Hors Sujet EP04 : pourquoi tant de tolérance avec les trottinettes ?

Pourquoi tant de tolérance ? Pourquoi tout le monde ferme les yeux sur des trottinettes électriques pourtant interdites sur la voie publique ? Pourquoi les politiques ne découvrent ces engins qu’en 2019 alors qu’ils sillonnent nos rues depuis des années ?

Ma petite théorie du pourquoi on a laissé les Engins de Déplacement Personnels Motorisés rouler illégalement chez nous pendant des années, avant de s’en émouvoir d’un seul coup. Je l’ai baptisée la théorie du crabe.

Ce n’est pas une théorie issue d’une étude à grande échelle mais elle semble être corroborée par plusieurs témoignages d’utilisateurs, de revendeurs, de policiers et de gendarmes qui m’ont contacté suite à mes remarques sur Twitter. L’arrivée des trottinettes électriques, des gyroroues, des skates électriques comme des autres engins du genre a été progressive, très progressive. Des premiers modèles réellement exploités en ville et surtout artisanaux de 2010 à 2014 vers la situation actuelle, il s’est écoulé beaucoup, beaucoup de temps.

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La réaction des autorités en France face à ces engins est identique à celle d’un crabe que l’on voudrait cuisiner. Quand vous plongez la bestiole dans de l’eau bouillante, je ne sais pas ce qu’elle ressent exactement, mais elle ne semble pas couler les moments les plus paisibles de son existence. Par contre, si vous laissez le crabe dans l’eau froide et que vous montez progressivement la température, il semble beaucoup moins gêné par la situation… même si à la fin le résultat est le même.

Et bien il me semble que c’est exactement cette seconde situation qui est arrivée en France avec les EDPM. Leur arrivée progressive a agi comme la marmite d’eau froide. Sans réaction de la part des autorités, tout un écosystème s’est installé dans la plus totale illégalité.

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Un policier travaillant sur Paris m’a expliqué comment il a d’abord vu débarquer des trottinettes classiques pour adultes. Il a un jour croisé un premier modèle, assez luxueux, assez classe, slalomant entre les piétons. Et puis, rapidement, il a pu constater l’apparition d’autres trottinettes classiques. Des modèles sans moteur donc. C’était tout à fait légal et donc tout à fait normal. Bien sûr, il y a eu quelques rappels à l’ordre et autres sonnettes d’alarme pour expliquer que si l’engin était autorisé, l’utilisation devait rester civique et qu’il ne fallait pas risquer de blesser les piétons. Dans la grande majorité des cas, les utilisateurs étaient très calmes, très compréhensifs. Pas vraiment de soucis.

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Et puis un jour la température a pris quelques degrés. Une première trottinette électrique a fondu au travers des passants, à une allure qui ne laissait pas de doutes. J’ai eu le policier en question au téléphone et sa description était épique. Le mec bien raide, cravate au vent, filant dans la foule, un peu vite… Un peu trop vite… En tout cas bien plus rapidement, bien plus nerveusement, bien moins pacifiquement qu’avec une trottinette classique. Son conducteur ressemblait à ce profil de jeune cadre urbain pressé. Sortant du métro pour aller s’enfermer au plus vite dans un bureau. Là encore, une rapide mise au point a suffi à calmer le jeu.

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Mais au bout de quelques temps, rebelote, la première trotelec a été suivie d’une poignée d’autres puis rapidement d’une avalanche d’autres. Et bien avant l’arrivée des modèles en Free Floating, des engins comme la M365 ont donc, dès le Printemps 2018, commencé à déferler dans la plupart des grandes villes françaises. Et moi, je me souviens de mes premières balades avec une Xiaomi M365, je vous en faisais part d’ailleurs dans un test, de nombreux passants posaient un regard appuyé et amusé sur l’engin. D’autres me posaient carrément la question de son pedigree, de son prix et surtout de l’endroit où on pouvait l’acheter à ce prix. J’imagine l’effet boule de neige de l’apparition de ces modèles de qualité autour des 300-350€. Des centaines puis des milliers d’utilisateurs on acheté en importation ces engins. L’eau de la marmite commençait a frissonner pendant que le crabe lui, continuait a buller au fond.

