Améliorez (facilement) la dissipation de votre MeLE Quieter2 ou 3

Les machines de MeLE que sont les Quieter2 et Quieter3 sont dépourvues de toute ventilation mais elles ont parfois tendance à chauffer.

Une vidéo de PatriotAstro, un vidéaste habituellement concentré autour de la photo astronomique, nous montre comment améliorer la dissipation thermique des MeLE Quieter2 et MeLE Quieter3 basés sur le même principe de refroidissement.

Les MeLE Quieter sont des minimachines intéressantes. Elles proposent un Celeron différent suivant les générations et les dérivés lancés par le constructeur. On retrouve ainsi des Celeron J4125 au N5105. Des puces aux TDP assez bas entre 6 et 10 watts qui sont dissipés grâce à une plaque d’aluminium posée sur le processeur qui accumule et distribue la chaleur passivement sur une plus grande surface. La partie inférieure du châssis, que l’on peut ôter pour ajouter un SSD M.2 2280 NVMe ou SATA, participe également au refroidissement.

L’ensemble fonctionne bien mais peut monter assez haut dans les températures au fil du temps. Rien de vraiment problématique si l’on s’en tient aux usages logiques de cette minimachine mais qui peut être problématique à la longue si l’on s’intéresse à des usages plus complexes. C’est le cas de PatriotAstro qui se sert de la machine pour piloter des appareils de prise de vues astronomiques.

Il a donc fait un test assez intéressant en ajoutant simplement un dissipateur par dessus de châssis, pourtant en plastique, du Mele Quieter qu’il utilise. Il n’a pas ouvert le boitier, il n’a pas modifié celui-ci ni perdu sa garantie. Non il a juste posé un dissipateur par dessus la coque afin d’augmenter la surface d’échange de celle-ci. C’est évidemment pas du tout optimal puisque le plastique du boitier du MeLE sert ici d’isolant entre la plaque d’aluminium qui coiffe le processeur et le métal du dissipateur. Ce « tampon » doit accumuler lui même de la chaleur en masse avant de commencer à la redistribuer.

Intuitivement, on pourrait se dire que ce n’est pas une bonne idée – et personnellement j’ai toujours hésité à faire ce genre de chose en me disant que ce serait contre productif – et c’est là que la vidéo devient passionnante. Je reprends ses constatations en détails :

La phase initiale et normale de démarrage du système montre un engin qui grimpe immédiatement haut en température. Le lancement du système étant gourmand en ressources il pousse le processeur assez loin… Avant de descendre petit à petit à un peu plus de 50°C. Cette phase de 2 minutes est classique.

La phase suivante est intéressante. Le vidéaste pose le dissipateur directement sur l’engin et regarde son comportement. La température baisse immédiatement. Un épisode de travail un peu plus intensif sur les 13 minutes de cette phase, que l’on voit par une montée de la température et de la consommation de l’engin, n’ont pas d’effet notoire sur la température du processeur qui grimpe au maximum à 60°C. Sinon il redescend à 40°C, ce qui est ce que l’on obtient  en général avec un Celeron de ce type refroidi mécaniquement.

Suit une phase ou le dissipateur supplémentaire est retiré. Et il est étonnant de constater à quel point le système réagit rapidement. J’ai toujours pensé que l’inertie du plastique allait empêcher ce type de solution de fonctionner mais en pratique, sur cet engin du moins, il n’en est rien.

On constate que la température augmente immédiatement. Passant de 40 à 60°C puis  se stabilisant autour des 45°C au bout de 8 minutes. 

Vient ensuite le lancement d’une application de transmission vidéo. Rien de bien méchant en vérité. Il s’agit d’un logiciel qui permet au système d’afficher ce que voit le matériel astronomique sur l’écran. Le dissipateur supplémentaire est toujours absent et on voit la température monter jusqu’à 65°C en 2 minutes.

Une phase de 6 minutes de captures d’images s’en suit. Et on voit le processeur grimper régulièrement en température. Des 65°C de base, on arrive à 75°C. 

Vient ensuite une phase de test plus longue de 22 minutes, toujours sans dissipateur, qui stabilise la température du processeur entre 76 et 78°C. Rien de véritablement dangereux pour le système mais un chiffre assez élevé qui s’explique par le traitement intensif des images mais également par le fait que le MeLE doit les gérer en enregistrement. Chaque capture doit être sauvegardée sur le système et donc sur un SSD NVMe PCIe. Des solutions qui sont également génératrices de chaleur et qui doivent faire monter la température de base du boitier. Des degrés qui s’accumulent donc les un aux autres.

