Les jeunes sont devenus nuls en informatique, vraiment ?

Nuls en informatique et incompétents, les jeunes en prennent pour leur grade. Mais qu’en est-il réellement des compétences de leurs aînés ?

Depuis plusieurs semaines, je lis de nombreux papiers qui semblent tous avoir le même point de vue. Les jeunes sont devenus nuls en informatique alors qu’on les pense tous compétents dans le domaine. Et je ne suis pas tout à fait d’accord avec cette vision. Je ne dis pas que les personnes proposant ces avis ont forcément tort, je pense que leur témoignage est précieux et nous alerte sur une certaine évolution des pratiques informatiques. Mais il est plus directement témoin de l’évolution globale de notre société que d’un véritable constat concernant les « jeunes » en général.

Les jeunes sont nuls en informatique, mais quels jeunes ?

Il y a d’abord une définition qui entre en jeu. Car «jeune » ne veut rien dire. S’il s’agit d’une tranche d’âge, elle varie suivant chaque interlocuteur. Pour certains, les jeunes sont des collégiens et lycéens, peut-être aussi des étudiants. Pour d’autres, cela englobe jusqu’aux trentenaires voir plus. Parler de « jeunes » est aussi flou que parler de « vieux ». On emploie ces concepts générationnels pour ranger des gens dans des profils comportementaux. C’est souvent une approximation très fausse des populations et ces termes ont une fiabilité tellement faible qu’ils ne servent à rien sinon à créer des antagonismes. Quand les jeunes parlent des vieux ou quand les vieux parlent des jeunes, tout se mélange. Il s’agit de projeter une idée sans jamais vouloir la comprendre.

Et, du reste, constater que les jeunes ne s’intéressent plus à l’informatique sans prendre en compte l’évolution toute entière de la société, l’ensemble des problématiques liées justement à cette pratique informatique, tout cela crée une vision assez fausse de ce que l’on tente d’analyser.

Les clubs informatique ferment, signe d’un désamour pour l’informatique ?

Dans un article publié récemment sur Ouest France, un octogénaire qui animait un club d’informatique annonce avoir du abandonner son association. La raison est qu’elle est désertée par les jeunes. Ce qui fait dire, entre autres, à notre animateur qu’ils « ne s’y connaissent pas » en informatique. Un des arguments qui revient en boucle est lié au désamour pour ces clubs qui ont vécu, et survécu, jusqu’ici. C’est l’angle choisi pour parler de notre Papy volontaire qui ne trouve pas de repreneur pour son club en perte de vitesse.

Ce constat d’un abandon des clubs n’est pas spécifiquement lié à l’informatique. Il touche tout le milieu associatif. Clubs d’échecs, sportifs ou artistiques, toutes les associations peuvent témoigner de la large désertification opérée dans leurs rangs ces dernières années. Sur tous les secteurs et… toutes les tranches d’âge. Le COVID et les phases de restrictions de mouvements liées à celui-ci ayant semble t-il largement accéléré une érosion déjà en route. Le jeu vidéo et les réseaux sociaux ayant ajouté deux énormes ancres aux chevilles de nombreux ados. Le poids est devenu extrêmement lourd à gérer pour des parents qui, en essayant de les ouvrir à diverses pratiques, se retrouvent a payer des associations pour qu’au final leur enfant leur « fasse la tronche ». Payer pour voir son enfant traîner des pieds vers un club et revenir en disant que c’était nul, ce n’est pas vraiment le rêve d’un parent.

Je suppose que pour les clubs d’informatique, ce constat est encore plus sévère. Pour la simple et excellente raison que ces jeunes qui se réunissaient avant en groupe pour découvrir l’informatique, apprendre à programmer, jouer, échanger des infos ou se dépanner… Ces jeunes sont les premiers a avoir appris à se passer des clubs pour y parvenir. Les premiers à trouver toutes les réponses dont ils ont besoin en ligne. Envie d’apprendre les bases de l’informatique ? De savoir comment faire de la musique assistée par ordinateur ? De monter des vidéos ? De changer de carte graphique ? Toutes ces infos se trouvent en quelques clics sur internet. Avec le choix dans un catalogue de dizaines de conseils, de tutos et de vidéos qui auront toutes les réponses à vos questions. Vous voulez apprendre comment utiliser des fonctions avancées dans votre tableur ? Des forums entiers de passionnés connaissent tous les trucs et peuvent vous y aider. Des compétitions existent sous Excel.

Vous voulez savoir comment optimiser votre carte graphique ? Des guides pas à pas recensent spécifiquement votre modèle. Vous êtes néophyte mais on vous a offert une carte Raspberry Pi ou une imprimante 3D ? Les deux produits seront abondamment couverts par une somme astronomique de guides dans toutes les langues. Notre Papy se plaint que « les jeunes » ne savent plus comment fonctionne un ordinateur mais un « jeune » curieux peut trouver la réponse à cette question en quelques clics. Il peut trouver une vidéo d’un acteur célèbre qui monte un PC de A à Z en trois clics. Et cette démarche est beaucoup plus efficace, naturelle et évidente pour lui que de poser ses questions à quelqu’un. C’est d’ailleurs ce que tout le monde fait toute la journée désormais.

Que font la majorité des clubs informatiques aujourd’hui quand une question un peu pointue leur est posée ? Avant ils disaient « je ne sais pas, je vais fouiller, on verra ça la semaine prochaine ». Aujourd’hui, ils font la même chose que vous. Ils vont fouiller en ligne pour avoir la bonne réponse. Les membres de ces clubs finissent logiquement par recomposer des communautés en ligne autour de leurs principaux centres d’intérêt. Des ensembles de personnes aux compétences hyper pointues, souvent très disponibles pour régler un problème immédiatement s’y retrouvent. Et du reste, vous qui êtes face à votre écran, si vous avez un problème, quel qu’il soit aujourd’hui, que feriez-vous si vous aviez le choix : vous poseriez la question à votre moteur de recherche habituel pour trouver une réponse en quelques clics ou vous noteriez la question quelque part et attendriez ensuite la réunion hebdomadaire de votre club ?

Ce rythme de la réunion hebdomadaire est terminé, il continue d’exister pour tout un tas de loisirs comme le sport, la musique, le dessin, le théâtre ou toute autre échange qui dépasse les simples compétences techniques. Mais pour apprendre a utiliser un traitement de texte ou brancher un SSD, c’est un fonctionnement totalement dépassé.

Le jeu en ligne est également devenu un excellent facteur d’éloignement des clubs. Dans les années 90 à 2000 on fréquentait des associations pour jouer ensemble. On montait des LAN party pour simplement pouvoir techniquement s’affronter en réseau local. Il n’y avait pas vraiment d’autres alternatives pour jouer à plusieurs à l’époque. Mais depuis de nombreuses années, il est préférable de jouer en ligne et donc sur des réseaux différents et éloignés géographiquement pour pouvoir se « rencontrer » en ligne. Le jeu vidéo est devenu un véritable facteur d’éloignement des clubs alors qu’il était tout l’inverse il y a vingt-cinq ou trente ans.

Je ne nie pas l’importance de ces clubs, notamment pour les gens n’ayant aucune compétence en informatique – et donc pas spécifiquement « les jeunes » – mais il faut qu’ils changent totalement de vision et d’objectifs.

Aujourd’hui, un club d’informatique attirera plus de monde avec une mission proche d’une association d’alphabétisation qu’un club pour apprendre à se servir d’une suite office ou à gérer physiquement son ordinateur. Prendre par la main quelqu’un qui ne connaît rien du tout à l’outil et le guider étape par étape dans cet univers aura du sens. Proposer une formation contre les arnaques en ligne fera sûrement salle comble si vous proposez une formation locale à votre mairie. Mais un « jeune » saura exactement comment trouver tout seul les ressources dont il a besoin pour peu qu’il veuille le faire. Comme je peux moi-même trouver en ligne les compétences que je ne possède pas. Comment changer un chauffe-eau ou faire une recette de légumes au Curry. En quelques minutes sur Youtube, je peux trouver tous les tutos nécessaires. Les « jeunes » ont exactement ce même réflexe.

Le marché informatique a largement évolué

Autre constat d’évidence, l’informatique a beaucoup changé. Si dans les années 1990-2010 acheter un ordinateur en pièce détachées était l’alternative la plus économique, ce temps est révolu. Cette passion est devenue de plus en plus dure à assumer financièrement. L’usage qui va au-delà de la simple exploitation d’un ordinateur, comme le conçoit notre bienveillant Papy. Celle qui consiste a connaître les composants de son ordinateur sur le bout des doigts. Qui permet de réaliser leur assemblage et assurer le bon fonctionnement de son PC. Celle qui veut qu’on installe soi-même son système d’exploitation et connaître toutes les ficelles du monde numérique, celle-là même est devenue hors de prix.

Avec des composants dont les tarifs se sont envolés ou sont chroniquement indisponibles pendant des mois entiers, comme les cartes graphique, beaucoup changent d’optique et ne réinvestissent tout simplement pas dans un PC classique. Acheter une machine basique et prête à l’emploi n’a jamais été aussi peu cher. Les MiniPC ne coûtent littéralement que le prix d’un seul composant de PC classique. Les ordinateurs portables sont également devenus beaucoup plus abordables et sont livrés avec une licence système préinstallée vendue à prix cassé.

Quand les clubs info étaient à la mode, les ordinateurs se construisaient à la pièce, les boutiques de composants pullulaient et les passionnés avaient droit à des dizaines de magazines spécialisés en rayon.

Aujourd’hui ces magazines n’existent plus, 01Net Magazine vient de se placer en liquidation. Les boutiques de composants ont largement disparu du paysage. Les gens achètent des machines prêtes à l’emploi et les clubs ferment. Commander un ordinateur monté sur mesure est devenu un véritable luxe pour peu qu’on veuille une configuration récente. Pourquoi les boutiques, les magazines papier et les clubs disparaissent ? Par manque d’intérêt pour ces formats physiques et par l’évidente force de la concurrence en ligne. Tous ces éléments sont sociétaux, sans aucun rapport avec l’âge de qui que ce soit.

Un gros changement dans les équipements

Un point souvent mis en avant pour parler de « l’incompétence » des jeunes vient de leur préférence pour l’interface et les outils du smartphone plutôt que pour ceux de l’ordinateur. Elle est clairement visible mais elle n’est absolument pas antagoniste avec l’usage d’un PC, comme on aime a nous le répeter. Le smartphone a simplement cet énorme avantage d’être un outil personnel et qui accompagne les utilisateurs tout au long de la journée. De ce fait il a la préférence de certains dans l’usage. Faire une recherche en ligne est souvent plus rapide sur smartphone que sur un PC parce que l’appareil est déjà allumé et en service. Il est également toujours connecté au contraire des ordinateurs qui réclament un bout de Wi-Fi en mobilité. Mais quelqu’un déjà devant un PC connecté ne va pas chercher a allumer son smartphone pour lancer une recherche. Il la fera bien évidemment sur son ordinateur. C’est toujours la disponibilité de l’objet qui prime.