Mon policier me disait avoir posé la question à sa hiérarchie et avoir vite compris qu’il avait dit une bêtise. Les commissariats étant vide avec dans son cas 1 policier pour 600 habitants dans son grand arrondissement… Ils avaient alors d’autres choses a faire que de contrôler ce genre de véhicules. La règle tacite était donc de fermer les yeux sur l’usage de ces engins tout en conservant évidemment la possibilité de calmer les usagers les plus énervés. A deux doigts de bouillir, déjà bien rouge, le gros crabe ne bougeait donc toujours pas d’une patte.

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La suite a été économique et très logique. Voyant que les utilisateurs importaient en masse des engins des quatre coins du monde, les vendeurs français spécialisés se sont donc logiquement mis à proposer leur propre catalogue. Soit en important eux même les modèles à succès et en les mettant en vente. Soit en recherchant des fabricants capables de fournir des engins a leurs couleurs. Les grossistes se sont donc mis à proposer des trottinettes aux revendeurs qui les proposaient ensuite pour rouler sur la voie publique. De manière illégale. Mais sans aucune pression des autorités.

Qu’un particulier importe un de ces engins sans savoir qu’il n’a pas le droit de l’utiliser en France, c’est une chose. Mais un professionnel à le devoir de le savoir et le devoir d’en informer ses clients. Beaucoup ne s’embarrassaient pourtant pas de la loi et invitaient à grands renforts de publicités leurs futurs acheteurs à faire des trajets en ville avec ces outils interdits. D’autres spécifiaient que les engins étaient réservés à un usage sur voie privée… mais souvent en tout petits caractères dans leurs manuels. Plus histoire de se dédouaner légalement que d’informer vraiment les clients.

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La marmite a donc mis beaucoup beaucoup de temps à bouillir. Et quand enfin elle est entrée sous pression, il était bien trop tard. Le crabe était tellement cuit qu’il ne pouvait plus réagir. Différents acteurs économiques avaient enclenché plusieurs vitesses, la distribution des engins générait déjà des sommes importantes. On parle quand même de plus de 230 000 trottinettes vendues en France en 2018, plus de 26 000 skates électriques. Et cela ne comptabilise pas l’importation… Le monde des assureurs s’est même mis au travail pour encadrer tout ça avec des offres sur mesures.

Que dire alors aux gens utilisant des trotelec et autres engins du même genre depuis des mois voire des années ?  Achetées en France avec de la bonne TVA dessus. Dans des boutiques payant elles même des taxes. Des engins affichant désormais quelques centaines ou quelques milliers de kilomètres ? Assurés en bonne et dûe forme. Que c’est désormais interdit ? Que ça l’a toujours été mais que jusque là on fermait les yeux ? La situation est devenue totalement intenable.

Et là dessus, sont apparues les solutions de Free Floating…

Chose dont on parlera dans le prochain épisode.

34 commentaires sur ce sujet.
  • Luz
    24 juin 2019 - 18 h 38 min

    Rahh !
    Ce Teasing à la fin de chaque épisode !
    Vivement l’épisode 5.

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  • 24 juin 2019 - 19 h 11 min

    Autre élement qui a mon avis a augmenté la température : la fin des Autolib et le chnagment d’opérateur catastrophique pour le Velib. Et comme d’une part, on continue par tous les moyens de dégouter le monde de l’automobile, que d’un autre coté les transports en commun n’ont guére progressé, il restait donc de l’espace pour une troisieme voie

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  • Phh
    24 juin 2019 - 19 h 23 min

    La question est quand même plus complexe que juste tolérance ou non.
    La trottinette répond à un besoin et permet de réduire la dépendance aux véhicules individuels, en transformant une distance de un km du transport en commun à la destination de “j’ai pas que ça à faire, je vais prendre la voiture” à “c’est aussi rapide que la voiture et plus sympa” (pour le trotinettiste)

    Interdire simplement la trottinette, c’est se bloquer d’une innovation nécessaire à mon avis.
    L’interdire sur les trottoirs et obliger à être sur la chaussée est franchement dangereux.

    Après je considère qu’un piéton ne devrait avoir absolument aucun danger, et être complètement ivre, ou juste la tête en l’air sans devoir faire attention à son entourage (dans le respect des autres quand même).

