La chaine Youtube Satifactory Process vient de publier une longue vidéo qui détaille toutes les étapes de la fabrication d’un MiniPC de la marque Beelink.

On découvre toutes les étapes de création du boitier en aluminium, de la découpe des emplacements de la connectique et de sa finition sablée. Mais également les traitements chimiques du métal pour le stabiliser ainsi que la gravure au laser du logo de la marque.

Vient ensuite l’étape d’encollage du support plastique interne sur le métal qui permettra de fixer les composants internes et servira à laisser passer les signaux sans fil sur la partie arrière de l’engin.

Dans un autre atelier, l’électronique est assemblée. Les PCB des cartes mères nues passent par de multiples robots qui vont les préparer pour recevoir les différents composants, étape par étape. Chaque machine rajoute des composants spécifiques délivrés par des rubans de pièces qui sont installés automatiquement.

Des systèmes de surveillance analysent le montage des cartes au fur et à mesure pour vérifier que les différents éléments ont bien été installés.

Le reste du montage nécessite des étapes plus manuelles avec notamment la mise en place de la connectique. Cela s’explique par la difficulté à adapter les différents connecteurs suivant la production. Autant un robot peut installer un composant facilement sur un support toujours identique en suivant le positionnement dicté par le schéma d’implantation. Autant il est plus difficile – et nécessite un investissement plus couteux – d’avoir un robot capable d’adapter la mise en place de connecteurs variés. Le recours à une installation manuelle est donc souvent jugée plus souple et plus efficace.

Là encore, un robot analyse l’ensemble des composant et alerte s’il manque un connecteur avant de passer à l’étape d’après.

Étape qui consiste en une « cuisson » de la carte mère pour que les composants soient soudés correctement. Les cartes sont ensuite nettoyées des pattes de fixation qui dépassent et une pile de BIOS est ajoutée manuellement. Quelques points de soudure supplémentaires peuvent être réalisés et les résidus de soudure ou de flux sont nettoyés à la main. À ce stade, les processeurs sont toujours « à nu » sur les cartes.

Diverses étapes de finition comme la suppression de protection ou l’identification de composants comme le type de barrettes de mémoire sont mis en place. Des tests de continuité électriques sont également réalisés avant d’aller plus loin dans le processus. Une inspection visuelle générale est effectuée pour s’assurer qu’aucun problème visible n’est détecté.

Les cartes partent ensuite pour un test fonctionnel. On leur ajoute de la mémoire vive, un stockage et un test de fonctionnement est effectué à nu avec un câble HDMI, un port USB et une alimentation. Le processeur est protégé par la pose simple d’un dissipateur avec un pad thermique.

La machine est alors démarrée et des tests sont pratiqués. Le BIOS est implanté par flashage automatique avant que l’engin soit validé par l’opérateur.

Un second test sert à confirmer le comportement de la machine sous le système d’exploitation choisi. Le logiciel de test est préinstallé sur un SSD directement intégré sur la carte mère. Tout est semi automatisé.

Vient l’étape de « fixation » du processeur à la carte mère. Celui-ci est déjà soudé mais avec l’installation d’un support supplémentaire, cela va permettre d’installer le système de refroidissement. Une nouvelle inspection est effectuée ainsi qu’un éventuel nettoyage de la carte. À ce stade, la partie électronique pure est terminée. Les cartes sont ensachées dans des protections anti-statiques.

Vient ensuite l’installation du système de refroidissement. Des pads thermiques sont positionnés sur les composants qui dégagent le plus de chaleur. Des supports sont vissés et des protections sont mises en place pour éviter à l’engin d’accumuler de la poussière.

La mise en place standardisée du dissipateur monobloc avec caloducs et ailettes est ensuite effectuée par-dessus les pads thermiques.

Cet ensemble va bientôt accueillir le ventilateur qui sera fixé dessus avant d’être connecté à la carte mère pour son contrôle et son alimentation.

La carte est ensuite fixée dans le châssis et les différents connecteurs externes sont positionnés et vissés sur les faces avant et arrière.

Les antennes Wi-Fi sont mises en place et fixées au même moment avant d’être reliée à la carte Wi-Fi montée sur l’appareil.

Chaque étape est tracée par le scan d’un code barre permettant de savoir quel composant est ensuite installé : mémoire vive et SSD. Cela permet de savoir précisément quelle barrette a été installée sur quel appareil. Beelink pourra ainsi mieux gérer son SAV en cas de problème.