Je lis toujours les témoignages de profs qui voient des élèves mieux maîtriser le clavier du smartphone que celui de leur portable avec un certain étonnement. Evidemment, comme pour toutes les pratiques du genre, l’usage aide à l’apprentissage. Un enfant a qui on confie un téléphone portable comme premier appareil personnel ayant une véritable valeur, y investira beaucoup de temps et d’énergie. S’étonner ensuite que tout son univers tourne autour de cet objet est assez étrange. Du reste, prendre un bus, aller à la terrasse d’un café ou simplement déjeuner avec des gens montre aujourd’hui que les moins jeunes ne sont pas moins accrocs à cet objet. Ne voir l’impact du smartphone uniquement sur « les jeunes » ne trahit que la facilité de jugement portée à cette population particulière. Le prof est enclin au jugement des comportements de ses élèves mais ne relèvera pas celui d’un de ses collègues. Celui qui passe pourtant la totalité de son déjeuner les yeux fixé sur son smartphone à la cantine.

L’autre grosse différence c’est qu’un « jeune » n’aura souvent pas d’autre envie ni d’autre solution que de profiter de cet outil formidable qu’est le smartphone. Entre cet objet très personnel et l’ordinateur familial qu’il doit forcément partager. Entre le petit écran largement associé aux loisirs et au jeu et l’ordinateur qui reflète devoirs et apprentissages, la balance n’est clairement pas équilibrée.

Certaines pratiques qui découlent de cette préférence ont tendance a fortement crisper les adultes et en particulier les enseignants. Je comprends parfaitement leur logique car l’emploi d’un smartphone pour prendre des notes n’a en réalité rien de maîtrisé ni d’efficace. Il paraît complètement délirant pour un prof de voir un étudiant pianoter sur l’écran de son téléphone ses cours plutôt que de profiter de ses dix doigts pour pianoter sur un clavier. Mais si le premier est plus maîtrisé que le second cela fait pourtant totalement sens.

Surtout, cette problématique n’est absolument pas liée à la jeunesse des protagonistes mais plutôt à leur apprentissage. Si la pratique de certaines choses sur smartphone vous paraît incompréhensible, il suffit de regarder derrière vous pour comprendre qu’il ne s’agit que du reflet d’une expérience. Combien de fois avez-vous croisé des manœuvres informatiques totalement délirantes dans votre vie professionnelle ou personnelle ? Des gens qui font des photos de leur écran avec leur smartphone pour capturer une info a transmettre en pièce jointe ? Au lieu d’appuyer sur la si énigmatique touche « PrtSc » du clavier. Combien de personnes qui tentent pour la cinquantième fois de suite de glisser un dossier de photos de 500 Go sur une clé USB de 2 Go et qui se plaignent que « rien ne marche » ? Des utilisateurs qui jonglent avec des fenêtre en plein écran sans savoir comment les organiser ? Des tours de passe-passe invraisemblables pour compenser une mauvaise compréhension d’un outil. J’ai croisé à une époque des gens avaient réussi à glisser trois disquettes dans un lecteur… On critique « des jeunes » qui ne savent pas gérer leurs fichiers ou qui ne comprennent pas comment piloter leur système mais avez-vous vu « les autres âges » gérer leur informatique ? Pas les spécialistes mais des collègues à vous du bureau d’à côté ? Des gens perdus devant un réseau problématique ? Des adultes totalement largués face à des problèmes aussi simples qu’un fichier « zip » ou comment imprimer en réseau ? Vous verrez que la fleur de l’âge n’est pas vraiment le point commun de toutes ces personnes.

Là encore, désolé de me répéter, je ne vois pas un problème lié à la jeunesse mais bien à une curiosité, un appétit pour le sujet. Il n’y a pas plus de jeunes incompétents en informatique que de personnes plus agées. C’est juste que la société estime désormais que toute personne née avec un outil informatique accessible dans un univers professionnel quasi tout entier tourné vers son usage, est logiquement censée en connaître les rouages sur le bout des doigts. C’est clairement une projection de la part des adultes sur les jeunes. Le stéréotype du môme incompétent qui vient se fracasser sur l’idée que l’on se fait de lui comme forcément très à l’aiset. Et rien de cela n’est vrai.

Un PC monté par Top Achat

« A mon époque on montait des PC les yeux fermés. »

Le second message souvent véhiculé par ce discours est une constatation de la méconnaissance technique de l’outil informatique. Une incompétence jugée comme incroyable aujourd’hui.

Faire un petit pas de côté historique et technique permet de mieux comprendre la situation. Au début du siècle précédent, en 1900 / 1910, rares étaient les automobiles. En 1905 on en compte un peu plus de 20 000 dans le pays. Et c’est compréhensible, outre le prix de ces engins, c’était un temps où il était délicat d’imaginer partir en balade à la campagne en voiture sans aucune connaissance en mécanique. Je ne parle pas de savoir changer une roue ni de régler un retroviseur. Je parle d’avoir toujours sous la main une généreuse burette d’huile, de clés à molette graisseuses au fond d’une sacoche goudronnée, de savoir calmer un carburateur qui vide goulûment le réservoir et de dépanner des bougies encrassées. Il ne s’agit pas de régler un ralenti qui ne tourne pas rond mais plutôt de déposer la moitié du moteur sur une nappe, au bord de la route, sous les yeux de toute la famille alors qu’on devait partir en pique-nique.

J’imagine comment le conducteur automobile de l’époque regarderait un siècle plus tard « les jeunes » comme des analphabètes du moteur à explosion. Les rares personnes qui s’intéressaient à la mécanique automobile au début du vingtième sont comparables aux personnes qui s’intéressaient aux entrailles des ordinateurs à la fin du même siècle. Elles se classent à chaque fois en deux grandes catégories. Les gens qui n’avaient pas d’autre choix parce que c’était leur métier d’un côté et des gens absolument passionnés de l’autre. Cela ne concernait qu’une infime partie de la population et tout le reste des utilisateurs de ces engins ne comprenait absolument pas comment ils fonctionnaient.

Aujourd’hui, en ouvrant le capot d’une voiture moderne on ne voit pas grand-chose. La protection carénée d’un moteur, quelques rares bouchons qui protègent des tubes pleins de liquides variés à remplir de temps en temps. Et un objet souvent totalement inaccessible. Le tableau de bord est dans les deux cas purement informatif. On se sert du véhicule en utilisant une interface simple : un volant, des pédales et quelques accessoires. Il n’est plus nécessaire de comprendre comment l’engin fonctionne pour rouler des milliers et des milliers de kilomètres avec. On a un contrat avec un garage spécialisé qui s’occupe de son entretien. Il y a quelques générations encore, les gens savaient réparer eux-même leurs voitures, changer les pièces détachées ou, au pire, faire appel à un voisin qui maîtrisait cet art. Aujourd’hui la situation est beaucoup plus complexe avec l’obligation de posséder un équipement électronique indispensable avant tout entretien. On est devenus nuls en mécanique.

L’analogie avec un ordinateur moderne est assez flagrante. Beaucoup moins de personnes ne s’intéressent au fonctionnement de l’informatique qu’il y a quelques dizaines d’années tout simplement parce que cela n’a plus aucun intérêt pour la majorité d’entre eux. Plus le temps passe et, comme pour la voiture, on est bien obligés de faire confiance en l’objet plutôt que dans sa propre maîtrise. Qui va savoir réparer un ordinateur portable ? Qui va dépanner une carte mère de MiniPC ? Il reste bien les PC au format tour classique qui permettent des évolutions et qui demandent des compétences supplémentaires. Mais leurs ventes réduit d’année en année et le grand public s’en désintéresse.

Et que nous réserve le futur ? Les régions investissent dans des portables irréparables pour les Lycéens, certains ont même droit à des Chromebooks qui confisquent l’accès au matériel et au logiciel. Apple se tourne vers un système de plus en plus fermé. Les puces ARM ont débarqué dans les PC sous Windows et limitent les systèmes exploitables, de plus en plus de composants sont soudés, blindés, cachés… Les capots de portables aujourd’hui n’ont souvent plus rien à envier aux capots des voitures électriques. Ce sont des coffre-forts dont l’acheteur n’a plus la clé.

Le paradoxe de l’expertise

Cette situation amène à un paradoxe évident. Avec des sources d’information très complètes d’un côté et des gens qui ne voient plus l’intérêt de mettre le nez dans des entrailles de plus en plus fermées de l’autre, les utilisateurs ont évolué vers deux classes distinctes.

Il y a d’abord des néophytes pur et durs, qui ne savent pas comment un ordinateur fonctionne parce qu’il n’y a aucune raison qu’ils le sachent. Leur ordinateur portable comme leur smartphone sont quasiment montés d’un seul bloc, entièrement composés de pièces soudées et non accessibles. Ils n’ont aucune raison de chercher a comprendre comment leur matériel affiche et calcule des données. C’est un… outil, au même titre qu’un photocopieur ou un marteau.

Qu’un ingénieur système ou un joueur dont c’est le loisir principal ne comprenne pas comment son ordinateur fonctionne est un problème, au même titre qu’un garagiste ou un coureur automobile doivent savoir leur mécanique sur le bout des doigts. Mais qu’un étudiant en histoire, un futur diplomate ou un apprenti boulanger ne maîtrisent pas l’informatique technique n’a rien de choquant. Pas plus qu’ils ne maîtrisent la réparation de leur voiture.

Évidemment il serait bon qu’ils sachent piloter les machines avec des réflexes, des habitudes et des compétences plus poussées. Ils ne les maîtrisent pas forcément mais… a bien y regarder. Est-ce que leurs aînés font mieux ? Absolument pas.

Je pense même que les jeunes générations ont plus de compétences que les précédentes sur plein de domaines. Ils maîtrisent le web, savent envoyer une pièce jointe du premier coup, retouchent des images, font des montages vidéo, surfent, communiquent. Ce ne sont pas les jeunes qui sont nuls en informatique, ce sont les Français en général, un certain pourcentage de jeunes y compris.

