Intel Broadwell, les nouvelles puces Core M en Octobre

Le virage effectué par Intel au lendemain des années Pentium, lors du passage aux processeurs Core, marquait un changement de stratégie important pour la marque. Passant d’un processeur qui jouait les gros bras à une puce qui utilisait mieux sa cervelle. Broadwell est de celles-ci, c’en est même l’archétype.

Déjà la 5eme génération de puce Intel Core ix, déjà 5 génération qu’Intel a quitté la course à l’armement qui l’obligeait à pousser toujours plus haut et toujours plus haut les processeurs qu’il commercialisait. Avec les Pentium 4 et leurs pointes allant jusqu’à 3.8 GHz, les puces de la marque devenaient de véritables radiateurs électriques tant d’un point de vue consommation qu’en terme de dissipation de chaleur. 115 watts au compteur ces processeurs, ces puces exploitaient beaucoup de technologies pensées pour des performances maintenues à grand coup de watts. Une technologie utile mais finalement peu efficace.

Un peu comme si on voulait construire une pyramide sans avoir recours à la roue, on compense l’absence technologique par beaucoup de main d’oeuvre et de grands coups de fouet. C’est bruyant et forcément peu efficace. Ces technologies ont donc été abandonnées au profit d’autres qui privilégiaient une approche de l’informatique différente, si le sujet vous intéresse, un excellent article de 2006 publié sur Hardware.fr fait le point sur cette transition avec l’apparition des Intel Core.

 2014-09-23 10_40_08-La collection de processeurs de Superduty455 - Détails sur Intel Pentium 4 630

8 ans après ce virage, Intel joue toujours sur le même constat, l’informatique personnelle a toujours besoin de performances et de puissance. Par contre, le virage entrepris a été le bon car le public a également soif de mobilité et si Intel avait poursuivi une approche liée à la puissance brute les puces actuelles seraient peut être à 8 GHz avec une dépense énergétique de plusieurs centaines de Watts.

Intel Core-M Broadwell
Broadwell est donc l’aboutissement actuel de ce changement de paradigme engagé il y a plusieurs années. Un engagement vers la mobilité et l’autonomie qui prend tout son sens aujourd’hui pour de nombreuses raisons. Le public ne veut plus de tours bruyantes et inutilement encombrantes, les portables se doivent d’êtres fins, légers et autonomes et l’apparition de nouvelles catégories de machines comme les tablettes forcent à repenser totalement la consommation d’énergie des processeurs.

Core M est la première puce de cette nouvelle gamme Broadwell, elle est annoncée pour cette fin d’année avec en ligne de mire des machines portables ultra légères. Broadwell sera ensuite décliné sur l’année 2015 avec des puces dédiées à d’autres univers : PC de bureau, portables classiques et l’ensemble des produits informatiques modernes.

Intel Core-M Broadwell

En haut une carte mère de portable Broadwell, en bas une carte mère Haswell.

Depuis ce fameux Pentium 4 et ses 115 watts de consommation d’énergie, pas mal de changement. Le Core M est gravé en 14 nanomètres ce qui permet un gain de place conséquent sur la puce elle même mais également sur le design global d’une carte mère de portable. Le core-M promet 4.5 watts de dépense énergétique ce qui sous entends une autonomie  beaucoup plus grande mais également un fonctionnement possible grâce à une dissipation thermique passive, un simple morceau de métal, au lieu d’une ventilation bruyante. Cette évolution annonce également d’autres changements de taille avec pour ce Core M: une prise en charge matérielle de la vidéo HD, la gestion de définitions très élevées, une meilleure prise en charge de la 3D et  évidemment de bien meilleures capacités de calcul et de multi-tâche.

 Intel Core-M Broadwell

Par rapport aux processeur Intel Haswell, la génération actuelle des puces Core ix de la marque, Broadwell pousserait les performances beaucoup plus loin. Le fondeur annonce 50% de performances en plus en terme de calcul et 40% de performances en plus pour la partie graphique. Un calcul qu’il faut prendre avec un peu de recul car il est basé sur un rendement au watt par rapport à la génération d’avant.

Intel core-M Broadwell

Core M par rapport à un processeur ULV

Intel core-M Broadwell

Broadwell Core M par rapport à un Haswell Core i5-4302Y

2 puces sont annoncées dans cette gamme, les deux avec beaucoup d’éléments en commun, Intel jouant surtout sur les fréquences pour classifier sa gamme comme à son habitude.

Le Core M-5Y70 est un double coeur (4 Threads) cadencé à 1.1 GHz capable de grimper en mode turbo à 2.6 GHz
Le Core M-5Y10 en double coeur (4 threads) à 800 MHz et 2 GHz de Turbo.
Ces deux modèles embarquent 4 Mo de mémoire cache, sont gravées en 14 nanomètres et dégagent 4.5 watts de TDP. Leur circuit graphique est un Intel HD 5300 oscillant entre 100 et 850 MHz pour le M-5Y70, la version Core M-5Y10 s’arrêtant à 800 MHz.