    Maintenant, on a d’ores et déjà des solutions aux problèmes posés par la trottinettes: ça s’appelle les pistes cyclables et places pour vélo.
    Et on transporte dix fois plus de personnes en vélo/trotinette que la voiture pour la même surface de voirie.
    Actuellement les pistes cyclables représentent moins de dix pourcents de la voirie, comparé à 50% pour la voiture à Paris.

    Bref, interdire les trotinettes ne me paraît pas être là solution raisonnable, laxisme ou non.

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  • 24 juin 2019 - 19 h 32 min

    @Phh: Je crois que personne ne le propose en fait.

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  • 24 juin 2019 - 20 h 41 min

    mais personne veut interdire la trottinette c’est même l’inverse je crois, la loi de 2019 va juste remettre les pendules à l’heure et redorer le blason de l’Etat qui s’est vu totalement dépassé par le phénomène et ne la pas supporter.
    A Paris les trottinettes c’est du pain béni pour la maire de la ville qui est anti voiture, c’est pas elle qui va se dresser contre ces engins, je serais pas étonné qui achète une entreprise de free floating pour proposer leur buisness

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  • 24 juin 2019 - 20 h 41 min

    Les assureurs (comme les banquiers) toujours près à rendre service à la communauté :-)
    Quand j’achéte une voiture, on ne me demande pas si j’ai le permis et on ne m’explique pas ce qui interdit ou non de faire avec.
    On veut interdire (voir limiter) les voitures dans les centres villes,pourquoi pas, mais il est donc nécessaire d’avoir des solutions de mobilités alternatives.

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  • dja
    24 juin 2019 - 21 h 29 min

    Pour l’état, nos dirigeants et nos chers législateurs, j’imaginerais plutôt un bon gros homard bleu bien gavé plutôt qu’un pauvre crabe… une simple question de prix au kilo.

    Dans les deux cas effectivement, Pierre, ta méthode de cuisson fonctionne sans problème.

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  • 24 juin 2019 - 22 h 20 min

    Vivant depuis peu à Nantes (je suis parigot), j’ai été surpris et enchanté par la place des vélos dans la ville. Je remarque aussi que les trottinettes électriques sont de plus en plus nombreuses. Mais comme les pistes cyclables sont bien développées, ça passe. Par contre en ce qui concerne le free floating, il est carrément interdit. Si une compagnie dépose des trottinettes, elles sont retirées dès le lendemain par la mairie. Je les ai vus faire et ils sont très très efficaces.

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  • 24 juin 2019 - 22 h 39 min

    @phh tu serais pas trotinétiste toi des fois ? A l’heure actuelle la trotinette c’est l’occupation des trotoirs par des personnes -souvent des enfants- sans casque ni assurance. On peut faire pire mais va falloir drôlement se creuser la tête.

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  • 25 juin 2019 - 0 h 54 min
  • 25 juin 2019 - 9 h 34 min

    le feuilleton de l’été! très sympa.

    La circulation s’apprête à être rendue possible sur les routes <50 km/h en l'absence de pistes cyclables, curieux de voir ce que ça va donner en accidentologie.

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  • 25 juin 2019 - 9 h 46 min

    @Phh: pour phh, helas la solution est simple. je ne suis pas d accord avec toi, a partir du moment ou la regle est l incivisme (en tout cas a paris dans mon quartier, je me fait “pousser” au moins deux fois par jour sur les trottoirs et un velo m a memem “klaxonné”), la seule solution est la répression hélas… ou l interdiction.. jusqu a ce que les gens comprennent et que tout le monde s adapte.
    Il faut pousser aux vois privilégiés mais en attendant, les piétons sotn saturés de risque et sans action, cela va devenir tres tres conflictuel.

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  • 25 juin 2019 - 9 h 48 min

    @alain : il n y a pas que l accidentologie, il y a les “presques accident” et c est une partie tres stressante qui provoque bcp bcp de conflits (le fait qu on soit toujours a la limite de l accident, mais ca va ca passe).
    l humain est complexe :)

    Répondre
  • 25 juin 2019 - 10 h 00 min

    Plusieurs remarques à cet excellent article (encore bravo, Pierre)

    Tout d’abord, il faut savoir que la Mairie de Paris encourage la “mobilité urbaine propre” suite à une pollution de l’air grandissante et l’apparition quasi généralisée de problèmes respiratoires chez le jeunes enfants.