Et le paradoxe de tout cela c’est que les gens qui nous alertent de cette nullité des jeunes en informatique sont souvent les moins exposés aux compétences de cette population. Mis à part dans les voies spécialisées, le niveau actuel des plus férus d’info fait que les leçons distribuées dans les établissements scolaires peinent à réveiller leur curiosité. Les notions distillées par l’éducation nationale au travers de QCM et autres applications en ligne d’auto-évaluation comme le fameux « PIX » ne font que survoler les sujets. Les profs n’ont absolument pas le temps d’approfondir ces champs et souvent aucune notion réelle de programmation, de vigilance et de comportement en ligne ne sont proposées. Un adolescent curieux maîtrisera tellement plus de notions informatiques que le programme n’en propose qu’il pourrait largement rattraper des heures de sommeil en cours sans jamais déranger le prof. Ce dernier se retrouve donc avec un retour de classe qui ne fait que signaler les manques des moins curieux, des moins équipés ou des moins compétents. Et cela se traduit par un reflet de jeunes « nuls en infos ».

Est-ce que les moins jeunes ne sont-ils pas tout aussi nuls en informatique ?

Si j’en crois ma propre expérience, relayée et entretenue par des milliers de discussions au fil des années en tant que vendeur informatique à une époque et avec mes lecteurs depuis lors, le constat fait de cette incompétence en informatique est le même depuis toujours. On accuse les jeunes de ne pas s’intéresser à l’informatique mais les moins jeunes sont tout autant incompétents. Et cela sur toutes les tranches d’âges. Des trentenaires qui ne comprennent rien à Excel, j’en connais. Des quarantenaires qui ne pigent pas un traître mot quand on leur parle technique et qui ne savent pas où sont rangés leurs fichiers, j’en connais. Des cinquantenaires qui préfèrent utiliser un smartphone en dictée pour rédiger un email, j’en connais également. Au-delà des soixante ans on touche peut être du doigt la réalité que cache cette appellation généraliste des « jeunes ».

Car à mon avis, le problème n’est pas lié à l’âge, il est clairement lié à l’appétit. On connaît tous un papy ou une mamie très à l’aise avec l’informatique. Et on le regarde un peu comme un énergumène dans son genre. Autour de lui, une vaste majorité de personnes du même âge ne s’y intéresse pas, n’y comprend rien et ne veut rien y comprendre. La différence de ce comportement s’explique par une simple caractéristique : la curiosité. Et c’est le cas pour toutes les tranches d’âge. La proportion réelle de gens qui ont le goût de l’informatique est quasiment toujours la même. Et elle est faible. Jeunes ou vieux, cela ne change rien.

Ce que cette vision des « jeunes incompétents» trahit c’est la projection que l’on fait sur eux de nos propres centres d’intérêt. Un peu comme cette personne de notre connaissance passionnée d’un sujet précis qui ne comprend pas pourquoi nous, nous n’aimons pas la philatélie, l’histoire du Marais-Poitevin, la mécanique des fluides ou l’entomologie. Tout le monde n’a tout simplement pas envie d’investir du temps dans l’apprentissage d’une matière pour laquelle il n’est pas curieux.

Je reste persuadé que la proportion de gens intéressés par l’informatique a largement augmenté ces 30 dernières années. Le niveau global a également fortement progressé avec des gens possédant des compétences sans commune mesure avec ce qui est représenté comme les années « glorieuses » de l’auto apprentissage. Les fameuses années 80-90 avec ces magazines qui livraient des programmes en Basic qu’on copiait laborieusement ligne par ligne pour pouvoir faire avancer une vilaine tortue en pixels CGA… Ces années vues comme l’âge d’or de passionnés font face à des collégiens qui savent piloter des outils pour inventer des mondes 3D avec une narration complète, un univers sonore et des mécaniques de jeu. Des mômes qui font de l’impression 3D à partir de modèles dessinés par leurs soins avec des outils autrement plus complexes et puissants que ce que nous proposait l’informatique disponible des années 90. Des lycéens qui créent des albums audio de toutes pièces dans leur chambre. Des graphistes en herbe dont le portfolio numérique n’a pas a rougir face à des artistes chevronnés et reconnus.

On reproche à « des jeunes » de ne pas savoir se servir d’un tableur. Et c’est tout à fait vrai, plein d’adolescents sortent du lycée avec une très vague notion des bases informatiques que sont la gestion bureautique. Mais la grande majorité d’entre eux savent tout de même se servir d’un traitement de texte mieux que leurs parents au même âge.

La proportion de ces jeunes gens qui savent réellement se servir de l’outil informatique est au pire identique à celle précédente et à mon avis supérieure. La qualité des productions des plus passionnés de ces jeunes est largement au-dessus de ce que proposaient leurs aînés. Les limites logicielles et techniques ont sauté. Ce qui était uniquement disponible à Hollywood en 1990 est désormais accessible en supermarché.

Tout le monde semble avoir également gommé l’énorme sacrifice de temps que représentaiy l’apprentissage informatique dans les années 80-90. Les après-midis en solo dans sa chambre avec un ordinateur en pleine « défragmentation » en face de soi pendant que tous les copains jouaient dehors au ballon ou faisaient du vélo. Le temps passé a éplucher des ressources peu nombreuses pour juste réussir a faire tourner son PC correctement sous MS-DOS. Les jeunes d’hier réellement passionnés d’informatique n’étaient pas plus nombreux que ceux d’aujourd’hui. Loin de là. Et ils étaient très motivés. Avoir 15 ans en 1990 avec un ordinateur en main c’était également la promesse de trouver du boulot. L’avenir dans la branche informatique semblait radieux et cela motivait pas mal de monde. Aujourd’hui c’est l’inverse, si on ne maîtrise pas un maximum de compétences jugées comme minimales ont ne trouvera simplement pas de travail.

Un écart qui se creuse à cause des besoins de notre société

La première fois que, en sixième, j’ai rendu un devoir d’anglais imprimé grâce à un traitement de texte à ma prof, elle m’a mis zéro. Son argument était que le devoir avait été traduit par mon ordinateur. Pour donner un peu de contexte c’était un devoir pianoté sur Papyrus, un traitement de texte basique disponible sur Apple IIe. Il a fallu plusieurs décennies pour que des solutions de traduction de l’anglais vers le français rattrapent mon maigre niveau d’anglais en sixième. Pourtant, la prof n’a rien voulu savoir et j’ai du ré-écrire mon devoir à la main pour qu’elle daigne changer ma note. C’était la première fois qu’un élève lui rendait un devoir comme cela. Elle n’avait pas d’ordinateur personnel et fort peu de mes camarades de classe avaient une machine de ce type à la maison.

Aujourd’hui c’est l’inverse, les profs abandonnent les devoirs de traduction à la maison par peur de lire les travaux rédigés par une IA. Les enfants, dès le collège, ont bien compris comment dompter ces nouveaux outils pour faciliter leur vie. Le monde a totalement basculé dans l’informatique au cours de ma simple petite existence.

Et ce qui a surtout changé, ce ne sont pas les lycéens ni les étudiants, c’est le contexte du marché, les attentes du monde du travail. On voit aujourd’hui des postes de manutention basique exiger un niveau de compétence avancé en bureautique avec une « maîtrise de la suite Office ». On estime donc logiquement que chaque enfant doit acquérir lors de sa scolarité un bagage minimal dans ce domaine. Ce n’est pas pour autant que tous les « jeunes » vont avoir de l’appétit pour la pratique. La proportion d’enfants et adolescents réellement intéressés par la programmation, le matériel, son fonctionnement ou les protocoles de communication employés en son sein est sans doute restée la même qu’en 1990. Et ce n’est pas parce qu’on juge aujourd’hui certains éléments comme indispensables que cette proportion va changer. Mélanger passion personnelle et obligation professionnelle n’a pas de sens.

Ce que je remarque, pour avoir beaucoup d’enfants autour de moi dans le milieu associatif, c’est que la majorité d’entre eux sont largement plus capables d’absorber des notions complexes d’informatique qu’à mon époque. J’ai donné par exemple des « cours » à des enfants de niveau CM2/5e pour une approche de l’impression 3D. Les programmes a utiliser sont, pour utiliser un euphémisme, assez « touffus ». Des centaines de réglages, d’options, de notions se mélangent pour préparer un fichier avant de l’envoyer vers l’imprimante. Ces enfants, clairement intéressés par l’informatique, ont saisi l’ensemble des problématiques de préparation de fichiers mais également des notions de durée d’impression et de coût suivant les réglages en une heure trente de formation.

Ces mêmes enfants, et beaucoup de leurs camarades, absorbent désormais parfaitement les éléments nécessaires à l’exploitation de la majorité des programmes grand public. Quand je lis qu’un jeune aujourd’hui peut sortir du Lycée sans avoir de compétence en bureautique. Ce n’est pas de sa faute à lui. C’est clairement un échec dans sa formation. Il rattrapera ce retard dans la plupart des cas. Atteignant les besoins attendus en quelques jours si il ne s’agit que de comprendre un traitement de texte ou un tableur.

Cela ne veut pas dire que c’est la faute des profs ou des établissements fréquentés mais bien d’un système tout entier qui ne donne pas assez d’opportunités pour apprivoiser ces outils. Prenez un jeune de 16 ans, de n’importe quel milieu social, promettez-lui qu’il trouvera un meilleur boulot à terme en se mettant devant un ordinateur une ou deux après midi avec vous pour apprendre les bases d’une suite office ainsi que le fonctionnement d’un ordinateur et les mécanismes de base du web. Et vous aurez un jeune formé au bout de quelques heures.

Mon jeune couvreur n’a pas vraiment pris des cours d’informatique

Il y a quelques temps j’ai fait réparer le toit de ma maison. J’ai choisi des artisans locaux, dont l’entreprise est dans ma rue et qui ont été formés au Lycée d’Enseignement Professionnel de ma ville. Deux frères assez « jeunes » qui ont tout juste lancé leur entreprise l’année dernière après des années d’apprentissage. Ils n’ont jamais eu de cours d’informatique sérieux lors de leur scolarité. Et pourtant ils ont trouvé, tous seuls, toutes les ressources dont ils ont besoin pour leur entreprise. Un outil en ligne de facturation qui gère leurs devis, leurs factures, leurs emails et leur comptabilité qu’ils maîtrisent aussi bien sur téléphone que sur leur vieux PC. Mais aussi et surtout un système de suivi de chantier digne du suivi de projets de grandes sociétés.

Dans leur entreprise de bâtiment chaque tâche est documentée au travers de nombreuses photographies sur le vif. Une cloison est montée ? Toutes les étapes sont documentées sous la forme d’images. Avant le chantier, pendant le travail avec le détail des finitions et des options choisies et à la fin, une fois le chantier terminé, le résultat est également pris en photo avec le nettoyage des lieux. De telle sorte qu’à la moindre question, il est possible de remonter dans le temps et montrer au client tout ce qui a été fait. A une question du traitement de la toiture avec un agent de protection, je reçois immédiatement une photo de la dispersion du produit sur mon toit.

