Vers l’obligation d’immatriculer les Trottinettes électriques ?

Un projet de loi visant a obliger les propriétaires d’EDPM d’immatriculer leurs véhicules est en préparation au Sénat.

Le projet de Loi présenté par la Sénatrice Dominique Estrosi-Sassone est sobre. Sa proposition est, en clair, d’obliger les propriétaires de certains véhicules à moteur de les immatriculer au même titre qu’un motocycle ou une voiture. Le but de ce texte, lutter contre les incivilités et les infractions commises par ces engins, en hausse, et contre lesquels l’appareillage actuel de l’état ne fonctionnerait pas.

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Le texte est simple, si votre véhicule se meut par l’unique force d’un moteur, au delà de 15 Km/h, vous aurez alors l’obligation de le faire immatriculer. Sans détails techniques sur la procédure liée à cette immatriculation, on peut supposer qu’elle sera du même ordre que celle d’un véhicule classique. Les véhicules visés sont clairement les EDPM. La nuance d’un véhicule se déplaçant grâce à la seule force d’un moteur semblent exclure d’emblée les vélos à assistance électrique qui restent équipés d’un moteur mais qui ne fait que aider au pédalage musculaire. Sont donc a priori concernés les trottinettes électriques, les gyroroues, draisiennes et autres skateboards électriques légaux, ceux limités à une vitesse de déplacement à 25 Km/h.

 Le texte accompagnant cette proposition de loi veut également englober les Vélos Electriques, sans assistance, qui sont déjà soumis à l’obligation d’immatriculation d’après notre Code de la Route puisque assimilés à des cyclomoteurs de type L1e. Si on peut en vouloir à des sénateurs qui proposent une loi de ne pas connaitre le Code, on a bien du mal à comprendre comment cette loi pourrait fonctionner. L’idée n’est pas mauvaise, en immatriculant les véhicules on est censé pouvoir remonter leur piste en cas d’infraction. Un vélo circulant sur un trottoir, une trottinette électrique sur l’autoroute ou autres éléments du même tonneau pourraient recevoir une contravention avec une plaque d’immatriculation.

Un vélo électrique a déjà besoin d’une plaque d’immatriculation, au contraire d’un VAE

Reste que cette idée d’immatriculer les EDPM se heurte à pas mal de problématiques de terrain.

La première et la plus évidente est la conception même de ces engins. Si on peut facilement immatriculer une draisienne électrique au même titre qu’un vélo électrique, en ajoutant une plaque du même type qu’un cyclomoteur à l’arrière de ceux-ci, qu’en sera t-il d’une trottinette ou d’une Gyroroue ? Comment ajouter une plaque, aussi petite soit t-elle, à un skate électrique ? On imagine mal un cadre de plaque de scooter sur un EDPM. En 2017, le gouvernement a augmenté la taille des plaques à 210 x 130 mm pour plus de lisibilité. On voit mal comment ce type de dispositif pourrait venir décorer le garde boue d’une trottinette mais on imagine encore plus difficilement comment le faire tenir sur une Gyroroue ou une planche à roulette électrique. Même sur un vélo classique, les 21 cm, la largeur d’une feuille A4, auraient un impact assez net sur la ligne et l’aérodynamisme de l’engin. 

Et diviser ces dimensions ? Si le gouvernement a décidé de les augmenter, c’était pour améliorer la lisibilité des plaques des deux roues à moteur classiques grâces aux moyens de contrôle automatiques. Ces moyens de contrôles étaient peu présents dans les zones fréquentées par les EDPM, il y a peut être une voie à explorer de  ce côté. Nos voisins Belges ont des plaques pour les vélos de 12 x 10 cm qui semblent plus adaptées… Mais, là encore, on voit mal comment et où les installer sur le parc d’engins actuel ? 

Où placer une plaque d’immatriculation sur un skate électrique ? 

Ce premier problème est déjà insoluble. Obliger les trottinettes électriques, les Gyroroues et les skates électriques à installer une plaque pour circuler équivaut à leur faire prendre purement et simplement la poussière. Il n’y a techniquement aucune solution de placement de ce type de dispositif à l’arrière de ces engins. On les condamne donc à l’illégalité et à l’oubli.

Le second problème est plus lié à l’attitude des utilisateurs qui changera face à cette nouvelle contrainte. Les soucis de coût et de démarches liés à l’obtention d’un certificat d’immatriculation étant un facteur de désaffection de ces modes de transport quand il faudrait au contraire les encourager. Si on doit demander un certificat, faire la démarche, payer pour l’obtenir et ensuite repayer pour ajouter une plaque qui défigurera votre véhicule tout en le rendant impraticable, je doute que le public ne suive le mouvement. On peut facilement doubler le prix d’un EDPM avec cette simple condition.

Ou sur une trottinette ?

L’avantage de cette mesure est qu’elle fera tourner l’économie sans couter un seul euro à l’état. Si elle était adoptée, elle serait applicable au 1er janvier 2023. Rendant ainsi obligatoire l’ensemble des coûts et des démarches nécessaires pour continuer à rouler. Autrement dit, elle jetterait aux oubliettes Gyroroues, skateboard et trottinettes d’un jour à l’autre chez de nombreux utilisateurs. Ferait payer des amendes facilement identifiables aux récalcitrants et alimenterait en taxes l’état tout en occupant inutilement les forces de l’ordre. Avec des amendes montant crescendo de 750€ la première fois, 1500€ la seconde et 3750€ la troisième avec en sus des travaux d’intérêt généraux, ce serait fort profitable à l’état.

