L’AMD Ryzen AI Max+ 395 a débuté sa carrière comme le porte-étendard d’une gamme de processeurs puissants à destination des ordinateurs portables. En mettant cette série de puces sur le marché, AMD pensait proposer une solution qui se serait positionnée efficacement face à l’offre Geforce mobile de Nvidia. Au lancement, la marque le positionnait face à une RTX 4070. Mais le rendez-vous a été manqué.

Il y a eu quelques essais, un seul de véritablement sérieux à l’international chez Asus, mais rien d’autre. La plateforme Strix Halo Ryzen AI Max+ 395 n’a pas vraiment fait mouche auprès des constructeurs malgré les efforts d’AMD. L’offre de Nvidia semblait plus sûre, pas forcément plus chère et disposait d’un gros avantage marketing. Il est plus simple de vendre des puces Nvidia bien identifiées que de devoir défendre une nouvelle gamme de puces. Je vous ai déjà parlé de tout cela par le passé dans un billet dédié à la gamme de puces et au fait qu’AMD a modifié sa communication autour de celle-ci. Passant d’une communication autour des créateurs et du jeu à une mise en avant des puces comme des outils dédiés à l’IA.
Aujourd’hui, un test du MiniPC spécialisé IA qu’est l’AMD Ryzen Halo nous montre peut-être aussi pourquoi la proposition n’a pas été retenue par le marché. Le vidéaste Eta Prime a testé le l’engin commercialisé par AMD sous SteamOS afin de voir ce que la minimachine a dans le ventre. Et les résultats ne sont pas extraordinaires. Il faut bien prendre en compte les évolutions du marché de ces derniers mois pour analyser correctement la situation, mais les résultats obtenus permettent tout de même de relativiser beaucoup de commentaires récents… Notamment sur la Steam Machine.

L’AMD Ryzen Halo n’est pas une machine de jeu
Avec 128 Go de mémoire vive de type LPDDR5, le MiniPC d’AMD n’a pas été pensé pour être une solution « gaming ». Son objectif est de proposer un outil de travail pour l’IA locale. Il est possible d’installer n’importe quel système sur l’engin, dont SteamOS, mais cela n’est pas forcément productif. Reste que la puce a bel et bien été imaginée au départ comme une solution de jeu et de création. L’exploitation, pour l’IA est arrivée dans un second temps parce que, d’abord, aucun constructeur ou presque ne voulait d’elle pour leurs machines et ensuite parce que cela permettait de dégager plus de revenus pour AMD. En poussant les Strix Halo vers l’IA, AMD a pu vendre ses processeurs beaucoup plus cher.
Deuxième point à prendre en compte, la machine n’est pas optimisée pour le jeu. La présence des 128 Go de mémoire vive n’est pas un avantage technique puisque très peu de titres peuvent réellement en profiter. Avoir 32, 64 ou 128 Go de mémoire à disposition sur ce type d’engin ne change en rien la jouabilité. Au-delà d’un certain montant de mémoire, l’effet technique est invisible en jeu. Sous SteamOS, les 128 Go de LPDDR5 deviennent donc un défaut d’optimisation. Non pas que cela baisse la puissance embarquée, mais l’option augmente considérablement la facture.
L’AMD Ryzen Halo en version Ryzen Ai Max+ 395 avec 128 Go de LPDDR5-8000 et 2 To de stockage NVMe PCIE 4.0 est proposé à 3999$ HT. Un prix qui s’explique largement par le surcoût des composants et le positionnement de la machine. En effet, AMD vise des développeurs ayant besoin d’un support et facture celui-ci au travers du prix de l’engin. Tout cela rend l’objet moins désirable pour un joueur qui aura mieux fait d’investir dans une solution classique avec 32 Go de mémoire vive et une carte graphique séparée pour ne pas saler sa facture.

Le Ryzen AI Max+ 395 nous montre par contraste les capacités de la Steam Machine
Comme toujours avec les tests de ce type, on peut regarder les choses sous deux visions opposées. Voir le verre à moitié vide ou le verre à moitié plein. Analyser la solution Ryzen Halo comme étant une mauvaise machine de jeu n’est pas vraiment très intéressant. Ce n’est pas son objectif. La mettre en perspective des capacités proposées par la Steam Machine offre par contre une vision très différente.
Le processeur Strix Halo Ryzen Ai MAx+ 395 est un 16 cœurs/32 Threads avec une fréquence turbo de 5.1 GHz. Il propose pas moins de 80 Mo de mémoire cache et embarque un circuit graphique interne Radeon 8060S avec 40 Compute Units à 2.9 GHz. Et en faisant face ici à la puce custom réalisée pour Valve afin d’équiper la Steam Machine, on se rend vite compte que l’écart n’est pas à la mesure de la dépense ni de la technique développée. Valve embarque une solution 6 cœurs / 12 threads associée à une puce graphique externe avec 28 Compute Units et surtout 8 Go de mémoire GDDR6 totalement dédiés à celle-ci.