Chaque chantier est ainsi géré sous la forme d’un dossier dans les nuages. Un classeur qui s’appelle du nom du client et du mois du début des travaux. Tous les ouvriers agissant sur chaque chantier sont sommés de partager leur travail en photos et respectent cette consigne. Ils peuvent ainsi garder une trace précise de leurs actions. Avec un budget minimal, sans aucune compétence de base en informatique, ces deux trentenaires ont mis en place un système de suivi de projet complet et adapté à leur situation de travail. Un suivi qui permet en plus de rassurer leur clientèle et même de répondre précisément, des années après un chantier, aux éventuelles questions sur les travaux effectués. Un suivi qui leur sert de publicité très efficace pour montrer leurs compétences aux autres clients.

Ce que je veux démontrer ici c’est que, comme souvent, la nécessité fait son ouvrage. Face à des problématiques nouvelles, les gens s’adaptent. Et si un jeune adulte se retrouve dans la situation où son futur nécessitera une prise en main d’un outil informatique, il s’en accommodera sans doute rapidement. Certains seront toujours rétifs et totalement incapables de s’y intéresser mais probablement dans les mêmes proportions qu’auparavant. Pourtant, je suis persuadé que face à un expert qui leur poserait des questions techniques informatiques, mes deux couvreurs seraient catalogués dans le camp des « nuls ».

Les jeunes ne sont pas plus nuls que les autres.

Je pense sincèrement que le stéréotype des jeunes « nuls en informatique » est le résultat d’un changement des attentes de la société. C’est parce que les employeurs ambitionnent de n’embaucher que des gens capables de faire du « reporting » sur toutes leurs tâches en fin de journée ou de suivre un terminal, que tout le monde ne recherche que des informaticiens en herbe. Mais si cette recherche s’accentue jusqu’à toucher des métiers autrefois purement manuels comme l’agriculture ou la pêche, la formation nécessaire ne suit pas.

Si un stéréotype doit être retenu pour les jeunes, c’est qu’ils sont très souvent curieux et qu’ils apprennent vite. Le souci va être de profiter de ces atouts innés pour les intéresser à la chose informatique, à la programmation, au fonctionnement des machines qui les entourent. Leur donner assez de billes pour qu’ils aient envie d’apprendre un minimum et ne soient pas perdus devant un clavier et un écran. La totalité de la population ne sera jamais passionnée d’informatique mais si la majorité parvient au moins a maîtriser correctement les outils et les protocoles, ce sera bien plus performatif que de déplorer qu’ils n’aient pas réussi a apprendre tous seuls. Comme le mythe de leurs aînés tente de le faire croire.


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51 commentaires sur ce sujet.
  • 18 juin 2025 - 20 h 29 min

    Excellent article.

    D’habitude je lis paisiblement sans réagir, mais là: seulement en informatique ? vous êtes sûr ?

    Ca résume bien l’état de l’éducation nationale, même au niveau bac+5, enfin, ce que je pensais l’être avant de d’avoir un thésard (en informatique donc) sachant programmer des iaku de 50 lignes max, le plus souvent trouver sur internet ou chat GPT (donc pleins de bugs) et surtout nul en logique (preuve par récurrence ??) et nul en algèbre (Tarski ???). Bref un colis livré tout droit de l’INSA, enfin, d’après son CV, que j’ai du supporter 3 ans.

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  • 18 juin 2025 - 20 h 41 min

    Que de souvenirs, lorsque j’étais jeune, mes parents m’ont inscrit au club informatique des PTT.
    La découverte du TO7 et du MO5, les cassettes qui grincent, les lignes de code tapées patiemment pour afficher un sprite ou faire bouger un carré à l’écran. La programmation, les premiers jeux, les plantages qu’on devait comprendre et corriger. On apprenait à manipuler la machine, à en comprendre les rouages, même si c’était parfois frustrant.

    Aujourd’hui, les jeunes qui font leur stage de 3e avec moi savent très bien utiliser leur smartphone, leur PC, mais peu savent comment fonctionne réellement un ordinateur. C’est un peu comme parler une langue sans jamais avoir lu un livre ou étudié la grammaire. Il manque un bout, une couche de compréhension, une forme de curiosité technique.

    Mais je ne pense pas que ce soit un problème de « niveau » en informatique au sens strict. C’est une évolution culturelle. Leur rapport à la technologie est utilitaire, fluide, intégré au quotidien, mais souvent déconnecté de la logique interne des machines. Et c’est là que le rôle de la transmission et de l’éducation technique prend tout son sens : pas pour faire d’eux des informaticiens, mais pour leur redonner les clés de compréhension, la capacité à créer, à modifier, à comprendre ce qu’ils utilisent.

    C’est un autre monde, un autre contexte, mais la passion, elle, peut toujours naître… si on leur donne la chance de la rencontrer.

    Reply
  • 18 juin 2025 - 21 h 09 min

    Et paradoxalement si on prend la tranche 15/20 ans je pense qu’il y a beaucoup plus de jeunes qui maîtrisent l’informatique au sens large aujourd’hui qu’il y a 30 ans. La différence c’est qu’il y a 30 ans ces jeunes qui s’y connaissent étaient majoritaire chez les possesseurs de ces équipements alors qu’aujourd’hui ils ont minoritaires.

    Reply
  • 18 juin 2025 - 21 h 23 min

    @Toto:

    Un jeune aurait donc moins d’expériences, de réactivité, de connaissances que les vieux cons que nous sommes devenus ? Les bras m’en tombent mais vraiment quelle surprise ! Qui aurait pû s’attendre à cela…

    Franchement ce discours m’insupportait du haut de mes 20 ans et plus 25 ans plus tard il m’est encore plus insupportable. Porter un jugement sur les compétences d’un jeune au regard de nos lourdes expériences dans nos domaines de compétences c’est complètement déplacé. Régulièrement je regarde les collègues qui émettent ce genre de jugements car le plus souvent complètement biaisés.

    Il y a des jeunes qui sont nuls comme des vieux complètement dépassés mais ce n’est pas une raison pour en faire une généralité.

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  • 18 juin 2025 - 21 h 32 min
  • 18 juin 2025 - 21 h 38 min

    > une forme de curiosité technique.

    Voilà qui resume bien le soucis de manière générale.
    Et effectivement pas spécifique à l’informatique.

    C’est surtout un énorme manque de curiosité de manière générale qui touche je trou les nouvelles générations;

    Un paradoxe : on peut trouver toutes les infos, sur tout, très simplement.
    Et du coup plus grand chose n’a d’intérêt, car on ne doit plus chercher, on a plus cette possibilité de découvrir et de maitriser cette expertise.

    Enfin en tout cas c’est l’impression que cela donne.

    Reply
  • 18 juin 2025 - 21 h 44 min

    @pilef:

    Syndrome du vieux sachant ! La jeune femme utilisée comme support de son argumentation aurait été un homme dans la force de l’âge ou un pré-retraité alors il n’aurait eu qu’à changer le titre de son article : les personnes entre deux âges ne se préoccupent pas de l’informatique ou bien les seniors se coupe de l’informatique et cétrégrav !

    Reply
  • 18 juin 2025 - 22 h 11 min

    @Daweb: Il ne faut pas oublier, comme je l’indique dans le billet, que ceux qui savent, ceux qui sont curieux, passent sous le radar. Tu ne vois que les cas désespérés qui n’ont aucune compétence et/ou qui s’en foutent. Mais il n’y a pas de fatalité. Si quelqu’un est intéressé par un truc, il « s’y met ». Les compétents, tu les découvres par hasard, quand tu vois des mômes qui te codent un truc en Python en cinq minutes, quand les autres balbutient depuis une heure dès la seconde séance. Parce qu’entre les deux séances tu comprends que sa curiosité a été piquée et qu’il a potassé 15 sites en une semaine. Déjà fait tous les exercices et compris la logique du truc.

    Perso, je me suis réellement mis à l’informatique car je voulais faire de la retouche photo, cela me fascinait. Et j’ai charbonné autant pour trouver les sous pour acheter un PC adapté que pour apprendre à utiliser Photoshop. Autant pour optimiser mon PC que pour trouver des moyens de l’améliorer.

    Croire que des gens sont incapables de s’intéresser à l’informatique c’est un faux débat. Il y a plein de gens qui s’en foutent et ils en ont bien le droit. Le truc c’est qu’ils doivent tout de même recevoir une formation suffisante pour qu’ils puissent piloter leur ordinateur au quotidien. Comme ils ont une formation suffisante pour lire, écrire et compter. Je ne connais pas grand monde de passionné de grammaire au collège… Mais ce n’est pas une fatalité, c’est enseigné.

    Pour la voiture, on ne demande a personne de savoir la démonter de A à Z ou d’être un pilote de Rallye. Pour l’informatique on voudrait que tout le monde soit un génie passionné. Franchement je ne connais personne qui ne peut pas apprendre les bases attendues et le fonctionnement d’un PC en quelques heures si on prend le temps de lui expliquer. Cela ne sera pas un génie de l’info du jour au lendemain, mais ce sera le conducteur d’ordinateur moyen que nous connaissons tous.

    Reply
  • 18 juin 2025 - 22 h 20 min

    @pilef: Les enfants ne savent pas parler, pas compter, pas lire, pas faire de vélo ni même manger proprement. Si on ne leur apprend pas, pas de raison que cela ne change.

    Je connais cet article également traduit par une copine, je suis assez d’accord avec certains points mais encore une fois, il ne fait que pointer du doigt le truisme d’enfants/génies parce que nés avec l’informatique autour d’eux. Je suis né alors que la bicyclette existait, il m’a quand même fallu du temps pour savoir en faire sans les petites roues.

    Du reste, cet article ne cible pas « les jeunes » mais toutes les tranches d’âge. Ce qui est mon propos ici. Stigmatiser les jeunes n’a aucun sens. Tous les âges sont concernés.

    Reply
  • 18 juin 2025 - 22 h 28 min

    Intéressant cet article qui m’a fait sourire.
    Qui trouve les jeunes nuls en informatique ? Un employeur qui cherche un jeune avec peu d’expérience professionnelle, mais qui sache tout faire en informatique ?
    Mais quoi en informatique ? Bureautique, développement, administration, montage,…
    Au moins ils ont la curiosité et la volonté d’apprendre, contrairement aux moins jeunes qu’ils faut prendre avec des pincettes au moindre changement d’icône sur le bureau sinon ils n’arrivent plus à travailler…

    Reply
  • CHP
    18 juin 2025 - 23 h 32 min

    Les jeunes ne sont pas nuls.

    Ils sont juste beaucoup moins curieux de connaître les fondements des choses. Et c’est pareil pour toute les matières. Ils ne considèrent pas les choses telles que nous les avons connues et ils s’en moquent.

