Anbernic ne livre plus ses consoles aux US jusqu’à nouvel ordre

Anbernic a annoncé ne plus livrer ses consoles aux USA pour le moment, conséquence directe de la guerre commerciale en cours.

Anbernic n’est qu’un petit fabricant, assez obscur, de consoles ultra spécialisées dans l’émulation de jeux anciens. Autrement dit, son absence du marché Américain pour cause de guerre douanière ne sera pas le plus impactant qui soit. C’est néanmoins la trace d’un mouvement de fond un peu plus profond.

Anbernic annonce que ses clients US pourront continuer à passer des commandes sur son site pour toutes les consoles déjà présentes aux USA. Une fois ce stock évanoui, il ne sera plus possible de les commander là-bas. La marque pourrait, bien entendu, laisser des produits en vente en importation même si les conséquences d’une taxation douanière à la réception serait surement une très mauvaise surprise à faire à ses clients.

De mon côté, c’est maintenant une bonne demi-douzaine de marques – plus ou moins grandes – qui se sont rappelées l’existence de Minimachines. Certaines dont la production toute entière était absorbée par des consommateurs outre-atlantique et qui n’étaient plus trop intéressées par le vieux continent. Certaines d’entre elles sont d’un coup beaucoup plus motivées par cimenter « une présence sur le marché français et Européen ». L’ensemble de ces marques ne sont pas des fabricants ou distributeurs d’ordinateurs, mais plutôt d’accessoires en tous genres.

J’attends de voir ce que ces constructeurs annonceront plus en détails, même si des éléments communs semblent déjà émerger :

  • « Nous avons délaissé le marché Européen » est un des points à nouveau clairement pris en compte par ces différents fabricants. Le COVID a été pour ces fabricants beaucoup une problématique de production. La rareté des composants et des pièces détachées a poussé certains constructeurs à augmenter leurs tarifs et à viser le marché le plus à même d’absorber la totalité de leurs produits. Fabriquer 10 000 pièces par mois et les distribuer à travers toute la planète est moins rentable que de concentrer l’ensemble de ses efforts vers un lieu unique comme les USA. Quand ces marchands se sont rendus compte que, malgré la hausse des tarifs, le marché US absorbait toute leur production, ils ont logiquement choisi la solution de facilité.
  • La majorité de ces marques annonce désormais avoir compris que la hausse des prix de certains de leurs produits était problématique. Le marché américain ayant un plus gros pouvoir d’achat et étant capable d’absorber la totalité ou la majorité de leur production devenant une stratégie préjudiciable. Avec le changement économique provoqué par 125% de frais de douane, la donne a changé. 
  • Il devient de moins en moins rentable d’exporter vers les USA au vu du coût du transport actuel. Avec moins de commandes locales liées à la hausse des taxes douanières, le nombre de produits à transporter s’amenuise. Il est plus difficile de faire partir un porte-container et le transport est plus cher. Un problème qui s’autoalimente : moins d’exportations donne des frais de transport plus importants à chaque objet, ce qui rend l’offre encore moins attrayante en boutique et baisse les marges. La location de grands espaces de stockage devient plus problématique quand on avait l’habitude de faire venir plusieurs containers par mois et que, désormais, il n’est prévu que la moitié ou pire. Le marché est également beaucoup plus difficile à anticiper pour tout le monde avec des règles qui changent de jour en jour.

Cela ne veut pas dire que les produits qui ne partent plus aux USA vont devenir plus intéressant pour les Européens pour autant. Il s’agit clairement d’une période de transition et jamais les produits actuellement stockés aux US ne repartiront chez nous. Les produits fabriqués en Chine pour le moment sont simplement orientés vers des entrepôts locaux peu chers, le temps d’absorber les pièces détachées déjà reçues. La production habituelle ne s’est pas s’arrêtée d’un coup et une certaine inertie se fait encore sentir. Ces marques ont cependant déjà anticipé un changement clair dans leur rythme. Leur production et leur offre ont juste été adaptées pour mieux correspondre à notre marché. Les objets auparavant vendus aux US bénéficiant la plupart du temps de finitions spécifiques et d’options supplémentaires. Ils seront simplifiés pour mieux correspondre à un marché de masse différent. Une des grosses nuance entre les deux géographies étant que la majorité des Européens achètent beaucoup moins facilement à crédit qu’aux US.

Au final, cette expérience grandeur nature imposée par l’administration Américaine met en place des scénarios jamais testés et on peut déjà voir des effets assez inattendus sur beaucoup de secteurs. Ici, je vois très clairement une énorme différence ente les marques ayant des antennes locales, c’est-à-dire toutes les branches qui ont du personnel dans chaque pays, comme les grandes marques de PC. Et les autres, celles qui ont juste un nom et se servent de sociétés tierces ou d’entrepôts en sous traitance pour piloter leur business à distance.

La réactivité des seconds est évidement beaucoup plus grande. Il leur est possible de couper ou d’amplifier un lieu de distribution géographique à loisir. Les premiers en revanche ont du personnel à faire travailler sur place, des stocks, du SAV, des chaînes logistiques et des contrats avec des distributeurs. Il ne leur est pas possible de se désengager de la vente aux USA et de reporter tout leur business sur un autre marché. Même si les produits viennent de Chine et sont taxés de manière délirante.

On n’a pas fini de voir les conséquences des expérimentations actuelles de la Maison Blanche.


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7 commentaires sur ce sujet.
  • 23 avril 2025 - 11 h 25 min

    Retroid et Ayn stoppent également l’envoi aux US dès vendredi

    Reply
  • s@s
    23 avril 2025 - 13 h 09 min

    Ce n’est pas parce qu’ils veulent vendre ici que ça se vendra comme par magie…bcp de marques inconnues qui devront jouer des coudes pour se faire une place sous le nouveau soleil.

    Reply
  • 23 avril 2025 - 13 h 10 min

    @s@s: Ce ne sont pas forcément des marques inconnues, simplement le marché US était suffisant et plus rentable pour la majorité de leur production.

    Reply
  • 23 avril 2025 - 14 h 00 min
  • PM
    23 avril 2025 - 17 h 49 min

    @imparfaitinconnu il suffit d’aller lire le tout dernier paragraphe, puis de « wikipédier », pour en savoir plus sur le signataire; un quasi parfait inconnu…

    Reply
  • 24 avril 2025 - 9 h 44 min
  • 25 avril 2025 - 13 h 27 min

    @PM: Hein ? Le signataire de l’article ? il est indiqué tout en haut.
    Le dernier paragraphe est : « En définitive, il est difficile d’anticiper avec certitude les effets à moyen et long termes de la politique commerciale agressive et cynique de Donald Trump. Néanmoins, à court terme, elle profite aux États-Unis et place son pays en position de force pour négocier des accords plus avantageux. Pas si mal pour un imbécile fou ! »
    Si on part sur ce critère, l’auteur n’est pas moins connu que les blablateurs de plateau qui enchaînent les poncifs visant in fine à psychiatriser un mec (sans aucune connaissance du DSM5, ni consultation du patient) Et leurs analyses éco… je me garderai de les qualifier sachant leur postulat de départ (Trump ne sait pas ce qu’il fait… il rétropédale…)

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