une évolution technique d’un projet plus ancien, le catalogue de ses possibilités est tel que l’engin parait être une totale nouveauté. Il y a presque 6 ans, en juillet 2020, le Flipper Zero était lancé via un financement participatif. Au fil des années, il a connu de nombreuses évolutions avec de nouveaux firmwares, un magasin d’applications et un accessoire. Un ensemble de choses qui, mises bout à bout, signent un déploiement et un suivi de produit de grande qualité.
Le Flipper One débarque donc avec une grosse côte de confiance de la part des utilisateurs. Ce qui est d’autant plus malin que l’objet change de gamme et devrait donc pouvoir séduire des possesseurs du Zéro comme de nouveaux clients. La principale raison de ce nouvel attrait étant la montée en gamme du produit avec l’ajout d’une prise en charge d’une distribution Linux et de l’ajout de nouvelles extensions matérielles.
Mais c’est quoi un Flipper One ?
Pour ceux qui n’ont pas suivi l’épopée du modèle précédent, l’idée de base de ces gadgets est de piloter votre environnement au travers de multiples protocoles : radio multibandes, infrarouge, RFID, Bluetooth et NFC. Des broches GPIO sont également disponibles pour connecter des éléments externes. Le tout est épaulé par des développements logiciels qui vont permettre d’effectuer diverses actions. Cela va de l’émulation de carte d’identification de parking à la possibilité de piloter une télé infrarouge en passant par toute une galaxie d’autres usages. Ces possibilités, combinées à une certaine gamification de son interface, ont séduit une belle communauté d’utilisateurs qui ont développé des tonnes d’usages depuis sa sortie initiale.
Le Flipper One reprend la même philosophie mais pousse le concept un peu plus loin. Loin de remplacer le Zero qui sera toujours produit, le nouveau apporte d’autres dimensions d’usages. On perd ici quelques fonctions réseau sans fil pour s’orienter vers un emploi différent. Par exemple, ce modèle propose deux ports Ethernet pour un usage sédentaire. Il propose également un port M.2 2242 qui autorisera l’emploi d’une carte modem 4G ou 5G.

Le Rockchip RK2576
Mais surtout, avec son équipement interne, il saura prendre en charge une distribution Linux complète pour propulser l’objet dans des usages sans commune mesure avec le premier modèle. À bord de l’engin, on retrouvera ainsi un SoC ARM Rockchip RK2576, une solution déployant 4 cœurs Cortex-A72 et 4 cœurs Cortex-A53 . La partie graphique sera confiée à un circuit Mali-G52 MC3 combiné à un petit NPU 6 TOPS. La mémoire vive grimpe ici à 8 Go de LPDDR5 et le stockage de base est confié à un module UFS 2.2 de 64 Go. Un lecteur de cartes MicroSDXC permettra d’étendre ce poste très facilement en ajoutant rapidement, 64, 128, 256 Go d’espace ou plus. Vous avez en quelque sorte un MiniPC de poche, sous Linux, et piloté par un SoC ARM.

Et, pour augmenter les possibilités de l’objet, vous retrouverez un second élément important avec un microcontrôleur Raspberry Pi RP2350. Ce dernier offrira au Flipper One la possibilité de s’interfacer avec de nombreux éléments externes. Ses deux cœurs ARM Cortex-M33 à 150 MHz combinés à deux cœurs Hazard3 RISC-V , 520 Ko de SRAM et 16 Mo de stockage Flash offriront des possibilités de contrôle très complètes.

Au module sans fil MediaTek MT7921AUN en WiFi 6 et Bluetooth 5.2, le Flipper One ajoute toute la panoplie de connecteurs d’un engin de bureau. Les deux ports Ethernet Gigabit pilotés par des chipsets RTL8211F-CG. Mais aussi un USB 3.2 Type-A, deux USB 3.2 Type-C dont un avec DisplayPort et alimentation. Une sortie HDMI 2.1 plein format, un jack audio 3.5 mm et bien entendu, un lecteur de carte SIM pour l’éventuel ajout de la carte fille 4G/5G. En plus de cette connectique « classique » on retrouvera un ensemble de 20 broches GPIO et un port de débug avec 14 broches.

