Test GeForce RTX 3050 : 1080P et Raytracing

Le sauveur du FullHD, le chipset RTX 3050 a été mis en avant comme une solution entrée de gamme convaincante par Nvidia. Si, sur le papier, la solution colle à cette prédiction, le marché tord salement le coup à cette prophétie.

Après des trimestres de crise sur le front des cartes graphiques, la nouvelle GeForce RTX 3050 apparait comme une solution de secours. Annoncée à un prix théorique assez doux comparé aux modèles plus haut de gamme, elle apporte un niveau de performances correct pour un joueur qui ne viserait pas autre chose que le FullHD. Encore faut t-il que le marché suive…

Une GeForce RTX 3050 signée EVGA

Avec le GeForce RTX 3050, Nvidia promet un produit entrée de gamme aux performances assez semblables à des puces de générations antérieures mais capable d’offrir toutes les fonctionnalités des circuits Ampere de la marque. Une proposition qui peut avoir du sens sur un marché du circuit graphique fortement chahuté depuis 2020.

On retrouve donc ici l’architecture des séries RTX 30 de Nvidia et la panoplie de fonctions qui leur sont propres pour un prix public relativement abordable de 279.90€. La carte emploie un circuit GA106 amputé d’un tiers par rapport à la RTX 3060. Avec deux GPC au lieu de trois, la solution consistant à segmenter les performances en désactivant une partie de ses capacités est classique. Elle permet de positionner la GeForce RTX 3050 comme un produit accessible qui offrira tout de même des fonctions avancées comme le RTX, le DLSS et le Broadcast.

Pour faire simple, la RTX 3050 c’est une solution qui embarque d’abord 2560 cœurs CUDA. Des unités de calcul qui serviront pour le jeu mais également pour des activités créatives. De nombreux logiciels se servent désormais de ces cœurs pour accélérer leurs traitements dans le monde de l’image, de la 3D et de la vidéo. Photoshop, Illustrator, Blender, DaVinci Resolve, OBS, Sketchup pour n’en citer que quelques uns, tous ces logiciels peuvent bénéficier d’une accélération de leurs traitement grâce à cette architecture CUDA.

  GeForce GTX 1650 GeForce RTX 3050 GeForce RTX 3060 GeForce RTX 2060
Achitecture Turing Ampere Ampere Turing
GPU TU117 GA106 GA106 TU106
Gravure 12nm 8nm 8nm 12nm
Streaming Multiprocessor 14 20 28 30
Coeurs Cuda  896 2.560 3.584 1.920
Coeurs Ray-Tracing   20 28 30
Fréquence Base (MHz) 1.485 1.552 1.770 1.680
Frequence Boost (MHz) 1.665 1.777 1.770 1.680
Mémoire 4GB GDDR5 8GB GDDR6 12GB GDDR6 8GB GDDR6
Bande passante mémoire 8 Gbps 14 Gbps 15 Gbps 14 Gbps
Interface mémoire 128 bit 128 bit 192 bit 192 bit
Bande passante 128 GB/s 224 GB/s 360 GB/s 336 GB/s
PCI-E 3.0 4.0 4.0 3.0
HDMI 2.1 Non Oui Oui Non
TDP 75W 130W 170W 160W
Alimentation PCI-E Non PCI-E 8pin PCI-E 8pin PCI-E 8pin

Le circuit graphique Ampère GA106 est gravé en 8 nanomètres et mesure 276 mm². Il propose 12 milliards de transistors déployés en unités spécifiques. On retrouve ainsi 80 unités de calcul de textures et 32 unités spécialisées pour les rendus. Des Tensor Core, les unités de calculs liées à l’IA qui serviront notamment pour le DLSS comme nous le verrons plus bas, sont présentes. Nvidia intègre 80 unités de ce type pour prendre en charge ces calculs hautement spécifiques. Tout comme on retrouve 20 unités de calculs spécialisées dans le Raytracing sous le nom fort joli de RT Core.

