La HiFive Unmatched n’est pas si Unmatched que ça

Un test de la carte Hifive Unmatched nous montre les performances actuelles du SoC Risc-V U740 de SiFive. Des résultats un peu décevants en terme de performances mais déjà remarquables.

Un test complet de la carte HiFive Unmatched de SiFive a été publié sur Phoronix et on y découvre les performances de la puce RISC-V U740 sous Linux. La carte au format MiniITX propose plein de choses intéressantes et embarque notamment 16 Go de mémoire vive DDR4 mais… on ne peut pas dire que les performances soient au rendez-vous. 

Proposée à 700$, la HiFive Unmatched ne vise pas vraiment le grand public et ce tarif élevé explique sans doute beaucoup de choses quand aux résultats obtenus par la solution. Car ils sont médiocres. La carte a beau embarquer la fine fleur de ce qui se fait en terme d’intégration RISC-V, elle se fait battre à plate couture par une bête puce ARM d’un Raspberry Pi 400.

HiFive

Sur l’ensemble des tests passés, les résultats de la carte RISC-V sont écrasés par ceux de la solution Pi. Les performances globales de cette solution sont encore loin d’égaler ce que proposent une puce ARM moderne. Ce qui n’est pas étonnant vu la jeunesse de ces solutions. La carte proposée par SiFive n’a pas pour vocation de venir se glisser sous un téléviseur pour devenir le futur lecteur multimédia ou autre émulateur de jeu d’arcade du moment. C’est un produit de niche, destiné à des développeurs cherchant une plateforme d’expérimentation et de développement autour de ce nouveau format. Il faudra encore probablement quelques longues années pour voir un RISC-V capable de rivaliser avec solutions que nous connaissons aujourd’hui. 

Une bonne piqûre de rappel quant à l’état du  marché actuel face à un certain enthousiasme un peu trop militant pour être objectif. Certains détestent tellement tel ou tel fabricant de puces qu’ils en sont à inventer une mythologie autour de RISC-V. La solution est très prometteuse de par son architecture et son approche très ouverte mais elle reste encore loin des réalités du terrain aujourd’hui. Quand une marque annonce son intérêt pour la formule, elle le fait avec un objectif assez lointain ou différent du marché PC. RISC-V ne transformera pas le paysage informatique dans les six mois qui viennent.


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10 commentaires sur ce sujet.
  • lym
    27 septembre 2021 - 15 h 13 min

    Ce n’est guère étonnant: Et si on pense immédiatement au fait que côté matériel ce ne soit pas mature, il en est de même côté chaînes de (cross)-compilation (expliquant sans doute une partie de la différence entre 2 versions d’Ubuntu, avec sans doute encore une grosse marge de progrès sur ce seul aspect génération de code).
    Au final, en arriver sur ces 2 bench en moyenne à grosso-modo 50% du PI400 sur la dernière Ubuntu n’est pas vraiment un bon rapport Q/P pour l’acheteur lambda mais c’est déjà bien vu que derrière, il n’y a pour le moment pas vraiment la même puissance industrielle qui pousse les développements.
    Des raisons techniques (trou béant du PowerPC: ARM inapte aux applications critiques, Intel idem et vieillissant) autant que financières (licences ARM) et géopolitiques (Chine/embargos) font que cela progresse quand même très vite malgré l’absence de débouché immédiat.

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  • 27 septembre 2021 - 15 h 35 min

    @lym: Oui, c’est super encourageant.

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  • ben
    27 septembre 2021 - 15 h 45 min

    J’aimerai revoir le même becnh dans 1 ans et 2 ans pour voir la progression de l’optimisation faite sur cette architecture.

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  • 27 septembre 2021 - 17 h 04 min

    les bogomips c’est pas très éclairant comme bench, je préfèrerai des tests plus concrets, typiquement les 1ères machines aptes à utiliser l’architecture seraient orientées réseau et IoT, donc quelle charge sur de l’ethernet GB, du VPN ou chiffrement, et éventuellement IA

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  • 27 septembre 2021 - 17 h 10 min

    @H2L29: Tu as raison, c’est juste un rappel pour montrer que non, un industriel qui prend une licence RISC-V, ne va pas « bouleverser le marché des semi conducteurs » à l’horizon 2022…

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  • gUI
    27 septembre 2021 - 20 h 17 min

    @Pierre Lecourt: on est d’accord. Un CPU moderne c’est compliqué, très compliqué…

    Il faut vraiment comprendre que faire un tout nouveau CPU qui est capable de booter Linux est déjà une performance qu’on avait pas vu depuis… heu… très longtemps. Les perfos ça peut attendre, surtout que je suis convaincu que le marché numéro 1 de RISC-V c’est plutôt le marché de l’embarqué bare-metal.

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  • 27 septembre 2021 - 20 h 48 min

    « Une bonne piqûre de rappel quant à l’état du marché actuel face à un certain enthousiasme un peu trop militant pour être objectif. »

    Un peu comme ceux qui pensent ARM se prépare à mettre en terre nos chers processeurs x86/x86-64 alors que les efforts fournis par AMD mais surtout Intel dans la conception de puces très basse consommation montrent des résultats qui démontrent que non cette vieille architecture utilisée dans nos ordinateurs depuis des lustres est encore loin d’avoir dit son dernier mot.
    Il y a 6/7 ans, un processeur Atom était plus performant que ce qu’on faisait chez ARM et les rivaux pour une consommation équivalente, un Ryzen basse consommation ou un Celeron/Pentium N d’aujourd’hui semble confirmer la même chose.

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  • 28 septembre 2021 - 0 h 04 min

    Dommage car la carte maman est justement ce que j’attend des processeurs arm : PCI-e mieux que le gen2 1x du compute module et >8Go de RAM.
    Les performance sont inquiétantes. Certes arm et x86 ont des prédictions de branche, mécanisme de cache, unités spécialisées et ordonnanceur optimisés.
    Mais même sans pour un 8 stage dual issue, c’est très décevant surtout a 1.4Ghz pour des performances qui rappelle plus le rpi zero ou un bon vieux pentium (pro ?).

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  • Luc
    28 septembre 2021 - 9 h 04 min

    La lecture de l’article sur phoronix laisse quand même l’impression que le support logiciel est à la hauteur, ce qui est très rassurant pour la suite (il reste à voir si toutes les fonctionnalités sont opérationnelles).

    Du coup, j’ai hâte de voir comment va évoluer la situation du côté de la BeagleV :-)

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  • 28 septembre 2021 - 11 h 48 min

    Pour des applications embarquées de la vraie vie, c’est déjà un max de puissance dispo.
    Il faut relativiser : 16K ItPS/s, on peut en faire des choses !

    Après, je rejoins certains commentaires qui demandent des précisions sur les performances des périphériques embarqués. Si la périphérie est performante, la puissance CPU devient déjà secondaire (qui pousse à fond un Pi4, à part pour tester les ventirads ? :) )

    J’aime bien ce nouveau Far West technologique qu’amène le Risc-V, y’a plein de trucs sont à construire !

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