Evidemment, cela aurait un impact énorme sur le marché et les vendeurs de ces nouveaux engins verraient leur chiffre d’affaire disparaitre du jour au lendemain. Je doute que beaucoup de monde ne colle une plaque sur son skate ou sa trottinette. Si j’en juge juste par un raisonnement logique, le résultat réel d’une telle loi serait l’abandon pur et simple des EDPM pour un retour aux modes de déplacements classiques : voiture, transport en commun et vélo.

La peinture c’est pas cher

Il y a mieux a faire à mon avis. Si la recrudescence des infractions et des délits de fuite des conducteurs de ces engins existe et ne peut pas être tolérée, il est peut être également lié à des soucis de cohabitation sur la route. Il est également facile de constater que la période de transition actuelle n’est pas terminée. D’un point de vue infrastructures d’abord avec trop peu de place pour les mobilités alternatives à la voiture. En améliorant les infrastructures séparant réellement piétons, EPDM et voitures, le nombre d’accident devrait diminuer en flèche. Quand on considère que peindre un ex-trottoir avec une bande blanche pour le partager du jour au lendemain avec des trottinettes, il y a évidemment des conséquences malheureuses.

Il serait également possible d’envisager de faire respecter la loi existante. Mais force est de constater que les forces de l’ordre n’ont pas pour mission première de faire respecter le Code de la Route. Qu’il s’agisse de voitures, de motos, de cyclistes ou d’autres utilisateurs d’EDPM, de nombreux rappels à l’ordre pourraient être faits dans une optique éducative, au quotidien. S’arrêter devant une voie passante, à côté d’une voiture de police c’est constater des dizaines d’infractions en quelques minutes sans que personne ne cherche juste à les relever. Il ne s’agit pas forcément de coller des amendes à tout va mais d’effectuer un simple rappel à l’ordre pour un automobiliste téléphone à l’oreille, un couple à deux sur une trottinette de location ou un cycliste en grande conversation avec un intra dans les oreilles. Pendant qu’un duo de policiers verbalisent un automobiliste pour une contravention de 135 euros pour non port de la ceinture, des dizaines d’autres conducteurs font n’importe quoi. Si l’objectif de la police était vraiment la sécurité des usagers, leur action serait sans doute différente. Un simple rappel de mettre sa ceinture aurait sans doute le même effet et permettrait « d’aider » des dizaines de conducteurs à mieux respecter le code dans le même laps de temps. Problème, cette méthode plus efficace est invérifiable sur un tableur.

Un engin illégal vendu sans complexe en France à l’heure où j’écris ces lignes

Faire respecter la loi, c’est également entrer dans un supermarché et rappeler au gérant que les engins qu’il propose sont tout simplement interdits à la vente. Comme avec les draisiennes électriques sans conformité  ou des trottinettes capables d’aller à 70 Km/h encore vendues partout pour ces vacances. 

Mais évidemment tout cela coûte des sous à l’état. Chaque moment ou un agent de police fait de la prévention pour éviter des accidents n’est pas un moment où il dresse une contravention. Et chaque mètre de piste cyclable dotée d’une vraie infrastructure coûte cher. Séparer les pistes, mettre des feux, apaiser les endroits les plus accidentogènes… On préfère imaginer coller des plaques d’immatriculation sur les véhicules pour tenter de flasher des gens à la mauvaise vitesse ou au mauvais moment. Ca sera bien plus rentable de laisser faire les radars et les caméras.

Quand aux victimes d’accidents ? On préfère flatter démagogiquement les victimes potentielles avec un texte inapplicable en pratique plutôt que de s’intéresser aux victimes réelles. Je ne suis pas sûr que le premier réflexe d’une personne renversée par une draisienne ou percutée par une trottinette soit de noter sa plaque quelque part dans sa mémoire. Ni pour elle, ni pour les témoins, c’est rarement le reflexe qui vient en premier.

Le texte s’intéresse par ailleurs aux « 870 accidents corporels et aux 22 décès impliquant des trottinettes électriques ». Mais il ne fait pas le détail entre les personnes blessées ou tuées à cause des trottinettes et celles blessées ou tuées par un autre véhicule. Des gens circulant à trottinette de manière tout à fait légale sont intégrés dans ce chiffre. Quand on compte dans ces statistiques un homme fauché par un camion benne sur sa trottinette en décembre dernier, un autre tué par un Bus à Clichy la Garenne ou la Gardienne de la Paix écrasée en juillet dernier à Paris, il s’agit de personnes circulant de manière légale sur leurs engins.

Ces victimes ont étés tuées sur des trottinettes par des gens roulant dans un véhicule traditionnel et mis dans le même grand sac des « victimes à trottinettes ». On est passé de 7 victimes en 2020 (en baisse par rapport à 2019) à 22 en 2022 mais il faut mettre en perspective l’augmentation énorme des usagers de ces engins. On comprend assez vite qu’énormément d’accidents sont liés à des refus de priorité de voiture, des automobilistes ignorant purement et simplement les bandes cyclables ou des conducteurs dépassant allégrement, à quelques centimètres, un EDPM dans son droit, sans se soucier du feu qui leur barre la route quelques mètres plus loin…

Je ne crois pas que le fait d’immatriculer son EDPM ne changerait quoi que ce soit au problème, à moins de considérer que mettre au rebut des engins de ce type parce que personne n’a envie rouler avec une trottinette équipée d’une plaque, ne soit une victoire. La seule manière d’apaiser la route est d’investir dans la route. Le nombre de décès de cyclistes a également augmenté en flèche en 2021, 226 cyclistes sont morts sur la route cette triste année. il y en avait 48 de moins en 2020… Immatriculer leurs vélos n’aurait rien changé pour eux, une amélioration des infrastructures face à l’augmentation de cette pratique, si.