Il ne faut donc surtout pas voir le circuit comme une grosse puce servant de système de calcul massif mais bien un agglomérat d’unités spécialisées qui travaillent de concert. D’un point de vue vitesse le GA106 tourne à une fréquence de base de 1552 MHz et pourra grimper jusqu’à 1777 MHz en fonctionnement. Il s’agit ici des fréquences officielles proposées par Nvidia avec un système de dissipation adapté. Les constructeurs pourront pousser celles-ci plus loin afin de gagner en performances, en proposant des designs différents avec un radiateur et une ventilation plus évolués.

Gigabyte Eagle RTX 3050

Les RTX 3050 fonctionnent en PCIe x4 en 8x. Pas de 16x pour ces cartes, ce qui semble encore une fois logique. Les divers éléments du circuit GA106 se contenteront parfaitement de cette limitation. La carte que j’ai reçue pour test est un modèle signé Gigabyte, une GeForce RTX 3050 Eagle avec 8 Go de mémoire vive GDDR6 fonctionnant en 128 bits, un modèle des plus classique sur le marché sans fonctions ni ajouts particuliers. La bande passante de ce modèle est classique et grimpe à 228 Go/s. C’est peu par rapport au reste de cette gamme mais c’est logique dans l’esprit et le positionnement de la carte : une RTX 3060 fonctionnera à 360 Go/s par exemple mais coute en théorie… 339€. D’un point de vue performances, Nvidia a préféré limiter la bande passante tout en conservant la quantité de mémoire disponible. Un choix qui fait sens suivant les usages de la carte et qui permettra de profiter d’un rendu très confortable sur les définitions cibles de la solution. 

Les RTX 3050 représentent l’entrée de gamme Ampère chez Nvidia. Il n’est, à priori, pas question de les monter sur des configurations très musclées avec des cartes mères évoluées et des couples mémoire et processeurs ultra performants. Si cela restera possible – et en ces temps compliqués pour obtenir une carte graphique à un prix décent cela peut être une solution de temporisation – ce n’est l’objectif de personne que d’intégrer un chipset graphique visant le FullHD dans une configuration taillée pour gérer de l’UltraHD.

La Eagle RTX 3050 ne repose pas sur un design « Nvidia ». Il s’agit d’une solution imaginée par Gigabyte en s’appuyant sur les recommandations proposées pour la puce. Nvidia indique une consommation de 130 watts face à une RTX 3060 qui monte a 170 watts. Ce qui demande parfois l’ajout d’une nouvelle alimentation, ici il sera souvent possible de conserver une bonne alimentation classique avec un seul connecteur à 8 broches très standard. Nvidia conseille  tout de même une solution de 550 Watts pour embarquer une GeForce RTX 3050.

Pour dissiper de manière efficace le circuit graphique, Gigabyte – comme les autres partenaires – a construit un système de dissipation tout juste adapté à son usage. La carte Eagle embarque 2 ventilateurs qui refroidissent un jeu d’ailettes en aluminium. Ces ailettes dissipent la chaleur transportée jusqu’à elles via des caloducs en cuivre. La coque de protection en plastique conduit la chaleur poussée par les ventilateurs vers l’arrière du châssis mais également vers le dos de la carte. Sur les formats « tour » classiques, cette chaleur sera donc redirigée vers le haut du châssis. Ce type de configuration permettra d’évacuer ensuite les flux chauds vers l’extérieur via un ventilateur de boitier situé en haut de la tour.

Gigabyte Eagle RTX 3050

Refroidissement et nuisance sonore

D’un point de vue bruit, la carte se comporte de manière un peu trop classique, un peu trop « juste » à mon goût. Gigabyte n’a pas vraiment fait d’efforts pour  rendre la dissipation vraiment efficace et silencieuse. Si la Eagle RTX 3050 n’est pas active en veille avec une ventilation qui se coupe purement et simplement, ce n’est pas vraiment brillant à l’usage. Lorsque vous ne sollicitez pas la carte mais que vous utilisez le circuit graphique de votre processeur, pour surfer ou faire de la bureautique par exemple, vous ne subissez aucune nuisance sonore de votre carte graphique. Dans ce cas précis, la solution consomme moins de 11 watts.