    Je constate, aussi, qu’ils utilisent très bien les ordinateurs mais ils se moquent de savoir pourquoi ça marche. On ordi ça doit être comme un gros smartphone. Pour certains, de mon entourage, ils ne savent même pas changer une cartouche d’encre de l’imprimante et sont complètement perdus quand le cable USB ou secteur est débranché. Et je vous explique même pas pour une voiture alors que les bases mécaniques sont obligatoires au code.

    Le problème récurent que je vois autour de moi, c’est que de plus en plus de jeunes ne lisent plus les manuels d’emploi (TV, voiture, PC, imprimante, …) avant usage et sont complètement perdus en cas de problèmes. Alors ils cherchent sur Youtube mais parfois les résultats des recherches sont loin d’être bons (voir contre productifs).

    Reply
  • 19 juin 2025 - 0 h 31 min

    @CHP: Mais quand j’étais gamin, 90% de mes potes n’en avaient rien a f****e de l’informatique. Ils ne comprenaient rien à rien au fonctionnement d’un ordinateur et ça ne les interessaient pas. Ils ne lisaient pas les manuels, ils subissaient Windows et DOS et découvraient les outils au fur et à mesure en me bombardant souvent de questions. J’évitais de dire que je m’y connaissais quand on m’invitait pour ne pas me retrouver à 4 pattes sous un bureau pour réparer un PC de daron encombré de poussière et vérolé jusqu’à l’os.

    Sur les 10% restants, 9 étaient juste intéressés par les ordinateurs pour jouer. Pas pour apprendre à s’en servir. Je leur faisais des fichiers boot.bat avec des archives ARJ sur disquettes pour remplacer les Autoexec.bat et Hymem.sys de leurs 386 pour que leurs jeux démarrent correctement. Ils ne voulaient rien comprendre, juste attraper leur joystick. J’ai répété des dizaines et des dizaines de fois à mes potes de 13-14 ans qu’il leur fallait choisir une carte son CREATIVE LABS COMPATIBLE dans un menu ne proposant que 4 choix. Et ça ne les empêchait pas de m’appeler encore et encore à la rescousse.

    Rien n’a changé donc. Les vieux d’aujourd’hui sont mes jeunes d’hier et s’ils s’y connaissent davantage, pour 99% c’est de force plus que de gré. « Ils sont juste beaucoup moins curieux de connaître les fondements des choses. » Tu ne vas pas me dire que ma voisine qui ne comprend pas pourquoi son smartphone est lent alors qu’elle a accepté d’acheter le pire modèle que le vendeur Darty a su lui trouver. Que le père de mon pote qui a un PC rempli raz la gueule de notifications et autres pop-up parce qu’il accepte tous les messages du genre, s’y connait en informatique ? Autour de toi, je suis sûr que tu as plein de gens de ton âge qui sont des grosses quiches en info alors qu’ils ont eu des dizaines d’années pour apprendre.

    Les curieux en informatique ne sont pas liés à une tranche d’âge, cela peut être un retraité qui s’y met. Un salarié au chômage que cela intéresse et qui trouve le temps qu’il n’avait pas avant ou un Collégien passionné. Le Collégien a juste l’excuse de son jeune âge justement.

    C’est quoi ce mythe de « Ils ne considèrent pas les choses telles que nous les avons connues et ils s’en moquent. » Sérieusement, mes potes s’en foutaient à 1000% des ordinateurs. J’avais ptet qu’une dizaine de personnes parmi mes connaissances qui comprenaient les ordinateurs quand j’étais ado. Il a fallu l’arrivée du Minitel (RTEL) pour que je noue des contacts avec une vraie population de passionnés d’informatique. Dès fois j’allais à Montgallet juste pour rencontrer des gens passionnés et chez Surcouf pour tenter de répondre à mes questions.

    « Le problème récurent que je vois autour de moi, c’est que de plus en plus de jeunes ne lisent plus les manuels d’emploi »

    Mais le sigle RTFM (littéralement « Lis le putain de Manuel ») a été inventé à la fin des années 70 et a été documenté dès 1979… Si ce n’est pas le signe que personne n’a jamais pris la peine de lire les manuels… Je ne sais pas ce que c’est. https://fr.wikipedia.org/wiki/RTFM_(expression)

    Reply
  • CHP
    19 juin 2025 - 1 h 13 min

    @Pierre Lecourt:

    Humm… Je comprend ton point de vue mais…
    Je vois que nous n’avons pas tous eu les mêmes expériences et je ne parlais pas seulement des ordis mais aussi de beaucoup d’autres sujets qui demandent un peu de curiosité et de volonté d’apprendre et de découvrir (cuisine, jardinage, bricolage, …).

    Ca doit être dû au phénomène chaise/clavier/écran qui empêche certains jeunes de sortir et de découvrir d’autres horizons et d’autres sujets de curiosité (musés, sorties, théâtres, livres, découvertes, …).

    C’est un vaste sujet. Trop vaste pour être traité simplement dans un forum mais je reste sur mon opinion que de plus en plus de jeunes se laissent aller emportés par le vent de la facilité et se pert dans un océan de certitudes.

    Reply
  • CHP
    19 juin 2025 - 1 h 21 min

    correction (quand on oublie de se relire avant de poster) : « se perdent dans un océan de certitudes ».

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  • 19 juin 2025 - 7 h 59 min

    @CHP:

    Je pense que ton propos a été tenu depuis des décennies par une génération à propos d’une génération lui succédant. Que disait-t-on des jeunes quand tu étais jeune ? Certainement la même chose.

    Dans les années 90, on disait les jeunes rendus comme des zombies car incapable de se décoller de leurs jeux-vidéos et pourtant ce sont eux aujourd’hui qui sont la force vive de la nation, ce sont eux qui paient pour les retraites de ces anciens qui les dénigraient ce sont eux qui créé une richesse par travailleur qui n’a jamais été atteinte.

    Pour rappel, les jeunes grandissent dans un monde façonné par leurs parents et grand-parents, leur état d’esprit est façonné par ce qu’ont fait d’eux leurs parents et à leur les jeunes d’un moment modifieront un peu le monde à leur tour pour le transmettre à leurs enfants avec des valeurs qui seront légèrement différentes de celles de leurs parents.

    Nous ne pouvons reprocher à nos enfants de vivre dans un monde et un état d’esprit que nous leur avons laissé.

    Reply
  • 19 juin 2025 - 8 h 25 min

    Le constat qui fait dire que les jeunes seraient nuls, c’est pas forcément pour le côté utilisation de l’outil et son applicatif: Là, clairement, moi qui suis assez allergique aux clicodromes j’avoue que je ne suis pas le meilleur exemple à ce niveau d’utilisation!
    Par contre, c’est quand un truc part de travers que cela se gâte à une époque ou tout marche et s’autoconfigure généralement sans avoir jamais dû creuser.
    J’étais ado dans les années 80 et si la proportion de jeunes qui s’intéressaient à l’informatique était faible, c’est car l’équipement n’était pas si courant. Dans mon immeuble on devait être deux, parmi mes camarades de collège ca se comptait sur les doigts des mains. Par contre 100% mettaient les mains dans le cambouis car il n’y avait pas vraiment le choix que de soulever le capot et s’intéresser aux entrailles.
    La métaphore du « soulever le capot » s’appliquant aussi (et entre autres) pour là d’où il vient, l’automobile, d’ailleurs: On n’a plus souvent à y foutre ne nez car l’électronique adapte les réglages en permanence… et combien appellent l’assistance de leur assureur pour une batterie ou un pneu à plat?
    Certes, la curiosité des jeunes reste probablement et s’exprime potentiellement ailleurs. Mais quand on a passé ces années de curiosité naturelle combiné à un temps libre (que l’on aura plus jamais ensuite) sans devoir affronter aucun dysfonctionnement, ce n’est pas passé 25 ans que l’on va s’y mettre avec efficacité.
    Bref, le « digital native » devient trop souvent un « digital disabled » au 1er problème à résoudre, mes propres enfants en 1er et ce n’est pas faute d’avoir essayé de les motiver à acquérir quelques fondamentaux, il ne faut pas non plus le nier.

    Reply
  • 19 juin 2025 - 8 h 27 min

    Je verrais bien un angle mort assez conséquent à tout ce long développement, dont l’article d’introduction ne serait qu’un épiphénomène : Le turbocapitalisme…
    On est pas tant face à une quelconque désaffection technologique générationnelle, que confronté aux effets tjrs plus globaux et mortifères d’une production et d’une consommation de masse, amha.
    La où j’ai la dent dure avec la « jeunesse », c’est dans la façon dont elle vend son âme au diable techno-capitaliste sans même avoir conscience du pacte qu’elle scelle avec lui. Et en même temps, comment le pourrait-elle ; tant elle est désormais matrixée dès sa petite enfance.
    Les connaissances et les compétences techniques, avec comme pilier l’histoire des sciences et des technologies, ne sont plus facultatifs de nos jours, pour tenter de rester un citoyen « libre » et éclairé face aux moyens exponentiels déployés pour nous ne soyons surtout jamais plus qu’une masse passive et captive.
    Et n’allez pas me ressortir le rôle dérézosocios dans les soulèvements sporadiques qui distraient notre implacable marche vers le totalitarisme mondialisé, par pitié…

    A part ça et pour finir sur une note plus positive, je ne me lasse pas de regarder un type fabuleux penché sur son établi tout aussi particulier, faisant des diagnostiques et des réparations de zinzin sur des cartes graphiques. Vous m’en direz des nouvelles (comme on disait autrefois) ! : https://www.youtube.com/@northwestrepair

    Reply
  • 19 juin 2025 - 8 h 34 min
  • 19 juin 2025 - 10 h 12 min

    Très bon article.

    Effectivement, il faut ramener cette connaissance à l’usage.

    Reply
  • 19 juin 2025 - 11 h 06 min

    Merci pour cet article fun qui permet à tous d’évacuer par écrit nos soucis avec ces nouvelles générations (thérapie de groupe d’une incompréhension générationnelle :D) : bienvenus aux informaticiens anonymes :P

    Les jeunes sont plus nuls que les adultes, d’après les adultes, … depuis … l’antiquité à minima.
    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/concordance-des-temps/le-peril-jeune-de-l-antiquite-a-nos-jours-4396827

    – On ne vous demande pas de savoir construire et comprendre toutes les parties de votre voiture (sauf les passionnés et les garagistes), monter vous même votre maison de A à Z (sauf les passionnés et les gens dont c’est le boulot)…. Scoop : pareil pour l’info/prog/admin !