    J’ai moi même effectué plusieurs séjours à l’hopital avec un petit garçon qui n’arrivait plus à respirer et avait 39.8 de fièvre, il y est resté 5 jours à chaque fois, un masque sur le visage et des séances de “vaporisateur” toutes les 4h, nuit comprise. Le genre d’expérience qui vous calme direct sur la voiture en ville et vous fait voir d’un autre regard tous ces véhicules qui s’entassent en polluant, tout ça pour parcourir 3 ou 4km “bien au chaud”

    Bref, le phénomène des trottinettes, hasard ou pas, est arrivé en même temps que le constat qu’on est allé trop loin avec la logique des voitures en ville et que ce moyen de transport nuit à une majorité (pollution, bruit, espace occupé, parking, …) pour déplacer une minorité qui pourrait le faire franchement autrement

    Ceci à surement participé au succès massif de la chose

    Parmi les “bonnes idées” de la Mairie : se réapproprier les voies sur berges et les proposer aux piétons

    Tous les WE donc, on assiste à une ruée de parisiens qui viennent profiter d’une balade en bord de Seine, à pied, à vélo, en roller et bien sur… en trotinette

    Les free floating ont certes considérablement contribué à la sensibilisation du grand public à ce nouveau moyen de transport. les promenades en bord de Seine aussi !

    Il faut aussi savoir qu’à Paris il a été constaté que la trottinette remplace peu, pour le moment, la voiture. Elle est plutot devenue une alternative aux transports en commun, mais je ne désespère pas que nos amis banlieusards (et j’en suis devenu un) changent leur habitudes ancestrales.

    Enfin et je termine la dessus, la trottinette électrique, possédée ou louée en free floating, ça cartonne à Paris…. parce que ça marche. A un moment, quand on essaie un nouveau moyen de se déplacer et que le trajet que l’on a à faire est effectué plus rapidement que les moyens précédents… c’est pas anormal de constater une adoption rapide et massive.
    C’est con, mais c’est vrai : pour une majorité de déplacements intra-muros, la trottinette électrique est plus rapide que le vélo, que le bus, que le métro, que le taxi/uber et que la marche à pied bien sur.

    Reste à adapter vraiment la route en intra-muros, Paris ou ailleurs, et redéfinir le rôle du bitume : est-ce une voie dédiée aux voitures et pour les autres on s’adapte ? ou est-ce que l’on ne reverrait pas, comme l’ont fait nos amis nordiques, le rôle de tout ça et de donner la priorité à d’autres moyens de transports, plus propres et moins bruyants, plus petits et moins rapides, et qu’en secondaire, la voiture s’adapte à tout ça ?

    Répondre
  • 25 juin 2019 - 10 h 09 min

    Pourquoi tant de haine envers les trottinettes (électrique ou non). Tu as fait une mauvaise chute quand tu étais petit ?
    Pour celles en libre service, je peut comprendre qu’elles posent un problème quand les gens les laissent traîner n’importe où. Mais les trottinettes personnelles sont une bonne chose puisque c’est un moyen de transport plutôt écologique malgré sa batterie au lithium. C’est quand même mieux de se déplacer en trottinette plutôt que d’utiliser une voiture d’une tonne pour déplacer une personne de 80kg. Le problème n’est pas qu’elles soient tolérées mais que l’état ne leur ait pas donné de cadre légal et une voie de circulation.
    Le problème se pose toujours pour les rollers qui existent pourtant depuis bien plus longtemps : pas le droit d’être sur le trottoir ni sur la route, on va où alors ?

    Répondre
  • dja
    25 juin 2019 - 10 h 11 min

    @pourechange: Le concept du “presque-accident” est interessant.
    Pour ma part, j’ai eu droit plusieures fois en tant de conducteur (responsable) de trot electrique au “j-aurais-aime-etre-une-victime”.

    Le dernier en date:
    J’étais tranquillement sur ma piste cyclable, ligne droite, pas de passage pieton, et tout d’un coup, j’entends une énergumène beugler violemment à 3 métres de la piste cyclable à la perpendiculaire de moi, donc à 3-4 secondes de la traverser.
    Elle se dirigeait vers la piste cyclable (je répéte, pas de passe pieton) pour la traverser et n’était pas contente proactivement que j’existe et que je circule. Ce pieton n’a pas eu à ralentir, je n’ai pas eu à freiner, je ne l’ai pas frollé (nous étions à 3 métres), mais ca ne suffisait pas.

