Le BBC Micro:bit sort de sa phase beta et se présente en images

Le BBC Micro:bit je vous en avais parlé en Mars dernier quand la BBC avait annoncé son intention de livrer un million de cartes de développement aux enfants Anglais. Après une grosse phase de prototypage, la carte est désormais finalisée.

29 partenaires au total, 1 million de micro:bit offerts aux écoliers Anglais, 25 leds rouges et un objectif : Ouvrir les portes de la programmation aux jeunes cerveaux britanniques.

Minimachines.net 2015-07-07 17_39_20

La liste des partenaires est impressionnante: on compte des grands noms de l’industrie électronique et en particulier – évidemment – les principaux acteurs britanniques du secteur. Dans le lot on découvre ARM, Barclays, la BBC, Element14, Freescale, l’Université de Lancaster, Microsoft, Nordic Semiconductor, Samsung et ScienceScope.

But du jeu, offrir à tous les gosses de 11 – 12 ans une petite carte de développement, une sous Raspberry Pi destinée à ouvrir les yeux et les esprits aux techniques de programmation. Chacune de ces cartes, gratuite, aussi simple soit t-elle, est un sésame pour une génération de pionniers de l’informatique et de l’Internet des Objets. La BBC Micro:bit inspirera une nouvelle génération à un moment charnière pour l’Angleterre. Un moyen de tourner la page de l’activité manufacturière qui a laissé de grosses traces dans l’emploi pour se tourner vers des jobs d’avenir.

Minimachines.net 2015-03-18 14_48_22

Le prototype présenté en Mars dernier.

D’un point de vue pratique la carte a bien changé depuis ses prototypes de mars, pas dans l’esprit parce que l’objet est forcément limité dans ses usages, mais dans son design final. La carte mesure désormais 4 cm sur 5, sera simple d’usage et permettra d’illuminer 25 petites LEDs.

But du jeu, coder des applications qui illumineront ces LEDs. Celles-ci étant un exemple grandeur nature du code nécessaire au pilotage de nombreuses autres solutions. Illuminer un jeu de LEDs, activer un contrôleur, un moteur ou un relais, c’est à peu prêt le même schéma et le même raisonnement. On peut donc imaginer avec la BBC Micro:bit des applications, des signaux ou des jeux et les reporter dans le futur vers d’autres supports. L’avantage de la plateforme étant un code simple, qui ne nécessite que quelques secondes de travail de manière à surtout encourager l’imagination et la créativité.

Les 25 LEDs peuvent s’illuminer, clignoter, afficher des signaux. Deux boutons sont également programmables et peuvent devenir aussi bien des boutons de contrôle d’application que des mini joysticks pour des jeux. Un accéléromètre peut détecter des mouvements comme une chute, un choc ou ou autre. De fait, il est extrêmement simple de créer le détecteur d’ouverture de porte que tous les enfants veulent accrocher à leur porte tout comme créer un jeu basé sur le mouvement de l’objet.

Minimachines.net 2015-07-07 19_14_53

 

La version finale.

Une boussole et un magnétomètre seront également présents, ouvrant la possibilité d’utiliser la BBC Micro:bit comme un objet placé dans l’espace. Vos mouvements pourront être détectés et transmis sous formes de degrés de rotation et transmettre cette information à une machine distante via un Bluetooth LE. Mieux encore, un petit détecteur de métaux via un aimant est intégré. Des usages de détection et d’exploration sont donc à prévoir. Un port d’alimentation batterie sera disponible tout comme un port MicroUSB.

Minimachines.net 2015-07-07 20_56_40

Facile d’imaginer des usages très variés de la BBC Micro:bit, de la simple télécommande de smartphone pour prendre une photo,  au signalement d’un changement de position en passant par des projets plus complexes comme le pilotage d’un véhicule radio commandé en détectant une piste métallique via un smartphone, l’équivalent des nombreuses expériences de guidage de robots via la reconnaissance d’une piste blanche grâce à une webcam. Mieux encore, 5 entrées et sorties sont disponibles sous la forme de petits ronds connectables via des pinces crocodile ou des mini prises banane de 4 mm. Ces I/O pourront piloter d’autres capteurs ou des servo-moteurs.

L’ensemble est programmable via une interface facile d’accès disponible sur le futur site microbit.co.uk. Accessible via un PC, une tablette ou même un smartphone, il sera possible de créer du code pour sa carte sans avoir ni grosse machine de travail, ni connexion spécialisée.

Les retombées ne se verront pas avant quelques années avec des gamins qui auront profité d’une nouvelle vision de l’informatique, de la programmation et de l’interaction entre objet et code. Je n’espère qu’une seule chose aujourd’hui, pas que le gouvernement de notre beau pays se décide à une telle aventure, il ne faut pas rêver, mais que les sites Chinois comprennent l’intérêt de l’objet et proposent un équivalent compatible pour quelques euros afin de pouvoir faire joujou avec ce petit outil bien sympathique. Il est évidemment possible d’obtenir une carte Arduino bien  plus complète pour une très petite somme, mais je suis curieux de voir le soin apporté au langage de programmation mis en place autour de cette BBC Micro:bit.