    – Oui, quand l’informatique était rare, seul les passionnés en avaient et donc savaient tout de A à Z et devaient souvent faire eux-même car c’était le début donc pas de facilités et les coûts faisaient qu’on en prenait soin. Ça a été le cas pour les premières voitures; pour les premiers avions et pilotes d’avions qui réparaient et tweakaient leurs bécanes à la main eux-mêmes; pour les premiers systèmes de serveur; pour les premiers tracteurs dans les fermes; etc…

    – quand ensuite un truc se démocratise et qu’il fonctionne de façon friendly, que son coût baise, qu’on peut sous-traité leurs maintenance et leurs fabrications, etc. Moins voire plus besoin de ces compétences de compréhensions en détails de ces objets… Nous sommes donc des dinosaures : nos connaissances ne sont plus nécessaires pour utiliser les outils à base de processeurs. Pour la plupart ici, vous ne savez pas élever des animaux qui pourtant vous nourrissent chaque jour ou cultiver les légumes et céréales de votre quotidien, alors que 99% des arrières-grands parents savaient car c’était une compétence de base du quotidien …

    – ça me fait penser à une discussion avec mon grand-père avant son décès qui disait : « les jeunes vous êtes nuls, vous ne connaissez plus les numéros de départements, leurs noms, leurs préfectures, leurs sous-préfectures et les grandes valeurs approximées de logarithmes népériens … » Je lui expliquais qu’effectivement, si on voulait cette info, on l’obtenait en 2 minutes chronos, sans encombrer nos cerveaux, rendus libres pour d’autres choses comme l’informatique.

    – le train puis la radio puis le cinéma puis la BD puis la télé puis les jeux vidéos quand vous étiez non-nés ou enfants devaient rendre l’humanité retardée, faire des générations de jeunes décérébrés… Pourtant, vous êtes là et l’humanité avance… Donc dire « phénomène chaise/clavier/écran qui empêche certains jeunes de sortir » vous fait juste passer dans la catégorie des vieux (…tout le monde entend l’adjectif qui suit…) qui mourront avec la certitude d’avoir été le pinacle de l’humanité (et de la vie et de l’univers pour certain.e.s). Grand bien vous fasse, car pourtant « elle tourne » et la vie évolue, désormais sans vous/nous qui sommes des fossiles vivants et retourneront à la terre. Pour les plus poètes (bilingues) d’entre vous, je vous invite à écouter et lire le poème* de Juliet Ivy qu’elle a mis (magnifiquement) en musique : https://www.youtube.com/watch?v=hPFE-GdnCco

    – je connaissais et connais de nombreux et nombreux adultes qui ne comprennent rien à un manuel d’emploi, à la logique, à l’informatique ou juste à une carte, qui sont perdu sur Instagram ou ne connaissent rien aux Mangas, aux musiques actuelles, à la fluidité de genre, ne maitrise pas aussi bien que les jeunes autour de moi les langues, les applis, qui ont moins de culture générale sur la géologie, l’astrophysique, la géopolitique, le climat, les énergies renouvelables, l’extractivisme, etc. … Ces vieux sont arcboutés sur leurs savoirs et modes de vie dépassés. Je connais beaucoup de vieux qui sont illogiques au point de voter pour des programmes et des valeurs qui sont contre leurs intérêts économiques et sociologiques par exemple… il n’y a qu’à voir les gouvernements successifs. Bref, le pinacle de l’humanité est loin d’être atteint.

    * You know we’re scared of time
    But we’re all gonna die
    Decompose into daffodils and dandelions
    The bees will use our flowers for whatever they like
    Make the honey that our grandkids will put inside their morning tea
    It’s the thing of life

    Reply
  • 19 juin 2025 - 11 h 10 min

    C’est le concept de vouloir opposer systématiquement les générations que je trouve nul…
    Et le truc bien nul aussi, c’est le niveau de l’enseignement informatique en France, comme évoqué par Pierre. A ce compte là, mieux vaudrait ne rien faire du tout.
    Comme dit plus haut, la première chose serait d’apprendre la logique d’un ordinateur, tout simplement par l’apprentissage de la programmation. Le python est trop compliqué parfois, scratch c’est pour les classes de maternelles (et dire qu’on fait faire ça au collège !) et à mon sens un bon vieux BASIC BBC est idéal. Après avec les écosystèmes type raspberry, arduino et autres micro:bit, y’a tout ce qu’il faut pour intéresser les gamins.

    Reply
  • 19 juin 2025 - 11 h 31 min

    Pour ce qui est des manuels, j’adorais ça quand j’étais petit, mais maintenant… quelle plaie. Pour une info technique pertinente, on a 5 pages de disclaimers, avertissements légaux, non il ne faut pas mettre son chat dans le micro-onde…
    Il m’est arrivé de découvrir des fonctions sur une voiture bien des années après en avoir fait l’acquisition… c’est triste.

    Reply
  • 19 juin 2025 - 11 h 34 min

    « Toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie » – Arthur C. Clarke

    Naturellement, on ne cherche pas à « comprendre » comment marche la magie, on se contente de s’en servir en espérant que ca marche toujours. Parce que la magie, on a pas de prise dessus.

    Perso je dirais que l’informatique a franchi ce seuil dans les années 2000. Avant il était nécessaire de savoir un minimum comment ca fonctionne pour que ca « tombe en marche », ce que soit pour optimiser son boot sous MS-DOS et gratter quelques ko de mémoire conventionnelle, ou pour faire marcher la LAN party avec du cable coaxial et des BNC mal serties.. (quand ce n’était pas un cable null-modem sur un port série).

    C’était le temps des pionniers… ceux qui ont contribué à banaliser l’informatique personelle, à la rendre accessible à tous.

    Mais mainenant juste ca marche à peu près du premier coup (et si c’est pas le cas, on reboot et c’est bon). Donc oui, on a plus de « conducteur d’ordinateur » et moins de gens qui leur ouvre le capot. C’est sans doute moins fun (le temps des pionners, forcément c’était plus excitant…..) mais au final ce n’est peut être pas plus mal, ca veut dire que l’ordinateur « fait le job » non ?

    Par contre, sérieux… à quand des cours de dactylographie à l’école ?? on apprend bien aux enfants à se servir d’un stylo, alors pourquoi pas d’un clavier ? Parce que les stagiaires post-bacs qui tapent au clavier comme un gendarme en pré-retraite, ca c’est pas normal !

    Reply
  • 19 juin 2025 - 12 h 26 min

    Les jeunes c’est vraiment des nuls…

    C’est quoi l’intérêt de s’y connaître en informatique déjà?

    Tout le monde sait utiliser un smartphone. C’est comme une télécommande, on appuit sur une « touche » et ça ouvre un service.

    Ne pas savoir utiliser Excell c’est ne pas savoir utiliser l’informatique? Mais Excell est un tableur, un outil, ce n’est pas de l’informatique. Même chose pour les traitements de textes qui sont des outils utiliser pour faire de l’administratif et qui ne sont pas de l’informatique.

    Je travaille dans le son. Mes outils sont numériques, j’ai appris à les utiliser mais je ne sais pas comment ils fonctionnent ni ne serait capable d’en étudier le code. j’utilise les transporrts en commun tous les jours mais n’ai aucune idée de comment fonctionne dans le détail une régie de transport.

    L’informatique depuis le début n’a qu’un but, la forme qu’elle a actuellement, d’un côté un outil avec une interface graphique et de l’autre du contenu consultable avec.

    Je fais partie d’un association qui fait de la réparation de vélos. Parce que je m’intéresse à l’objet vélo pas parce que c’est nécessaire pour en utiliser un. C’est mon loisir. Je comprends que la plupart des gens ne s’intéresse pas à la mécanique de l’objet ni à son entretien. Quant aux V.A.E, inutile de perdre son temps à savoir comment ça fonctionne, c’est la plupart du temps indémontable et inréparable, la plupart des pièces étant propriétaire et non standards.

    Cette histoire d’une génération devenue nulle en informatique est sans objet car la génération d’avant n’était pas meilleure. Certains s’intéressaient à l’informatique, la plupart des gens non.

    Les jeunes ne sont donc pas plus nuls. Par contre ils sont la cible d’une sphère médiatique de plus en plus réactionnaire pour qui les jeunes sont toutes sortes de choses négatives. Ils ne veulent plus travailler, ne veulent plus faire d’étude, ne savent plus écrire, lire, parler, sont nuls en informatique…

    Tout ça ça sert à faire passer dans l’opinion que les nouvelles générations sont nazes et que le monde est foutu. Oui, le monde est foutu mais pas à cause des nouvelles générations. Les jeunes sont la cibles d’un patronat qui se plains que personne ne veut de ses emplois mal payés et des harcèlements et agressions qui sont livrés avec pour le même prix. Alors plutôt que se remettre en question ce patronat réactionnaire préfère charger cette génération.

    L’informatique telle qu’on l’a conçue dans les années 80/90 a presque disparu. Aujourd’hui fini de bricoler des machines, à part pour quelques bidouilleurs réfractaires. L’informatique d’aujourd’hui ce sont des outils jetables pour communiquer, pour rendre des comptes et se divertir. Il ne sert plus à rien de savoir comment tout ça fonctionne et de toute façon c’est de plus en plus compliqué de savoir comment tout ça fonctionne même pour des gens qui « s’y connaissent ».

    Laissez donc les jeunes tranquilles avec l’informatique. L’informatique aura bientôt disparue remplacée par une boîte qui nous fera croire qu’elle a toutes les réponses. Et alors tout ce que nous croyons savoir sur l’informatique n’aura plus aucun sens.

    Reply
  • Cid
    19 juin 2025 - 12 h 59 min

    Ca en fait régir des vieux comme nous !
    plus de 25 ans de support informatique en milieu professionnel, et effectivement y’a pas de jeune/vieux, mais des j’me débrouille/rien à battre :D
    Dans cette période, l’accès à internet qui a bouleversé le monde se faisait sur un PC, donc on savait utiliser un PC pour les plus curieux. Aujourd’hui cet outil informatique obligatoire tient dans la main, donc pourquoi utiliser un PC ? Même mon père fait toute sa paperasse en ligne sur son smartphone plutôt que sur son PC. Et c’est pourtant lui qui nous a acheté nos premiers ordinosaures :D

    Pire, même moi ces derniers temps je me sens dépassé ! Poster sur un réseau social me prend plus de temps qu’un autre, mais juste parce que je ne me donne pas la peine de le faire plus souvent. ET si l’envie m’en prend, bah y’a des tutos et chatgpt.