    Situation classique somme toute assez caractéristique du niveau psychotique/intolérant/décérébré de nombreuses personnes (au moins à Paris).
    Des aigris inutiles, probablement malheureux dans la vie, qui ont trouvé une nouvelle cible pour étaler leur haine.

    Répondre
  • 25 juin 2019 - 10 h 43 min

    @Rémi: Je ne vois pas trop de haine envers les trottinettes ici ? A qui t’adresses-tu ?

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  • 25 juin 2019 - 11 h 37 min

    @Pierre : Bah c’est le quatrième article que tu fais pour plaider pour leur interdiction et dans cet article précis tu te demande pourquoi le gouvernement ne fait rien. Bref, c’est un vrai dossier à charge contre les trottinettes

    Répondre
  • 25 juin 2019 - 11 h 48 min

    @Rémi ce n’est pas ça un article à charge… des pincettes sont prises, un effort d’objectivité est fait… l’auteur précise être utilisateur!! à mon avis attends la fin de la série, que tu présentes comme des “articles pour interdire”, pour juger ;)

    Répondre
  • 25 juin 2019 - 12 h 34 min

    @Rémi: Alors soit tu ne sais pas lire, soit tu ne sais pas écouter en fait.

    EP01 : J’explique l’historique.
    EP02 : Je m’interesse à comment on passe du jouet au véhicule.
    EP03 : J’explique la législation actuelle
    EP04 : Je me demande pourquoi le législateur n’a rien fait.

    En aucun cas et jamais je ne dis qu’il faut les interdire. Je ne plaide rien. Me demander pourquoi le législateur n’a pas réagit ce n’est pas demander au législateur de réagir. C’est mal me comprendre.
    Pour rappel, je suis un utilisateur de ces engins.

    Répondre
  • 25 juin 2019 - 13 h 13 min

    @Rémi:

    Est-ce que tu as seulement prit la peine de lire ?

    Si oui, tu vois vraiment ce que tu as envie de voir

    Répondre
  • Xo7
    25 juin 2019 - 13 h 29 min

    Une part du problème vient :

    -du manque d’information : la voie publique au sens du code la route concerne aussi les trottoirs et réglemente ceux-ci ( ex ivresse sur la voie publique concerne (aussi)les pietons)
    -2 du laxisme et des tolerances pre existantes concernant les velos (tolérance de rouler sur les trottoirs pour les personnes en difficultés ou âgés dont les enfants en primaire)
    -3 l’hypocrisie de certaines villes qui a défaut de créer de nouvelles pistes cyclables créent celles-ci sur les trottoirs existant en créant des territoires partagés et habitants les usagers à rouler sur les trottoirs.
    -4 confusion entre piste cyclable et piste cyclable : suivant leur signalisation celle-ci sont obligatoires ou optionnelles pour les vélos.
    -5 la possibilité sur certains axes de s’affranchir des feux de signalisation et du sens de circulation sur Paris
    -6 l’absence de parking vélo/ moto en suffisance qui a habituer le public a vour de tels engins stationnés sur les trottoirs

    Bref l’anarchie était déjà là avant les trottinettes.

    Répondre
  • 25 juin 2019 - 13 h 55 min

    Niveau écologie les batteries au lithium sont dangereuses et on ne sait pas les recycler. Notez que je suis sur tout contre le free Fiat. Mais je crois que les incidents sont repartis assez egalitairement quel que soit ma trot.

    Répondre
  • 25 juin 2019 - 14 h 35 min

    @Dadoo:
    J’ai un doute sur la répartition. C’est comme les bagnoles, les loueurs malgré les précautions prises (profilage, cautions élevées… éventuellement au final le fichier liste noire…), ont une sinistralité bien supérieure à la moyenne.
    Les gens ont toujours une utilisation moins attentionnée de ce qui ne leur appartient pas. Vélib et Autolib rarement une semaine sans réparation en attestent.
    Et quand on se fout de ce qui vous véhicule, on se fout aussi que ca tape. Sauf qu’ici ce sera le plus souvent des piétons (avec une camionnette, ceux qui s’y essaient ne gagnent pas). En plus l’assurance est dans ce cas incluse, tandis que dans l’interdit avec un truc qui vous appartient vous êtes à poil: Ca calme.