Mais quand vous lancerez un programme sollicitant le GA106 : un calcul de rendu vidéo, un jeu ou toute autre action utilisant les compétences spécifiques du circuit graphique Nvidia. La RTX 3050 se mettra alors en marche et adaptera sa vitesse de ventilation aux besoins à fournir en dissipation. Du moins au début.

Gigabyte Eagle RTX 3050

Car, assez rapidement, la ventilation passe de « temps calme » à « mer agitée ». Le simple fait d’utiliser longtemps la carte fait monter la ventilation dans les tours et la solution devient nettement plus audible. A se demander si ce système de dissipation n’a pas été calculé au plus juste par Gigabyte. Une solution de dissipation limitée qui ne fonctionne réellement que par l’emploi de ventilateurs poussés assez fort en vitesse de rotation pour compenser un dissipateur étriqué. Le résultat est là, la carte se fait entendre assez rapidement en jeu alors qu’elle ne maintient le circuit graphique qu’à 71-72°C d’après les sondes internes. Nvidia indique que sa puce fonctionnera normalement jusqu’à 93°C et cela ne pose donc aucun souci d’un point de vue purement technique. Ce n’est pas pour autant le résultat du siècle et si c’est probablement suffisamment efficace pour un fonctionnement optimal dans la durée, ce n’est pas la température la plus impressionnante à laquelle on aurait pu s’attendre. Ni la gestion la plus silencieuse qui soit…

Gigabyte Eagle RTX 3050

J’ai mesuré entre 40 et 42 dB(A) en positionnant mon sonomètre à 25 cm de ma tour fermée. Une tour qui n’émet que 22 dB(A) en mode bureautique classique… Et cela en même pas 30 secondes de jeu. La tour une fois positionnée sous mon bureau est beaucoup plus discrète mais laisse entendre un bruit de ventilation persistant. C’est assez désagréable mais, encore une fois, c’est uniquement dans un usage ludique ou de travail précis. Ce qui veut dire que la plupart du temps, lorsque vous lancerez un mode mettant en marche la soufflerie, vous aurez soit des enceintes en fonctionnement, soit un casque sur la tête. Autrement dit, pour une machine dans un endroit non partagé comme une chambre ou un bureau, cette problématique du bruit se gomme finalement facilement grâce à son usage propre. Gardez juste en tête que ce n’est pas forcément confortable dans un espace partagé. 

Gigabyte Eagle RTX 3050

La carte Gigabyte Eagle propose, deux ports HDMI 2.1 et deux DisplayPort 1.4a pour connecter jusqu’à quatre moniteurs. Ce n’est pas la configuration recommandée en standard par Nvidia qui lui préfère une combinaison de 3 DisplayPort et un seul HDMI.

Palit RTX 3050

Chaque constructeur étant évidemment libre de choisir le ports voulus pour répondre à leur public. La Palit RTX 3050 ci dessus montre le design de référence avec trois DisplayPort.

Les cartes pourront afficher en UltraHD avec une définition maximale de 7680 x 4320 pixels avec une bande passante allant jusqu’à 48 Gb/s. Cela ne veut pas dire que vous allez pouvoir jouer à cette définition mais que la carte peut suivre ce rythme. C’est important pour des usages vidéo et de multi écrans par exemple. Le chipset graphique est identique sur ce poste à celui de la RTX 3060. Ce qui ouvre la possibilité d’un encodage en direct de flux. Une fonction recherchée par ceux qui veulent pouvoir transmettre ou enregistrer des sessions de jeu ou de travail à l’écran. 

Le circuit de décodage est, par ailleurs, compatible avec les codec H.264, H.265, HEVC mais aussi avec l’AV1. Une fonction intéressante à moyen et long terme car beaucoup moins gourmande en bande passante mais également moins dépendante du processeur de votre machine. L’AV1 n’est pas un codec encore très répandu et pour cause, rares sont les cartes graphiques le prenant en charge, mais à l’avenir son support est une bonne chose car il risque de se retrouver de plus en plus souvent employé de par ses fonctionnalités mais également à cause de sa politique de diffusion. En plus d’être efficace et peu gourmand en terme de bande passante, il est libre et sans royalties. Le codec AV1 va devenir de gré ou de force un élément moteur dans le futur. Le fait de le décoder nativement, sans avoir besoin du processeur, est donc un point positif.