Source : BBC

13 commentaires sur ce sujet.
  • 7 juillet 2015 - 22 h 35 min

    Pour ceux qui seraient curieux de voir le soin apporté au langage de programmation mis en place autour de cette Micro:Bit par Microsoft, c’est là :
    https://www.touchdevelop.com/
    Comme ça, les jeunes anglais seront aussi en pointe sur Windows Phone ! :)

    Purée, on a pas fini d’en bouffer, du Metro à la sauce Windows 10, c’est même pas commencé que j’en ai déjà la nausée… :(

    Répondre
  • 7 juillet 2015 - 22 h 56 min

    Reste plus qu’à inscrire les enfants dans une école anglaise. C’était pas prévu ça…

    Plus sérieusement, elle est vraiment complète cette petite carte. Si elle venait à être commercialisée à un tarif raisonnable, j’en prendrais volontiers qqs unes…

    Répondre
  • 7 juillet 2015 - 23 h 18 min

    Ça serait pas mal si ce truc pouvait s’interfacer avec scratch. Ça plait bien aux gamins, scratch. (enfin au mien en tout cas).

    Répondre
  • 8 juillet 2015 - 0 h 10 min

    @Freethinker
    “The micro:bit will also be made commercially available later in 2015, so those not in the year 7 group can get involved.”

    Il n’y a plus qu’à attendre…

    Répondre
  • 8 juillet 2015 - 10 h 03 min

    Encore la volonté de produire une main d’œuvre productive et “innovante” alors que la plupart des élèves peinent à écrire et ont du mal à ouvrir un livre…

    Répondre
  • 8 juillet 2015 - 10 h 42 min

    @Quentin: Quelle réflexion intelligente ! Autant je suis contre l’abrutissement des masses à coup d’applications non surveillées par des profs pas intégrés dans un processus d’apprentissage. Autant livrer des outils gratuitement à une génération d’enfants qui pourront s’en emparer avec la même curiosité q’une boite de lego ou de meccano est une très bonne chose.

    Certains n’ouvrent pas de livres ? D’autres n’écrivent pas bien ? Qu’est ce que cela va changer ?

    Ceux là auront alors une petite chance d’en ouvrir un de bouquin avec cette carte qui excitera leur curiosité. Si ils n’en ouvrent toujours pas, l’arrivée de la Micro:Bit ne leur fera pas de bien mais leur fera t-elle du mal ? Tout ceux qui ouvrent des livres doivent t-il attendre que ceux qui n’en ouvrent pas grimpent à leur niveau en évitant de leur côté d’en ouvrir ou d’avoir l’esprit ouvert et curieux pour plus de justesse ? Histoire de se laisser rattraper avant de passer à l’étape d’après ? J’imagine bien les classes de troisième expliquer que Puisque certains n’arrivent pas à lire “aujourd’hui on va faire de la lecture”. Si il faut accompagner les élèves en difficulté, pénaliser tous les autres me semble un chouilla compliqué.

    La carte sera probablement intégrée dans des processus scolaires multi-disciplinaires, des projets qui ne seront pas injectés en remplacement des enseignements généraux. On va pas lâcher la littérature Anglaise pour la programmation, Shakespeare pour le C++.

    Enfin, décrire ce projet comme la volonté de produire une main d’oeuvre productive est totalement grotesque. Les Lego ou les Meccanos n’ont jamais produit de la main d’oeuvre productive plus que les stylos et les livres. Il n’y a rien de sale a assembler des trucs que ce soit des blocs logiques ou des blocs physiques. C’est un processus qui ouvre au contraire des circuits importants dans le processus de réflexion de l’enfant. Des processus très éloigné de la main d’oeuvre docile que tu sembles désigner du bout des lèvres.

    Une des plus belle ressource de l’Angleterre d’aujourd’hui correspond très exactement à la matière grises qui a croisé le premier BBC Micro.

    C’est cette main d’oeuvre qui enrichit le pays aujourd’hui. En innovant.

    Répondre
  • 8 juillet 2015 - 12 h 50 min

    “il est extrêmement simple de créer le détecteur d’ouverture de porte que tous les enfants veulent accrocher à leur porte”

    Ah la la ! je repense tout a coup à ma boite d’apprentissage de l’électronique quand j’étais ado. mes parents n’ont plus voulu qu’elle reste dans ma chambre après que j’ai piégé ma porte avec une alarme.
    Il faudrait que je prenne le temps de refaire un peu d’électronique moi.

    Répondre
  • 8 juillet 2015 - 13 h 08 min

    @Tabasco: Héhéhé on l’a tous fait.

    Répondre
  • 8 juillet 2015 - 14 h 09 min

    @Pierre Lecourt: Merci pour cette réponse intelligente, généreuse, développée ; ça fait du bien à l’esprit.

