Ayaneo stoppe la production d’autres consoles

Coup dur pour Ayaneo, la marque annonce la mise en pause d’autres consoles PC face à la crise des composants.

Après la suspension de la Ayaneo NEXT 2 sous processeur AMD Strix Halo, ce sont maintenant d’autres consoles PC qui sont mises au frais par la marque. En cause ? La flambée des tarifs des composants et… un développement tous azimuts.

La Ayaneo NEXT 2 était déjà au congélo. Bientôt six autres modèles de consoles PC vont la rejoindre. Les raisons évoquées sont simples : les composants sont trop chers pour que ces produits puissent être rentables. Les Pocket S Mini et Pocket Vert ne seront plus produites, elles partent à la retraite et dès que leur stock aura fondu, elles ne seront plus jamais disponibles. La Pocket DS est toujours en précommande avec 200 unités disponibles. Une fois ce montant atteint, il n’est pas sûr qu’une autre précommande soit lancée pour ce modèle.

Ayaneo Pocket DS

Ayaneo Pocket DS

Les KONKR Pocket FIT Gen 3 et FIT 8 Elite pourraient être relancées si une demande est notifiée par le fabricant La marque finalise en ce moment l’envoi des 8 Elite déjà dans les tuyaux d’une commande. Enfin, la KONKR Fit « tout court » va être lancée en production et la marque va arrêter les précommandes pour ne fabriquer que les modèles déjà validés.

Ce que cela nous dit de cette marque est assez clair. Entre les volumes de machines limités à 200 unités et une production qui part dans tous les sens, AYANEO n’est pas vraiment un grand industriel. Le constructeur propose des lots de petits volumes et ne vit qu’en additionnant des modèles de niche les uns aux autres. En début d’année, sous le feu des critiques à cause d’une gestion « complexe » de ses produits, la marque avait promis de limiter son catalogue pour se concentrer sur des séries spécifiques. Il aura fallu attendre trois mois et une situation catastrophique du marché des composants pour voir cette promesse tenue.

Ayaneo est dur à suivre

AYAneo est une société que je pense sérieuse d’un point de vue technique. Ses ingénieurs sont compétents et elle dispose d’un savoir-faire impressionnant sur de nombreux postes qui la rendent très séduisante. Elle profite également à plein d’une immersion totale dans l’usine du monde qu’est la Chine. Je connais de nombreux industriels français qui rêveraient de pouvoir mettre en œuvre un produit aussi complexe que la Pocket DS en tirant une rentabilité pour 200 unités produites. À vrai dire, en France ou partout en Europe, avec 200 unités, vous ne pouvez pas rentabiliser un seul élément du moule de la coque de ce produit. Il faut produire des milliers et des milliers de consoles pour dégager un minimum de marge de ce type de production.

Cette « chance » de pouvoir fabriquer des petites séries est aussi un piège pour le constructeur. Avec, à sa tête, une direction véritablement passionnée par le sujet, elle cherche à couvrir tous les espaces possibles du genre. Avec un développement dans tous les sens, elle a, en quelques années, accumulé beaucoup trop de références. Cela a pesé sur son image comme sur sa capacité à en tirer des bénéfices.

Comment amortir des gammes de 200 machines ? Même en payant son développement peu cher et sa fabrication des clopinettes, la méthode parait hasardeuse. Cela provoque une réaction de rejet de la part du public. À force de voir des consoles sortir en pagaille, les aficionados font la fine bouche et se disent qu’ils peuvent attendre quelques mois pour voir sortir un meilleur modèle. 

Arthur Zhang : le PDG d'Ayaneo

Arthur Zhang : le PDG d’Ayaneo

Le marché des Consoles PC est essentiellement un marché capricieux. Personne n’investit dans ces produits en se disant que ce sera « rentable » ou « utile ». C’est du loisir pur. Mis à part l’exception Valve pour qui on peut ajouter une dimension de calcul financier parce que tous les joueurs PC ou presque pensent, à raison, qu’ils vont enfin pouvoir faire fructifier un catalogue de jeux Steam long comme le bras. Tout le monde ne craque pour ces consoles que par caprice.

Ayaneo en a fait une marque de fabrique en devenant capable de proposer du caprice « sur-mesures » avec des déclinaisons dans tous les sens.  Des gammes toutes plus spécialisées les unes que les autres. C’est une bonne idée pour se démarquer, mais cela se heurte forcément à une problématique industrielle. Vendre un T-Shirt ou un gadget pour suivre une mode est quelque chose de simple. Vendre un produit électronique dont les composants peuvent varier suivant les évènements mondiaux, c’est autre chose. Beaucoup plus hasardeux et délicat à faire fructifier.