Gigabyte Eagle RTX 3050

Le jeu, le DLSS et le Raytracing

La promesse de Nvidia est claire, la RTX 3050 n’est ni pas un monstre de performances. Ce n’est ni la carte du joueur invétéré qui ne jure que par les très hautes définitions et l’ensemble des détails activés sur son titre fétiche. Ni la carte à choisir quand on est un créatif 3D ou un monteur de films. Son rendu et ses performances ne sont néanmoins pas anecdotiques.

La principale promesse de la puce, c’est d’accéder à des technologies récentes comme le Raytracing ou le DLSS avec une carte d’entrée de gamme. Et si cette promesse est bien tenue, ce n’est clairement pas toujours de manière miraculeuse. 

La RTX 3050 proposera un rendu ludique en FullHD, point. Inutile d’aller chercher plus haut dans un titre récent. La carte ne suivra pas la cadence dans des indices de vitesse acceptables. En 1440P par exemple, on frôle trop souvent les 20 images par seconde pour que cela soit agréable. En FullHD donc, la RTX 3050 est tout à fait efficace. Les performances relevées sur ma configuration de test sont toujours parfaitement fluides.

Montée sur ma tour, à savoir un Core i5-9600KF avec 32 Go de mémoire vive, la carte se comporte de manière pertinente pour tous les usages classiques et montre clairement de bonnes capacités en terme de jeux.

 QUALITEANTICRENELAGEFPSFPS RT
CONTROLELEVEMSAA 2X5241
DOOM ETERNALELEVETSAA11978
SHADOW OF THE TOMB RAIDER ULTRATAA7949
FORZA HORIZON 5ULTRAMSAA 2X51
WATCH DOGS LEGIONELEVETAA4824
RED DEAD REDEMPTION 2HAUTTAA50
GTA VELEVEMSAA 2X62
FAR CRY 6ULTRATAA6147
ANNO 1800ULTRAMSAA 2X80

En FullHD et sans DLSS pour tous ces titres, avec une configuration assez ancienne et dont le passage à 32 Go n’apporte pas grand chose par rapport à une configuration 16 Go, on a donc une solution ludique tout à fait acceptable. Sur des jeux récents et exigeants, on dépasse allègrement les 50 images par seconde et cela dans des réglages plutôt gourmands en terme de qualité graphique. Si l’on est moins tatillon sur les options de qualité, en baissant les textures ou en modifiant un peu les lumières et autres détails de particules, il devient très facile de dépasser les 60 images par seconde en restant toujours dans une définition 1920 x 1080 pixels convaincante.

DOOM Eternal

L’usage du Raytracing (RT) est effectivement possible mais, sur cette configuration, la puce GA106 ne fera pas de miracles. On sabre fortement les performances sur les jeux compatibles et mis à part les titres vraiment bien optimisés de base comme DOOM Eternal, cela devient beaucoup moins intéressant en jeu. A noter toutefois que la RTX 3050 est plus efficace avec le Raytracing que ce que proposait la RTX 2060 qui ne brillait vraiment pas par ses performances sur ce poste.

Reste à savoir si cela a du sens de proposer cette fonction de Raytracing sur des cartes ne pouvant pas en tirer un rendu suffisant en jeu de toutes façons. Dans un cas comme dans l’autre, à part pour profiter des excellents modes photos de certains titres comme Red Dead Redemption 2, cela n’a pas vraiment d’intérêt. 

Red Dead Redemption 2

La technologie Reflex est également au rendez-vous. Elle permet de baisser la latence des jeux entre votre action et la réaction à l’écran. Enfin je suppose car je n’ai jamais vraiment senti la différence à mon niveau. C’est surtout une histoire de jeux compétitifs et cela touchera les amateurs de FPS plus que les joueurs plus contemplatifs comme moi.

