Les Switchs Linksys « WRT54G » ont un design assez fort, si vous en avez déjà croisé, la vignette de ce billet vous aura immédiatement rappelé un souvenir. Avec leur coque bleu nuit et leur façade illuminée de LEDs fort lumineuses, ils ont trôné dans pas mal d’environnements dans les années 2000. À une époque, il était impossible de ne pas croiser régulièrement ces WRT54G, de véritables stars des bureaux.
Et Justin a une certaine nostalgie de ces WRT54G, je devrais même dire qu’il a envers cet objet une véritable affection. Assez forte pour le pousser à intégrer dans différents Switchs un Homelab. Il faut dire que les boîtiers sont robustes, ils peuvent être empilés les uns sur les autres puisqu’ils ont été prévus pour ça et qu’ils sont proposés fort peu cher d’occasion. Leur succès commercial s’est également accompagné d’une exploration technique. Des firmwares alternatifs sont nés autour de ces modèles – le célèbre firmware Tomato par exemple – qui ont prolongé largement leur existence.

Mais l’obsolescence de ces outils a fini par les rattraper. Notamment parce que les débits proposés ne concordent plus vraiment avec les matériels d’aujourd’hui. Le WRT54G reste coincé avec des ports Ethernet 10/100 et un Wi-Fi 3 bloqué sur un débit de 54 MBit/s dans le meilleur des cas. Petit à petit, ils ont donc pris la poussière ou la direction des petites annonces. LeBonCoin et Ebay regorgent de ces appareils increvables. On peut trouver des switchs Linksys WRT54G pour 5€ en parfait état. Ce qui est moins cher qu’une boite en plastique vide de même taille pour accueillir un montage électronique. Justin a donc décidé d’en faire la brique de construction de son serveur maison et a empilé différents modèles de cet appareil pour aménager celui-ci.

La tour WRT54G infernale
La liste des modifications réalisées est assez impressionnante. Le serveur est ainsi composé de deux Raspberry Pi 5, deux Raspberry Pi 4, un MiniPC GMKtec M6 Mini couplé à une carte graphique Asus GeForce RT 2060. Le tout est configuré autour d’un switch qui réunit ces différents éléments dans un même et unique Homelab.
L’idée est d’obtenir un serveur capable de différentes tâches, principalement faire tourner Kubernetes sous Talos Linux. C’est cet usage qui a poussé Justin a renommer son serveur « wrtK8s » puisqu’il reprend l’esthétique des WRT54G d’un côté et le surnom « K8s » de Kubernetes. La méthode employée pour détourner les routeurs est dévoilée dans la vidéo au début du billet. L’idée est de faire rentrer le matériel choisi dans chaque switch mais également de recycler les boutons et les LEDs pour refléter l’activité des composants. Cela donne une « tour » assez originale.

En bas, un switch PoE construit autour d’une solution moderne TP-Link LS108P simplement détournée avec une nouvelle coque imprimée en 3D. Ce switch fera le travail de communication entre tous les éléments.

Suivent deux étages composés des quatre Raspberry Pi. Chaque étage propose une plaque imprimée en 3D qui va accueillir les Pi, l’arrière est découpé à la Dremel et une pièce imprimée en 3D vient reprendre un peu l’esthétique générale. Les quatre Pi sont alimentées en PoE par le switch de base au travers d’extensions type HAT classiques. Les LEDs en façade des switchs d’origine sont remplacées par de nouvelles pilotées par les Pi. Les cartes MicroSDXC sont également déplacées vers l’arrière avec des extensions pour plus de facilité d’usage.

Suit un MiniPC intégré dans un Linksys WCG200, un routeur plus épais que les autres qui va servir de fondation à l’intégration d’un GMKtec M6 Mini sous Ryzen 5 6600H. L’intégration est ici un peu moins spectaculaire avec des moyens détournés assez amusants.

Les LEDs témoins d’activité ne sont pas reprises, ce qui est évidemment dommage. Mais le plus drôle est sans conteste le choix fait pour proposer des boutons de démarrage et de reset à l’avant. Pour ne pas avoir à souder des microboutons, le choix fait a été de placer des leviers physiques en façade du switch qui vont appuyer physiquement sur les boutons… Un drôle de choix mais qui fonctionne et qui évite de souder la carte du MiniPC.

Ce GMKtec M6 Mini est également connecté à la carte graphique externe RTX2060 au travers d’un adaptateur M.2 OCuLink. Le boîtier du routeur a été ajouré sur chaque face pour permettre une meilleure circulation d’air. Une plaque a également été imprimée en 3D pour maintenir la carte mère en place sur le châssis courbe du boîtier.

L’étage supérieur est uniquement dédié à l’alimentation de la carte graphique avec une solution HDPlex 250W GaN hyper compacte. Pas assez toutefois pour ne pas déborder des dimensions d’un WRT54G… C’est évidemment dommage, mais pas vraiment d’autre choix possible..

Le dernier étage propose un support PCIe pour connecter la carte graphique à la verticale. La RTX 2060 ea été démontée et peinte en bleu pour s’accorder au reste de la tour.

Si vous voulez plus d’informations sur le montage et l’usage du Homelab, la fin de la vidéo couvre en partie le sujet. Le projet est également détaillé sur le blog de Justin Garrison. Ce petit homelab semble tourner comme un charme et remplit tous les usages demandés. Ce n’est pas la plus belle intégration que j’ai pu croiser masi si on cherche juste un boîtier pour un projet plus classique, sans carte graphique externe, c’est une excellente idée.
Cela m’amuse toujours de voir des objets de ce type détournés. Il y a souvent de bonnes idées à reprendre dans ce genre de montage et je m’étonne toujours de voir des projets investir dans des boîtiers très laids et très chers pour ce qu’ils sont. Je préfère mille fois voir un de ces vieux switch accueillir ce genre de projet plutôt que des trucs plus ou moins adaptés et surtout hors de prix. Les petites annonces et les tiroirs regorgent de vieux produits parfaits pour devenir une base de travail pour différents projets de ce type. Si vous voulez installer un serveur sur un MiniPC, vous n’êtes pas obligé de conserver le design d’origine. Plein d’expérimentations sont ouvertes. Du hack maison à des projets comme le Mini Rack.
| 2,5€ par mois | 5€ par mois | 10€ par mois | Le montant de votre choix |




Trop mignon ! J’en ai un qui traîne je pense j’avais jamais pensé à m’en servir de boîtier.
Alors oui c’est mimi (par exemple, j’adore le système mécanique pour actionner les boutons) mais niveau efficacité du refroidissement, je suis assez sceptique.
@Luc: Je suppose que le but n’est pas d’utiliser le tout à fond. J’avoue ne pas être emballé par le duo PSU/GFX…
Mais l’ensemble est très réussi