    Reply
  • CHP
    19 juin 2025 - 13 h 18 min

    @wanou:

    Tu as parfaitement raison (comme beaucoup qui ont posté dans ce fil de discussion).
    Mon père me disait la même chose… Mais il m’a surtout appris que si on ne veut pas être maîtrisé (esclave) par (de) son environnement il faut comprendre comment ça marche. C’est pareil pour tout (technologies, philo, environnement, famille, politique, …). Et pour cela il faut être curieux, se documenter et apprendre.

    Chaque génération à ses propres défis dus à leur époque et l’actuelle ne déroge pas à cette règle. Mais mon reproche est que j’ai l’impression que les jeunes n’essaient plus de comprendre leur monde (et les dessous des enjeux). Qu’ils le supporte plus qu’ils ne le maîtrise (du moins, ils pensent le maîtriser).

    Dans ce nouveau monde informatique ou tout est devenu plus simple et où on a moins besoin de mettre la tête sous le capot, on ne se pose plus les bonnes questions. On pense que grâce aux IA on pourra tout surmonter, tout connaître, tout visiter et que grace aux réseaux sociaux on aura tous les amis qu’on veut. Mais en fait on va vers une pensée universelle dictée par des statistique et où la pensée individuelle sera de plus en plus marginalisée.

    Ca me fait furieusement penser au film de Disney « WALL-e »

    Reply
  • CHP
    19 juin 2025 - 13 h 46 min

    Attention : Je n’ai rien contre les IA (ou réseaux neuronaux) dans le cadre d’une assistance à la décision et je m’en sert dans mon métier avec des IA dédiées. Mais elles doivent être considérées comme des outils au même titre qu’une calculatrice, un ordinateur, une perceuse ou un autocuiseur.
    Malgré sa facilité et l’usage excessif de certains (jeunes), les décisionnaires finaux, ça doit rester l’humain et pas l’inverse.

    Reply
  • to
    19 juin 2025 - 13 h 50 min
  • 19 juin 2025 - 15 h 12 min

    Comme vieux de l’info je vais aussi poser ma pierre à l’édifice.

    J’ai l’occasion de croiser pas mal de jeunes post-bac. Je ne vois pas de différence de logique mais une différence dans l’approche. Pour eux, globalement, l’informatique n’a pas vraiment d’intérêt, ce n’est pas neuf et excitant, juste un outil. A l’intérêt s’est substitué le stress car ce qui était fun à découvrir pour nous, les vieux, est devenue une contrainte car obligatoire pour la vie professionnelle. J’ai vu des jeunes arriver en BAC+2 et m’indiquer que pour eux, l’informatique se résume aux réseaux sociaux. Mais, après quelques heures de formation ils vous programment des scripts BASH sans problème (Sans IA je précise). Bref, ont retrouve tous types de compétence, et d’incompétences :) , comme bien souvent.
    Pour revenir à l’article, oui, la paysage informatique à complètement changé. Les Pc se consomme comme du prêt à porter et les ‘compétences informatiques’ d’hier sont inutiles aujourd’hui. Que ça soit pour faire du montage vidéo, de l’impression 3D ou tout autre activité sur un PC, vous utilisez l’outil adapté et vous n’avez quasiment jamais besoin de la moindre compétence en informatique, de même que, pour reprendre la comparaison avec la voiture, vous n’avez pas besoin d’être ingénieur en mécanique ou thermodynamique pour conduire une voiture. Juste de faire le plein de temps en temps.

    Reply
  • 19 juin 2025 - 18 h 49 min

    @tartanpion:

    Effectivement le club permet de communiquer de vive voix.
    Même si je m’éloigne de l’article, je pense que les jeunes sont habituées tout avoir par le biais des écrans et ne sont plus habitués avec le contact direct.
    Certes il ne faut pas généraliser mais force de constater qu’une partie ne décroche plus les appels mais passe par des messages. Même entre eux physiquement, ils échangent via le téléphone. Vous doutez bien qu’aller à un club ça va être difficile !
    Il y a un souci de ce côté (il existe des études) avec les risques que cela peut engendrer: sensation de solitude, dépression, …

    Reply
  • 19 juin 2025 - 18 h 56 min

    Autant je pense que les « jeunes » sont des quiches en math et français (classement pisa mais bon, je suis ne suis maitre capelo non plus), de manière général, autant pour l’informatique j’ai un tout autre point de vue.
    Je veux dire, quand j’avais entre 15 et 20 ans, tout le monde s’en tapait des PC.
    Dans mon cas, il y avait un ZX spectrum a la maison, je trouverai ça d’un chiant, surtout face a ma NES ou ma GameBoy, pareil pour le cpc6128 d’un de mes potes, osef.
    Les « jeunes » d’aujourd’hui ont grandit avec l’outil informatique dans la main et savent s’en servir pour les taches qui les intéressent, même si les « vieux » ne comprennent pas l’intérêt de ces même taches.
    C’est toujours le même schéma, d’un côté, les parents ne comprennent rien et de l’autre, les enfants ne savent rien, c’est comme ça a chaque génération.
    Par contre, il faut dire que les pauvres gamins, en France, du moins, n’ont eu de cesse d’être tirés vers le bas, par un système éducatif a la mercie de quelques fonctionnaires (certains principales, recteurs ou même ministres), qui pour, une question de chiffres et de carrières, ont descendue le niveau global de l’instruction.
    Quand un Certificat D’Etude, de l’epoque, valait quelque chose, un BAC d’aujourd’hui ne vaut presque, plus rien…
    Pour la curiosité chez les jeunes, elle toujours présente (c’est humain, depuis toujours et sûrement, pour toujours) mais trop, en tout cas de ce que je remarque, bridé par une avalanche d’informations non désirées, au travers de notifications, sollicitations, conneries de tout sorte, si bien que l’esprit doit saturer et se mettre au repos.
    Mon ados a encore pleins de choses a apprendre mais ce ne sera pas forecement ce que moi j’ai appris, car le monde a changé et changera encore, et encore, et encore…et ça, chaque génération précédente a due mal a l’accepter et a s’y adapter, alors elle se rassure comme elle peut.

    Reply
  • 19 juin 2025 - 19 h 38 min

    @Korb: Gamin, je n’étais pas très à l’aise avec le téléphone. Quand j’ai commencé à bosser non plus. L’assurance est venue en vieillissant et parce que je n’avais pas d’autre choix.

    Je suppose que comme les plus jeunes ont un autre choix, ils trouvent des subterfuges pour se détourner des appels. J’aurais sans doute fait pareil. Et puis, il faut bien l’avouer. Sur 10 appels que je reçois 50% c’est de la pub et du démarchage… C’est vite énervant.

    Reply
  • to
    19 juin 2025 - 20 h 43 min

    @Madwill: « Quand un Certificat D’Etude, de l’epoque, valait quelque chose, un BAC d’aujourd’hui ne vaut presque, plus rien… »

    C’est pas comparable non plus, l’époque, l’âge des impétrants, le spectre des connaissances, le nombre d’élèves y ayant accès et la finalité. Quand je vois ce qui est demandé dans les épreuves de spécialité, c’est du niveau de ce que j’avais eu au siècle dernier et le bac c’est toujours ce qui conditionne le passage au supérieur donc ça a une valeur (surtout pour celui qui le passe – ou ses parents)

    Et pour le téléphone le sms a le gros avantage d’être asynchrone et non bloquant, bien vu les petiots!

    Reply
  • 19 juin 2025 - 21 h 53 min

    Quel mépris chez CHP. Les jeunes sont nuls et moi je sais tout.
    Ils ne veulent pas apprendre ce qui ne leur servirait pas. La belle affaire.
    Bref.

    Merci Pierre de remettre les pendules au centre du village 😇.

    Et pour les donneurs de leçons anti-jeunes : les jeunes sont nuls mais et vous ? Ha oui vous savez compiler un kernel pour faire marcher un modem USB israélien ? Non je parie
    Bouh les nuls.

    Si on voit quelq’un qui ne sait pas, on l’aide s’il demande, on ne le méprise pas.

    Reply
  • 19 juin 2025 - 22 h 51 min

    @to: Ce que je veux dire, c’est qu’avec un certificat d’étude, la possibilité de trouver un travail (je sais, le marché de l’emploi était différent mais ça restait un critère de sélection) ou de continuer les études était acquise et avec un certains niveau d’exigence, pareil pour le bac de cette « époque ».
    Aujourd’hui, juste avec un bac (non pro), pour trouver du boulot, c’est quand même compliqué…
    Quand a continuer les études supérieures, OK mais la chute peut s’avérer violente, en cause, le niveau d’exigence qui n’était pas dingue au lycée (rien que les bases, français/math…).
    Et puis avec cette épée de damoclès qu’est parcoursup, qui décide, justement que ton bac vaut quelque chose…ou pas, rien que ça, ça lui enlève de sa valeur, a celle ou celui qui l’a passé, bref, la désillusion.
    Après, c’est comme ça que je perçois la chose (de part les personnes qui m’entourent), mais n’ayant pas eu ce genre de cursus scolaire, je peux être complètement a côté de la plaque mon observation 😅

    Reply
  • 20 juin 2025 - 0 h 01 min

    Un vieil article de theconversation (ça parle encore de « digital » et de « TIC »), presque aussi long que celui de Pierre, et qui pose les bases de la problématique, amha : https://theconversation.com/le-numerique-en-culture-s-73780

    Ne pas négliger non-plus la notion de benêt numérique : https://fr.wikipedia.org/wiki/Digital_Na%C3%AFve

    A part ça, y’à des jeunes qui fréquentent minimachines, ou on est vraiment qu’entre vieux schnocks ?
    (thema la bulle informationnelle ;))

    Reply
  • 20 juin 2025 - 0 h 58 min

    @Bruce: Cela fait des années que j’ai abandonné toutes métriques sur le blog alors je n’ai pas de stats. Mais au vu des emails que je reçois, j’ai une grande diversité de lecteurs. De tous âges et de secteurs très différents : étudiants, chercheurs, retraités, chefs d’entreprises, artisans, créateurs, lycéens… Cela s’explique surement par le côté à la fois pratique et accessible des MiniPC. Il y a pas mal de femmes également, ce qui est rare sur un blog High Tech. Probablement parce que le niveau des commentaires est plus élevé, et plus sain, qu’ailleurs.

    Reply
  • 20 juin 2025 - 2 h 54 min

    Pour rester sur le sujet maintenant les jeunes sont sur discord ou telegram.

    + sur un modèle d’ia qu’un moteur de recherche ou une documentation.

    Cependant, on est peut-être dans une société verticale où une petite élite suffit à faire des systèmes qui fonctionnent très bien sans avoir de gros besoin ou de passionnés.

    Il y a quelques mois, Deepseek a fait la une en faisant des choses aussi bien que des milliards et toute une industrie de la Silicon Valley.

    Sûrement des jeunes chinois derrière.

