CES 2018 : Samsung annonce l’Exynos 9810, un SoC orienté multimédia et sécurité

Avec son nouveau SoC Exynos 9810, Samsung ne veut plus jouer à la course à la performance brute, la marque met en avant d’autres éléments que la simple fréquence de coeur ou les performances par rapport à la génération d’avant.

Quand on a suivi la course des processeurs traditionnels du monde PC, la course au GHz d’Intel et d’AMD puis l’assagissement des deux marques, on ne peut que remarquer les similitudes de scénarios du monde ARM actuel. Après une débauche de performances, une multiplication du nombre de cœurs et surtout une concurrence féroce basée sur les mêmes armes entre des dizaines de marques, il est temps de réfléchir à de nouveaux moyens de séduction. Chez Samsung, cela coïncide avec la sortie de cet Exynos 9810.

2018-01-04 13_06_20-minimachines.net

Premier élément intéressant, cet Exynos 9810 n’est pas orienté vers un type de materiel particulier. Il ne se glissera pas uniquement dans des smartphones par exemple. La marque Coréenne veut que son dernier bébé puisse s’implanter partout dans la mobilité comme dans les automobiles et cela ressemble également à un appel du pied à Microsoft pour un éventuel développement de Windows 10 ARM.

Avec huit cœurs gravés à 2.9 GHz, cette puce gravée en 10 nanomètres ne dévoile pas  tout à fait son architecture. Quatre cœurs très puissants sont associés à quatre moins rapides dans une architecture big.LITTLE typique des solutions ARM. Les cœurs les moins rapides prendront en charge les tâches légères tandis que les plus performants seront mis en marche pour les traitements les plus lourds. L’Exynos 9810 se chargera de répartir les équipes de travail en fonction de chaque tâche à accomplir.  Pour Samsung, son nouveau SoC est 40% plus rapide que l’ancien Exynos 8895 en multi cœurs et deux fois plus rapide en simple cœur. C’est devenu assez classique et si Samsung annonce des performances en très nette hausse, ce n’est plus le seul argument de la marque.

Mais ce qui va distinguer réellement la puce des modèles précédents ne réside pas dans la puissance de calcul. Du reste, ce n’est plus un élément vraiment déterminant à l’achat; La plupart des puces récentes sont suffisamment performantes pour exécuter la plupart des tâches sans broncher sur nos smartphones. Le problème étant que l’effet ressenti par un changement de puce s’estompe très rapidement. Quand on passe d’un smartphone qui met 10 secondes à effectuer une tâche à un autre qui n’en met plus que 6, on s’habitue à cette nouvelle donne en quelques jours. Les 6 secondes deviennent en une semaines aussi longues que les 10 secondes de la semaine d’avant.

Ce qui va changer la  donne alors sera l’ensemble des services qui graviteront autour de cette offre de performance de base. Des éléments qui pourront marquer l’utilisateur et qui provoqueront de nouveaux usages, voire même des prises en charge spécifiques dans de nouveaux appareils. Comme Samsung fabrique des smartphones et des puces, il se retrouve bien placé pour imaginer une ligne d’appareils construits pour prendre en charge tous les nouveaux développements d’un Exynos 9810.

On retrouve donc des nouveautés comme un nouveau système de sécurité pour l’usage de capteurs biométriques. La puce prendra en charge la détection des empreintes digitales, des visages et des Iris mais sécurisera également les données enregistrées par les appareils qui seront donc mieux protégées. Des points pas forcément très simple à faire valoir au grand public pour le moment mais qui demeurent importants à l’usage et qui pourront devenir centraux à terme pour de nombreux utilisateurs. Si on peut injecter une empreinte dans la base de données d’empreintes reconnues par un appareil alors on peut utiliser l’appareil sans soucis. Protéger leur stockage n’est vraiment pas anodin.

Un nouveau modem 4G LTE Cat 18 qui supportera des débits théoriques allant jusqu’à 1.2 Gbps en download et 200 Mbps en upload.

Un nouveau codec plus rapide, plus puissant et moins gourmand pour la prise en charge des images et de tous les éléments visuels. Sur le registre des éléments véritablement visibles par l’utilisateur final, le nouveau circuit photographique de la puce pourra, entre autres, prendre en charge une stabilisation logicielle de la vidéo jusqu’à l’UltraHD. Entre autres choses, la puce améliorera les clichés pris en basse luminosité et permettra d’afficher des vidéos Ultra HD jusqu’à 120 images par seconde. A condition d’avoir des vidéos à ce format sous le coude…  Une prise en charge de l’HEVC 10-bit et du VP9. Samsung annonce que sa puce pourra prendre en charge chaque couleur de base d’un écran RGB en 1024 nuances différentes pour ce qui donne une étendue de 1,07 milliards de combinaisons de couleur au final, 64 fois plus que du 8-bit traditionnel et ses 16,7 millions de coloris.

