J’utilise la suite graphique Affinity depuis des années et je vous en parle depuis 2020 au travers des bons plans et de billets réguliers. Ainsi, je vous avais annoncé la sortie de la Version 2.0. Puis, il y a un an et demi, du rachat de la maison mère de cette suite par Canva. Aujourd’hui, nouvelle étape, la fusion des trois logiciels de dessin vectoriel, de retouche d’image et de mise en page en un seul. Ah, et au passage, une promesse de gratuité de l’ensemble « pour toujours ».

Je n’ai pas encore essayé cette nouvelle mouture, j’ai des licences payantes de la V1 et de la V2 et je préfère avoir des logiciels « séparés » plutôt qu’un seul. Dans l’absolu, je suis tenté de croire que la solution sera parfaitement exploitable et capable de remplacer efficacement les logiciels Adobe que sont Photoshop, Illustrator et inDesign pour de nombreux utilisateurs. Que vous soyez sur Mac ou sur PC, voir sur iPad, je vous encourage donc à tester le logiciel… en échange de votre inscription au service Canva.

Une légère inquiétude tout de même.
La grande promesse de Canva avec ce rachat était de « ne rien changer » dans la logique de ces applications. En pratique, il y a déjà des changements puisque la triple application est désormais intégrée dans une seule. Un autre changement majeur est dans la « gratuité » du produit. En face d’une suite Adobe qui est proposée avec des abonnements aux prix élevés, l’arrivée d’un produit gratuit est, à priori, une bonne nouvelle. Si changement il y a, il ne semble donc ne pas être en défaveur du public.
Pourquoi une inquiétude alors ? Parce que les années passant, on s’est habitués à se rendre compte que la majorité des mouvements logiciels « positifs » étaient la première étape d’une plus large stratégie globale. En général, on n’est pas confrontés à des génies non plus. C’est souvent une réflexion en trois coups. Première étape, on rachète en promettant que « Rien ne va changer », seconde étape « on change des trucs » et troisième étape « on cherche à en tirer un max de profit ».

Canva exige désormais que vous vous inscriviez à leur service pour pouvoir utiliser la suite Affinity. Pas un énorme sacrifice puisqu’il suffit d’un email pour créer un compte. La seule nuance entre un Affinity avec un compte Canva gratuit et un Affinity avec un compte Canva « Premium » – et donc payant – c’est la possibilité d’utiliser des outils IA dans ce second abonnement. Cela a d’ailleurs du sens parce que le recours à l’IA suppose des serveurs à faire tourner et donc des frais de gestion.
Ce qu’il y a d’inquiétant, c’est le futur. Le futur classique de ce genre d’opération, c’est un produit dont les compétences jouent aux vases communicants. Les fonctions de base qui étaient précédemment intégrées dans une version gratuite « pour toujours » pouvant, d’un moment à l’autre, basculer vers la version « Premium » payante. Et du reste, c’est parfaitement logique aujourd’hui. Il vaut mieux avoir 100 000 abonnés à une version payante que 10 000 000 à une version gratuite. La tentation de pousser à l’abonnement étranglera donc toujours les comptables de Canva. Et même si on reste le plus optimiste des utilisateurs, le futur semble déjà tout tracé. Le « Free Forever » n’est souvent qu’un slogan.

Pour le moment, les gens ayant eu la chance, ou la sagesse, d’acheter une licence pour la version Affinity V2, peuvent toujours télécharger leurs produits sur une page dédiée.
| 2,5€ par mois | 5€ par mois | 10€ par mois | Le montant de votre choix |





J’adore la suite affinity dont j’ai acheté v1 etv2. Je vais télécharger la nouvelle version mais aussi retélécharger ma v2 en la mettant à l’abri sur un coin de disque dur (on ne sait jamais). Elle était suffisante à mon usage. Mon seul vrai regret : tjs pas de version linux !
Je relis avec amertume mon commentaire de l’an dernier…
Gageons, malheureusement, que d’ici peu, l’activation en ligne des V2 ne fonctionnera plus non plus :(
Ce qui me gêne dans le passage de trois outils indépendants à un gros qui regroupe les 3 outils, c’est la lourdeur de la chose.
J’avoue que je n’ai que rarement besoin d’un logiciel graphique, et que si c’est le cas j’ai toujours, sur mon vieux mac mini de 2009, une version OEM réservée aux revendeurs de la suite Adobe qui date de l’époque des PowerPC.
