Anycubic Photon Mono SE : une imprimante résine compacte et rapide

Anycubic m’a contacté et proposé de tester une de leur imprimante 3D à résine. La Anycubic Photon Mono SE est donc en chemin vers le blog pour que je puisse vous en faire un test. La marque m’a donné toute latitude quant au déroulement de celui-ci.

En attendant de recevoir la machine, je me suis dit qu’une présentation de l’objet pourrait en intéresser certains. Si je vous ai présenté par le passé de nombreuses imprimantes 3D de type FDM, je n’ai pas encore pris le temps de vous parler d’impression résine. La Photon Mono SE pourrait donc être une bonne porte d’entrée.

imprimer 3d

Au contraire des imprimantes à filament qui déposent un matériau par couche successives les unes au dessus des autres, l’impression résine effectuée par la Photon Mono SE utilise un autre procédé pour créer les objets qu’elle imprime. Un plateau plonge dans une résine qui se polymérise à l’exposition de lumière Ultra-violette puis remonte petit à petit vers le haut. Sous ce bain de résine dans lequel le plateau est plongé, un écran affiche les différentes couches qui vont constituer l’objet. Ainsi, en exposant la résine à ce écran, celle-ci va se durcir et se déposer sur le plateau puis sur les couches de résine polymérisées précédentes. Tant et si bien qu’un objet va finir par se former, à l’envers, et émerger de cette résine.

FDM contre SLA

A gauche une impression filament, à droite une impression résine

Ce principe de fonctionnement à des avantages uniques, il permet des impressions d’une finesse extraordinaire et il est possible d’obtenir des détails incroyables même sur des objets de quelques centimètre de hauteur. Le fonctionnement étant lié à une couche faisant toute la surface du plateau, la durée d’impression d’une couche ne dépendra pas de la complexité ou de la largeur de la masse à imprimer mais uniquement de l’exposition de la surface de chaque couche. Imprimer un objet de 5 cm de haut et 3 de côté ou en imprimer 4 en même temps prendra donc le même temps au contraire d’une imprimante à filament.

Résine

L’impression résine a également des défauts, à commencer par la manipulation de résine toxique, du nettoyage parfois rébarbatif des différents éléments et du volume exploitable en général beaucoup plus faible que ce que propose une imprimante 3D traditionnelle. Des défauts et des atouts qui font que les imprimantes résines sont réservées à des usages plus fins, de la joaillerie, des figurines ou des objets extrêmement précis. Quand l’impression par dépôt de filament se positionne sur des objets plus grands, moins décoratifs mais plus axés sur un usage au quotidien.

Anycubic Photon Mono SE

La Photon Mono SE d’Anycubic se présente comme une solution de bureau, un objet qui pourra s’utiliser en intérieur et qui apportera la qualité de l’impression 3D résine pour un investissement raisonnable. Proposée à 389$ soit environ 330€, elle est relativement compacte avec 40 cm de haut pour 22 cm de profondeur et 20 cm de largeur. Elle pèse assez lourd avec 8.2 Kg annoncé mais cela est dû à l’emploi de matériaux assez nobles dans sa construction. L’imprimante profite d’un châssis entièrement en métal percé par des fenêtres sur 3 côtés et au dessus. Ces fenêtres sont réalisées dans un plastique teinté afin de filtrer, pour des raisons évidentes, la lumière ultra-violette. Cela permet de positionner l’engin sur un bureau même à côté d’une fenêtre sans craindre la polymérisation de sa cuve de résine.

Anycubic Photon Mono SE

Vue du dessus

L’avant de l’appareil présente un écran de 3.5″ tactile permettant de piloter l’appareil. Pour un usage déporté, dans un garage ou un atelier par exemple, il sera facile de glisser une clé USB dans l’imprimante et d’aller chercher l’objet à imprimer directement depuis cette interface. Pour une utilisation plus classique, la Photon Mono SE propose un module Wifi avec une antenne externe permettant un dialogue et une impression directe depuis une application dédiée. Votre smartphone permettra également de suivre la progression de votre impression à distance.

Anycubic Photon Mono SE

Un des points forts indiqués par la marque est la vitesse de traitement de l’impression. Avec 8 cm de haut par heure, l’imprimante peut travailler un volume de 13 cm de large sur 7.8 cm de profondeur et 16 cm de hauteur. Cette vitesse est possible grâce à un système de double rails linéaires largement espacés qui portent le plateau et permettent des mouvements plus rapides. Mais également à un traitement de l’émission UV au travers de l’écran plus puissant qui permet de réduire le temps de polymérisation à 1 seconde par couche.

