Avec un design hérité d’une gamme précédente et un processeur particulier, le GMK M8 est pour le moment uniquement annoncé en Chine. Ce MiniPC est équipé d’une puce assez particulière. De génération Rembrandt, le Ryzen 5 Pro 6650H développe six cœurs Zen3+ pour 12 threads cadencés de 3.3 à 4.5 GHz. Il propose un circuit graphique AMD Radeon 660M à 1.9 Hz sur 6 Compute Units.

Le GMK M8 mets en avant le « tout nouveau » Ryzen 5 Pro 6650H de 2022…
Pour comprendre cette puce et le GMK K8, il faut revenir un peu en arrière. Ce Ryzen 5 Pro 6650H est une version créée sur mesures pour des machines à vocation entreprise. AMD a pris un Ryzen 5 6600H classique et l’a modifié en partie pour coller à ce besoin précis. En baissant le nombre de Compute Units de son moteur graphique de 12 à 6 et en ajoutant des fonctions de sécurité Microsoft Pluton sur la puce, AMD obtenait une solution parfaite pour équiper des postes classiques pour des travaux de bureau.
Le circuit graphique du Ryzen 5 6600H est beaucoup plus performant pour le grand public avec des fonctions de calculs largement plus évoluées. Ce qui n’a pas rendu le 6650H très séduisant pour les fabricants. A vrai dire, si vous faites une recherche de ce 6650h sur minimachines, vous risquez de ne rien trouver.

Alors pourquoi GMKtec s’en est emparé pour ce GMK M8 ? Il y a bien sûr la possibilité de mettre la main sur un lot de puces disponibles à un bon prix. Je crois que c’est souvent le point de départ de beaucoup de productions rapides de ce type. L’occasion faisant le larron, la disponibilité de ces processeurs permet de lancer une production sur une carte mère précédente en utilisant des châssis existants. C’est, j’imagine, exactement le scénario qui explique la naissance de ce MiniPC aujourd’hui. Cela ne résout pas le souci d’un processeur fort peu attirant pour les particuliers. Et pour compenser ce détail, le constructeur emploie un argument un peu bancal. La possibilité d’adjoindre une carte graphique externe via une connexion OCuLink.
Pourquoi bancal ? Parce que énormément d’indices montrent aujourd’hui que cette connexion qui permet de monter une solution graphique en externe soit en train d’être abandonnés au profit de solutions Thunderbolt 4/5 et USB4V2. Les défauts de l’OCuLink étant assez nombreux avec un coût d’implantation élevé, une limitation d’usage et, apparemment, pas mal de problèmes de SAV. Les utilisateurs de ce type de ports, biberonnés aux usages de l’USB, n’arrivant pas à enregistrer le fait qu’il est impossible de le brancher et de le débrancher à chaud. Cela crée beaucoup de problèmes pour les marques qui l’emploient.
En additionnant un Ryzen 5 6650H et une carte graphique PCIe sur un dock externe, on aura sans doute une bonne solution. Encore qu’il faille faire ses comptes et souvent posséder déjà une carte graphique de ce type à recycler pour que le jeu en vaille la chandelle. Petit bémol secondaire sur cette minimachine qui ne propose pas une évolutivité parfaite, la mémoire vive est soudée en LPDDR5-6400 et restera donc limitée au 16 Go d’origine. Le stockage pourra évoluer de son côté avec deux emplacements M.2 2280 NVMe PCIe 3.0.
Le tout est enfermé dans un boitier dont GMK est assez fier puisqu’il lui a permis de récolter un prix de design Red Dot Award. Je ne vais pas juger de la pertinence du goût de ce boitier, mais il s’agissait de la présentation d’une autre machine. Ici le GMK M8 est un clone du boitier primé qui était le GMK EVO-X1 sous processeur Strix Point.

Pour le reste, on retrouve un MiniPC classique chez le constructeur. Au niveau de sa connectique, on découvre sur la face avant le fameux port OCuLink, un USB4, deux USB 3.2 Gen2 Type-A et un jack audio combo 3.5 mm.