Intel Core-M Broadwell
Cet Intel HD 5300 est une puce raisonnablement performante en terme d’affichage par rapport aux générations précédentes chez le fondeur. Bien sur on est loin des affichages proposés par les puces spécialisées d’AMD ou Nvidia mais il y a clairement du mieux : Elles supportent les librairies récentes d’affichage comme DirectX 11.2, OpenGL 4.2, OpenCL 2.0. Le rendu vidéo est capable de grimper jusqu’au 3840 x 2160. Intégré à ces processeurs, les fonctions WiDi et QuickSync sont également présentes comme le V-Pro ou les fonctions avancées de virtualisation d’Intel.

 Intel Core-M Broadwell

A gauche un 2-en-1 sous Core-M, à droite un portable de 2010.

Difficile de se représenter ce que cela veut dire en terme de performances. Un exemple intéressant est donc mis en avant par le fondeur, l’apparition des Core i5 Ultra Low Voltage en 2010 a permis le développement de machines légères et plus autonomes qu’auparavant. Avec 18 watts de TDP, ces puces ULV ont offert au public de nouvelles formes de machines.

Intel Core-M Broadwell

Le 2-en-1 sous Core-M est évidemment une tablette détachable de son dock, très, très fine.

En se basant sur cette base de processeur, Intel indique que  son Core M à 4.5 watts offre 2 fois plus de performances de calcul et 7 fois plus de performances graphiques, ce qui est, pour ce dernier point, pas franchement difficile.

Intel Core-M Broadwell

L’autonomie en profite également de manière importante. Par rapport aux machines d’il y a quelques temps, les besoins en énergie ont largement augmenté avec des écrans ayant explosé en terme de définition, des composants réseau de plus en plus nombreux et des fonctions avancées elles aussi assez gourmandes, même si la disparition progressive des unités optique ont également allégé la consommation des machines. Intel indique un bonus de 1.7 heure par rapport à une machine de 4eme génération actuellement en vente avec la même batterie 35 Whr.

Intel Core-M Broadwell

Le HP Envy X2 en version 15 pouces tablette

Des éléments qui seront un  bon moyen de mesurer ce qui sera la norme de performances pour quelques années à venir dans une machine portable. Du moins dans le haut de gamme. Face à ces premières puces, les fabricants semblent s’être surtout intéressés aux machines d’exception, aux 2 en 1 et autres solutions hybrides qui vont ainsi accueillir la première salve de puces Broadwell d’ici le mois d’Octobre.

Intel core-M Broadwell

Un bouleversement assez important pour qu’un changement de machine soit véritablement ressenti positivement par le public. Core M vise le marché mobile, avec en première ligne les engins hybrides de 9 pouces de diagonale ou plus. Les écrans de plus petites tailles resteront avant tout architecturés autour de l’actuelle gamme BayTrail jusqu’à l’apparition de Cherry Trail. L’important pour le marché étant qu’un particulier ou un pro qui passe d’une machine de plus de 2 ans ressente une vraie progression de ses possibilités logicielles dans une enveloppe plus discrète, Broadwell a été programmé pour cela.

Intel Core-M Broadwell

Pour le reste de la gamme Broadwell, les puces à destination des autres machines et en particulier des PC de bureau, il faudra attendre 2015. Ce Core M est servi en apéritif par Intel probablement pour satisfaire ses partenaires constructeurs afin qu’ils puissent glisser hybrides et ultrabooks comme le Lenovo Yoga 3 Pro et l’Asus Zenbook UX305 sous les sapins d’ici la fin de l’année. La plus grosse part du gâteau ne sera pas disponible avant quelques bons trimestres encore.

12 commentaires sur ce sujet.
  • 23 septembre 2014 - 11 h 17 min

    Super article comme toujours. Ça fait rêver sur la papier !

    J’attends avec impatience les puces pour PC de bureau, mais il semblerait qu’Intel souhaitent sortir 2 variantes : les Broadwell K (avec coeff débloqués) et les Skylake (grande inconnue)… avec 6 mois de décalage pour la disponibilité.

    Il serait temps qu’ils éclaircissent tout ça et nous donne des dates un peu plus précises…

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  • 23 septembre 2014 - 11 h 24 min

    @Alfred: Skylake, un billet est en préparation. Pour les K je n’ai pas assez d’infos pour le moment.

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  • 23 septembre 2014 - 12 h 32 min

    Hum vivement les test des premieres machines equipés !

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  • uko
    23 septembre 2014 - 14 h 07 min

    Encore des jalons posés dans la bonne direction, j’applaudis.