Source : NextInpact

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68 commentaires sur ce sujet.
  • 1 août 2022 - 11 h 17 min

    @jmax: Tu as une source à ce sujet ?

    Répondre
  • 1 août 2022 - 12 h 44 min

    Rien de vraiment surprenant. Combien ont une vignette d’assurance ?
    https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F35470/0_0?idFicheParent=F308#0_0

    « Pour utiliser une trottinette électrique (y compris les trottinettes en libre service) vous devez avoir une assurance responsabilité civile. Cette assurance couvre les dommages causés à autrui (blessure d’un piéton, dégâts matériels sur un autre véhicule…). Il est recommandé de contacter votre assureur pour, par exemple, adapter votre contrat d’assurance habitation ou souscrire un contrat d’assurance spécifique. »

    La pose d’une plaque renforce encore plus cette législation. C’est juste que comme à leur habitude ils produisent des textes avec un retard faramineux une fois que tout le monde est habitué à un marché différent, sur cela je comprends que ça donne l’impression de taxer les clients.

    Répondre
  • 1 août 2022 - 16 h 12 min

    @Cinos:
    Je trouve surprenant que les trottinettes électriques en libre service (mais en location) n’intègrent pas l’assurance de l’usager, qui ne relève ici pas du contrat habitation comme à vélo: J’imagine mal un loueur de voiture demander à ses clients de l’assurer par eux mêmes pour la durée de la location…

    Ce qui est d’ailleurs à ce sujet AMHA regrettable, c’est de n’avoir pas mis les engins légaux (limite à 25km/h) dans le même panier qu’un vélo capable de causer a peu près les mêmes dégâts… voir plus pour un vélo cargo souvent aptes à transporter largement plus de 200kg: Ceux là dévoient plus l’esprit de la loi qui les voit couvert que ne l’auraient fait un EPDM réglo.

    Sinon d’accord pour dire que l’immatriculation de ces EPDM n’est pas réaliste: Ce sera fatalement un timbre poste illisible et on ne traite pas en aval les problèmes liés à une commercialisation anarchique non réglés en amont faute de contrôles. Cause, conséquence, toussa…

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  • 1 août 2022 - 17 h 02 min

    Huhu ça ratisse large dans les commentaires. Quelques réflexions / anecdotes :

    – Il me semble bien qu’en circulation, hors véhicules spécifiques, le port du casque dans une automobile est interdit car le rapport bénéfice/risque est défavorable: tête alourdie = en cas de forte décélération ( choc ), le plus fréquemment cela accentue les traumatismes plutôt que n’en protège.

    – Je me suis fait contrôler un fois à moto, en ville, pour une mesure de bruit. Je roulais à bas régime, peu de bruit. Le contrôle se fait selon le régime moteur indiqué sur la carte grise, … à haut régime ( moto très bruyante ). Amende 35 euros, à ce prix d’ami ( les fdo peuvent très bien vous demander de présenter le véhicule remis en conformité ) on ne dit rien – pas même que le contrôle n’est peut-être pas fait dans les règles de l’art. Mais, on regarde aussi passer d’autres machines autrement plus bruyantes à bas régime, et qui, elles, sont sans doute réglementaires …

    – Les contrôles techniques automobiles, et bientôt moto, sont surtout là à cause d’un lobbying intense des acteurs de ces contrôles ( à peu près du niveau du secteur viticole de ce que j’en ai lu ),leur utilité reste très contestée. Le marché en revanche est énorme!

    – Pour les trottinettes, draisiennes, cyclomobiles, speedbikes. Les fdo semblent se désintéresser de tout cela. Commencer par sanctionner les défauts d’assurance serait déjà pas mal? Une règle non appliquée ne sert à rien.

    – Même une petite plaque d’immatriculation aura un impact psychologique, alors pourquoi pas ?

    – Vive le vélo, et que son exemption de permis/ assurance / obligations diverses perdure, car c’est bien le véhicule le plus écolo, et le seul dont le rapport bénéfice/risque santé est favorable!

    Répondre
  • 1 août 2022 - 17 h 48 min

    Et suis on recyclait l’appli tous anti covid

    Si un piéton s’approche trop prêt de ma trottinette et que l’application détecte une forte décélération alors on lui coupe internet pendant 15 min 30 min en cas de récidive
    Bien sûr j’écris sous pseudo

    Répondre
  • 1 août 2022 - 17 h 56 min

    @Alain: « – Il me semble bien qu’en circulation, hors véhicules spécifiques, le port du casque dans une automobile est interdit car le rapport bénéfice/risque est défavorable: tête alourdie = en cas de forte décélération ( choc ), le plus fréquemment cela accentue les traumatismes plutôt que n’en protège. »

    Comme pour le vélo donc. Bénéfice / risque mauvais pour la population.

    Répondre
  • 1 août 2022 - 18 h 26 min

    Niveau sujet polémique, il ne peut que battre des records.

    Concernant ce projet de loi, je rejoins Pierre sur le fait qu’il faudrait des infrastructures. Cela ne me semble pas si difficile car 99% se situe en ville, et les coûts d’infrastructure seraient noyés et/ou insignifiants face aux travaux incessants, aux grosses dépenses (souvent inutiles) ; regardez Paris et sa banlieue, par exemple.