Sur la partie arrière, un USB 3.2 Type-A et un USB 2.0 Type-A, une sortie HDMI et un DisplayPort, deux ports Ethernet 2.5 Gigabit, un Jack d’alimentation et un Antivol type Kensington Lock. Un module réseau interne proposera du Wi-Fi6E et du Bluetooth 5.2.
Quel bilan pour ce GMK M8 ? Difficile de savoir comment le prendre en compte puisque, pour le moment, aucun détail de communication n’a émergé. En Chine, l’engin est annoncé à partir de 1999 Yuans avec un SSD de 512 Go. Cela représente environ 245€ Hors Taxes. Un modèle 16Go/1To est indiqué à 2299 Yuans soit 280€ HT. Ce n’est évidemment pas très cher, mais plein de compromis. Si on ajoute simplement 20% de TVA, on passe à 300 et 340€.
Il est possible de trouver facilement un MiniPC sous Ryzen 5 6600H en 16/512 Go pour 210€ aujourd’hui comme le Chuwi UBox que je remontais en bon plan le 14 octobre dernier. Il n’offrira pas la connectique OCuLink mais proposera de l’USB4, un niveau de performances supérieur à ce que cet engin propose, de l’évolutivité de mémoire, et un prix très abordable. Il n’aura pas accès aux fonctions Microsoft Pluton qui sont des éléments de sécurité propres à l’écosystème Windows. Mais pour un usage en tant que particulier, cela n’a aucun intérêt.
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Bonjour Pierre, sauf erreur de ma part, le 6600h et 6650h disposent du même nombre de compute units. Je pense qu’il n’y a que les fonctionnalités microsoft pluton qui sont rajoutées.
L’APU avec 12 compute units de cette génération, en version h, il me semble qu’il n’y avait que le 6800h et 6850h.
Bonne journée!
J’ai un port oculink et ce qui me surprend c’est que son offre est restreinte aux cartes graphiques alors qu’a la base c’est des lignes pci express et donc il devrait normalement y avoir des boitiers d’extensions mais au final rien
@Thib: Dans mes fiches c’est bien 6/12 CU.
https://cputronic.com/index.php/cpu/amd-ryzen-5-pro-6650h
https://www.notebookcheck.net/AMD-Ryzen-5-PRO-6650H-Processor-Benchmarks-and-Specs.615450.0.html
PS : AMD est pénible a faire disparaitre ses fiches tech sur ses vieux CPU
@R2D2: Ca existe mais dans les offres pros et pas spécialement compatibles économiquement avec l’idée d’un MiniPC. Sans compter la difficulté pour s’approvisionner.
@R2D2:
Très peu d’autre choix en effet mais Pierre avait présenté une extension pour SSD NVME dans un billet en août dernier:
https://www.minimachines.net/actu/rtp-aoostar-tb4s-oc-4-ssds-nvme-compatible-oculink-et-usb4-129367
@Zentoo: A ma connaissance, il n’a jamais été mis en circulation :/
Je pense aussi qu’à l’usage L’USB 4 va enterré définitivement l’Oculink.
A mes yeux l’Oculink reste au final une techno non finalisée et pensée pour externaliser une carte vidéo en premier lieu.
C’est bien dommage de ne pas avoir fait un standard pensé dès le départ pour de l’interconnexion PCIE plus générale. Ce qu’il manque à l’Oculink pour cela c’est la gestion du hotswap. Le hotswap est pourtant géré par la norme PCIE et par les OS mais je suppose que cela nécessite du hardware supplémentaire pour le gérer proprement comme cela est fait sur certaines extensions pour PC qui permettent l’echange à chaud des disques NVME.
Il faut dire que l’usage réel du hotswap se retrouve plutôt dans le milieu pro notamment dans les datacenters. Son usage reste limité pour le grand public qui n’a pas un réel besoin de pouvoir échanger ou ajouter à chaud des composants sur un PC car cette maintenance est ponctuelle et l’arrêt électrique pas un problème insurmontable voir même plus sûr. Au final, le hotswap pour le grand public, c’est bien l’USB.
La suprématie actuelle des DAC audio externes sur les cartes audio PCIE en est un parfait exemple.
Le Thunderbolt, quant à lui reste une technologie réservé à Apple et Intel actuellement car les normes en version 4 et 5 sont sujette à licence (Intel vient de libérer la licence du Thunerbolt 3) et limite de facto son interopérabilité.
Bref l’USB est devenu un vrai protocole à tout faire même si à l’usage il faut quand même s’y connaître un minimum pour vraiment en tirer parti entre les différentes normes USB (2/3/3.1/3.2/gen1,gen2,gen2x2/4), les différents connecteurs (micro/mini/A/B/C) et leurs usages et compatibilité (affichage, OTG, … ).
@Pierre Lecourt:
Merci de ta remarque car j’étais potentiellement intéressé par le produit.
Je me suis fait leurrer par quelques tests et quelques rares produits à la vente mais en effet après vérification les produits sont indisponibles et même la page du constructeur n’existe plus.
Un fait de plus appuyant l’extinction de la norme ?
@Zentoo: Je ne sais pas mais c’est… cohérent.
Je veux dire par là que le public intéressé par un stockage de ce type est vraiment minuscule. Les pros vont partir vers des choses un peu plus sécurisées qu’un boitier externe d’une boite noname pour leurs datas. Les particuliers ne verront pas forcément l’intérêt et l’offre est désormais attaquée frontalement par des NAS SSD à haut débit plus accessibles. Il reste quoi pour ce type de solution ?
Aucun acteur sérieux ne va déshabiller Paul (son segment BtoB) pour habiller Jacques (BtoC) avec ce type de solution. Ils n’auraient rien a y gagner.