Samsung évoque également des nouveautés en terme d’Intelligence Artificielle ce qui ne veut pas dire grand chose en réalité puisqu’il s’agit souvent d’algorithmes de prise en charge de fonctions de corrections photographiques. Et oui, pour un constructeur de puces, savoir détecter les yeux rouges et les corriger automatiquement, c’est de l’AI.

9 commentaires sur ce sujet.
  • 4 janvier 2018 - 14 h 44 min

    Super intéressant, Samsung se lance ici dans la confrontation directe avec Qualcomm. En espérant qu’ils ont conçu une architecture plus facilement intégrable pour les constructeurs tiers. C’était le gros défaut des précédentes monture qui a limité son intégration dans des périphériques de marques secondaires comme Miezu.

    Répondre
  • 4 janvier 2018 - 14 h 54 min

    @RxVincent: C’est le soucis que l’on me remonte souvent. Comme si la boite savait communiquer en interne mais du coup ne se souciait pas trop de communiquer et documenter suffisamment avec ses clients externes potentiels…

    Répondre
  • 4 janvier 2018 - 15 h 19 min

    @Pierre Lecourt: Je ne suis pas surpris, ça ne devait pas faire parti de la stratégie de l’entreprise et ils cherchaient probablement à ne pas froisser Qualcomm étant donné qu’ils utilisent toujours leur SoC y compris sur les mobiles haut de gamme.
    Si Samsung se présente comme un nouvel acteur sérieux et désireux de conquérir des PdM sur les SoC HdG et MdG, ça serait une bonne nouvelle pour nous, les consommateurs, de sortir du monopole de Qualcomm.

    La folie serait de voir Apple distribuer son A11 et successeurs à la concurrence, mais ça je peux toujours rêver :D

    Répondre
  • 4 janvier 2018 - 15 h 24 min

    @Pierre Lecourt: ayant bossé dans l’auto pendant un moment, je peux te dire que ton questionnement sur les 120fps coïncide avec ton info de Samsung pour l’auto car les demandes constructeurs veulent aujourd’hui afficher des infos au conducteur à exactement 120 FPS.
    Details là à dire que Samsung se lance dans l’auto, pas sûr mais y a moyen.

    Répondre
  • 4 janvier 2018 - 15 h 29 min

    @RxVincent: Apple a suffisamment de mal a supporter les Hackintosh pour ne pas faire cette bêtise ^^.

    @prog-amateur: Ah tiens, je ne savais pas; Une raison particulière pour ces 120 Hz ? La réactivité de l’affichage par rapport à la réactivité générale que doit avoir le système pour informer au mieux le conducteur ?

    Répondre
  • 4 janvier 2018 - 20 h 09 min

    @Pierre Lecourt: en fait dans l’automobile, l’aspect visible par le conducteur est extrêmement impactant en termes d’image de marque. On pardonnera plus une voiture neuve avec un défaut fonctionnel (défaut alternateur, bouton ne défaillant), en revanche acheter neuf chez un constructeur avec un défaut d’aspect (pare-brise/plastique/cuir rayé) ne fait pas sérieux et sa réputation cheap risque d’en prendre un coup.

    Ici, les constructeurs souhaitent simuler les aiguilles vitesse et RPM avec une extrême fluidité (bien que 60FPS, c’est déjà très bien, je pense que le 120FPS est réservé au premium juste pour l’argument marketing). Ainsi, ils veulent éviter toute saccade dans le mouvement et veulent offrir une expérience proche du réel.

    Il est possible qu’il existe un argument additionnel à cela (technique, sécurité), mais je ne le connais alors pas.

    Répondre
  • 4 janvier 2018 - 22 h 25 min

    “Ainsi, ils veulent éviter toute saccade dans le mouvement et veulent offrir une expérience proche du réel. ” : en français cela signifie-t-il “vendre cher une illusion d’optique numérique se comportant comme l’analogique d’il y a 30 ans” ?

    :-))

    Répondre
  • 5 janvier 2018 - 0 h 37 min

    @dodudindon: On peut le voir comme ça ^^
    Mais aussi, le compteur digital a l’avantage de s’affranchir des multiples problèmes mécaniques possibles avec un compteur classique. Et c’est au final moins cher car avec un PCB et un écran, ça fait à la fois compteur-vitesse, RPM, navigation, etc. Malinx le lynx

    Répondre
  • 5 janvier 2018 - 9 h 37 min

    @Pierre Lecourt: J’avais compris que les quatre cœurs Cortex A75 étaient associés à quatre A55. Ces cœurs sont pleinement compatibles avec DynamIQ, technologie qui remplace l’architecture big.LITTLE.
    DynamIQ permet de réunir 8 cœurs différents au sein d’un même cluster. L’ancienne plateforme big.LITTLE imposait une séparation par type de cœurs et la bascule entre cluster big et cluster LITTLE.
    Quant est-il vraiment ?

    Répondre
  • LAISSER UN COMMENTAIRE

    *

    *