    Là, encore une fois, au lieu de prendre de vraies solutions, ce sont des mesurettes inutiles, expiatoires, et avec jackpot monétaire au passage : le mode de pensée de la France…
    Pourquoi ne pas envisager une formation obligatoire de quelques heures, comme pour les scooters à 14 ans, ou les permis B qui veulent une 125cm3 ? Oui, je sais, c’est pas parfait, mais ça ferait beaucoup de bien.
    Pourquoi ne pas prévoir avec les chaines des encarts sécurité routière, le soir, avant le 20h, rappelant les règles de partage de la route ? Mais les vraies règles, et pas les conneries éco ou écolo qui dépassent le cadre de la conduite ?

    Pour le CT des 2 roues, dans l’absolu je ne suis pas contre, même si je plussoie sur le fait que 99% des motards entretiennent à donf (ou font entretenir) leur véhicule par simple nécessité de survie; effectivement, comme quelqu’un l’a dit, ce sont les moins de 125cm3 qui sont un problème, mais eux sont exemptés.
    Y aurait-il alors une question de fric ?
    Car, le CT voiture, s’il a pu retirer pas mal de poubelles de la route depuis son instauration (si, si, vous vous en rappelez pas des bouses et autres mergues qu’on croisait tous les 10m…), le problème que j’ai avec vient sur 2 points
    => 1/ le prix : un mécano voit en 30 secondes si une voiture est dangereuse ou pas. Par besoin de 2 milliards de
    points de contrôle. En quelques tours vite fait, on sait, et ça coûterait alors pas cher, et en moins de 10mn.
    => 2/ la véracité : entre nous, si une voiture tourne, freine, lâche pas son huile et garde son occupants en vie, c’est l’essentiel. Après, quand on fait chier des gens à 3 pouillème de pollution et autres soucis… ben, c’est plus de la sécurité mais de la politique, pour faire changer des véhicules. Et là, c’est plus du contrôle technique mais de la démagogie politique (regarder les questions de code, la moitié ne concerne plus la conduite…).

    Donc, encore une fois, toujours une questions de fric, où on tape sur les gens, surtout ceux qui respectent ou font de leur mieux. Et si possible de manière automatique.

    Où est la vraie prévention ?
    Pierre, tu disais qu’on vit dans un état et qu’on doit respecter les règles.
    Oui, d’accord, mais seulement si cet état s’occupe de ses citoyens avant tout, et ne soit pas obstinément toujours contre eux…

    PS: comme d’habitude, ces réflexions n’engagent que moi, surtout pour ceux qui ne sont pas d’accord

    Répondre
  • Xo7
    1 août 2022 - 19 h 42 min

    @StarDreamer: Ne jamais oublier que l’état n’est pas une entité singulière, c’est nous… et rien d’autre.
    Ne pas oublier aussi que civisme et répression ( ou son ressenti) sont inversement liés….et ce quelque soit le niveau d’examen pratiqué, des relations de voisinage à la désignation de nos représentants…

    Répondre
  • 1 août 2022 - 20 h 06 min

    Sujet bien polémique en effet.
    J’utilise voiture / moto / trottinette (étant appart mon vélo resté à la cave, trop pénible à déplacer)
    Chaque accident fait réagir et des mesures sortent, mais les messages qui sont postés ici résument la situation : LES INFRASTRUCTURES ne permettent pas plusieurs usages simultanée de la route en toute sécurité.
    Une plaque d’immatriculation va régler le problème ?
    J’ai déjà eu des soucis avec une camionnette et deux voitures.
    Rien n’empêche les gens de griller un feu rouge, que cela soit des voitures ,des motos et évidement les vélos et trot . Pas de solution simple à l’horizon et ce qui se prépare un peu partout n’a pas une bonne odeur de mon point de vue.
    Restez prudent et bonne route :)

    Répondre
  • 2 août 2022 - 11 h 17 min

    @Pierre, je ne comprends pas ton commentaire ?

    Tu évoques l’intérêt du port du casque à vélo ?

    La dernière remarque que j’ai faite concernant le rapport bénéfice/risque favorable de l’usage du vélo était à comprendre ainsi :
    Les bénéfices pour la santé de l’activité physique liée à l’usage du vélo sont jugés statistiquement supérieurs aux risques encourus ( et même sans port du casque pour un usage non sportif: des associations préféreraient que le port du casque ne soit pas rendu obligatoire, afin de ne pas décourager la pratique ).

    Bien entendu le rapport bénéfice/risque collectif est encore plus favorable, s’agissant de réduire l’usage des engins motorisés.

    Par exemple : https://www.ors-idf.org/nos-travaux/publications/les-benefices-et-les-risques-de-la-pratique-du-velo/

    Répondre
  • 2 août 2022 - 11 h 34 min

    @Alain: Oui c’est ce que je répète depuis le début.

    On oppose le coût pour la société d’un hypothétique traumatisé paraplégique suite à une chute de vélo sur le crane. Je dis hypothétique car la colonne est loin d’être protégée par le casque. Le casque je protège que de quelques accidents et jamais une collision avec un autre véhicule. Le port du casque obligatoire serait donc un geste citoyen car il éviterait d’impacter les finances de l’assurance maladie.

    Or d’une part il n’en est rien d’un point de vue statistique. Parce que 2 tonnes à 50 Km/h face à un vélo ne font pas de différence entre avec ou sans casque. D’autre part en réduisant de 50% les praticien du vélo, l’impact de la mesure serait au contraire énorme sur les dépenses de santé.

