Face à une demande de composants mémoire et stockage en hausse continue, Sandisk annonce une hausse de ses tarifs de 50% pour novembre. Les composants NAND sont particulièrement visés par ces hausses qui sont clairement liées au marché de l’IA.

Les wafers de composants flash et de NAND sont réservés par milliers en amont même de leur production par des clients qui les payent cash et au prix fort. Une partie énorme de la production se dirige vers des serveurs liés à l’IA. Ne laissant au marché traditionnel bien moins de réserve. Cette limitation de l’approvisionnement couplée à une hausse des tarifs poussent de plus en plus de fabricants à augmenter leurs tarifs.
Sandisk suit le mouvement et va probablement déclencher une hausse chez d’autres acteurs clés du secteur. C’est en tout cas ce que nous indique Digitimes. Le site parle d’une onde de choc qui va toucher l’ensemble du marché. Des marques comme Transcend, Innodisk ou Apacer seraient en train d’étudier leurs options et de réévaluer leurs tarifs. Transcend aurait suspendu toute livraison, mais également toute cotation de ses prix depuis le 7 novembre. Un mouvement qui aura pour effet de réserver la totalité de leurs puces pour les remettre en vente dans quelque temps quand les prix auront encore augmenté.

Un composant NAND
Si d’autres compagnies qui produisent ces composants entrent dans le même genre de calcul, cela fera encore surchauffer le système déjà en manque de puces NAND et Flash pour alimenter le marché. Le résultat de ces hausses sera évidemment très profitable pour les fabricants qui pourront alors revendre demain les composants produits hier pour un tarif bien plus élevé. Mais ce sera désastreux pour les clients qui devront à nouveau faire monter les enchères pour obtenir ces éléments.
Sandisk et les autres
Encore une fois, le marché est totalement faussé entre les start-ups qui déploient des serveurs d’IA, véritables ogres en termes de mémoire vive et de stockage, et le marché PC « classique ». Les premiers n’ont de compte à rendre à personne et fonctionnent avec des milliards de dollars d’investissement à pure perte pour le moment. Le second se confronte à un acheteur direct qui n’a pas de portefeuille financé par des montages financiers ou des sociétés pariant sur l’avenir. Que ce soit un fabricant d’ordinateur, un fournisseur de service ou un simple client à la recherche d’un PC ou d’un SSD, le calcul de rentabilité va être assez rapide.
Difficile pour un vendeur de portables d’annoncer des hausses de tarifs énormes à ses clients. Difficile pour un particulier de se dire que le devis fait en juin coute aujourd’hui 30 à 40% plus cher pour les mêmes composants. Le résultat de ces évolutions va logiquement mener à un tassement de la demande du marché classique des PC et serveurs pour se réorienter encore plus vite vers le marché IA… Sans pour autant conduire vers des baisses de prix.

Plusieurs autres fabricants que Sandisk indiquent les résultats d’exploitation de leur activité NAND et Flash avec des résultats assez éclairants quant à la hausse des prix : Transcend annonce un troisième trimestre 2025 avec un revenu de 133 millions de dollars. En hausse de 27% par rapport au second trimestre et de 63% par rapport au troisième trimestre de 2024. Sa marge brute a augmenté de 45%. Et son profit net explose littéralement avec un magnifique +334% sur un an. Innodisk voit son revenu grimper de 64 % sur un an avec un profit qui augmente de 250%. Apacer Technology de son côté indique un profit en hausse de 70% entre le troisième trimestre de 2024 et celui de 2025.
L’ensemble de ces acteurs évoque la même recette miracle pour augmenter leurs bénéfices. La réorganisation de leurs centres de fabrication qui permet d’adresser en priorité les mémoires les plus rentables : DDR5 et HBM. Ces composants en grande partie nécessaires pour les serveurs IA étant plus susceptibles d’être achetés au prix fort. Par effet de rebond, la baisse de la production de la mémoire vive DDR4, qui n’intéresse pas nos ogres, fait également augmenter ses tarifs. Toujours absolument indispensable au marché, présente dans des millions de systèmes en place et qu’il faut maintenir, la DDR4 voit par ailleurs ses prix s’envoler.