Pour situer la carte sur un fil de productions passées et actuelles, la GeForce GTX 1650 sortie en 2019 est 70 à 72% moins rapide que la nouvelle RTX 3050. Les GTX 1660 ne sont en retrait que de 16 à 20%. Les versions GTX 1660 SUPER et Ti sont également derrière mais avec un écart moins creusé de respectivement 8 et 11%. Mais cette nouvelle GeForce RTX 3050 est moins performante de 10 à 12% qu’une RTX 2060 Founder Edition. Elle est également 20 à 24% moins véloce qu’une GeForce RTX 3060.

Gigabyte Eagle RTX 3050

RTX 3050 : Ampère d’As dans la manche

La technologie Ampère offre des éléments spécifiques parfaitement gérés par la carte. Une fonction comme ce que propose Nvidia Broadcast est vraiment intéressante et originale. Ce n’est pas la fonction la plus connue de l’offre de la marque mais peut être une des plus sous cotées. Cette suite logicielle permet à toutes les cartes RTX 30 de profiter d’un ensemble de fonctions destinées au streaming qui vont être calculées en temps réel par votre PC. Non seulement cela permet d’encoder avec une excellente qualité vos flux sortants mais le Nvidia Broadcast va également améliorer la qualité de ceux-ci.

La correction sonore pour enlever le bruit environnant ou l’écho et ne conserver que votre voix au micro est présente mais c’est surtout la gestion des effets visuels qui est impressionnante avec cette solution : décor virtuel, correction d’images et autres fonctions compensatoires pour la webcam. C’est un élément de plus à essayer sur ce type de carte et un vrai point positif en sa faveur par rapport à une solution de génération précédente.

La gestion du DLSS 

L’autre avantage de cette génération de processeurs graphiques chez Nvidia, c’est la prise en charge du DLSS. La gestion par Intelligence Artificielle du flux d’images pour augmenter la vitesse d’affichage à l’écran. Si vous voulez comprendre à gros traits comment le DLSS fonctionne imaginez une image calculée en petit format et agrandie par une loupe pour qu’elle occupe tout votre écran. L’image de base, plus petite, prend moins de temps à être calculée. La loupe compensant le petit format.

Le DLSS, c’est la même chose mais en numérique. Le système calcule une image avec une faible définition et une IA sert de loupe en extrapolant l’image pour la faire coller à une définition plus grande. Pilotée par un apprentissage complexe des divers jeux compatibles, le DLSS permet d’obtenir plus de vitesse avec une même définition à l’écran. En jouant sur cette option et ses réglages, en modifiant vos textures et la qualité de vos rendus, un même jeu peut passer de 30 à 70 images par seconde avec la RTX 3050. Evidemment, un jeu en réglage moyen et un DLSS réglé sur la performance maximum ne sera pas aussi beau qu’un même titre en Ultra avec un DLSS désactivé. Mais cela dépend de la volonté du joueur qui va préférer arbitrer entre vitesse et qualité d’affichage suivant le mode de jeu choisi. Du compétitif en réseau qui demandera la plus grande fluidité possible à la découverte d’un nouveau titre aux détails particulièrement léchés, il y a des réglages différents à trouver.

Le problème du tarif

Cette capacité à jongler entre toutes ces capacités d’affichage est encore une fois assez intéressante dans une optique de temporisation. Il faut rappeler que cette carte graphique était attendue à un prix de 279.99€… ce qui la rendait pertinente pour mettre à jour des configurations un peu anciennes. Ou permettre de construire une configuration plus haut de gamme en temporisant le prix de la partie graphique de quelques trimestres. Malheureusement, la carte sort finalement à un prix qui n’a rien à voir avec les ambitions de Nvidia. Je n’ai pas vu de stocks de cartes à 279.99€, les modèles listés à ce prix ont été instantanément en rupture. Puis ce fût au tour des autres, vendus pourtant plus cher, de disparaitre.

