MoaanFLY : une liseuse couleur Android originale sous Kickstarter

MoaanFLY est l’étrange nom d’un projet assez original. Une liseuse couleur qui propose non pas une mais deux batteries.

Le projet en financement participatif MoaanFLY fait partie de cette galaxie de solutions à encre numérique couleur qui fleurissent ces derniers temps dans le monde du crowdfunding. Mais, au contraire des modèles habituels, c’est le premier à proposer une solution alternative de batterie.

En général, les fabricants de liseuses ne s’intéressent pas à l’autonomie de leurs solutions. MoaanFLY se distingue clairement sur ce poste en proposant une approche différente. Si les constructeurs ne se préoccupent pas vraiment de la durée d’exploitation des liseuses entre deux recharges c’est pour deux raisons qui se rejoignent. La première tient au fait que l’usage d’encre numérique augmente de fait la durée de vie d’une charge. Les écrans affichent des données sans consommer d’énergie et cela suffit à proposer des heures et des heures d’utilisation.

La seconde vient d’un marketing clairement trompeur mis en place par les Kindle. Les constructeurs parlent de « semaines » d’autonomie avec une approche très particulière. Quand on parle d’autonomie de cellules de batteries, dans tous les cas, on se base sur une durée ou une distance. Un véhicule électrique va proposer x kilomètres en moyenne. Un smartphone pourra fonctionner pendant x heures en moyenne. Un ordinateur portable proposera la même approche. Ce sont des mathématiques simples.

Pour le monde des liseuses, le marketing utilise, comment dire, un autre angle. On parle de « semaines d’utilisation. Ce qui laisse croire au public qu’il faudra des semaines entre chaque recharge et donc une grande tranquillité d’esprit. En réalité, c’est la méthode de calcul qui change. Ce qui est mis en avant pour les Kindles c’est « jusqu’à six semaines d’autonomie. » C’est ce qui est affiché dans le descriptif général de la liseuse.

Il faut aller dans les caractéristiques en fin de page pour comprendre comment est fabriquée  cette autonomie de « six semaines ». Il s’agit d’une durée calculée à raison d’une demi-heure de lecture par jour. Autrement dit, 6 x 7 = 42 jours. 42 jours x 0.5 heure = 21 heures. On passe donc de 6 semaines en « calcul liseuse » à 21 heures en « calcul logique. » Si un constructeur de smartphone se mettait à calculer l’autonomie d’un de ses appareils avec un usage de « un quart d’heures par jour » il obtiendrait probablement des mois d’autonomie également. 

Bref, La liseuse MoaanFLY prend le taureau par les cornes et propose une autre approche. La liseuse en tant que telle proposera une batterie de 1200 mAh. Une batterie qui sera directement embarquée dans son châssis. Un corps en deux épaisseurs avec une partie plus imposante d’un côté pour une meilleure portabilité . Et une seconde partie plus fine pour un engin qui ne pèsera que 166 g avec la majorité du poids dans la paume de la main. La liseuse profitera de cette finesse pour venir se glisser dans une « cover » qui embarquera elle-même une batterie de 1950 mAh pour 152 g. Un total de 3150 mAh donc et la possibilité de recharger sa batterie principale directement avec son étui de protection. L’idée est simple et brillante, en rangeant la liseuse MoaanFLY on la protège et on la met à recharger même en déplacement.

L’autonomie obtenue n’est cependant par extraordinaire. Dix heures d’usage continu au total et cinquante jours de veille. La raison est assez simple, l’engin ne tourne pas avec un système de liseuse classique mais avec un Android 14 aux processus bien plus gourmands. Le tout se rechargera en 4 heures avec un port USB type-C.

Pour le reste, c’est assez classique. L’écran est une dalle de 7 pouces en 1680 x 1264 pixels. Une dalle E Ink Kaleido couleurs avec 4096 nuances. Comme d’habitude, la finesse des détails varie suivant l’usage de l’écran, De 300 points par pouce en niveaux de gris à 150 en couleur. À noter que la dalle propose la prise en charge d’un stylet actif avec 4096 niveaux de pression. Stylet qui ne sera pas inclus par défaut, mais disponible en option.