Mais il faut en avoir besoin, puisqu’il faut retrouver les pièces éparses du puzzle Mac Mini : le mac, l’alim, les clavier et souris, et surtout le câble écran.
Depuis le temps que je lis des critiques très positives sur Affinity, je vais le prendre.
Merci Pierre de l’article.
Les fidèles utilisateurs de la V2 n’y gagnent pas grand chose :(
Pour rebondir sur l’avant dernière phrase, dans le commerce, le « forever » tout court est à prendre avec des pincettes quand il dépend de services tiers.
On se souviendra des abonnements « à vie » de MegaUpload, par exemple…
Il y a un autre changement majeur qui n’a pas été développé dans l’article et qui est pourtant autant inquietant : la fermeture du forum officiel de affinity, qui etait l’endroit où tout le monde faisait les bugs reports, les features requests, les tests de beta, et partageaient des tips.
Quand on shutdownntout une communauté d’utilisteur sans reel preeavis (1 mois je crois), red flag
très décevant pour les photographes rien de nouveau j’en vois pas l’utilité lightroom nettement meilleur pour traiter la photographie
@assemat: lol
Attention, le contenu du travail peut-être collecté par Canva pour entraîner leur IA, c’est clairement précisé. Invraisemblable. Textes, photos etc.. Bien vérifier vos préférences de confidentialité.
Comme on dit : « si le produit est gratuit, c’est que c’est vous le produit ! »
Quel dommage d’avoir vendu cet outil à CANVA. Dire que j’avais même remplacé toutes nos licences pro Adobe avec celles de Serif avec un fonctionnement et une logique tellement meilleure.
Là, on va retomber dans de la daube, toutes les fonctions avancées vont nécessiter un abonnement à Canva.
Triste.
On va rester sur la v2 un moment, j’ai l’impression !
@assemat: pour ma part c’est darktable pour la photo.
Vous le situriez comment par rapport à Inkscape pour éditer du SVG ?
Je travaille sur des centaines d’icones (48×48 max), mais Inkscape m’a toujours semblé un peu lent, surtout pour ouvrir les fichiers (en même temps c’est du Python… 😁).
Affinity, une fois lancé, c’est plutôt performant ?
Je suis sous Windows.
Thx
@Jle: Je n’ai pas testé cette version mais les V1 et V2 sont très performantes.
Canva a racheté de nombreuses entreprises et rien n’a changé chez elles au fil des ans si ce n’est qu’elles ont profité de la puissance de Canva et se sont largement bonifiées.
Parler d’un logiciel sans l’avoir essayé me fait sursauter. Que de contresens ! Et même pas regardé la vidéo de démonstration !
Oui. Il n’y a désormais qu’une seule application. C’est un atout. Il n’y a plus trois logiciels, mais un seul que l’on construit comme on veut (ils appellent ça des studios) et on n’a plus besoin de lancer tel ou tel logiciel. Il suffit de changer de studio.
Le paramétrage du logiciel est devenu un jeu d’enfant. De nombreuses fonctions ont vu le jour. Les autres se sont améliorées, parfois très fortement.
L’utilisation et la production des fichiers Adobe est devenue presque transparente.
Le financement du logiciel vient de l’option IA qui n’existait pas, qui n’est pas nécessaire à tous, mais si on veut l’intégrer à Affinity, on doit payer comme on le fait pour d’autres IA.
@Montagner: Ce billet s’intéresse plus au mouvement commercial qu’aux usages du logiciel parce que ce n’est pas le lieu de s’intéresser à ces usages. Le site ne s’appelle pas « jeminteresseauxlogicielsgraphiques.com ».
Ce qui est intéressant pour moi c’est de prévenir les gens a qui j’ai conseillé la V1 et la V2 à l’achat de l’évolution de cette solution. Je n’ai pas besoin de l’avoir testé pour cela. Je n’ai pas la prétention de dire que j’en ai fait le tour en quelques jours non plus. J’ai utilisé largement la V1 et la V2 en abandonnant petit à petit les solutions Adobe. Et j’ai encouragé mes lecteurs à basculer sur les solutions de Serif depuis des années.
Le fait que Canva ait racheté d’autres logiciels sans les modifier ne m’émeut guère. Cela n’empêche en rien mon inquiétude. Surtout quand leur promesse était de ne « rien changer » et que le logiciel a déjà changé. Ce n’est pas en venant faire la morale aux autres sur les bonifications logicielles que vous pourrez éteindre leurs inquiétudes commerciales, le mal est déjà fait, la promesse n’a pas été tenue. Quant à la qualité du logiciel, elle a largement été mise en avant.