A l’intérieur de la Anycubic Photon Mono Se, on retrouve également un système de filtration d’air composé de deux ventilateurs aspirant l’air intérieur de l’imprimante, en contact avec la résine, et le filtrant au travers d’un filtre de charbon actif. Un détail important pour un usage intérieur de l’engin même si il vaut mieux, je suppose, opérer dans une pièce bien ventilée avec ce type d’appareil.

Anycubic Photon Mono SE

J’avoue avoir assez hâte de tester la machine et de voir enfin ce que donne l’impression résine à l’usage. Ce sera l’occasion d’un test et, si il est concluant, d’une probable négociation d’un bon tarif avec la marque.

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Jaune
22 commentaires sur ce sujet.
  • Luz
    13 novembre 2020 - 19 h 10 min

    J’avais hésité à prendre la photo à l’époque, j’attends avec impatience ton test et une promo éventuellement.

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  • 13 novembre 2020 - 19 h 13 min

    Bonjour Pierre,

    J’ai personnellement une Longer Orange 10 depuis 2 semaines.
    J’utilise de la résine ELEGOO Standard Noire pour le moment (pas d’odeur dans mon garage/atelier bien aéré).

    Pour moi la plus grosse contrainte de l’impression Résine est “le post traitement”: le nettoyage de la pièce (clean) à l’IPA+Eau puis le traitement aux UV (cure).

    Pour ma part, j’utilise
    – un bac (tupperware-like) “sale” (IPA 20%) dans lequel je trempe la pièce et je la brosse avec une vieille brosse à dent pour enlever le gros de la résine qui reste sur la pièce.
    – un bocal en verre “propre” (IPA 20%) dans lequel je mets la pièce brossée et je passe le bocal dans le bac à ultrasons par tranches de 10 minutes, avec un coup de brosse entre chaque passage.

    Les pièces ressortent plutôt propres.
    Le clean est super important, ma résine noire fait parfois des dépôts qui vont rester plus brillants que le reste de la pièce.

    Pour le Cure, j’ai trouvé un petit seau dont j’ai recouvert l’intérieur de papier d’alu (pour la réflexion) et dans lequel je fais passer un bandeau de LED UV et un tourniqué solaire qui fait tourner la pièce.

    Je tâtonne encore pour les durée d’exposition mais je commence à avoir de bon résultats.

    Mais je trouve la pièce super cassante même après une impression avec des temps d’exposition important et un cure important également.

    J’essayerai la résine Siraya “Blu”.

    A dispo pour toute question.

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  • 13 novembre 2020 - 21 h 10 min

    Elle fonctionne aussi avec les résine lavable à l’eau ?

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  • 13 novembre 2020 - 22 h 12 min

    Je savais même pas que ça existait, heureusement qu’il y a minimachines

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  • 14 novembre 2020 - 9 h 40 min

    Bonjour Pierre, un détail, le titre est incomplet : “Anycubic Photon Mono SE : une imprimante résine compacte et ” :).

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  • 14 novembre 2020 - 10 h 17 min

    @Morgan: ”…et aux couleurs d’Ikea”?
    ;)

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  • 14 novembre 2020 - 12 h 09 min

    C’est intéressant comme principe.

    Quel est le prix des résines ?
    On a une idée du ratio prix entre une imprimante à filament et à résine, pour une même pièce ?

    Pierre, on attend tous ton retour :)

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  • 14 novembre 2020 - 14 h 02 min

    niveau solidité, ca donne quoi par rapport au filament ?

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  • 14 novembre 2020 - 14 h 15 min

    Et le liquide part à l’évier ensuite ou il y a retraitement ?

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  • 14 novembre 2020 - 15 h 47 min

    @StarDreamer: Le prix est très variable. On compte au litre au lieu des kilos.

    Tu as des résines simples à 20-25 € le litre, d’autres plus pro à 99€. Par exemple il y a des résines “cire” qui permettent de faire des moules à cire perdue en joaillerie. Tu peux transformer ainsi ton objet imprimé en résine vers un objet fondu en métal : or, argent, aluminium, bronze…

    @leclerc: Pour le niveau de solidité, cela dépend là aussi des résines. Il y a en général une phase de durcissement aux UV après impression.

    @Krit: La résine ? L’excédent retourne dans la bouteille après filtrage :)

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  • 14 novembre 2020 - 16 h 07 min

    J’imaginais que la résine n’était pas totalement utilisée et qu’elle était mélangée à une espèce de solvant.