Les systèmes d’exploitation sont préchargés par le fabricant sur les SSD en amont.

Vient une étape de contrôle du fonctionnement de chaque minimachine. De manière à vérifier si un engin a un souci technique ou si un système n’est pas fiable.

Une fois cette étape passée, il ne reste plus qu’à fixer les dissipateurs du SSD, à refaire une énième inspection visuelle des entrailles de l’engin…

Puis à identifier avec une étiquette et à fermer la machine. D’autres inspections visuelles sont réalisées avant de diriger les MiniPC sur un banc de test qui va permettre de vérifier leur comportement dans un temps plus long de manière automatique. Une dernière étape de test et surtout d’enregistrement de la licence de Windows est effectuée pour que le MiniPC soit reconnu par Microsoft en cas de réinstallation.

Vient enfin l’étape d’emballage de l’engin suivant une procédure très stricte puisque ces machines peuvent voyager sur des milliers de kilomètres. A la fin de la chaine, chaque boite est pesée avant d’être scellée pour éviter qu’il ne manque quoi que ce soit dans le paquet. La machine alerte si le poids n’est pas le bon et détermine suivant l’écart l’élément à rajouter : du manuel au chargeur en passant par un câble ou un adaptateur VESA.
Cette vidéo est très intéressante car elle montre le nombre de personnes impliquées dans ce genre de fabrication, la somme des investissements nécessaires et le temps passé à construire ces machines. Elle est également très valorisante pour la marque Beelink qui montre ici de manière transparente ses process et la qualité de son intégration.
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Merci pour ce photo reportage à la fois très instructif et impressionnant. C’est en effet tout à l’honneur de la marque de dévoiler ce genre de processus.
Excellente documentation, merci. Ceux qui n’ont jamais bossé en usine, à alimenter la bête (au cul d’une presse de formage comme au début de la vidéo, ou dans une chaîne d’assemblage, par exemple) ne savent pas ce qu’ils manquent en terme de culture consumériste…
Les temps modernes
Merci pour ce photo-reportage très intéressant. J’en suis à mon 3ème mini-PC Beelink, je suis globalement satisfait de cette marque, même si j’ai eu quelques soucis. Avec mon premier Beelink il y a environ 4 ans, panne totale survenue du jour au lendemain au bout de 3 mois, il ne s’allumait plus. Remboursé intégralement par Amazon (excellent service après-vente au passage). Rachat d’un second Beelink qui fonctione H24 depuis 3 ans (SER3 Ryzen 7 3750H 16-512). Il fonctionne parfaitement sous Windows 11, son seul défaut est que je ne peux pas mettre un dongle USB Bluetooth pour une souris sans fil directement sur le PC, je dois éloigner le dongle Bluetooth d’une trentaine de cm du PC avec une petite rallonge USB, sinon la souris sans fil est très perturbée et inutilisable. J’ai acheté un autre Beelink (processeur N150) pour une amie qui en est ravie. Ce que j’aime sur les Beelink, c’est leur silence de fonctionnement.
Certes ça sent un peu la promo de la part de Pierre, cpt, thx : vidéo fascinante illustrant la complexité du process industriel pour produire une unité de nos chers mini ordi !
@Raph: Je ne suis pas l’auteur de la vidéo. Elle est publiée, elle est intéressante, j’en parle.
Autant l’assemblage doit pas etre bien different sur les marques « eco » aussi à shenzhen , autant on imagine bien qu’il doit y avoir moins d’étapes de controle en sortie chez les machintekchuwimagic ;)
Marrant j’avais vu cette vidéo aussi et je me disais qu’il fallait en parler !
On est clairement sur une usine plus petite, plus artisanale et moins automatisée que par exemple celle de fujitsu Siemens à Augsburg qui était la dernière usine de PC en europe et a malheureusement fermée il y a 6 ans :
https://www.youtube.com/watch?v=ylk6VMBLrvM
On peut aussi comparer à l’usine aux USA d’Apple à Fremont, ultramoderne en 1983, mais qui a à peine tourné quelques années :
https://www.youtube.com/watch?v=Dk306ZkNOuc
En gros j’ai l’impression qu’on essaie à tout prix en occident de faire des usines ultra chères et ultra automatisées (ultra rentables pour les actionnaires ? et très vites fermées dans le cas contraire ?) et la vidéo de Beelink montre qu’avec beaucoup moins de moyens et beaucoup plus de souplesse ils arrivent à faire des productions de très bonne qualité.