    Et effectivement, ce n’est pas du doigt mouillé, ce sont de vraies statistiques avec des vraies études scientifiques et des exemples concrets déjà expérimentés. Pas un avis émis au pif par rapport à son propre ressenti.

    Répondre
  • 5 août 2022 - 9 h 17 min

    On immatricule les vélos également alors ? A Paris c’est devenu un fléau tant les abus sont devenus monnaie courante et dangereux (Feux rouges, trottoirs, …)

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  • 5 août 2022 - 11 h 57 min

    @teddyK: Comme expliqué, cela ne sert pas à grand chose. Le point a retenir c’est : infrastructures.

    Répondre
  • 6 août 2022 - 9 h 58 min

    @Pierre Lecourt:
    Aucun système de sécurité ne protège de tout… Une voiture moderne, bardée de systèmes de sécurité finira comme une crèpe entre 2 40T dans un carambolage. Est-ce qu’il faut les supprimer? Bien sûr que non.

    J’ai l’impression de lire les arguments contre la ceinture dans les années 70 : c’est gênant, ça atteint à ma liberté, ça peut être dangereux (en cas d’incendie ou d’immersion)…

    Les études que tu cites, je ne les aies pas lues. Juste un « résumé » dans un article de la FUB.
    Un point revient, que tu soulèves aussi : le bénéfice physique. Sur un vélo classique, rien à dire.
    Sur un VAE, c’est déjà moins le cas, surtout pour des personnes bien portantes (majeure partie des usagers).
    Pour les EDPM par contre, c’est clairement pas plus fatigant que de marcher, sauf à rouler à fonds tout le temps et là c’est de la fatigue nerveuse, du stress.

    Les EDPM étaient présentés comme pouvant remplacer certains trajets en voiture. De l’entourage que j’a, ils ont plutôt remplacer la marche à pied et certains transports en commun.

    Au final, je dirais que ce débat est encore un débat de purs urbains dans l’écrasante majorité. J’ai la chance d’habiter pour moitié à la ville, et pour l’autre moitié à la campagne.
    A la campagne, des EDPM, y en a pas et les vélos c’est essentiellement le WE, et surtout du vélo sportif.
    Et tous les cyclistes que je croise son casqués : cela n’a rien d’agréable de rouler sur des routes à 80/90 à vélo, surtout lorsqu’il y a un fort trafic et que le moindre trajet utilitaire (courses, administration…) est de 10 km minimum.

    Répondre
  • 6 août 2022 - 12 h 08 min

    @KillerDid:

    « Aucun système de sécurité ne protège de tout… Une voiture moderne, bardée de systèmes de sécurité finira comme une crèpe entre 2 40T dans un carambolage. Est-ce qu’il faut les supprimer? Bien sûr que non. »

    Qui a parlé de supprimer quoi que ce soit ? Personnellement je n’ai pas parlé de supprimer de véhicules.

    « J’ai l’impression de lire les arguments contre la ceinture dans les années 70 : c’est gênant, ça atteint à ma liberté, ça peut être dangereux (en cas d’incendie ou d’immersion)… »

    Mais quels arguments ? Ceux que je donne contre le casque obligatoire ? C’est une comparaison tout à fait ridicule. La ceinture sauve des milliers de vies chaque année, c’est un fait scientifiquement prouvé et établi. Le casque obligatoire est contre productif, c’est un fait tout aussi scientifiquement prouvé et établi.

    Est-ce que la ceinture protège en cas d’accident grave ? Oui.
    Est-ce que la ceinture obligatoire a tourné les utilisateurs de voitures vers d’autres types de moyen de transport ? Non.
    Est-ce que le port de la ceinture change le comportement des autres utilisateurs de la route envers le porteur ? Non.
    Est-ce que le port du casque protège en cas d’accident grave ? Non.
    Est-ce que le port du casque obligatoire tourne les utilisateurs de vélo vers d’autres types de moyens de transport ? Oui et dans des proportions considérables.
    Est-ce que le port du casque induit chez les autres utilisateurs de la route un comportement plus dangereux envers les porteurs ? Oui.

    Je ne vois là que des arguments scientifiques et des expériences établies. Rien de gênant. Ce qu’il y a de gênant c’est de ne pas arriver a mettre bout à bout ces faits et continuer a dire « casque obligatoire pour les vélos » en représailles à une règle imposée à une autre catégorie de véhicules sachant pertinemment que cela est contre productif au final.

    « Les études que tu cites, je ne les aies pas lues. Juste un « résumé » dans un article de la FUB.
    Un point revient, que tu soulèves aussi : le bénéfice physique. Sur un vélo classique, rien à dire.
    Sur un VAE, c’est déjà moins le cas, surtout pour des personnes bien portantes (majeure partie des usagers).
    Pour les EDPM par contre, c’est clairement pas plus fatigant que de marcher, sauf à rouler à fonds tout le temps et là c’est de la fatigue nerveuse, du stress. »

    Je n’ai jamais dit, remarquera tu, le contraire. Je n’ai jamais dit que les EDPM sont bons pour la santé. Faut pas tout mélanger. Je répond à quelqu’un qui dit « Oh ben sans casque les gens ils peuvent être paraplégiques et ça coute cher à la communauté » par un autre argument beaucoup moins fantasmé qui est « obliger a porter un casque ça à un impact plus important pour les utilisateurs car les gens arrêteraient le vélo ce qui est bien plus impactant d’un point de vue santé ». Rien de plus.