Asus ROG Flow Z13 sous Ryzen AI Max+ 395
L’écart de prix est phénoménal. Si on considère le tarif de la Steam Machine en version 16 Go / 2 To vendue 1359€ en France face à une Ryzen Halo en 128 Go / 2 To à 3999$ HT soit 4200€ TTC on a un écart très important de prix. Et pourtant les performances déployées en jeu ont beaucoup de mal à le justifier. Ce qui est logique puisque ce n’est pas l’objectif d’AMD avec ce produit. L’Asus ROG Flow avec son écran 13.4″, le même processeur, 32 Go de mémoire vive et 1 To de stockage débute à 2999€ TTC chez nous. La tablette OneXplayer Super X a été lancée en financement participatif à 1999$ HT en 48Go/1To…
Ce que cela nous révèle, c’est que la Steam Machine n’est pas si mal placée que cela pour son prix. En reprenant les objectifs initiaux de Valve qui étaient de proposer la version de base en 16/512 Go à 750$ HT (790€ TTC) on se rend compte que la différence de performances n’est pas si importante.
Le premier tableau de comparaison nous montre un écart de 17% entre les deux solutions. Passer de 118 à 138 images par seconde sous Shadow of the Tomb Raider en 1080P avec des détails très haut et sans FSR n’est pas franchement une révolution qui justifie la différence de prix. On passe de 86 à 103 ips en 1440P et de 44 à 62 ips en UltraHD. Ce dernier chiffre est évidemment plus flatteur pour le Strix Halo avec une hausse de 41% mais cela reste assez spécialisé.

Sous Cyberpunk 2077 c’est un peu le même phénomène. On gagne de 4 à 16% en 1080P et 1140P et la puce de Valve reste 50% derrière en UltraHD. Est-ce que la Steam Machine doit rougir de ce score ? Je ne pense pas. Est-ce que Valve aurait dû intégrer une puce Strix Halo pour « gagner » 10 ips en 1080P sur un jeu récent ? Nojn, pas si cela devait exploser la facture.

Au cas par cas, suivant les jeux testés, les puces tiennent leurs distances mais on comprend vite que la proposition développée par AMD pou Valve a tout ce qu’il faut pour répondre à son cahier des charges. Etre abordable, proposer de la jouabilité sur des titres récents en FullHD et se glisser dans un cube de 15 cm de côté très silencieux. Des facteurs qui révèlent tout l’intérêt de cette plateforme.
Cette vidéo nous montre finalement que l’offre Steam Machine, si elle n’avait pas été percutée de plein fouet par la crise des composants, aurait sans doute eu un autre impact sur le marché. Que les choix faits pour cette minimachine étaient les bons. Cela nous montre également encore une fois que nous avons raté l’occasion d’une génération de portables et de MiniPC sous puces Strix Halo, avec moins de mémoire vive1, qui auraient proposé beaucoup de ressources pour de multiples usages.
Notes :
- Paradoxalement, vendre un engin sous processeur Ryzen Ai Max+ 395 est difficile avec 16 ou 32 Go de mémoire vive. La puce est devenue très chère et la livrer avec moins de 128 Go de mémoire la rend inintéressante pour des usages d’IA. Cela pousse les constructeurs à ne proposer que des engins avec ce montant de mémoire vive… et accentue encore la crise de la mémoire.
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j’adore ton site mais la… la comparaison n’a vraiment aucun sens …
Comapré un système avec 128Go de LPDDR5 et un pc standart ca sert a quoi ?
Si on prend le strix halo entré de gamme avec 32go de mémoire unifiée le prix est proche et les perf en jeux aussi.
@kantfredo: C’est précisément ce qui est expliqué ici…
« Le Ryzen AI Max+ 395 nous montre par contraste les capacités de la Steam Machine
Comme toujours avec les tests de ce type, on peut regarder les choses sous deux visions opposées. Voir le verre à moitié vide ou le verre à moitié plein. Analyser la solution Ryzen Halo comme étant une mauvaise machine de jeu n’est pas vraiment très intéressant. Ce n’est pas son objectif. La mettre en perspective des capacités proposées par la Steam Machine offre par contre une vision très différente. »
L’idée est de montrer précisément que les choix mis en place par Valve et AMD pour la Steam Machine sont censés. Aux premiers tests de l’engin j’ai pu lire des testeurs comme des commentateurs qui regrettaient que Valve n’ait pas choisi des Strix Halo pour construire la Steam Machine. La raison est ici explicite : cela n’aurait pas apporté grand-chose (15-20% en 1080P) et coûté fort cher.
Oui je suis surpris de voir une telle comparaison, non en tant que telle mais dans le message qu’elle fait passer lorsque le prix entre dans l’équation avec cet énorme effet de halo; l’intérêt majeur est de constater qu’un IGPU a aujourd’hui les perfs d’une puce graphique dédiée de laptop milieu de gamme.
Il est dommage qu’AMD n’ait pas tenté de vendre des puces 8C/16T avec 8060S ou 8050S débarrassées des « aptitudes AI™ » pour faire des laptops gaming simples et sans problèmes de bascule de cartes graphiques et en mesure d’être linuxisées sans gros problème. Leurs puces sont donc restées des proof of concept pour le gaming et des puces plus ou moins performantes pour la fameuse… Pire, on a eu droit au produit le plus bancal avec la Z13 ROG.
Mais bon, l’argent de l’IA facile, AMD avait besoin des miettes de la bulle en cours.
Effet de Strix Halo, aurais-je du dire.
@LeonidK: Le truc c’est qu’AMD a du mal à fournir assez de puces 395 qui se vendent fort cher comme des petits pains… Alors pourquoi perdre de l’argent à vendre des puces moins chères ?
Je suis totalement d’accord: pourquoi vendre à 50 quand avec 2 slides de marketing du copain on peut vendre à 500.
C’est la grande déception au demeurant: AMD aurait pu prendre une place intéressante sur les laptops avec ces solutions qui eussent rendu inutiles tout ce qui s’appelle xx60, sur des machines bien plus simples sans switch iGPUdGPU.
@LeonidK: On peut espérer que cela évolue dans ce sens à terme. a lonnnnng terme.
Ce qui réduit les écarts de performances (théoriquement, le GPU de l’APU est bien plus performant) c’est la bande passante mémoire bien plus réduite dont bénéfinie l’iGPU quand le GPU de la Steam Machine a sa mémoire, son bus avec donc un gros débit qui lui sera dévoué jusqu’au bout.