@Pierre on est très loin des « temps modernes » :
– machines en commande numérique partout
– bon éclairage, modernité des équipements, sécurité (par ex. toutes les fraiseuses intégralement carénées, la presse pour laquelle il faut actionner les deux boutons avec les deux mains pour l’actionner, empêchant par nature d’avoir une main qui traine)
– tous les salariés ont des EPI au moins basiques (bouchons d’oreille, gants, je vois pas si ils ont des chaussures de sécurité)
Après si on veut pinailler, sur l’étape de polissage (à 2m54) on voit qu’ils n’ont que des masques basiques, pas de masques doubles filtres.
Il n’y a pas de sieges ergonomiques, peut être pas de prévention des TMS… Contrairement à Foxconn, il n’y a pas que des jeunes, on voit beaucoup de salariés qui ont la trentaine ou la quarantaine !
On me proposerait un poste dans une usine comme ça je serais content…
C’est pas parfait… Mais c’est pas les « temps modernes » !
Sans mauvaise langue, je serais curieux de savoir si tous les PC sont toujours livrés en RAM et SSD Crucial ou c’est juste pour la vidéo.
Tiens je vais essayer de m’amuser à trouver le programme EFI de flashage des adresses MAC de cartes réseau Realtek :)
@gilles: Beelink et Crucial travaillent ensemble depuis des années. Le Beelink Me Mini par exemple est exclusivement monté avec des solutions de la marque.
@gilles:
> En gros j’ai l’impression qu’on essaie à tout prix en occident de faire des usines ultra chères et ultra automatisées (ultra rentables pour les actionnaires ? et très vites fermées dans le cas contraire ?) et la vidéo de Beelink montre qu’avec beaucoup moins de moyens et beaucoup plus de souplesse ils arrivent à faire des productions de très bonne qualité.
Mais je ne pense pas que tu accepte le salaire qui va avec pour que ça soit rentable.
@Djip007:
Tu penses mal… Le salaire moyen à Shenzen est supérieur à mon salaire moyen depuis 20 ans (après c’est particulier, je suis président d’asso, et aussi gérant d’une TPE et j’ai toujours privilégié l’investissement dans l’outil et dans les personnes à ma rémunération).
J’ai travaillé en usine (fin des années 90) et j’y retournerais bien. Si j’ai arrêté c’est uniquement parce qu’il y avait une mentalité toxique dans le milieu automobile, j’avais assisté à des harcèlements permanents par des petits contremaitres minables, et plus généralement on faisait déjà des trucs de plus en plus moches, gros, compliqués et à l’encontre de tout ce qu’on savait déjà à l’époque qu’il fallait faire.
L’inverse d’une minimachine.
Là où tu te trompes aussi c’est que j’accepterais bien d’avoir un salaire bas pour que l’entreprise soit rentable à un niveau raisonnable (quelques %).
Mais par contre je ne l’accepterais pas pour nourrir des fonds de pensions US, ni pour enrichir des millionaires.
Or ça a 3x plus de chance d’arriver en France qu’en Chine : on est le 3e pays en nombre de millionaires (et on est le pays où ça augmente le + vite) alors qu’on est que le 10e pays en terme de PIB.
On est un des pays qui a le + délocalisé et sabordé son industrie pour le profit des actionnaires, à l’image de cet imbécile de serge Tchuruk qui a démantelé Alcatel en se vantant d’en faire une boite « Fabless »… belle réussite.
Je rajouterais à cette article indispensable, contenant cette décidément excellente documentation filmée chez Beelink, toute « la partie immergée de l’iceberg » : Extraction et raffinage des matières premières + fabrication des composants (avec comme joyau principal le CPU : https://www.youtube.com/watch?v=vuvckBQ1bME ) avant assemblage.
Cela fera peut-être l’objet d’un prochain article, ou même de toute un série thématique qui sait…
En attendant, bonne vacances et bon repos, pendant que les « usines du monde » turbinent h24.
Juste pour préciser que le bios et les fw sont super bien soignés par Beelink, les paramétrages sont ouverts (eux !). C’est donc une oeuvre complète de très grande qualité. J’ai 4 ou Beelink depuis les Gemini lake en 4k@60 jusqu’à Adler lake, ça bronche pas, et c’est livré avec adaptateur de fixation arrière sur moniteur ainsi que 2 cables hdmi pour ceux qui sont dual écran !
C’est en quelque sorte du Xiaomi d’il y a 10 ans, qui s’alignait sur la qualité Apple, mais très décevant maintenant. Espèrons meilleure route à Beelink.