Il faut, au bas mot, débourser 400 à 450€ pour obtenir une RTX 3050 aujourd’hui. Et encore, certains modèles atteignent les 500€… Ce qui n’a aucun sens. A 279.90€, cette solution pouvait avoir une certaine logique de gamme et se positionnait assez intelligemment sur un secteur grand public. A ces tarifs, la carte n’a absolument aucun intérêt économique. Evidemment, le marché étant ce qu’il est, avec RTX 2060 à plus de 600€ et des RTX 3060 à 800€… cette carte apparait encore comme une solution économique…

Nvidia a bien intégré ses technologies LHR pour la RTX 3050, sa solution pour empêcher le « minage » de cryptomonnaies via un bridage logiciel. Une bonne idée mais rapidement contournée par les « mineurs » qui ont trouvé des moyens de passer outre. Résultat ? La carte est intéressante mais son tarif a trop vite explosé. Mais pas à ce prix. Acheter une RTX 3050 à 400€ ou plus, c’est faire une mauvaise affaire. Le seul moment où cela peut avoir du sens, c’est contraint et forcé suite à une panne de carte graphique qu’il faut impérativement remplacer. Dans tous les autres cas, dépenser plus de 280-300€ pour une version basique ou plus de 400€ pour une version évoluée, c’est clairement un mauvais plan.

 

Pour conclure sur la RTX 3050

La GeForce RTX 3050 est un modèle pensé pour construire une solution entrée de gamme efficace et compétente en FullHD même si les promesses de Nvidia ne sont pas forcément à prendre à la lettre. Le Raytracing, par exemple, est bien présent mais il reste en pratique difficilement utilisable en jeu. Ce qui laissera une impression amère à une personne investissant dans ce type de carte pour cette utilisation spécifique. Le DLSS est pratique pour déborder les capacités de la puce et taquiner le 1440p ou booster le nombre d’images par seconde d’un FullHD compétitif.

En considérant la cible visée par Nvidia et les promesses faites, le chipset se positionne bien comme une solution d’entrée de gamme convaincante. Plus performant qu’un GTX 10×0 ou 16×0, il ne se démarque néanmoins assez peu des offres RTX 2060 de la marque. Certaines RTX 2060 Fonder Edition seront même plus rapides. A 279.90€ prix public, cette carte se positionne donc de manière logique face à une RTX 3060. Du moins si celle-ci suivait son prix normal annoncé par Nvidia à la sortie des premières RTX, à savoir 339€. Mais comme les RTX 3060 se situent au delà des 600€ en ce moment, cela change quelque peu la donne.

Je vois clairement la RTX 3050 comme un produit entrée de gamme. L’idée d’offrir de quoi construire une configuration de jeu FullHD en ce début d’année 2022 sans avoir à débourser une somme délirante ou acheter une carte d’une technologie plus ancienne. Ce n’est pas la puce du siècle mais une réponse pertinente vu l’état du marché actuel. Mais, évidemment, avec un prix qui s’est envolé dans des sphères délirantes quelques minutes après la sortie du produit, la carte présente beaucoup moins d’intérêt.

Asus GeForce RTX 3050 Phoenix 8G

J’avoue être très curieux de voir ce que le marché va proposer autour de ce chipset d’un point de vue technique. La solution peut donner quelques bons résultats avec un peu plus d’efforts dans son design. En imaginant des modèles plus compacts par exemple, comme l’a fait Asus avec la GeForce RTX 3050 Phoenix 8G. Un modèle de 17.7 cm de profondeur seulement pour 12.8 cm de haut et toujours 5.1 cm de large. On peut également espérer des modèles mieux dissipés et plus discrets pour encaisser les watts de la puce. De toutes façons, au vu des tarifs actuels, on a le temps de voir venir.

Pour conclure. La RTX 3050 est une bonne puce au vu du public visé. Reste qu’elle a été prévue dans une grille tarifaire censée ne luis faisant pas dépasser les 280€ comme tarif recommandé. Aller au delà, c’est se détourner de cette cible. Chaque euro qui séparera le prix public de Nvidia du prix demandé par une marque ou un revendeur servira à mesurer de combien vous vous éloignez de ce qui pouvait se considérer comme un prix juste, pas spécialement comme une bonne affaire.