    Je passe souvent te lire ici mais je ne prends jamais la peine de commenter… Alors j’en profite maintenant : félicitations pour ce blog. Vraiment. Bravo à toi. C’est toujours riche.

    (L’anti-spam de ton WP râle un peu. Peu importe.)

    Répondre
  • 8 juillet 2015 - 19 h 31 min

    Quelques précisions glanées sur Internet concernant la programmation pratique de la “bête” :

    Le prototype dénommé “BBC Bug”, présenté il y a quelques mois et en photo dans l’article, était un équipé d’un micro-contrôleur Atmega32u4, déjà utilisé par certaines cartes Arduino. On pouvait le programmer grâce à une interface web basée sur Blockly (le Scratch de Google) capable de fournir un binaire compilé en ligne à la demande, et qu’on peut ensuite “téléverser” dans la carte à l’aide d’une application pour pc.
    Le site fonctionne encore (on pouvait d’ailleurs en voir une copie d’écran du site sur l’article publié ici en mars) mais plusieurs tentatives sont parfois nécessaire pour obtenir le contenu :
    http://bug.iotoy.org/bug/create_program/

    Mais cela n’a plus grand chose à voir avec le produit final, et coté logiciel, le projet est aussi passé à l’échelle industrielle en adoptant les technologies et services des partenaires de poids associés au projet :
    La carte est dorénavant basée sur un coeur ARM 32 bit Cortex M0 à 16Mhz faisant tourner le système d’exploitation “mbed” d’ARM et pour lequel le constructeur a imposé l’utilisation quasi exclusive de sa solution de développement C++ maison, avec une compilation s’effectuant sur ses serveurs (il suffit ensuite de déposer le fichier binaire reçu sur le disque virtuel apparaissant lorsque l’on branche relie la carte au port usb d’un ordinateur). Pour info, il s’agit du même SoC Nordic nRF51822. que celui du module “BLE Nano” surpporté par l’IDE Arduino : https://store.arduino.cc/product/E000061

    L’interface de programmation privilégiée par le projet est celle de TouchDevelop (la plateforme éducative de développement en ligne de Microsoft) dont le langage de programmation, basé sur Javascript, se présente de manière plus ou moins simplifiée selon le niveau d’expérience de l’utilisateur, en particulier sous une forme similaire à Scratch ou Blockly pour les enfants.
    Donc là encore, tout se fait sur le cloud, par l’intermédiaire de la plateforme applicative Microsoft Azure (avec probablement, pour chaque utilisateur, l’obligation de disposer d’un compte Microsoft/Facebook/Google ou Yahoo).
    Tout ce fonctionnement “usine à gaz dans le nuage” est détaillé dans un beau graphique sur le site TouchDevelop : https://www.touchdevelop.com/microbit

    Des applications mobiles sont également prévues, dont une proposée par Samsung pour programmer et permettre diverses interactions, dans les deux sens, entre la carte et les smartphones/tablettes.
    Pour python, l’intégration à la plateforme de Microsoft d’une version simplifiée du langage est dans les tuyaux, si l’on en croit la présentation de ce “casse-tête” dans un message encore visible dans le cache de Google… :
    http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:QosVKcxHpvIJ:https://mail.python.org/pipermail/microbit/2015-June/000000.html&hl=fr&gl=fr&strip=1&vwsrc=0

    Répondre
  • 8 juillet 2015 - 22 h 28 min

    Pour finir, cet article avec des infos intéressantes sur la carte et une courte vidéo de démonstration de la programmation du micro:bit via TouchDevelop, en bas de page :
    http://www.electronicsweekly.com/news/home-carousele/micro-bit-reunites-bbc-arm-grand-education-initiative-2015-07/

    Par ailleurs, il existe déjà de nombreuses vidéos et tutoriaux consacrés à l’utilisation de cette même interface, récemment “open-sourcée” et qui dispose d’un large choix de modules de développement: (web-)applications multi-plateformes, et aussi côté serveur (node.js/REST), Minecraft Pi, Arduino, Office Mix…

    Répondre
  • 11 octobre 2016 - 14 h 33 min

    66 ans! je me suis mis à l’ époque à l’informatique grâce au ZX 81 de Sir C. Sinclair.
    Et je re-plonge là dedans grâce à micro:bit. Techniquement fantastique!
    (humainement l’avenir le dira, car on met de l’hyper techno entre toutes las pattes, daesh y compris).
    Industriellement donc, les Brexitois préparent la guerre (au moins économique) avec pertinence.
    Les Gaulois, on fait quoi?

    Répondre
  • 29 décembre 2016 - 15 h 44 min

    Existe-il une interface de programmation par blocs (de type Scratch) en français ? Je suis professeur en collège et aimerais utiliser ces petites cartes à microcontrôleur pour initier mes élèves à la programmation. Mais l’anglais ajoute une difficulté dont je me passerais volontiers…

    Répondre
  • LAISSER UN COMMENTAIRE

    *

    *