    Quand au VAE, tu seras étonné, l’impact santé est excellent sur une pratique quotidienne pour une personne sédentaire.

    « Les EDPM étaient présentés comme pouvant remplacer certains trajets en voiture. De l’entourage que j’a, ils ont plutôt remplacer la marche à pied et certains transports en commun. »

    Oui.

    « Au final, je dirais que ce débat est encore un débat de purs urbains dans l’écrasante majorité. J’ai la chance d’habiter pour moitié à la ville, et pour l’autre moitié à la campagne. »

    Oui et non. C’est un débat d’infrastructures et donc un débat global. Si on avait suivi la loi LAURE de 1996, presque 30 ans donc, on aurait des infrastructures pour des modes de transport alternatifs à la voiture un peu partout en France. Dès qu’une départementale ou une nationale était construite, une voie verte aurait du être ajoutée. Et là le transport rural aurait été de meilleure qualité pour les vélos. Passer d’un village à l’autre sur une nationale en vélo c’est malheureusement suicidaire aujourd’hui parce que depuis 1996 rien n’a été fait. Dans certains département où le tourisme est important, les aménagements sont là. Dans la Baie de Somme par exemple, les espaces vélos sont présents et bizarrement il y a du monde sur ces voies vertes.

    « A la campagne, des EDPM, y en a pas et les vélos c’est essentiellement le WE, et surtout du vélo sportif. »
    Oui, et c’est assez dommage. Parce qu’il y a des gens qui seraient ravis de faire du vélotaff à la campagne mais que pour eux c’est suicidaire parce qu’on n’a pas respecté les aménagements qu’on aurait du respecter. Faire 10 bornes à vélo pour aller taffer c’est pas énorme, c’est bon pour la santé et c’est excellent pour le porte monnaie. Simplement se retrouver sur une départementale avec un bas côté non stabilisé et des 35 tonnes qui passent à fond de train sans sourciller ben ça rend la chose suicidaire. Est-ce que mettre un casque va changer cet état de fait ? Non. est-ce que respecter la loi LAURE depuis 1996 aurait changé les infrastructures et donc rendu possible ce trajet, oui.
    Est-ce que cela veut dire « supprimer » les voitures au profit d’autres véhicules, non.

    La vérité est là, fabriquer des infrastructures coute cher et c’est une dépense immédiate que l’on voit dans un budget. Et donc ce n’est pas populaire. On a préféré fermer les yeux. Contourner la loi. Continuer a faire dans le tout pétrole même si on savait déjà que ce n’était pas une solution pour un pays qui n’en produit pas et que c’était écologiquement suicidaire.

    Mais un jour l’essence sera tellement chère qu’il faudra bien les ouvrir ses yeux et constater que cette absence d’alternative à un coût trop élevé. A la fois en terme de santé mais aussi directement financièrement. Là on aura des politiques qui trouveront sûrement un bouc émissaire – probablement leurs prédécesseurs comme d’hab – et on se mettra au boulot pour fabriquer des infrastructures adaptées. Ca viendra tôt ou tard, c’est bien ça qu’il faut comprendre. C’est juste moins cher de le faire aujourd’hui que de tout recommencer dans 30 ans.

    « Et tous les cyclistes que je croise son casqués : cela n’a rien d’agréable de rouler sur des routes à 80/90 à vélo, surtout lorsqu’il y a un fort trafic et que le moindre trajet utilitaire (courses, administration…) est de 10 km minimum. »

    Et oui, c’est bien un soucis d’infrastructure. Ils mettent le casque comme certains mettent un colifichet à leur rétro viseur. Crois moi, le 35 tonnes ou le simple 4×4 au delà de 50 Km/h, lors d’un impact, les chances de survie du cycliste sont de 20%. A 70 Km/h elles sont de… 0%. Casque ou pas. Il faut donc des voies séparées.

    Et quand on en construit des infrastructures, là, bizarrement, les gens se mettent au vélo. Comme dans les pays du Nord qui ont cette politique depuis les années 70. Au Pays Bas, tu vas pas le croire, mais les gens font du vélo à la ville comme à la campagne et il n’est pas rare de voir des enfants faire 10 à 15 Km à vélo tous les jours dans des zones rurales pour rejoindre leur école. Pourquoi ? Parce que l’infrastructure est pensée pour les vélos. C’est un choix politique qui a été fait il y a 50 ans et qui a porté ses fruits au bout de quelques années. Si on avait appliqué correctement la loi LAURE en 1996 ont en aurait donc probablement des effets aujourd’hui avec une voie verte entre deux villages et des gens à vélo dessus.

    Est-ce que la voiture a disparu au Pays Bas à cause de ces infrastructures ? Non. L’équipement en 4 roues est équivalent à celui du Royaume Uni. Simplement le nombre de trajets à vélo est de 30% du total. Contre 2% en France par exemple. Ce qui a changé c’est juste la pertinence de l’utilisation. On ne va pas chercher du pain ou déposer ses enfants à l’école en 4 roues. On y va en vélo ou à pied. Il y a 30 000 Kms de pistes cyclables et cela rend les choses beaucoup plus simples pour le faire. Mais si tu veux prendre ta voiture ou un mix vélo+train, tu peux. Je comprend bien que c’est absolument obligatoire pour nombre d’utilisateurs qui habitent bien trop loin de leur lieu de travail pour prendre leur vélo.