Quand on dit qu’on ne change rien en changeant toute la philosophie de base du logiciel, à savoir transformer un logiciel avec une licence payante et besoin de rien d’autre en un abonnement gratuit contre une obligation commerciale d’avoir un compte chez un tiers. On transforme largement sa promesse en mensonge.
De plus, même si elle fonctionne toujours, la V2 a fini son développement, il n’y aura plus de mises à jour.
Enfin, il n’est plus possible d’utiliser des fichiers travaillés avec la V2 sur PC et de poursuivre leur modifications sur iPad, la chaine de travail a été rompue. C’était un gros point positif de la V2. Et ce mouvement est fait volontairement puisqu’il est par contre possible d’ouvrir des fichiers Adobe sans problèmes.
Ce « non changement » ressemble donc bien à un changement. Et l’absence de choix pour le futur cornerise bien l’utilisateur a migrer de l’un vers l’autre. Certes de manière indolore financièrement mais pas sans contreparties. Et sans aucune garantie pour l’avenir.
@Frenchy: Non. La bonne formule est : Si c’est gratuit c’est que c’est vous qui produisez. Autrement dit tu travailles gratuitement pour l’entreprise qui exploite le logiciel. C’est le modèle économique du logiciel privateur.
@Pierre Lecourt. Tout le monde a bien compris vos propos.
Vous auriez publié ce billet début octobre, vos inquiétudes auraient été recevables.
On sait maintenant que Serif les a volontairement provoqués pour préparer sa montée en puissance et contrer les attaques de son principal concurrent.
Maintenant que tout est connu et l’avenir à plusieurs années projeté, vos suppositions n’ont plus lieu d’être.
Le problème est que dans votre réponse, vous ajoutez encore de nouvelles contre-vérités. Nous ne sommes plus très loin de la diffamation.
Il n’y a donc que deux possibilités.
1. Vous avez des intérêts contre cette entreprise ou ses utilisateurs.
2. Vous vous prenez pour un gourou qui n’a pas besoin de savoir de quoi il parle.
Les deux sont tristes.
Il suffit de lire les déclarations de l’éditeur sur leurs différents sites, de voir les démonstrations, et surtout d’essayer le logiciel pour constater l’énorme bond en avant. C’est le minimum attendu quand on prétend vouloir donner un avis.
Bref Le financement va venir de L’IA. Ceux qui n’en ont pas besoin bénéficient déjà d’une application à vie beaucoup plus puissante que la version 2.6.
La rentabilité va venir des utilisateurs d’Adobe qui voudront d’une part une solution plus puissante et plus rapide, et d’autre part qui préfèreront une IA plus adaptée et peu onéreuse. La galaxie Canva a largement démontré ses compétences.
@Montagner:
1 : Lol, ah oui, mes « intérêts » contre cette entreprise que je pousse en avant et vers laquelle j’incite à migrer depuis des années après avoir moi-même expérimenté leur logiciel… Ils sont bien connus.
2 : Encore une fois, je sais pertinemment de quoi je parle. Vous confondez usage du logiciel et commercialisation du logiciel. On peut très bien proposer le meilleur logiciel du monde mais le monter sur des bases commerciales bancales ou moralement très limites. Par exemple, je ne mets pas en avant des jeux de type GACHA parce que je ne cautionne pas leurs modes de financement, même si les jeux sont amusants et bien fichus ou « gratuits ». Pas plus que vous ne verrez une promo pour un assistant personnel sur le blog car je ne cautionne pas l’usage des données exploitées par les marques.
Je ne juge pas de la pertinence du logiciel mais de l’évolution de son mode de commercialisation. Si demain un super logiciel de conception 3D demandait d’envoyer en clair le N° de Carte Bleue et les infos perso de l’utilisateur vers un serveur. Le logiciel aurait beau être exceptionnel, je n’aurais même pas besoin de l’ouvrir et de l’essayer pour partager mon inquiétude. C’est la même chose ici. On a changé de mode de distribution, je suis propriétaire de licences V1 et V2, je suis inquiet parce que le mode de commercialisation de ces licences était parfait pour moi. Le risque étant une Adobisation du logiciel par étape avant une forme d’abonnement. Pas besoin d’ouvrir le logiciel pour être inquiet.
Je dis que je suis inquiet car ce changement est bien un changement… On est bien dans la diffamation, c’est sûr. Et c’est ma seule piste d’inquiétude d’ailleurs, ce changement. Je ne dis ni du bien ni du mal du logiciel, je dis que je ne l’ai pas testé, mais que la promesse de ne rien changer a bien été rompue.