Acheter la carte a 279.90€ est une alternative intéressante mais dépasser les 350€ pour une RTX 3050, c’est juste une mauvaise affaire dans tous les cas de figure.

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Gigabyte RTX 3050 EAGLE
7.1
Gigabyte RTX 3050 EAGLE
  • Performances FullHD
  • DLSS fonctionnel
  • Coeurs CUDA exploitables
  • Nvidia Broadcast
  • Souvent bruyante en jeu
  • RayTracing trop souvent anecdotique
  • Prix public annoncé (279.90€)
    9
  • Prix réel (350-500€)
    1
  • Performances FullHD Ultra
    10
  • Bruit
    7
  • Refroidissement
    8
  • Connectique et design
    7
  • Fonctionnalités annexes (DLSS, Nvidia Broadcast, AV1, RT, Reflex, CUDA)
    8

 

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14 commentaires sur ce sujet.
  • 31 janvier 2022 - 16 h 43 min

    A qui profite le « crime » ?
    AMD et NVIDIA vendent-ils leurs cartes aux tarifs de base aux distributeurs ? -> Est-ce les vendeurs Finaux, LDLC et consorts, qui font leurs marges ?

    Répondre
  • Max
    31 janvier 2022 - 17 h 13 min

    Typos à la fin de l’article : Asus RTX3500 et non RTX3800 !

    Répondre
  • 31 janvier 2022 - 18 h 00 min

    Ce qui est marrant c’est que j’ai préféré acheté un portable avec une RTX3060 (1000euros) plutôt qu’une carte (800euros) dédiée pour faire une tour !

    Répondre
  • Sam
    31 janvier 2022 - 18 h 08 min

    @Max:
    Plutôt rtx 3060 phoenix.
    Pas de rtx 380 en itx n’existe aujourd’hui.

    Répondre
  • Xo7
    31 janvier 2022 - 19 h 55 min

    Comme jfr2229 j’ai renoncé à monter une tour (avec mon fils) pour prendre un portable (de fait tout monté) à moindre coût.
    Néophyte dans le jeu, je suis surpris de voir des références similaires dans des cartes vidéo complétement différentes. Quel en est le but?

    D’autre part, la spéculation bitcoin, entrainerait une spéculation des cartes graphiques. En quoi une carte graphique (dédiée à l’image) permettrait elle d’accroitre le « minage »?

    Répondre
  • 31 janvier 2022 - 20 h 15 min

    Le perfs/prix/prestation/volume des consoles rétrograde le jeu pc à un luxe de niche.

    Niveau sonore, une Series S de 3l ou une X, font des merveilles.

    Couplées à un clavier souris filaire et à un écran pc, on a les joies du pc.
    Sans Windows.
    Sans le bruit.
    Pour 300€ ou 500€ machine complète.

    Sinon pour 300€ on a une Switch avec de quoi jouer à 2 en coop.

    Elle est loin la 1050ti de 75w à 145€ chez topachat…

    Répondre
  • 31 janvier 2022 - 22 h 03 min

    Hello, top merci pour ce test transparent ! toujours un plaisir de les lire.

    Répondre
  • 1 février 2022 - 0 h 24 min

    PERSO ,je suis de plus en plus perdu par les « performances » et les prix exorbitant .

    Pourquoi faire du neuf cher quand parfois il suffirait de simplifier un peu ,8 Go de RAM vidéo a quoi cela sert t’il quand on utilise sa carte graphique pour du jeux en 1900*1080 .

    J’espère a ce prix que c’est de la DDR 5 spéciale pour les cartes graphique a ce prix .

    Habitué a voir des cartes graphiques de 200 a 350 euros sur de bons PC de jeux mais a ce prix pour de l’entrée de gamme ,c’est simple tu mets un i3 car tu as mis tout tes sous sur la carte graphique .
    Après ,tu as une daube de PC de jeux .