Mark Zuckerberg indiquait sur Meta que des centres de serveurs de tailles cyclopéennes allaient sortir de terre ces prochaines années. Un de ceux-ci, baptisé Hyperion est prévu comme occupant un espace colossal. Couvrant une partie « significative » de l’île de Manhattan pour donner une équivalence. S’il faut garder la tête froide face aux annonces des géants de l’IA en ce moment – il s’agit souvent de rouler des mécaniques pour impressionner ses adversaires et clients – on se doute que les ambitions d’investissement restent sans commune mesure avec celles d’un marché PC classique.

Un « ESD » de SSD M.2 2280 bien moins cher à emballer.
Le risque est maintenant de voir ces sociétés évoluer dans leur structure commerciale. Sandisk, par exemple, a toujours eu un double métier de fournisseur direct pour de grands comptes et de marque s’adressant directement à des clients particuliers. Si elle décide de réorienter la majorité de ses forces vers le secteur le plus rentable, cela serait un cauchemar pour les acheteurs comme les assembleurs. Et il n’y a aucune raison de croire que ce mouvement n’aura pas lieu.
Entre un panel de quelques clients qui vont payer d’avance une production au prix fort. Et qu’on va livrer par palettes directement à l’usine, charge à eux ensuite de rapatrier leurs palettes de produits où bon leur semblent.