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  • 6 août 2022 - 16 h 25 min

    @Pierre Lecourt : ce que je trouve surprenant c’est la vision que le port du casque impacte le comportement des automobilistes.
    Jamais on se pose la question du comportement des usagers qui portent un casque ? Plus de confiance en eux, plus un sentiment de protection et donc un comportement plus dangereux ? ( Il me semble que cela a été évoqué pour le ski)
    Quand à l’obligation du port du casque, je pense que le législateur à conscience qu’il ne sert pas à grand chose face à une automobile… Mais plus utile sur les chutes occasionnées par un trottoir qui traverse malencontreusement devant le cycliste… Où pire un piéton qui couperait la route à un cycliste sur un trottoir…
    Je ne suis pas cycliste… Le seul avis que j’ai, c’est que cela ne me semble pas aberrant de rendre le casque obligatoire pour résorber certains types d’accidents…
    Sans remettre en cause les chiffres sur les études de la diminution du nombre d’usagers lorsque le casque est obligatoire… Qu’est-ce qui dérange les usagers dans le port du casque ? En quoi cette mesure à de plus contraignante que le port d’un gilet réfléchissant en zone rurale (c’est dans le code de la route) ?
    Je ne comprends pas très bien non plus en quoi le nombre d’usagers du vélo est en jeu sur une telle mesure ?

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  • 6 août 2022 - 20 h 01 min

    @Spyke:

    « Plus de confiance en eux, plus un sentiment de protection et donc un comportement plus dangereux ? »

    Et donc le port du casque augmenterait les infractions et les prises de risques ? Ce qui semble être encore une fois contre productif non ?

    « Le seul avis que j’ai, c’est que cela ne me semble pas aberrant de rendre le casque obligatoire pour résorber certains types d’accidents… »

    Oui des accidents comme il en existe plein, même entre piétons avec de simples bousculades et des chutes. Ou chez les automobilistes. Le soucis c’est l’impact du port du casque qui crée alors un effet négatif en terme de santé publique après l’obligation. Cela s’est révélé exact dans la totalité des pays qui ont rendu le casque obligatoire. Ce n’est pas une théorie, c’est une statistique. Les gens ne veulent plus rouler à vélo pour se déplacer au quotidien avec un casque obligatoirement sur la tête.

    Un exemple ? L’Australie. Le pays a fait voter le casque obligatoire pour les cyclistes. Et désormais le pays songe a revenir en arrière. : https://www.ledevoir.com/societe/456703/l-australie-songe-a-renoncer-au-casque-de-velo-obligatoire

    « L’usage du vélo par les écoliers a chuté de 47 % après la loi sur le port du casque. Chez les étudiantes de niveau collégial, c’est encore pire : 90 % de celles qui se rendaient à l’école à vélo ont renoncé à cause du casque obligatoire. Moins de vélos dans les rues, ça veut dire davantage de voitures, plus de pollution et des citoyens en moins bonne santé. »

    Hors on sait que la pratique quotidienne du sport est un vrai atout pour lutter contre les maladies chroniques.
    https://www.ors-idf.org/nos-travaux/publications/les-benefices-et-les-risques-de-la-pratique-du-velo/

    « Les résultats montrent :

    – Des bénéfices sur la santé de la pratique du vélo largement supérieurs aux risques : avec un doublement de la pratique du vélo en Île-de-France en 2020 (soit 4% de l’ensemble des déplacements), les bénéfices en termes de mortalité d’une augmentation de la pratique du vélo en Île-de-France seraient 20 fois plus élevés que les risques.

    – Un ratio bénéfices/risques particulièrement élevé grâce aux bénéfices de l’activité physique liée à la pratique du vélo, et qui s’avère plus important au fur et à mesure que l’on s’éloigne du cœur de l’agglomération parisienne.

    – Une hausse de la pratique qui n’implique pas une hausse de l’accidentologie dans les mêmes proportions et qui, avec un fort report d’automobilistes vers le vélo, peut même s’accompagner d’une baisse de l’accidentologie globale.

    – Un impact sur la pollution de l’air et sur le bruit positif mais relativement faible, toutefois potentiellement plus important si la hausse de la pratique du vélo s’accompagne de politiques ambitieuses de réduction de la vitesse et de la circulation en ville.

    – Enfin, un risque d’exposition à la pollution atmosphérique des cyclistes plus élevé que le risque d’accidentologie. Ces résultats sont dus à un niveau de pollution particulièrement important en Île-de-France. Cependant, l’exposition du cycliste diminue à mesure que la place du vélo dans la ville s’écarte de la circulation.

    Cette étude, qui montre que les bénéfices sur la santé de la pratique du vélo sont largement sous-estimés par rapport aux risques, en particulier d’accidentologie, va permettre ainsi de guider les politiques de promotion du vélo et plus largement des « mobilités actives », nationales ou locales. Elle est diffusée à l’occasion de la semaine européenne de la mobilité (du 16 au 22 septembre 2012). Sa méthodologie peut être appliquée à d’autres secteurs géographiques. »

    En gros, si on obligeait au port du casque, combien d’accidents où son port entrerait en jeu réellement éliminerait t-on ? Le casque sur la tête c’est super mais contre un accident automobile cela n’a aucun impact. Là où c’est important c’est quand il y a une chute à vélo déclenchée par l’usager du vélo. Rarement ailleurs. En ville où on roule lentement et où on percute à une vitesse faible dans une confrontation vélo/piéton ou vélo/vélo cela n’a pas beaucoup d’impact. En gros c’est dans la pratique sportive et de loisir que le casque entre en jeu et la majorité des gens qui font du vélo loisir… mettent leur casque d’eux même. Ceux-là même qui n’en veulent pas en ville.