    Si le sujet est sur l’État de l’Occident, il faudrait demander à d’autres pays si on est nul de 7 à 77 ans.

    Reply
  • CHP
    20 juin 2025 - 10 h 25 min

    @Gilles:

    La méprise vient d’abord de ceux qui refusent de comprendre les arguments et avis autre que le leurs.

    Il n’y a aucune méprise des jeunes de ma part mais un constat propre que je partage dans ce fil de discussion. Libre à toi de le considérer ou pas mais évite d’utiliser des termes que tu ne maîtrise pas.

    Ce fil à su rester cordial en acceptant ouvertement les avis de ceux qui y postent.

    En ce qui me concerne, chaque année j’accueille des stagiaires dans ma petite entreprise et ce depuis plus de 20ans. Par conséquent, je me permet de poster un constat qui s’étale dans le temps. Et ce constat est que le « niveau intellectuel » de mes stagiaires s’est fortement dégradé avec un « Je m’en foutisme » de plus en plus marqué, des niveaux en math et en français de plus en plus faibles, quand aux connaissances générales et le vocabulaire, ils sont en forte baisse.

    Et cela sa traduit, aussi, dans les rapports de stages avec des fautes d’orthographes et de conjugaison bien trop présentes, des erreurs de logique, de simple arithmétique et bien sûr dans la structuration du rapport de stage (de plus en plus obligé de les assister dans la rédaction).

    Là où ils sont forts c’est dans l’utilisation de MS office (mais pas autre chose), de trouver des réponses sur Youtube (vidéos souvent biaisés) ou en s’aidant (depuis peu) de ChatGPT. Est-ce là la source de la connaissance qu’ils doivent acquérir pour envisager un futur métier ?

    Sincèrement, je ne sais plus si ces problèmes sont liés à l’éducation nationale, au cadre familial, au milieu ou au jeune lui-même mais mon avis sur l’éducation, ces dernières années, est bien maussade.

    Alors, oui, je comprend les résultats catastrophiques des score PISA français et, en tant que maître de stage, j’en suis le premier désolé. Les nier c’est se voiler la face, se satisfaire du médiocre et ne pas envisager de le rehausser.

    Reply
  • 20 juin 2025 - 11 h 14 min

    @CHP: pour ma part je suis entièrement d’accord avec toi. Je le vois aussi au niveau du boulot. Le soucis principal est qu’on est moins exigeant, intellectuellement parlant, avec les jeunes qu’il y a 50 ou 60 ans. Notamment au niveau de l’école, mais pas que. Plus de lecture, plus de devoirs à la maison, plus de dictée et surtout surtout, pas de frustrations pour les pauvres petits bichons !

    Reply
  • 20 juin 2025 - 12 h 30 min

    Perso ce qui m’amuse c’est que pendant une bonne partie de la lecture, j’ai pensé que tu employais le mauvais terme car tu ne parles pas d’informatique mais plutôt de micro-informatique c’est-à-dire celle qui est apparue avec les microprocesseurs dans les années 70. Ce qui laisse à supposer que, comme la majorité des gamins incultes de moins de 60 ans, tu ne connais pas trop les systèmes centraux, mainframes, MVS (z/OS désormais), COBOL et autres babioles comme les cartes perforées qui datent d’avant… quand le terme mécanographe était encore connu.
    On est toujours le jeune de quelqu’un d’autre en définitive.

    Reply
  • 20 juin 2025 - 12 h 50 min

    @to: Il est à base de magnétron ou de klystron le four en question ?

    Reply
  • to
    20 juin 2025 - 13 h 59 min
  • to
    20 juin 2025 - 14 h 06 min

    @Madwill: oui mais le certificat d’étude ne concernait qu’une partie des élèves (les meilleurs) et donc il y a un biais quantitatif, après il y a la mise en place du collège puis du bac pour tous donc il disparait progressivement et on ne peut plus comparer. C’est donc logique que le niveau général « baisse » puisqu’il y a plus de monde et aussi moins de moyens

    Reply
  • 20 juin 2025 - 15 h 31 min

    Je trouve l’article intéressant, mais pour m’être un peu intéressée aux neuro-sciences (ma façon d’essayer de comprendre certains troubles de la personnalité, pour les plus curieux vous pouvez regarder cette vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=6VPCIUR3A_s et sauter à 22 minutes et 12 secondes), j’ai retenu que le cerveau est une grosse feignasse qui va souvent faire en sorte d’être en mode économie d’énergie. Comme un apprentissage consomme de l’énergie s’il ne perçoit pas une forme de gratification au bout il va y résister (c’est inconscient, c’est là où je trouve personnellement que ça devient fascinant : la conscience illusion créée par le cerveau, au passage ça explique aussi la résistance au changement). Donc si déjà consciemment on ne perçoit pas d’intérêt pour la micro-informatique, il y a peu de chance que le cerveau s’y intéresse, et comme la technologie est de plus en plus omniprésente je peux comprendre qu’elle se banalise et suscite moins d’intérêt, d’autant plus qu’il y a plein d’autres sujets intéressants à explorer, a priori il me semble même plus logique de s’intéresser aux neuro-sciences, vu que l’on a tous un cerveau, plutôt qu’à la micro-informatique (on peut très bien vivre sans, enfin c’est ce qu’à fait l’humanité pendant des dizaines de milliers d’années).
    Ensuite je me souviens avoir lu « Internet rend-il bête ? » traduction un brin racoleuse de « The Shallows: What the Internet Is Doing to Our Brains » de Nicolas Carr, où il expliquait que la plasticité du cerveau faisait qu’il s’adaptait aux nouvelles technologies, que la mémoire fonctionnait différemment (à quoi bon retenir puisque l’on peut retrouver) avec le risque d’appauvrir la pensée, 15 ans après cet ouvrage faut-il faire un lien avec la montée du populisme et la prolifération d’idées simplistes ?
    Encore un petit mot sur de la biologie, de la génétique cette fois-ci, avec « L’architecte invisible – Comment l’ADN façonne notre personnalité » de Robert Plomin qui relate des études longitudinales sur des jumeaux séparés et les recoupements que l’on peut désormais faire en associant Big Data et séquençage génétique. Il explique comment tout au long de sa carrière le poids des gènes s’est de plus en plus imposé. C’est parfois un peu dérangeant car ça met à mal l’idée d’égalité (et l’eugénisme a des relents assez nauséabonds) face à l’apprentissage par exemple, mais à bien y réfléchir ça explique certains dysfonctionnements de nos systèmes éducatifs qui ne font pas vraiment du sur mesure (pour des raisons de coûts, mais c’est probablement un mauvais calcul), on a une idée trop rigide de ce qu’est un « bon élève » standard vers lequel on pousse tout le monde plutôt que de porter chacun à son potentiel maximum qui lui est génétiquement propre. D’ailleurs si ses travaux sont exacts, ils expliquent facilement pourquoi « le niveau baisse », c’est bêtement démographique plus les parents sont intelligents et moins ils ont d’enfants (sauf Elon Musk qui a peut-être d’autres problèmes) dans cette configuration et avec ne serait-ce qu’un report partiel de l’intelligence d’une génération sur l’autre les idiocraties sont en bonne voie.

    Reply
  • 20 juin 2025 - 15 h 41 min

    @to: Ahhh… un four domestique, donc très certainement à base de magnétron, auquel je ne connais rien, je n’en ai jamais eu. Le klystron c’est plutôt pour les fours de labo et ça j’ai pratiqué quelques années.

    Reply
  • 20 juin 2025 - 19 h 15 min

    @to: le niveau baisse également parce que notre système éducatif est passé de l’élitisme à l’égalitarisme, sans réellement passer par l’égalité des chances.
    Pourtant, il y en a des moyens, c’est leur déploiement qui pose problème, tellement d’administratif…
    J’ai fait un mois d’intérim en tant que prof dans un CFA, j’avais beau avoir une méga motivation, je ne le référait pas, entre l’administration qui te fait comprendre que les gamins sont ce qu’il y de moins importants dans ce système et les parents qui te prennent pour un prestataire de services a qui tu dois rendre des comptes, non vraiment, pour moi, c’est foutue, personne ne se remet en question sur ce qu’il fait de la futur génération.

    Reply
  • 21 juin 2025 - 19 h 30 min

    Formateur en informatique (Ordi, smartphone, iPad) je confirme que, globalement, j’ai autant d’ados impuissants que de retraités. La seule différence est que les ados manipulent les outils avec dextérité pour les applications courantes, SMS, Réseaux sociaux …
    Pour le reste (traitement de textes, suite bureautique en général et fonctionnement de ces appareils) ils ne sont pas mieux que leurs ainés et leur compréhension du fonctionnement de ces outils leur passe au-dessus de la tête et les former n’est pas plus facile. Ils ont peine à comprendre pourquoi dans certaines circonstances il faut telle ou telle action … et en tous cas ne s’en souviennent pas d’une séance à l’autre. Ils posent toujours les mêmes questions plusieurs fois posées et réponses expliquées : çà n’imprime pas. Et contrairement à ce que vous semblez croire çà ne dépend pas de leur niveau scolaire. En effets les diplômés d’un enseignement technique comprennent et adhèrent ; pour les autres, çà les dépasse. Et le pire est que cette difficulté à comprendre les mécanismes les handicapent dans leur quotidien : ils ne savent pas quoi faire quand la TV ne marche plus, la box plante, le PC a écran bleu, le smartphone est bloqué etc… Ce n’est pas une légende.

    Reply
  • 23 juin 2025 - 9 h 56 min

    @DURET:
    C’est intéressant.
    Mais, concrètement, ils ne veulent pas faire considérant, peut-être, qu’ils sont au-dessus de cela ?
    Ou ils ne savent pas faire car la logique déductive est absente de leurs neurones ?
    Db

    Reply
  • Xo7
    26 juin 2025 - 15 h 18 min

    Waouh ! C’est l’épreuve de philo ce billet !

    Et si on c’était bon signe d’être nul ?

    Quand je prend le train je n’ai aucun besoin de connatre comment ca marche ni de savoir conduire ce moyen de transport. Je monte au pont A et j’arrive au point B. J’ai juste besoin de savoir prendre le bon train.

    L’informatique ( je n’aime pas ce mot) c’est comme mon train. On est passé à une autre époque. L’informatique de papa c’est fini tout est clef en main et basta !

    Connaitre l’informatique m’ a toujours faut tiquer de quoi parle t’on ? Hardware software utilisation dépannage programmation ? Il n’y a pas une informatique mais des informatiques . Honnêtement qui métrise un seul de ses logiciels dans son PC ? Personne. Alors oui nous sommes tous nuls en informatique. Mais on apprend… à faire mieux

    Reply
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