Il sera donc possible de débarquer quelque part, de poser le Flipper One sur un bureau, d’y connecter clavier, écran et Ethernet pour en faire un véritable PC exploitable pour différents usages. Pour cela on pourra compter sur Flipper OS, un système sur mesure construit par-dessus une distribution Debian. Son approche est super intéressante. D’abord le petit écran LCD orange de l’objet est pris en compte et permet de piloter des outils logiciels de contrôle adaptés à ce format. On pourra par exemple piloter des outils réseau comme des cartes de développement, des routeurs, des interfaces serveurs et autres.
L’idée est d’utiliser une interface baptisée FlipCTL pensée pour proposer des menus adaptés à ces produits. Une fois connectés entre eux, des fonctions basiques comme un ordre de reboot, un ping, une analyse du système ou la récupération d’IP pourront être effectuées. Cela non pas avec un clavier et des ordres dans un terminal, mais en employant une liste de menus et d’ordres typiques et programmables. Votre commande fétiche pour analyser un réseau pourra être proposée dans l’interface et vous n’aurez qu’à la sélectionner pour la lancer sur l’appareil qui vous pose problème.

Sur l’usage de Flipper OS, l’idée est de ne pas surcharger le système avec un outil trop vaste et qui finirait par s’encrasser de débris logiciels au fil du temps mais de monter à chaque boot des sortes de paquets logiciels correspondant à différents profils. On pourra avoir un profil réseau avec les protocoles adaptés pour un usage en salle blanche. Puis basculer sur un profil communication et pourquoi pas un paquet multimédia pour profiter des capacités de la puce à lire du contenu en streaming. À chaque fois que l’on voudra lancer un de ces paquets, le système le montera en direct dans une sorte de bac à sable sur lequel on pourra travailler. En cas de changement de profil, un nouveau paquet sera monté, propre et sans traces des actions précédentes. Les données seront sauvegardées ailleurs et il sera possible de modifier les « images » des profils suivant ses besoins.

À chaque fois, il faudra simplement choisir les éléments indispensables et les appeler via l’interface de l’objet. Il sera par exemple possible de cloner un paquet pour l’adapter à des usages réseau spécifiques, ce qui pourra servir à des manipulations sécurisées enregistrées avec des profils chiffrés ou à proposer des outils maison préinstallés pour de la domotique par exemple. Enfin, le Flipper One pourra accueillir des distributions externes et les développements de sa large communauté.
Le projet est super ambitieux, mais s’il est bien maîtrisé, il proposera une approche parfaite pour cette idée d’un couteau suisse technique adapté à différents emplois et profils. L’arrivée de la communauté est d’ailleurs voulue par les créateurs pour améliorer le code de Flipper OS et parvenir à proposer une image Linux claire et documentée, sans éléments cachés et problématiques.
Le produit n’est pas encore finalisé et on ne connait pas non plus son prix, j’imagine que l’objet ne sera pas donné au vu de l’ensemble des fonctions embarquées. L’actuel Flipper Zero est proposé à 219€. Au vu de son équipement, ce modèle sera sensiblement plus cher.

Une interface très originale mais un engin plus massif
Le châssis du flipper One ne le fera plus confondre avec un jouet de poche comme un Tamagotchi. Avec 15.5 cm de large pour 6.7 cm de haut et 4 cm d’épaisseur, il s’agit plus d’une longue et épaisse télécommande que d’un jouet électronique. Malgré cela, l’interface très ludique de l’appareil pourra laisser planer le doute : Croix directionnelle 5 boutons, petit pavé tactile, boutons de contrôle, LEDs témoins d’activité réseau, haut-parleur, micro, écran LCD 256 x 144 pixels orange et noir, porte dragonne… L’engin est dans une toute autre dimension que le Zero.
en attendant plus de précisions pour son futur déploiement, un calendrier de mise en marche de son financement participatif et des détails sur son prix. L’équipe en charge a besoin de toutes les bonnes volontés pour faire avancer la partie logicielle du projet. Si vous avez des compétences dans ces domaines, rendez-vous sur la page dédiée pour le découvrir.
| 2,5€ par mois | 5€ par mois | 10€ par mois | Le montant de votre choix |