    Répondre
  • 25 juin 2019 - 14 h 49 min

    @Xo7:
    La mairie de Paris qui a bien tapé sur les 2 roues à moteur sur trottoir se prends un bon boomerang. Malgré une tolérance écrite de la préfecture de Paris qui a du être en vigueur +2 décennies (du bons sens: Trottoirs larges, en veillant à ne pas gêner/pensant qu’il y a des handicapés/aveugles etc…), elle fait enlever à tire larigot depuis qu’elle a repris la tirelire du stationnement.
    Y compris porte de Versailles au dernier Mondial du 2 roues et au point que les professionnels ont menacé de ne plus y remettre les pieds: Des propositions sont attendues, même les khmers verts de la mairie comptant leurs pertes car ce ne serait pas le 1er évènement d’ampleur à déménager…
    Alors des tolérances, il y en a eu. Certaines ont mêmes été écrites et qqpart les usagers s’y pliaient le plus souvent de bonne grâce. Cela permettait toujours de verbaliser ceux qui se foutaient du monde et, globalement, eux-seuls.
    C’est comme les durcissements du CT: On croise tous les jours des véhicules repérables à 50m à leurs fumées, devant consommer a peu près autant d’huile que d’essence et polluant comme plusieurs centaines de véhicules de leur age bien entretenu. On en voit même avec un macaron les autorisant à rouler lors des pics de pollution car ils sont post-2011. Seulement, en ayant pas eu une seule vidange depuis la sortie de la concession, l’usure accélérée a fait son œuvre.
    Si la Police péchait un peu plus à la ligne et moins au chalut, on n’en serait pas là. Au final, emmerder tout le monde pour les errements d’une minorité me parait aller tout droit vers une révolution. La jaune s’essouffle mais on y reviendra.

    Répondre
  • 25 juin 2019 - 15 h 19 min

    Je ne comprends pas vraiment le besoin d’utiliser sa voiture en ville pour juste se déplacer (je ne parle pas du fait de transporter des choses lourdes ou encombrantes) et encore moins les trottinettes électriques.

    Entre les transports en commun pour les relatives longues distances, le vélo pour les courtes/moyennes/longues distances et la marche à pied pour les courtes distances, je ne trouve pas d’intérêt à la trottinette qui reste lourde (>11kg soit un vélo classique), peu fiable, avec un système de freinage/centre de gravité/répartition du poids ridicule pour un engin qui fonce à 25km/h.

    Je ne compte plus le nombre de fois où un trajet avec un simple vélo a été plus rapide qu’en transport en commun ou en voiture.

    Je ne parle même pas du business modèle ultra rentable des acteurs du free floating.

    Le Navigo, le vélo et même en prenant le taxi de tps en tps reviennent moins chers.

    J’espère que cette mode va passer rapidement.

    Répondre
  • 25 juin 2019 - 17 h 40 min

    @AAZE:

    Un vélo (plusieurs pour une famille) il faut la place pour le caser et dans les grandes villes les m2 sont de plus en plus contraints par les prix de l’immobilier. Sans parler que si on prends une trott pour chopper son RER car le bus est trop souvent en retard, le vélo ça ne marche pas non plus faute de pouvoir l’embarquer (des gares de banlieues proposent cependant des pk fermés s’ouvrant via le pass, bien mais si le vélo serait utile pour éviter de perdre 15/20mn sur le dernier km à destination?). Ne parlons pas du pb du vol: Le vélo devant le gymnase au mieux se fait dépouiller (il y a sans doute des amateurs de vélo sans selle mais bon…)/dégrader au pire disparaît. La trott rentre elle dans le vestiaire sans pb.

    Un tel succès comble fatalement un manque: La trott classique, ça tiens pas la distance et fait vite bien mal aux jambes si on a plus d’1km à faire (voire moins) comparé au vélo qui la tiens mais pose hélas d’autres problèmes.

    Alors c’est certes limite niveau tenue de pavé, pas si léger, mais ça fait le job avec zéro apprentissage nécessaire (contrairement à une gyro-roue qui ne connait pas ces pb pour qui sait en faire) et le succès vaut bien des sondages sur la fiabilité des TC de proximité (la trott fera jamais le job d’un RER voir tram/métro… le bus par contre): Je pense que bien des utilisateurs ont un pass navigo et pourraient tout à fait rallier la gare en bus pour zéro surcoût. S’ils investissent 300/400€, forcément, c’est que ça les emmerde à un niveau qui vaut cet investissements en raison des retards/horaires inadaptés aux correspondances etc… Le temps perdu a aussi un coût et je ne pense pas que la mode va passer. C’est pas de tablettes qu’il s’agit.