Je dirais même que c’est un problème. Ayaneo donne l’impression de jouer à la cavalerie financière permanente du Crowdfunding. On a la forte impression d’une boîte qui ne semble fonctionner qu’avec des financements participatifs d’internautes sans avoir de fonds propres. Sans investisseurs ou clients directs, aucun produit ne sort sans la raison d’être « pile » le produit recherché par une toute petite minorité d’internautes. Personne n’achète la marque en faisant des compromis. On ne crque que si la machine colle parfaitement à ses attentes. Résultat, là où Lenovo, Asus, GPD, Valve ou MSI  ont construit une image sur des modèles certes moins précis mais plus solides en termes d’image, Ayaneo n’a pas trouvé de clientèle. 

Je connais pas mal de personnes qui ont craqué pour un Steam Deck de première génération et qui ont acheté un Steam Deck OLED dans la foulée. Je ne connais personne qui a acheté une seconde console Ayaneo. Ces sorties en série dévaluent constamment les modèles précédents et ne donnent pas l’impression d’une marque qui va investir dans un développement dans la durée.

Difficile de savoir comment le constructeur va s’en sortir pour les années à venir. La situation devient vraiment difficile pour les petits acteurs du marché et cela ne va pas aller en s’améliorant. Le problème rencontré par la NEXT 2 va se répéter encore et encore. Proposer une console à plus de 2000$ n’était déjà pas une bonne idée de base. Parce qu’un achat « caprice » ne se fait que dans une fourchette d’investissement relativement raisonnable. Plus le temps va passer et plus ces consoles PC vont devenir chères. Et moins elles vont séduire le public. Rendant le principe même de fonctionnement d’Ayaneo impossible à tenir.

Peut-être qu’en assagissant son offre, forcée par un marché difficile à tenir, la marque pourrait y gagner en reconnaissance du public ?


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3 commentaires sur ce sujet.
  • Luz
    28 mars 2026 - 11 h 11 min

    Je m’interroge vraiment sur l’avenir de toutes ces boîtes chinoises.

    Je discutais avec un collègue qui cherchait un mini pc pour faire tourner un openclaw et je lui ai montré que beaucoup de marques vidaient leurs fonds de tiroirs de pc tout équipé avant de revenir sur ce qu’elles faisaient avant, du barebone à prix attractif. Mais qu’une fois la RAM ajouté à l’équation, rien ne va plus.

    J’ai l’impression qu’elles pourront encore survivre quelques temps mais que l’arrivée d’un changement de format (ex: DDR6) pourrait faire très mal en supprimant la possibilité de recycler les barrettes de DDR5 achetés avant le RAMageddon.

    J’ai raté le coche de la DDR5 et n’ai que des barrettes de DDR4 qui trainent, sinon, j’aurais déjà craqué pour un miniforum MS ou autres.

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  • 28 mars 2026 - 11 h 49 min

    @Luz: Disons qu’il y a plusieurs catégories de boites avec plusieurs niveaux de risques.

    Les OEM purs et durs qui ne sont que des gens dans un bureau qui commandent des PC pour les distribuer sur la planète avec parfois plusieurs marques « concurrentes » ne prennent pas de gros risques Au pire elles ont un stock sur les bras de machines qui ne se vendent pas, elles font une promo et arrêtent de commander. Elles perdent le « filon » mais en trouveront un autre.

    Les boîtes plus engagées avec des lignes de production et autres peuvent en général proposer des offres plus adaptées sur le marché. Elles vont piocher dans des puces plus anciennes, glisser moins de RAM, limiter leur production.

    Les grosses boites comptent sur l’ensemble de leur catalogue pour survivre. Mais elles pourraient elles aussi limiter leur offre.

    Mais oui, d’un point de vue attrait et séduction, l’achat d’un MiniPC risque de devenir secondaire si les tarifs augmentent trop. Toutes les machines achetées sur un coup de tête parce que « bon plan » à 150 ou 200€ vont disparaitre. L’équation magique d’un MiniPC N150 16/512 Go W11 à 180€ est loin derrière nous. D’un autre côté, les PC « classiques » vont tout autant exploser en tarif et certaines personnes vont ptet acheter un MiniPC plus cher mais compétent en attendant de pouvoir trouver mieux en PC traditionnel. Le budget d’investissement reste limité, peut-être même plus limité qu’avant.

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  • 28 mars 2026 - 12 h 39 min

    En dehors du prix des composants, cela me fait penser aux fabricants de smartphones, qui sortaient tous 10 références à l’année, pour gratter tout niveau de gamme.
    Certains sont tombés, d’autres ont cessé la branche smartphone et d’autres ont réduit la voilure a 5, voir 1 référence par ans.
    A vouloir être partout, on peut finir nul part…

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