Wooow j’ai énormément envie de faire mumuse avec lui!
Oui, on peut tout faire avec d’autres équipements plus performants sur leur secteur bla bla bla… là on paye pour avoir un tout en un à la limite du plug and play. C’est quand même un super petit joujou pour un ado ou un moins ado curieux de l’électronique et désirant s’y mettre mais sans affronter toutes les difficultés d’un coup et avec une commu large et proposant plein de choses. C’est plus un outil ludo-pédagogique que pro.
@Neurobioboy: « C’est plus un outil ludo-pédagogique que pro » pro aussi mais pas toujours dans la légalité 😅
On est d’accord, c’est pas l’outil le problème mais ce l’on en fait, j’espère juste qu’il n’aura aussi mauvaise presse que le 1er, dans certains médias « mainstream ».
Oui.. le problème c’est que le prix.. on va sur du 350€-400€ et c’est bien dommage!
En alternative, certes bien moins puissant car sous cm0, il va y avoir le M5 Cardputer Zero. Pas tout à fait le même form factor car avec un micro clavier, mais bien moins cher
@Madwill: bonne presse/mauvaise presse… pour paraphraser certains responsables politiques (entre-autres Trump et Mélenchon) « Que l’on parle de moi en bien ou en mal, on parle de moi! »
Les quelques personnes qui m’ont parlé du Flipper Zero pour savoir comment s’en procurer ou se fabriquer un clone, et qui en ont entendu parlé par les médias « mainstream », ce n’était clairement pas pour de bonnes intentions ni pour le côté éducatif de la chose.
C’est clairement pas pour apprendre à ouvrir les volet Somfy avec HomeAssistant, ou alors pas les volets de leur propre maison, si tu vois ce que je veux dire…
Je me demande si l’autonomie en mode nomade sera bonne.
J’ai l’impression qu’il arrive fréquemment que le big.LITTLE soit mal géré et que la consommation idle soit assez élevée.
Même si l’idée, contrairement au 0, c’est peut-être pas de s’en servir longtemps non branché (surtout vu sa taille et ses connectiques).
@Nononator: Bonne question mais difficile de répondre.
@Tof: Je vois très bien ce que tu veux dire, le très peu de personnes qui m’ont posé des questions sur le flipper (après le JT ou une vidéo yb), c’était soit pour me demander comment s’en protéger (la majorité des personnes) ou comment s’en procurer, dans le 2ème cas, cela ne semblait pas pour faire le « maker »
Je ne suis pas très convaincu parce cette nouvelle mouture, contrairement au zero que j’ai acheté et avec lequel j’ai pas mal joué et je joue encore. J’ai du mal à voir ce que ça apporte par rapport à un vrai netbook par exemple. Si c’est pour bidouiller du réseau ou du WiFi on a déjà tout sous la main.
Le flipper zero permet de jouer avec des protocoles qu’on n’a justement pas avec les PC (radio 433MHz, Infrarouge, RFID…) alors que là ça n’apportera rien mis à part une compacité sans commune mesure avec un netbook par exemple.
Des routeurs à tout faire, qui rentrent dans la poche et qui tournent sur batterie ça existe chez GLiNet par exemple, c’est quasi open-source, ça a même pour certains des GPIOs, et c’est déjà parfaitement supporté par openwrt par exemple.
@gUI: Je crois que ce n’est pas une « nouvelle mouture » mais comme tu dis, un produit totalement différent. Le One n’est pas une version 2 du Zero, c’est un tout autre produit qui s’adresse à d’autres usages.
Hello,
Le flipper zero est pour moi déjà trop cher pour ce qu’il y a dedans, là le flipper one ça va piquer!
C’est effectivement un produit complètement différent du flipper zero, le problème c’est que je comprends pas à quel public c’est sensé s’adresser:
– un téléphone remplace la majorité des fonctions du flipper one
– une board pi pico remplace sans problème la partie gpio (d’ailleurs je vois pas quel intérêt on peut avoir avec les gpio quand on est sur le terrain)