    Les villes vont donc devoir s’adapter ou offrir un substitut aux bus convaincant.

    On peut certes lâcher les flics et pruner en masse, mais a titre personnel, si j’avais ce besoin et que l’on m’emmerde alors que je roulais consciencieusement la réaction serait immédiate: Acheter un modèle surpuissant pour leur échapper la fois suivante…

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  • 25 juin 2019 - 19 h 05 min

    Je partage certains avis, la M365 a fait un carton, car elle a trouvé un marché, qui s’est créé sur une base multifactorielle. N’oublions pas aussi l’élément “Vélib”, qui a construit une offre de solution de mobilité à la location. Et aussi d’Autolib, les deux ayant généralisé l’idée de l’usage plutôt que de la possession d’une solution de déplacement individuel.

    Sinon, si vous 2 mn à perdre à me lire:
    Disgression un peu aigrie de la part d’un provincial diéseliste (contraint par la réalité économique): quand je visite désormais la capitale de ce beau pays, je monte avec mon diesel (consommation: 5l de gazoil aux 100km je le dis pour les hybridistes qui se vantent de faire 5,2 d’essence et me regardent de haut)
    Et là, c’est le drame. A Paris, on ne peut plus se garer. Pas gratuitement en tous cas. Pas pour longtemps sur la chaussée, 2 heures maxi au même endroit, en fait. Pas sans avoir téléchargé 2 applications dont 1 au moins qui va surveiller mes allées et venues pour me facturer le droit de stationnement, sale étranger à la Ville Lumière que je suis.
    Bref, on oublie le Paris que j’ai connu il y a 20 ans (c’était mieux avant, d’ailleurs, les enfants ne toussaient pas à l’époque).
    Mais bon, pendant des années, j’ai rêvé des trotinnettes électriques (mon vieux père avant moi, d’ailleurs). Mais à une époque ou la technologie n’apportait rien de viable ni d’économique. Seulement, entre temps, la démographie de Paris et de la banlieue a explosé (et s’est diversifiée). Du coup, quand je vois les tas de trotinettes jetées devant les bouches de Métro, je me dis…que Paris a bien changé.
    A force de rendre Paris inaccessible à ceux qui s’y rendaient en voiture en famille, les Parisiens se privent certainement de quelques touristes.
    C’est pas grave, ça fait de la place pour les Chinois, les Indiens et les clients blindés du monde entier.
    Le monde change. Paris aussi. Megalopolis.

    Au fait, Hidalgo, on en est ou du déploiement des Autolib (tournons un peu ce couteau dans la plaie)?

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  • 25 juin 2019 - 21 h 12 min

    @fil2fer:
    L’hybride, c’est en réalité l’arnaque la plus évoluée aux malus CO2. En pratique, louez une Prius avant d’acheter est mon meilleur conseil. Partez en WE avec sur un parcours varié (pas seulement ville/interurbain avec le commercial qui vous y colle) et faites vos comptes: Il y a de grandes chances pour que vous consommiez a peu près autant (voir plus), en se traînant, qu’avec un véhicule classique de même catégorie qui sera en prime plus agréable car moins lourd (poids batteries+double motorisation) et plus autonome (réservoir de faible capacité… pour ménager un peu de places aux batteries). En parcours un peu vallonné/montagneux, en Prius je faisait le plein plus souvent qu’a moto (réservoir de 18l). Et sans m’amuser en plus: La conso et même pas le plaisir pour faire passer la note.
    Paris, je suis à 20km et j’y ait pas mis une roue depuis au moins 4 ans alors que ce fut plusieurs fois/semaine.

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  • 26 juin 2019 - 11 h 06 min

    @Yann

    Les vélos pliables sont quasi aussi compacts que des trottinettes électriques et le poids similaire (entre 11 et 13 kg).
    J’étais le premier surpris mais le rendement est très bon malgré des roues de 14”, parfait pour une utilisation urbaine.