    Plus simple prendre un portable de jeux mais là ,tu te retrouves avec 8 Go de RAM avec un petit SDD merdique ,une absence de carte graphique récente si tu mets 800 euros .
    Pour 1200 euros ,tu n’es meme pas sur d’avoir une écran en 144 hertz si tu as la carte graphique qui va bien .

    Marre de mes ordinateurs pourris mais pas envies de mettre 2000 euros sur une machine portable ou de bureaux .

    Répondre
  • 1 février 2022 - 7 h 59 min

    @Xo7: Les cartes dites graphiques sont capables de faire du calcul de manière très rapide. Il y a même des modèles sans sortie écran.

    Répondre
  • lo
    1 février 2022 - 10 h 30 min

    tres bonne analyse merci

    Répondre
  • 1 février 2022 - 10 h 42 min

    Bravo Pierre ! Pour moi ca devient des usines à gaz. Le support de ceci, le non support de celà…. Sans compter les fonctionnalités bridées, qui sont à elles seules un scandale. Et le prix + la dispo. C’est toujours la crise dans les cartes graphiques.

    Répondre
  • 1 février 2022 - 11 h 06 min

    @Dadoo: Les fonctionnalités bridées c’est toujours le même débat. Si on les oublie, c’est à dire, si on ne propose plus de puces avec des fonctionnalités bridées, on se retrouve avec un marché assez simple.

    Les constructeurs ne développent qu’une seule puce par gamme et ce sera celle avec le plus de potentiel de vente. Une RTX 3060 par exemple. Pas de 3050, de 3070 ou de 3080 sur le marché. Les autres cartes n’existeraient tout simplement pas. Pareil en face chez AMD et pareil chez Intel ou ARM. Une seule référence par marque et tant pis si tu veux plus de performances ou payer moins cher.

    Et si on est logique, alors c’est pareil partout : automobile : une seule finition moyenne avec un seul moteur. Un seul type de vélo moyen. Un seul type d’isolant maison, un seul sac de couchage moyen pour aller à une altitude moyenne, un seul écran moyen, un seul amplificateur audio moyen, une seule paire d’enceintes moyennes, un seul smartphone par marque… Les fonctionnalités bridées c’est un moyen de viser très très haut en qualité et ensuite de se positionner sur tout le marché en baissant celles-ci. Cela assure des compétences globales bien tenues et maitrisées mais aussi la simple survie éco des entreprises qui font leur R&D.

    Car l’autre problème c’est la R&D qui tombe. Parce que moins de rentrées d’argent et surtout moins de besoin de développement. En fait tu ralentis toute la recherche quand tu vises la gamme qui va le mieux se vendre.

    Alors oui, on peut penser que c’est du gâchis de développer un GPU avec d’énormes fonctionnalités potentielles et de le castrer en partie pour le vendre moins cher. Mais d’une part cela coute en général moins cher effectivement a produire et d’autre part cela permet de ne pas viser qu’une gamme unique.

    Répondre
  • 1 février 2022 - 13 h 12 min

    Pour moi ce n’est pas une carte d’entrée de gamme.
    Elle est déjà très puissante. Les jeux moderne demandant plus que cela ont vraiment un souci d’optimisation.
    Ou alors il y a un affreux effet rebond.

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  • 1 février 2022 - 17 h 36 min

    C’est moins puissant qu’une rtx 2060/rx 5600xt sorties en 2019, et vendues 300€.

    C’est un recul aligné sur celui d’amd (6500xt à 300€ moins performante qu’une 5500xt vendue 220€).

    C’est un suicide du monde pc, il ne reste que les gens prêt à mettre des fortunes en cg pour réattrapper un perfs/mrix décent (3060 ti et 3070, 6800xt).

    Il y a peu, une cg à 300€ c’est toutafond sur tes derniers jeux en 1080p, du gros fps sur du compétitif en 1440p, du 4k avec réglages en moyen.

    Là on est au niveau de la 1050ti de 2016 vendue 150€ : 1080p avec concessions, suffisant pour du compétitif actuel. Mais au double du prix sur le papier, et à x3 réel si on est chanceux.

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