L’intérêt du flipper zero, pour moi c’est d’avoir un appareil petit + toute la partie sans fil qui fonctionne sans prise de tête: NFC/RFID + communication sug GHz. Et cette partie on ne la retrouve pas sur le flipper one (ou avec des ajouts, mais pour quel prix…)
En tout cas le design et l’IHM sont sympas.
C’est effectivement complètement différent du Flipper Zero (mais c’était pas trop mon truc à la base).
Là, c’est un vrai miniPC assez bien doté en soit, mais a qui il manque ce qui faisait l’intérêt du Zéro.
Leur documentation est pas mal mais on comprend qu’il reste du boulot sur la planche. Au niveau de l’intégration du matériel dans Linux Mainline et de l’OS.
D’ailleurs à ce sujet, j’ai du mal à comprendre si pour ses « profils », il fait une « conteneurisation » à la Docker.
@Pierre Lecourt: Oui je suis bien d’accord mais je me demande réellement quels usages. Le zero avait pour lui des usages uniques, le one, je vois pas. J’ai du mal à voir autre chose qu’un mini-miniPC.
@gUI: C’est dans le même esprit que les cartes avec un X86 et un Microcontrôleur embarqué.
@Pierre Lecourt: oui et c’est bien vu AMHA.
Par exemple, sur les broches de GPIOs, il y en a du RP2040 et d’autres, du RK3576.
La grande interrogation c’est l’OS (et le prix, salé sans aucun doute).
Comme vu à la fin du billet: « why so hard ?! ». Je comprends bien le principe, et c’est bien vu aussi, mais pour le moment, le comment résoudre cette question avec FlipperOS reste un mystère.
Je n’ai que survolé la doc faut dire ;)
Mon prochain téléphone ?
Android et Samsung me gonfle grave. J’ai envie de reprendre la main.
Je m’autorise une saloperie numérique sur pile en tant qu’écolo con.
J’éspère que mon Galaxy note 2020 va tenir jusqu’à temps que ce flipper sorte.
Je pourrais enfin choisir ce que font les boutons et virer la barre de merde noire dans mon navigateur internet.
@Raoul Bontempi: C’est quand même assez épais pour un téléphone non ?
18650 c’est un bon format pour les humains ?
Je rigole en repensant à mon HTC de 2007. 4,2″ trop gros selon les gens à l’époque.
Android supportait cifs et je pouvais regarder mes vidéos fammilliales ;)
Maintenant chez Samsung, c’est bourré de malware à tous les étages.
Purée, svp centralisé votre espionnite, j’ai 12 spywares de Samsung, un par étage chez Samsung corp.
Merci à cette daube de Samsung, qui tous les dimanches me rappelle qu’il m’espionne
Tu as utilisé ton téléphone 20 minutes de moins que…
FU SAMSUNG !
Oui il est épais,mais me débarasser de google et autre daube de SAMSUNG devient un luxe comme mon htc trop grand de 2007.
Les téléphones ont finis dans la raison sur X,Y, nos mains sont limitée en taille.
Je pense que sur z ambiance 18650 est pas mal.
Je m’en fou que mon tél fasse 2mm d’épaisseur.
Charger mon tamagoshi une fois par semaine me manque par contre…
@Raoul Bontempi: Pourquoi tu prends pas un Linux phone? y en a déjà sur le marché, c’est pas encore 100% au point mais ça a fait d’énormes progrès. Après si tu veux un truc au point, t’as Graphene OS sur un Pixel, c’est un fork d’android mais sans Google et où tu es le maitre à bord. Essayé sur un Pixel 6a, bluffant.
@Neurobioboy:
Je voulais le Display Port via l’usb-c et ne plus avoir de pc portable en bon « écolo con ;) »
J’ai découvert l’éco système Samsung venant de de Xiaomi.
J’ai eu tord, et je paie le prix de ma bêtise.
Ce flipper tilt pour moi, pas d’android et l’éco système google, juste un kernel linux que je connais.
Le DP via l’usb-c sur mes Vitures et un terminal.
Mai bon, l’info c’est faire des choix et assumer les conséquences depuis toujours ;)
Écolo con depuis que j’ai rencontré Alice dans un supermaché, je suis ma voie et c’est bordé de bêtise.
Ce Flipper me fait de l’oeil, mais mon note 20 est pas encore mort. Il fait chaud et je tourne sur un aoostar, merci minimachine.net
Zoubix à tous !