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  • 14 novembre 2020 - 17 h 45 min

    @Krit: Pour le nettoyage oui, tu nettoies à l’alcool Isopropanol…

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  • 15 novembre 2020 - 15 h 25 min

    Merci d’avoir mentionné que la résine c’était quand même pas glop pour la santé.
    Ces derniers temps j’ai vu passer quelques vidéos de Youtubers pas forcément bien renseignés qui passaient à la trappe cette info sur la toxicité des vapeurs de résine. Comme quoi quand on se fait offrir une imprimante par le fabriquant, ça ne dispense pas d’un petit peu de recherche sur le produit en question.
    Heureusement que Minimachines est toujours au top sur l’objectivité :)

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  • 16 novembre 2020 - 11 h 26 min
  • 16 novembre 2020 - 11 h 52 min
  • 16 novembre 2020 - 14 h 17 min

    @Dadoo: Faut faire attention mais faut pas être parano non plus.
    Eviter de le respirer et le boire mais on peut se laver les mains avec, c’est ce que je fait au boulot lorsque je me fout de la colle plein les mains et je ne suis toujours pas mort.
    D’ailleurs si le contact avec la peau était mortel, nus serions déjà tous morts avec tout le gel hydroalcoolique qu’on se fout dessus. ^^
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Alcool_isopropylique

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  • SGT
    16 novembre 2020 - 16 h 12 min

    Petit à petit l’usage des imprimantes 3D à résine se simplifie, d’autant plus que cela bouge avec la démocratisation des nouveaux écrans monochrome LCD 2K et 4K, offrant des performances supérieures et une longévité accrue. Leur finesse d’impression 3D est tout simplement impressionnante.

    On voit apparaitre aussi des résines qui se lavent à l’eau supprimant la corvée de l’utilisation de l’isopropanol. Ceci dit il faut prendre ses précautions, il faut absolument porter des gants et des lunettes de protection et travailler dans une pièce bien ventilée ou avec un masque.

    Avec un petit pinceau, on nettoie mieux les pièces 3D imprimées mais c’est fastidieux. Il existe chez Anycube un bon appareil pour faciliter le nettoyage et la polymérisation. https://www.anycubic.com/products/anycubic-washing-curing-machine et aussi chez Eleego https://www.elegoo.com/products/elegoo-mercury-plus-2-in-1-washing-and-curing-machine

    Je conseille également la marque Elegoo, j’ai eu une Mars en attendant prochainement la Saturn à écran 4K LCD monochrome, https://www.elegoo.com/products/elegoo-saturn-msla-4k-monochrome-lcd-3d-printer qui en offrant peu ou prou la même résolution, autorisera des volumes d’impression biens plus grands (mais pas au même prix ceci dit). Il y aura aussi son équivalent chez Anycubic, la Photon Mono X https://www.anycubic.com/products/photon-mono-x-resin-printer et aussi la très intéressante Epax E10 (upgradable ultérieurement en 10″) https://epax3d.com/products/epax-e10-uv-lcd-3d-printer.

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  • 16 novembre 2020 - 16 h 14 min

    Je connais ce produit, on s’en sert pour désinfecter les microscopes médicaux et ça pue.

    Je tiens juste à rappeler comme je pense le fera Pierre dans son article à venir, que les produits de ce genre (comme les lasers de gravure) sont des matériels sensibles réservés à un public averti des dangers.

    L’alcool du gel (le sha) n’est pas le même, il est moins volatil et moins toxique, son point éclair est bien plus haut aussi. Après chacun fait comme il veut, mais moi je me méfie de tous ces produits si on en use sans discernment.

    Je conseillerai pas exemple d’avoir à portée de main de quoi éteindre un feu accidentel.

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  • SGT
    16 novembre 2020 - 16 h 15 min

    @ Flodez désolé pour le doublon wash and cure

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  • 16 novembre 2020 - 18 h 15 min

    @Pierre @Valium : je dispose moi aussi une imprimante 3D résine (Elegoo Mars) que j’utilise avec les résines Elegoo Grise et Translucide .

    @Pierre : il est deconseillé de remettre le reste de la résine dans la MÊME bouteille vu le risque de “grain” voire de relance de polymerisation .

    Comme Valium, je trouve le post-traitement complexe et long avec les 2 bacs “sales” et “clean” . Pas de bac à ultrason
    Pour ma part , j’utilise de l’alcool a brûler/dénaturé à 95% , plus simple à trouver et moins cher que l’IPA ( c’est l’inverse aux US où la Prohibition continue d’avoir des effets même 90 ans après :) ).

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  • 16 novembre 2020 - 21 h 16 min

    J’ai pris la version 2 de la “Wash & Cure” :
    https://www.3djake.fr/anycubic-imprimantes-3d-accessoires/wash-cure-20

    Mais ce que je trouve assez hallucinant, c’est qu’elle n’existe toujours pas sur le site du fabricant lui-même, et qu’il n’existe des accessoires (un bac supplémentaire par exemple) que pour la v.1.

    Question aux habitués des achats de produits chinois : est-ce courant comme stratégie commerciale ?

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  • 23 novembre 2020 - 17 h 38 min

    @Fabien:
    La v2 viens juste de sortir pour aller avec la Photon mono X car de taille supérieur mais a perdu des options que la v1 avait…

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