La liseuse embarque un SoC Rockchip RK3576 pour piloter son système. Solution 8 cœurs en big.LITTLE basée sur quatre Cortex-A72 et quatre Cortex-A53 et associée à un circuit graphique Mali-G52 MC3 et un petit NPU 6 TOPS. L’appareil proposera 4 Go de mémoire vive et 64 Go de stockage en interne. La connexion se fera via un Wi-Fi5 associé à du Bluetooth 5.2 et rien n’indique que son Android 14 aura la possibilité d’accéder au magasin d’applications de Google. Malgré la présence du logo sur la page, le texte est assez flou et parle d’une boutique d’applications préinstallées et d’applications en provenance de sources tierces.

Prix annoncés ? 419$ HT pour le modèle de base. 488$ avec le stylet. Des tarifs pas super avantageux finalement, sauf pour les ceux qui pourront obtenir la liseuse à 256€. La disponibilité est attendue pour décembre.


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8 commentaires sur ce sujet.
  • Xo7
    22 septembre 2025 - 14 h 28 min

    Pas convaincu, une protection ça protège et ca ne se retire pas sinon a quoi ça sert ! Perso j’adore m’endormir en lisant et bien souvent elle me tombe des mains… parfois sans heurts et d’autre fois avec fracas au pied du lit ou de mon fauteuil. Alors ce concept de demi protection qui ne protege que l’ecran une fois fermé (par aimantation en plus) je passe mon chemin je galere assez avec le clavier de mon pc qui se détache tout seul trop souvent….. D’autre y trouveront des avantages que je n’ai pas encore vus…

    Reply
  • Xo7
    22 septembre 2025 - 14 h 36 min

    Merci Pierre pour cette explication d’autonomie….je lis 2 a 3 heures par jour….et plus lorsque je m’endors ! Merci les onglets pour retrouver la dernière phrase consciente lue et la veille automatique pour économiser la batterie (éclairage)

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  • 22 septembre 2025 - 17 h 28 min

    Le tarif de livraison est prohibitif…

    Reply
  • 22 septembre 2025 - 19 h 22 min

    Le marketing de la durée de la batterie, toujours du foutage de tronche.

    Le prix est assez élevé, sûrement dû au SOC, qui est le minimum syndical pour faire tourner confortablement Android mais, cela a t’il vraiment un intérêt d’avoir Android sur une « petite » liseuse, plutôt qu’un OS plus léger, comme sur les Kobo? (C’est une vraie question, je ne m’en rends pas compte)

    J’avoue que le coup de l’étui/batterie est vraiment ce qui me tiendrait a distance, le truc propriétaire par excellence…

    Reply
  • 22 septembre 2025 - 22 h 17 min

    Je rêve d’une liseuse indépendante des bibliothèques verrouillées avec un système offrant plus de possibilités de paramétrages afin d’accèder aux serveurs opds, d’afficher noir sur fond blanc, ou blanc sur fond noir histoire de ne pas déranger le conjoint qui dort à coté …
    Mais de là à avoir un android … bof bof, où alors très adapté.

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  • 22 septembre 2025 - 22 h 51 min

    ils vont surement pas optimiser android pour arriver à un aussi piètre résulstant

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  • 23 septembre 2025 - 13 h 21 min

    Pour une liseuse numérique à encre électronique le seul vrai indicateur serait le nombre de page vu que c’est le moment où la machine utilise de l’énergie pour rafraîchir l’écran.
    Si la liseuse à un rétroéclairage alors ce serait avec celui-ci poussé au maximum pour avoir le pire scénario possible. Idem avec la connexion réseau.

    Pour tous les appareils électrique on devrait avoir le pire scénario, pas de mauvaise surprise ainsi.
    Dans l’automobile électrique il me semble que les coréens le font avec une indication d’autonomie moyenne et deux autres indicateurs donnant le pire et le meilleur scénario (tout en respectant le code de la route).

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  • 23 septembre 2025 - 13 h 35 min

    @Cinos: La « norme » des 1/2 heure par jour a été lancée par un premier acteur (je ne sais pas si c’est Amazon et son Kindle) et toute l’industrie a trouvé ça malin. Il aurait été facile pour un concurrent de parler de vraie autonomie d’usage. En pratique, tout l monde a suivi parce que c’est super vendeur de dire 2 semaines d’autonomie au lieu de 7 heures…

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