C’est un… fait. Je sais que nos jours les faits sont difficiles à accepter, mais passer d’une licence payante sans aucun abonnement à aucun service d’aucune sorte à une nouvelle version qui éteint la V2 au profit d’une solution nécessitant obligatoirement un compte chez un éditeur tiers, c’est bel et bien un GROS changement.
Si lire les déclarations d’un éditeur suffisait à avoir pleinement confiance en ledit éditeur, pas de soucis. On devrait d’ailleurs museler la presse, à quoi elle sert d’abord ? Il suffit de lire les communiqués de presse des marques. Les déclarations des fabricants et des éditeurs sont TOUJOURS vraies. Et on doit TOUJOURS leur faire confiance.
« La rentabilité va venir des utilisateurs d’Adobe qui voudront d’une part une solution plus puissante et plus rapide, et d’autre part qui préfèreront une IA plus adaptée et peu onéreuse. La galaxie Canva a largement démontré ses compétences. »
Je ne comprends pas bien ce point, vous dites que le fait de commercialiser un logiciel gratuit et sans contre-partie à plus de monde aura une meilleure rentabilité parce qu’elle va déshabiller un concurrent ? Mais proposer 500 000 copies de son logiciel gratuitement rapporte combien ? Des centaines de milliers d’euros de coût de fonctionnement certes mais en entrée d’argent ? On m’a toujours appris que multiplier par zéro amenait inévitablement vers… zéro ?
Et c’est là ma seule inquiétude. Si le logiciel ne marche pas, alors la facture sera trop chère pour Canva qui baissera la voilure d’Affinity. Si le logiciel marche trop bien, cela coutera trop cher à entretenir et cela sera trop tentant de ne pas faire fructifier leur offre. Imaginons que Canva ait 1 million d’abonnés gratuits à Affinity. 1 million sans abonnement payant d’aucune sorte. Et qu’au bout d’un certain temps, la section « dépenses » sera très élevée mais la section « revenus » quasi nulle. Que va t-il se passer ?
Il va se passer exactement ce qu’il s’est passé dans 99% des cas lorsque des entreprises achètent des logiciels externes pour les intégrer à leur formule plus globale. On va essayer de gagner de l’argent et tous les moyens seront bons. Le premier étant de proposer un abonnement payant pour plus de fonctions. Puis encore un autre, puis un abonnement payant pour tout le monde.
« Maintenant que tout est connu et l’avenir à plusieurs années projeté, vos suppositions n’ont plus lieu d’être. »
Ah ah ah, buvons la parole de Canva comme les paroles d’un prophète et après c’est moi le « gourou » :D Si demain Canva promet que la suite affinity rend plus intelligent, vous allez le croire ? À mon avis, vous devez croire le type qui promet qu’il aura une voiture volante d’ici à la fin de l’année ou qu’on pourra vivre sur Mars également. Les paroles des marques sont « paroles d’Évangile » ah ah ah.
Je me doute en voyant votre réponse, où vous ajoutez encore de nouvelles contre-vérités, que vous avez des intérêts pour cette entreprise ou ses utilisateurs. Et nous ne sommes ici plus très loin de la diffamation.
Excellente réponse Pierre 🙂👍
J’ai récupéré les fichiers d’installations (pc x64) de la version v2.
L’installation de la version Canvas ne fait pas sauter l’installation initiale. Ouf.
En tout cas, les 2 mondes sont clairement séparés. Plus de lien direct (non caché) vers la v2 et des comptes clients à refaire.
Je ne sais pas vers où cela va aller.
En tout cas, il n’y aura plus de mise à jour pour les logiciels v2.
A suivre
@Richard: j’ai essayé la v3 rien a voir avec la v2 la v3 est un cauchemar par rapport a la qualité de la v2 pour moi qui à payé une licence comme beaucoup d’autres j’ai la forte sensation d’une trahison
Bon, j’arrive ici car en tant que graphiste retraité – pour un usage privé – je n’ai plus les moyens de payer Xpress, Illustrator et Photoshop. Je n’ai pas connu les versions antérieures d’Affinity, mais celle-ci qui remplace gratuitement le tout, même si elle demande un effort de réadaptation me semble un merveilleux cadeau. Merci aux développeurs.
[…] d’Affinity qui propose des fonctions très proches de celles des programmes d’Adobe. Désormais disponible dans une version totalement gratuite, elle remplace Photoshop, Illustrator et […]