30% de produit en plus, c’est, en résumé, la promesse du Codec AV2 par rapport à l’actuel AV1. Le nouveau protocole de codage et décodage a été publié avec des spécifications qui passent à la version 1.0.0.
Tout l’intérêt de l’AV2 est de réduire la bande passante occupée par des médias identiques. Que vous ayez un fichier vidéo SD, HD, FullHD ou 4K, à qualité égale, le média pèsera moins lourd. L’Alliance for Open Media qui pilote le projet, annonce des tests intéressants. Le nouveau Codec compresse mieux les données grâce à des changements structurels de son approche. Il utilise des blocs plus grands, une meilleure gestion prédictive et un partitionnement plus efficace.

Logo AV2
AV2 : pas d’urgence technique.
Le résultat serait donc, dans le meilleur des cas, un gain de 30% de poids d’un fichier par rapport à l’AV1. Reste un petit détail technique. Si la plupart des téléviseurs, smartphones, lecteurs de fichiers, puces graphiques et autres logiciels sont compatibles avec l’AV1, on n’a peu de visibilité sur l’AV2 pour le moment. Pourtant décoder de l’AV2 est un tout autre challenge que l’AV1. Le changement de régime impose une multiplication des calculs et l’AV2 est considéré comme beaucoup plus difficile à décompresser que l’AV1. Les puces actuellement commercialisées depuis 2020 sont incapables de faire tourner le nouveau Codec correctement.
Il n’est franchement pas certain qu’un acheteur de télé ou de smartphone compatible AV1 ait envie de repasser à la caisse pour faire tourner l’AV2 sur son matériel. Il faudra pourtant un nouvel appareil avec une coûteuse – encore plus encore par les temps qui courent – puce capable de prendre en charge la restitution de ces médias.
D’autant que les grands gagnants de cette évolution ne sont pas forcément les particuliers mais bien les géants des médias qui vont payer moins cher la bande passante utilisée. Quand on s’appelle Netflix, Amazon ou Disney, gagner 30% pour une même qualité de service est évidemment très intéressant. Et je ne suis pas réellement certain que ces services aient forcément envie de baisser leurs tarifs en fonction des gains réalisés avec ces nouveaux dispositifs. La tendance serait plutôt à l’augmentation des abonnements ces dernières années.
Évidemment, il existe un autre frein à un développement rapide de l’offre. Sans clients capables de décoder ces médias, le format mettra du temps à se déployer. Les géants de la distribution vidéo ne vont pas investir d’un coup pour se mettre à l’AV2 mais l’intégreront au fur et à mesure de l’évolution de leur parc. Certains acteurs ne sont pas passés à l’AV1 pour le moment et ceux-la auront donc un gain important à faire la bascule. Apple TV, Disney+ ou HBO sont toujours en HEVC. Ils sauteront sans doute le pas directement vers le nouveau format dans la durée. Aucune urgence pour les particuliers donc.

Pas mal non ?
VLC se démarque
L’Organisation VideoLAN qui gère le développement de VLC media player a déjà validé un décodeur AV2 baptisé dav2d 0.0.1 et qui prend la suite de l’actuel dav1d déjà précuseur sur le format AV1. Elle a montré que le lecteur de vidéo universel pouvait déjà prendre en charge le nouveau Codec AV2. Le tout étant exploitable sur un ordinateur tout à fait standard en s’appuyant sur les capacités de calcul de la machine. Il sera donc possible de profiter rapidement de films de vacances moins lourds à qualité égale sur votre PC.
Difficile de savoir pour autant quel niveau de ressources seront nécessaires pour décoder ces formats suivant les déifnitions embarquées et quel impact pourrait avoir ce travail sur de petites machines.
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Publication du codec vidéo Open Source AV1, plus efficace que l’HEVC ou le VP9
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