Un SSD Sandisk emballé individuellement
Et des clients particuliers que Sandisk doit d’abord convaincre avec du marketing. Qu’il faut ensuite chouchouter avec des emballages, de la documentation, des licences logicielles. Qu’il faut livrer aux quatre coins du monde, et qu’il faut ensuite dépanner en SAV au cas par cas en cas de panne… Il n’y a aucun doute sur le meilleur moyen de faire de l’argent pour ces marques.
Les conséquences à court terme sont donc une hausse des prix, déjà massive. Mais par un effet boule de neige assez simple à saisir, d’autres évènements pourront rapidement avoir lieu. La baisse des offres chez les constructeurs de PC. Une raréfaction des machines. La hausse de certains services plus classiques comme des offres dans les nuages qui vont voir leurs propres structures être impactées.
Aucune raison que ce scénario ne s’arrête puisque pour le moment les ambitions des géants de l’IA est de construire toujours plus de serveurs, toujours plus grands et aux capacités démentielles.
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Jusqu’à ce que le château de cartes s’écroule comme bien d’autres avant mais celui-là risque d’être particulièrement violent.
une pensée aussi à ceux qui attendaient pour une migration des machines compatibles win11…
Hâte de voir un retour de bâton…si cela est possible, évidemment.
@apopi:
Je pense qu’il y aura un rééquilibrage, mais pas d’explosion de bulle, une fois toutes les boites d’ia non fiables au tapis, la puissance dans les data center sera sûrement suffisante.
@CR_B: Sauf si à un moment donné on s’aperçoit que l’IA ne rapportera pas ce qu’elle coute. Parceque pour le moment à par amuser les commun des mortels avec des réponses approximatives ou la génération d’images ou de vidéos l’IA ne rapporte pas vraiment. Il semblerait même que certains clients commencent à se demander si un jour ils rentreront dans leur investissements. Si un jours ils décident que la réponse est non ce ne serra pas un rééquilibrage mais un bain de sang!
@CR_B
Vas voir sur Youtube ce qu’en pense Aldo Sterone, et ce monsieur est sûrement pas un complotiste. Après qui vivra verra..
@apopi: Aldo Sterone ne s’y connais pas plus en IA qu’en accidentologie ou tout autre domaine sur lequel il fait des vidéos. Il est à la fois complotiste et complétement ignorant des sujets qu’il traite.
https://www.youtube.com/watch?v=YPz46kElNnA
@TheMogwai « ne rapporte pas vraiment », « amuser le commun des mortels », je crois que tu prends pas en compte tous les métiers basé sur le « blabla » : commerciaux, etc dont une grande partie du temps était prise par la rédaction de prose, ou mêmes tous les dev qui on commencé leurs carrières il y a 3 ans et pour qui ChatGPT est le nouveau stackoverflow (le site web, pas le bug hein), ces gens là sont maintenant incapable de faire machine arrière.
Dans les métiers du numérique, mais plus dans la strate managériale, énormément de gens déleguent pleins de taches au quotidien à ChatGPT (ou autres LLM).
[lol là tout de suite je fais un clic droit pour rétablir l’orthographe d’un mot et je vois dans le menu Firefox, juste au dessus de « vérifier l’orthographe » : « demander à un chatbot » … envie de crever ]
Pour moi même si c’est pas viable à terme gratuitement , c’est une énorme expérimentation à ciel ouvert qui va répondre aux questions : « est ce que c’est faisable » « est-ce que c’est fiable », et surtout « qui va être prêt à payer le vrai prix ».
ChatGPT is the new 90’s Excel macro XD
@mat: oui, dans certains domaines de métiers c’est l’hécatombe. Je connais des gens qui bossent dans le milieu commercial (rédactionnel, illustration graphique) et leurs contrats fondent comme neige au soleil.
Et dans d’autres secteurs quand tu vois que chez un géant de l’agroalimentaire (notamment connu pour de l’eau de source polluée aux bactéries fécales et aux micro-plastiques) quand il annonce le licenciement de 16000 c’est notamment 12000 cadres qu’ils vont remplacer par l’IA.
5GW le DC… Il ne montre pas les 4 réacteurs nucléaires (soit une centrale complète) a côté de son bidule « j’ai la plus grosse »? Ce serait moins vendeur? Bonjour la génération IA qui fait en prime des leçons sur une prétendue « dette climatique » aux plus anciens… après les smartphones neufs tous les 1 ou 2 ans, idéalement avec du Chiine (Shein) sur le dos pour économiser à cette fin! Paille-poutre… version IPN la poutre.
Actuellement, c’est simple, tous les anciens sites industriels qui avaient une grosse puissance d’alimentation ne sont plus vraiment considérés comme des friches et retrouvent un intérêt économique.
Le pb, c’est que les factures électriques vont aussi exploser alors que l’on pousse politiquement à électrification tous azimuth. Le risque, c’est que les gens pensent assez rapidement en mode « pour faire baisser vos factures, cramez un DC »?
Ces sites sont de vrais fort knox, mais face à une révolte globale rien ne tiens…
@Tof:
L’ia/les simu remplacent des ingénieurs développement en physique des matériaux (calculer une structure, un avion, un pont, etc..).
Alors des « cadres » dont l’emploi du temps consiste à 50% faire des réunions (des meetings), 25% faire des Powerpoint (pardon, du reporting), et 25% atténuer les gérémiades de ses subalternes (management, je ne m’y ferai jamais), oui, c’est le grand effacement.
Il faut se rendre à l’évidence, on a créé des emplois sur 70 ans, pour remplacer des métiers.
Un emploi c’est un chèque contre une activité non productive.
Un métier c’est du savoir et des savoir faires.
Les métiers sont touchés. La proportion je ne sais pas, en volume ça peut être énorme (dans les bureaux d’études, un logiciel remplace toute l’équipe technique par exemple).
Dans les emplois, c’est virtuellement 100% de chômeurs dans 5 ans, si on est optimiste.
Les ouvriers coûtent toujours moins cher que les robots/l’automatisation au sens large. Mais les économies monumentales sur les cadres… Vont accélérer cet aspect.
J’ai discuté hier soir avec un copain ingé data dans une grosse boite dans le secteur de l’énergie.
Grosses manœuvres en cours, avec dégraissage dans le secteur informatique, du jamais vu, je vous laisse deviner pourquoi.
Il semble que dans le domaine du dev, les prochains outils de AWS soient impressionnants (quand ils ne tombent pas en panne…).
J’ai aussi lu que les scénaristes de Hollywood, après avoir fait grève et combattu l’IA, commencent à trouver de l’intérêt à la chose.
Idem dans le domaine des effets cinéma.
Bref, la poule aux œufs d’or du codage et autres geekeries risque de passer un mauvais moment.
Idem pour les « créatifs » de tous poils.