Minimachines-06-2022

Une pause de 3 minutes est faite pour rétablir une température plus normale. Le logiciel est coupé et  on constate que le processeur ne change pas spécialement d’état. La chaleur reste élevée.

Le dissipateur est ensuite redéposé sur le châssis du MeLE Quieter et on constate immédiatement une baisse de la température qui passe de 80°C pour se stabiliser autour des 65°C en 6 minutes. C’est un résultat assez impressionnant.

Les deux premiers tests sont ensuite répétés, en conservant le dissipateur supplémentaire sur le boitier. Et sur les 6 minutes du premier test on constate que la montée en température est bien moins rapide qu’avec la machine nue. Le processeur est 10°C moins chaud dans cette configuration.

Le second test de 22 minutes montre une température qui s’élève mais pour ne jamais dépasser les 70°C, là encore 10°C de moins que sans le dissipateur supplémentaire. 

En éteignant le programme de capture d’images, on constate une baisse rapide de la température pour revenir à 55-57°C en 8 minutes…

J’ai toujours vécu sur l’idée que ce genre de montage serait tout sauf utile. Que le plastique se transformerait en isolant et que le dissipateur n’aurait aucun effet en étant posé dessus. Pire, pour avoir vu du plastique fondre sur des portables dont le ventilateur était hors-service et le dissipateur rempli de poussière, j’ai toujours pensé que ce genre d’expérience allait tout simplement détruire ce type de machine. Cette expérience est donc une une bonne nouvelle pour tous les possesseurs de MeLE Quieter et autres solutions du même calibre. Il y a là un moyen assez simple de baisser la température de vos processeurs pour un investissement assez faible.

Je suppose qu’en recyclant un vieux dissipateur de processeur ou de carte graphique, on peut parvenir à des résultats. Peut être pas aussi impressionnants qu’ici mais avec un impact réel sur la puce embarquée. 

Attention cependant, ce qui fonctionnera pour un processeur à très faible TDP comme les Celeron et certains Pentiums, ne sera pas forcément vrai pour d’autres puces aux TDP plus élevés. Je doute qu’une solution fonctionnant en 45 Watts apprécie cette expérience et cela pourrait donc être contre productif. Dans tous les cas, je vous invite à faire des essais sous surveillance et à bien analyser le bénéfice obtenu suivant divers types de dissipateurs.

Vous pouvez également rechercher un dissipateur thermique adapté à votre engin, il y’en a des tonnes sur Amazon ou AliExpress (Ce modèle en 120 mm de long semble parfait pour un MeLE Quieter). Il suffit de mesurer la taille du châssis de votre machine et de chercher un modèle compatible. Je vous conseille d’utiliser un pad thermique entre le châssis et le dissipateur pour compenser les micro ailettes dessinées par MeLE dans le cas des Quieter.

MeLE Quieter3Q : une évolution vers le Celeron N5105

Source : FanlessTech

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5 commentaires sur ce sujet.
  • 24 juin 2022 - 18 h 03 min

    Impressionnant, mais on pourrait faire bien mieu en decoupant le chassis supérieur pour directement coller le disipateur sur la plaque de métal avec de la colle thermique…directement sur la plaque en alu qui sert de dissipateur de base non?

    Répondre
  • 24 juin 2022 - 18 h 09 min

    vivement un quieter 4 en alu !

    Répondre
  • 24 juin 2022 - 19 h 32 min

    Oui mais on perd la garantie…

    Répondre
  • X07
    25 juin 2022 - 7 h 29 min

    Mieux vaut peu que pas assez ! Ventilez, ventilez il en restera toujours quelque chose ! La preuve !

    Pour le coté troll, les jours de canicule, on peut aussi mettre le mini pc au frigo entre les poireaux et les yaourts et prévoir assez de câble pour aller jusqu’au bureau !

    Répondre
  • 26 juin 2022 - 16 h 27 min

    J’ai acheté un Mele Quieter 2Q (pour usage local domotique – en gros, pour remplacer un Raspberry PI 3).
    Plutôt content.
    Sous Arch Linux.

    Niveau températures, je reste en dessous des < 40°, lmsensors & netdata (https://www.netdata.cloud/) me donnent :

    coretemp-isa-0000
    Adapter: ISA adapter
    Package id 0: +37.0°C (high = +105.0°C, crit = +105.0°C)
    Core 0: +37.0°C (high = +105.0°C, crit = +105.0°C)
    Core 1: +38.0°C (high = +105.0°C, crit = +105.0°C)

    Je galère juste actuellement sur la stack bluetooth (linux/bluez), qui est en ce moment sur les versions les plus récentes gorgée de bugs… (kernel panic réguliers)

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