    « Sans remettre en cause les chiffres sur les études de la diminution du nombre d’usagers lorsque le casque est obligatoire… Qu’est-ce qui dérange les usagers dans le port du casque ? En quoi cette mesure à de plus contraignante que le port d’un gilet réfléchissant en zone rurale (c’est dans le code de la route) ? »

    C’est assez simple. Tu as pas ton casque, tu peux pas emprunter un vélo, louer un vélo ou simplement reprendre ton vélo que tu as laissé en plan parce que tu es parti à un rendez vous loin du boulot et que tu es rentré directement en transport en commun. Alors oui tu peux le reprendre le lendemain mais il te faut ton casque. Généralement donc tu dois donc te trimbaler avec ton casque partout même quand tu n’as pas ton vélo.

    Autre soucis, le comportement des autres usagers change quand on a un casque sur la tête. Ils se sentent autorisés a prendre plus de risques avec un cycliste protégé. Du coup il y a plus d’accidents avec une auto chez les cyclistes casqué que chez les cyclistes sans casque. Et leur gravité ne diffère pas…

    https://psyarxiv.com/nxw2k

    « Abstract
    There is a body of research on how driver behaviour might change in response to bicyclists’ appearance. In 2007, Walker published a study suggesting motorists drove closer on average when passing a bicyclist if the rider wore a helmet, potentially increasing the risk of a collision. »

    D’un point de vue statistique : où a t-on le plus de risque d’avoir un trauma qui nécessiterait un casque ?
    En voiture : 48% de chance.
    Pendant ses loisirs (marche, randonnée, escalade, ski) : 26%.
    A moto : 13%.
    Au boulot : 9%.
    Suite à une agression : 2%.
    Le vélo et la marche sont en queue de peloton avec… : 1 % de chance.

    Si on oblige au port du casque le nombre de cyclistes chute et les problèmes recommencent. Sur les villes qui ont de bonnes infrastructures, les automobilistes ne peuvent pas dire « J’ai pas vu le vélo » et être de bonne foi. Il y a un flux quasi continu de vélos. Et même des bouchons ! Si on en enlève 50% en imposant le casque par contre…

    Le soucis est toujours le même. Il faut des infrastructures. Tu peux mettre un casque et même un gyrophare sur la tête de cyclistes qui se baladeraient avec une combinaison gonflante façon bonhomme Michelin, si ils se retrouvent dans l’angle mort d’un 35 tonnes, ils peuvent se faire écraser. Si ils se retrouvent face à un 4×4 qui freine 2 secondes trop tard, ils se retrouvent en format crêpe. Il y a plein d’accidents où les gens sont casqués, vêtus de protections, proposent même le petit truc orange pour inciter au dépassement éloigné et qui se retrouvent dans le fossé parce que le mec qui conduit a décidé qu’il devait absolument doubler. même à 15 cm du vélo, même avec son rétro qui tape dans le guidon.

    Je me suis déjà fait doubler en vélo long tail orange avec 2 gamines (casquées) à l’arrière par une dame qui s’est arrêtée 60m plus loin à un feu déjà au rouge… Elle m’a frôlé avec les deux gamines et on a failli se manger une voiture stationnée. Je l’ai rattrapée au feu et elle m’a dit, je pense de bonne foi, qu’elle avait pas vu. Ni le feu ni le vélo en fait. Enfin si elle avait vu mais dans sa tête un vélo « ça se double parce que c’est lent ». J’étais à 25 dans une zone 30 avec un feu à 60m…

    Voilà le vrai soucis. Casque ou pas, les deux gamines se seraient fait mal en s’encastrant dans la bagnole à l’arrêt. La seule solution ? Une voie dédiée et pas un coup de peinture sur le sol a partager avec les piétons ou les scooters.

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  • 8 août 2022 - 16 h 16 min

    Bonjour Pierre,

    Tu vises juste en parlant de l’évolution nécessaire des infrastructures, cependant c’est un sujet régulièrement délaissé par tous les acteurs (politique, police, associations de victimes) qui axent la sécurité routière sous le seul prisme de la lutte contre la vitesse. C’est bien mais c’est très loin d’être suffisant car pendant ce temps on délaisse la formation et les réseaux routiers.
    Où est la formation alors qu’on devrait en matraquer les gens qui ne laissent pas traverser les enfants devant l’école et en profitent même pour envoyer des SMS ?
    Autre exemple avec la route RCEA (wikipédia donne des infos sur l’accidentologie) qui était déjà une horreur routière il y a 20 ans : cela évolue mais à un rythme tellement lent que les vitimes continuent de s’amonceler…

    Pour le contrôle technique des deux roues, on suit une logique similaire : ça peut être bien mais pas suffisant.
    De nos jours il existe un airbag qui se déclenche en cas de chute et qui protège le dos, l’abdomen et aide à maintenir la tête. D’ailleurs tous les motards de police en sont équipé. Certains diront que c’est trop cher ou qu’ils ne rouleront jamais avec un truc pareil, cependant je pense que son usage se généralisera avec le temps, comme avec le casque à vélo.
    De même la formation à la conduite change : on apprend désormais à se positionner à l’extérieur du virage alors que les plus anciens tiennent la corde… Pas vraiment pratique quand la moto et le buste dépassent sur la voie d’en face.

    Bref il faut croire que la formation et les infrastructures, ça ne fait pas assez cowboy / shériff pour régler les problématiques routières et surtout ça ne remplit pas les caisses de l’Etat !

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