Le Creality Pika ne révolutionne rien si ce n’est l’encombrement qu’il nécessite. La taille de l’objet se rapproche plus d’une action cam type Gopro que d’un scanner 3D classique. Creality fabrique ce type d’appareils depuis des années et a acquis une bonne expertise sur le sujet. Aujourd’hui, la marque cherche à rendre cette technologie plus accessible.

Accessible en trois points principaux : le format, la facilité d’usage, mais aussi avec un prix beaucoup plus bas.
Le Creality Pika mesure 10 cm de large pour 6 cm de haut et 3.5 cm d’épaisseur, l’objet pèse 260 grammes. C’est un format vraiment portable. D’abord il peut être glissé dans une poche, facilement intégré à un bagage et oublié là jusqu’au moment où vous en aurez besoin. Un autre avantage majeur de cette solution est sa capacité à être utilisé simplement avec un smartphone. Pas besoin d’un PC pour capturer quoi que ce soit, il peut même être connecté sans fil à son appareil.
Enfin, sa batterie est amovible pour pouvoir en changer en balade. L’objet propose un filetage classique pour le monter sur un pied photo et il est livré avec un petit trépied de voyage.

Il propose sur sa face avant une bardée de capteurs de profondeur ainsi qu’une caméra. À l’arrière, un grand écran tactile de 3 pouces de diagonale occupe tout l’espace disponible. Cet écran multilingue propose une luminosité adaptable jusqu’à 500 nits de luminosité. Cela peut paraitre inutile pour ce genre d’objet mais pour avoir fait pas mal de photogrammétrie, un bon écran lumineux est vraiment un plus pour capturer le relief d’un objet en extérieur.

À noter que le capteur est livré avec des filtres NIR positionnables sur les capteurs pour adapter le scan en extérieur dans certaines conditions très lumineuses.

Le Creality Pika est néanmoins un peu freiné par la technologie employée. Si le format est ultraportable et peut s’exploiter avec un simple téléphone par Wi-Fi 6 direct, ce mode nécessitera souvent une préparation du support. Pour que la capture de profondeur d’un objet et son relief puissent être pris en compte, il faut que cet objet propose des repères dans l’espace et ne reflète pas la lumière.

Le contenu du kit Creality Pika livré
Si l’objet est petit et mat, ce ne sera pas un gros souci. Un objet en métal ou de couleur sombre, par exemple, pourra être capturé sans gros problème. Mais un objet plus grand ou en matière plastique brillante demandera une préparation préalable. En général il faut coller des capteurs autocollants à positionner à des endroits stratégiques. La Creality Pika est livrée avec des marqueurs réfléchissants et la marque en vend également en bobine. Il est également possible de préparer une « cage » de capture avec le plateau tournant et la plaque d’étalonnage livrés avec l’appareil. Ces éléments permettent un excellent repérage dans l’espace pour les capteurs embarqués. Il est également possible d’employer une bombe de « peinture » matifiante qui va permettre la capture avant de disparaitre en quelques minutes.

Mais, en version « PC connecté », quand vous branchez la Creality Pika à un PC en mode filaire avec le logiciel CrealityScan1, vous pouvez vous passer de ces capteurs et scanner en direct. Le PC joue à ce moment-là le rôle de « cerveau » supplémentaire pour l’appareil. Il permet également d’augmenter largement la fréquence de capture. Avec un smartphone, vous pourrez capturer entre 20 et 40 images par seconde. En mode PC cette capture grimpe à 110 images par seconde… Cela garantit une grande finesse de capture. Dans les deux cas vos mouvements enregistrent à la fois le relief et l’image pour pouvoir poser les textures réelles des objets sur vos scans. Le scanner 3D Creality Pika permet de capturer aussi bien un objet de 2 cm de haut qu’un être humain complet avec une précision de 0.03 mm. Sa plage de numérisation va de 10 x 10 x 10 mm à 2000 x 2000 x 2000 mm.

La facilité d’usage est également liée au logiciel qui va corriger les défauts ou les manques pour rendre les objets exploitables. Creality propose une série d’algorithmes qui vont permettre au modèle d’être correctement finalisé : il va « boucher les trous » et les manques d’un scan en exploitant une logique interne pour éviter de simplement générer des faces planes. L’objet, une fois « réparé » pourra ensuite être modifié dans un logiciel ou imprimé. L’outil logiciel pourra également appliquer les textures capturées par-dessus le relief, et éviter de capturer des incohérences géométriques. Le but du jeu pour un appareil de ce type, qui ne sera jamais aussi précis qu’un scanner 3D à plusieurs milliers d’euros, est aussi de faciliter la vie de l’utilisateur.

À quoi ça sert, un Creality Pika ?
Pourquoi capturer des reliefs extérieurs ? Les usages sont nombreux. Le premier est la simple duplication d’objets. Le logiciel livré va pouvoir exporter les captures en différents formats 3D pour pouvoir les retoucher dans des logiciels de modélisation classiques du marché (Blender, Fusion, Plasticity, 3D Coat…). Puis les exporter en formats imprimables pour les reproduire. Creality est également un fabricant d’imprimantes 3D et la Creality Pika est une extension de leur activité.

Cette image est un exemple intéressant d’usage d’un scanner 3D. Il s’agit d’une protection créée sur mesure pour deux casques audio créés à partir d’un scan. La matière a ensuite été imprimée en PLA avec une imprimante classique. Vous pouvez retrouver cet objet sur le Creality Cloud.
Cette vidéo fait le détail du Creality Pika avec une présentation des différents modes, mais également des infos sur les diverses exploitations de l’objet. Si l’appareil vous intéresse, je vous encourage vraiment à la parcourir pour vous rendre compte des possibilités.
À partir d’un scan d’objet, vous pouvez donc en faire un double en impression 3D. Mais il est également possible de scanner un environnement pour adapter ensuite un objet dedans. Capturer le relief d’un habitacle pour adapter ensuite un support sur mesure à l’intérieur. Modifier des objets capturés pour les adapter à un autre usage ou générer des objets en 3D pure pour des créations numériques est également possible. Enfin, avec un scan d’objet en 3D de base, il est possible de réaliser un moule d’un objet imprimé afin de faire des copies dans d’autres matériaux. Possible par exemple de faire un double d’une moulure de plafond en plâtre ou de copier un objet pour le mouler au sable avec du métal. J’ai également vu des moules en plâtre d’objets pour des copies en céramique.

C’est vraiment un usage spécialisé, mais cela ouvre des débouchés très intéressants pour plein de métiers et de créateurs. Comme je vous le disais, ce n’est pas spécialement nouveau et Creality fabrique des capteurs de ce type depuis longtemps. Mais entre les modèles à 2000 € ou 6000 € et les solutions uniquement filaires avec un PC, le Creality Pika se détache par sa simplicité et son prix. L’engin n’est pas donné mais il est proposé à 647€ en précommande jusqu’au 12 août prochain, date à laquelle il sera vendu 719 €. La livraison est donc prévue le mois prochain.
Voir l’offre sur Creality France
Notes :
- CrealityScan fonctionne sous Windows et MacOS, des portages sous Linux sont en cours.
| 2,5€ par mois | 5€ par mois | 10€ par mois | Le montant de votre choix |




Dommage qu’il repose sur CrealityScan (il n’est pas autonome) et donc Windows, Mac ou Android (ils on fait l’impasse sur IOS).
Sans cela, à ce prix c’est tentant. Il va falloir attendre les retours pour en apprendre plus.
Si c’est vraiment efficace alors nul doute que leur place de marché de modèles 3D va recevoir du nouveau contenu.