    Niveau infrastructure, y’a du mieux à Paris sur une période de 4-5 ans même si on peut mieux faire.
    Après il faudrait en effet plus de parking à vélo en sortie des gares RER par exemples.
    Cependant pour des trajets de 5 à 10 kms, je me passe facilement du RER.

    Strasbourg et Nantes sont des exemples en France, je ne parle même pas de la Hollande, de l’Allemagne et du Danemark qui sont à des années lumières de la France. La prise de conscience a eu lieu dans les années 70 où l’on croise des étudiants, des hommes d’affaires, des enfants, des professionnels de tout bord faire du vélo quotidiennement.

    Contre le vol, 1 antivol en U est niquel.

    Certains diront que c’est dangereux, mais pas plus que la marche à pied sérieusement.
    Des études ont prouvé que plus y’a de vélos, moins y’a de risques. En effet, les cyclistes sont maitres de leurs efforts physiques et font donc plus attention aux autres (on accélère pas pour le plaisir de freiner 50 m plus loin à cause d’un feu ou d’un croisement).
    Le plus embêtant c’est clairement quand des voitures stationnent sur des pistes cyclables. Le fait de se déporter peut être dangereux (piéton ou voitures autour).

    Enfin j’espère que l’électrique en général ne va pas rendre obèse la population qui ne fera plus un pas pour se déplacer.

    Le cas Velib depuis 2018 a vraiment fait du mal à Paris. Merci Anne d’avoir choisi une start up pas chère mais pas assez compétente pour électriser les bornes. 18 mois après le lancement officiel, le service est toujours très partiel et en mode dégradé.
    JCDecaux doit encore bien en rigoler.

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  • 26 juin 2019 - 13 h 31 min

    Salut a tous
    C’est quand meme fou qu’une entreprise loue des engins interdits de circulation
    Un véhicule électrique non homologué doit rouler dans un terrain privé…
    Moi j’étais choqué.. des années de véhicules électriques avec prise de tête sur la législation et assurances.
    Au final depuis 2012 que j’ai des trottinettes électriques je n’ai jamais oser m’en servir que sur stations balnéaires ou on laisse les touristes faire un peu différemment, mais j ai toujours su que j etais hors la loi et conduisait très prudemment en faisant très très très attention aux autres usagers.
    Et la des sociétés les louent… fou
    Étonnant que personne n’ait encore porté plainte contre une de ses sociétés.
    La règle du tout le londe roule bourre alors moi aussi je roule bourré reste quand même légère. De mon point de vue.

    Effectivement toutes les personnes croisées étaient attirées, en plus j ai toujours eu des modèles a selle donc très « classe » pour les vieux (>25ans)

    Mais les trot ca evite de faire des nouvelles liaisons de bus et de métro ca fait des économies aux gérants des villes… et nos impôts!

    Quand on voit le bordel sur les routes avants les radars et permis à point comment a t on pu croire que le comportement avec d’autres véhicules (sans permis) allait être différent ?

    Ca me rappelle la CB (radio amateur et autres bidules) qu’un vendeur pouvait vendre mais qu il était interdit d’utiliser…

    Bref les chinois sont en avances et des modèles homologuable (désolé un faux mot) donc très prochainement tout va changer si les lois qui sortent ne nous renvoient au 19 siècle ?

    D’ailleurs ne serait-ce pas la chine qui fait une petite pression pour continuer a nous les vendres…?
    Quand les chinois seront les seuls constructeurs/vendeurs on sera un peu dans……?
    Car ca sera trot scooter voiture etc… bye bye Renault peugeot etc…?

    A vérifier mais normalement la chine passera aux véhicules tout électrique d’ici 2025 pour certaines villes et 2030-2050 pour tout le pays!!!

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  • 29 juin 2019 - 7 h 41 min

    Fait “amusant”, lu dans un reportage sur un “juicer”, en ce qui concerne le côté ecolo du Free Floating, c’est le gars qui fait le tour de Panam pour ramasser et recharger les trot…avec son trafic 1.9 dci! Le mec est payé 5€ par trot, ça doit fumer….

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  • 1 juillet 2019 - 21 h 56 min

    Bonjour Pierre,
    Bravo et merci pour ce brillant dossier sur les EDPM. C’est pédagogique, argumenté et très documenté. Cela change de l’hystérisation générale sur le sujet.
    Le 5e épisode, c’est pour quand ?

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  • 2 juillet 2019 - 11 h 07 min
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