Youyeetoo K1 : une carte développement Intel N100 évolutive

La Youyeetoo K1 embarque un Intel N100 installé sur une solution évolutive et monté sur une carte mère offrant une très large connectique.

La Youyeetoo K1 est une étrange apparition en 2026, cela fait un moment maintenant que nous ne croisons plus vraiment de nouveaux produits sous Intel N100 Alder Lake-N. Si la puce n’a toujours pas été déclarée décommissionnée par Intel, sa production a largement chuté. Elle a été remplacée par les N150 qui ne semble plus être également la priorité d’Intel en ce moment.

La carte de développement Youyeetoo K1 embarque donc une de ces puces, mais le fait avec précautions. Le N100 n’est pas soudé directement sur la carte mais proposé sur une carte fille qui utilise un brochage proche de ce que l’on retrouve sur les barrettes mémoire pour se connecter à une carte mère. Ce qui laissera toute latitude à l’utilisateur de pouvoir la changer à l’avenir. Si, évidemment, le fabricant propose une carte mère compatible un jour.

Youyeetoo K1

Youyeetoo K1 module

La carte « fille » mesure 8.2 x 7.1 cm et elle se connecte sur une carte mère de 13.4 x 9.2 cm. Un équipement intéressant puisqu’il serait techniquement possible de positionner l’ensemble dans un format de MiniPC tout à fait traditionnel. Il y a un revers cependant à ce type d’intégration, la carte fille embarque le processeur et quelques composants dont la mémoire vive et un stockage eMMC. Disponible en 8 Go / 128 Go ou en 16 Go / 256 Go1, on retrouve ici de la LPDDR5 absolument non évolutive.

C’est un souci car si la carte fille peut changer pour passer d’un N100 à une autre puce, on imagine qu’il sera difficile de la recycler dans un autre appareil. Dès lors on sera obligé de racheter de la mémoire d’un côté et d’en abandonner de l’autre. Ce qui n’est pas, au vu du contexte actuel, une si bonne idée. 

Pour le reste, la solution est très complète avec de nombreuses possibilités de connectique et des choix d’évolution intéressants. La carte mère propose par exemple un port M.2 2280 NVMe PCIe 3.0 x2 sur sa face inférieure pour dépasser les limitations du module eMMC. Un port SATA complet, avec alimentation, est également visible sur la carte pour pouvoir piloter un stockage à ce format. Un port M.2 2230 est disponible pour ajouter une solution réseau Wi-Fi de son choix.

Enfin, la Youyeetoo K1 rassemble une multitude de ports et de connecteurs. Si les éléments traditionnels sont principalement ramassés sur la partie arrière, on retrouve des connecteurs tout autour de la carte.

En façade, un port USB Type-C est présent ainsi qu’un bouton de démarrage. À l’arrière, on retrouve deux USB 2.0 Type-A, deux USB 3.0 Type-A, un second USB type-C non identifié, deux Ethernet Gigabit, une sortie MiniHDMI et une autre en HDMI plein format. Un port jack audio 3.5 mm et une entrée d’alimentation sont également visibles.

Sur les côtés, une ribambelle de connecteurs vont permettre de brancher divers éléments extérieurs : enceinte, micro, USB 3.0 et 2.0 mais aussi GPIO, MIPI CSI et MIPI DSI. Des extensions sont également présentes pour déporter le bouton de démarrage et le bouton reset. On pourra donc intégrer facilement la solution dans le boîtier de son choix. Petite surprise intéressante également, la carte propose également une possibilité de communication NFC avec une carte d’extension en option.

La Youyeetoo K1 vise d’abord les pros mais peut intéresser les particuliers

Au final cette solution Youyeetoo K1 est très intéressante pour une exploitation vraiment spécialisée. Comme outil de travail réseau, par exemple pour superviser des tâches ou pour de la domotique avec la possibilité d’une intégration très discrète. Il est possible de refroidir le processeur embarqué assez facilement avec un dispositif passif même si la carte fournit de quoi brancher un ventilateur.

Le positionnement tarifaire est très correct. La Youyeetoo K1 est vendue en quatre parfums en importation depuis l’Asie2. On retrouve différentes options avec des frais de port positionnés de 8.95€ via un transporteur national et qui grimpent à 40.95€ via un transporteur type UPS/Fedex.:

  • Module seul en version N100 8/128 Go : 185.95€
  • Module avec carte mère en version N100 8/128 Go : 229.96€
  • Module seul en version N100 16/256 Go : 229.96€
  • Module avec carte mère en version N100 16/256 : 273.95€

Le constructeur a pensé cette carte pour un usage professionnel. On retrouve d’ailleurs un matériel pensé pour fonctionner de -20 à +70°C avec un dissipateur passif. La marque vise clairement des usages d’affichage numérique, de contrôle industriel et d’autres applications réseau. Mais elle est également clairement pensée pour un usage plus grand public comme solution de développement. Compatible avec Windows 11, elle est également capable de faire tourner différentes distributions Linux et évoque Ubuntu comme Debian. 

La marque Youyeetoo est assez ancienne et la première mention de celle-ci sur le blog date de 2023 avec un modèle X1 sous Celeron N5101 puis une Youyeetoo R1 sous SoC RK3588S la même année. Plus récemment, en 2025, on a découvert le NestDisk, un petit NAS 100% SSD M.2 sous Intel N150.

Youyeetoo NestDisk : un NAS 100% SSD sous Intel N150

Notes :

  1. Une version 4 Go est listée mais non disponible.
  2. Ce qui implique des taxes d’importation.

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2 commentaires sur ce sujet.
  • Luc
    13 juin 2026 - 14 h 48 min

    Vraiment chouette.
    J’aime bien le principe de ces « core boards » (ou compte module) mais malheureusement c’est pas trop standardisé au niveau du connecteur. Du coup, je ne crois pas trop en une éventuelle évolutivité de la core board ou une réutilisation de la carte mère avec une autre configuration.

    Par contre, ici, ce que je trouve particulièrement cool:

    1. C’est la core board qui peut fonctionner toute seule, de manière autonome. Elle a un connecteur d’alim et embarque tout ce qu’il faut pour ça (PMU, CPU, RAM, EMMC).
    Il lui manque juste de quoi connecter une console série (même 4 pads) pour débuguer et administrer. Alors qu’il y a déjà plusieurs connecteurs présents, c’est vraiment dommage :/

    2. Coté carte mère, contrairement à d’autres cartes à base d’Intel qui utilisent souvent un RP2040 entre les GPIOs et le SOC, là j’ai bien l’impression qu’on accède directement aux GPIOs ainsi qu’aux interfaces I2C, UART, SPI du N100. (à confirmer toutefois)

    Ils auraient sorti ce truc à la grande époque des N100 pour pas cher, je me serais sans doute précipité dessus.

    Reply
  • 13 juin 2026 - 15 h 01 min

    @Luc: Oui, je crois que leur objectif en proposant la core board seule, c’est de vendre leur expertise pour l’intégrer dans des outils industriels.

    Reply
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