    En revanche, j’ai vraiment du mal avec le discours marketing d’Intel. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils ne promettent que du vent. Si on décortique les éléments mis en avant, on se rend compte que la puce peut aussi bien être moins performante et moins autonome que la génération précédente en conditions réelles.

    Pour commencer, chaque valeur mise en avant est précédée d’un “up to”. En clair, dans le meilleur scénario possible la valeur est vraie. Ce qui signifie qu’il suffit que la puce soit optimisée pour un process spécifique sur lequel elle sera plus performant pour que leur énoncé soit vrai. Pour autant, elle peut aussi bien être moins performante sur toutes les autres tâches sans invalider l’énoncé. Astucieux.

    “Plus de performances que votre ancien portable”. Là, c’est le “votre” qui pique les yeux. Il faut lire les petites lignes pour comprendre de quoi il s’agit: Les chiffres sont comparés à ceux d’une machine vieille de 4 ans sans carte graphique. Peu de chance qu’elle corresponde à la machine utilisée par le lecteur. Comment est-ce qu’Intel évalue l’âge moyen du parc informatique de son public à 4 ans ? La question d’autant plus intéressante quand on sait que les garanties constructeur dépassent rarement les 1 an.

    “Jusqu’à 1.7h d’autonomie en plus”. Là, on arrive au summum de la langue de bois.
    – Jusqu’à = Dans le meilleur des scénarios. Il reste donc possible que dans le cadre des 47% en plus de performances graphiques promises, l’autonomie soit divisée par deux.
    – la valeur indique une durée. Pourquoi une durée et pas un %, comme pour le reste ? Sans référentiel, la valeur est à prendre avec des pincettes.
    – Cette durée est exprimée en fraction d’heure. Sérieusement, ça vous parle vous, 1.7hrs ? Chez moi, on appelle ça 1h42. C’est moins flatteur, mais ça a du sens.
    – On apprend plus bas que ce gain de 1.7hrs d’autonomie concernent un scénario spécifique: la lecture de vidéo full HD ou plus. En clair, ils ont amélioré la partie décodage hardware de certains codecs vidéo.
    Si le gain d’autonomie annoncé concerne spécifiquement la lecture de certaines vidéos, qu’en est-il des autres scénarios ? Si on peut espérer une amélioration globale de l’autonomie, Intel ne s’y est pas engagé.

    Bref, comme trop souvent la présentation envoie beaucoup de poudre aux yeux sans promettre grand chose. Perso j’attends les tests indépendants avant de m’emballer, même si la direction prise par Intel me semble la bonne.

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  • aem
    23 septembre 2014 - 15 h 00 min

    Les proc cités (P4) ci dessus sont les proc les plus puissants, comme les P4 Extreme Edition dont le TDP est de 115W.

    En archi core, il y a aussi des proc qui consomment bcp plus comme les C2Quad (~ 130W). Idem pour les core i7 en 32 nm (autour de 130w de mémoire) …

    Bref, je comprends ce que tu veux dire, mais l’exemple donné me semble pas approprié / adapté …

    Les nouvelles technologies, la finesses de gravure, une meilleure gestion des ressources (dans toute la chaine hard / soft), ou encore l’autonomie des batteries permettent une intégration dans les machines et une finesse accrue.

    Bef, le virage d’Intel dans ces années peut s’expliquer pour bien des choses …

    L’utilisation de multi core à pleins d’avantage (taux de rebus des die par ex), de la à dire qu’une technologie est plus adaptée qu’une autre, encore faut il définir avec quel environnement (code, archi) etc …

    Les pentium M de y’a 10 ans consommaient déjà entre 5 et 20W …

    C’est ce que l’autonomie des machines permettait à l’époque / cout / dimension / autonomie / prix / besoin.

    Si aujourd’hui les autonomies augmentent c’est aussi par les progrès sur les écrans / disque etc …

    Bref vaste débat, je connais plus Intel pour ces coups marketing que pour son innovation …

    ce n’est pas eux qui ont lancé les tablettes et les smartphones …
    par contre ils ont participé au format ultrabook.

    Sebastien

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  • 23 septembre 2014 - 15 h 09 min

    @aem: C’est vrai qu’Intel n’a jamais rien inventé :)

    Le changement de process, l’abandon de Netburst a été le début de cette volonté de baisser la puissance pour un calcul plus intelligent. Il a fallut du temps pour passer de 130 watts des premiers core aux puces annoncées, mais c’est logique. On ne fait ce genre de pas en 1 jours. L’abandon du P4 sonne tout de même l’abandon de Netburst et un changement de façon de s’y prendre pour Intel.

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  • 23 septembre 2014 - 16 h 21 min

    J’espère qu’il y aura un refresh de la Surface Pro avec Broadwell:D

    En parlant de Surface Pro, Pierre as tu prévu de tester la dernière né estampillé 3?

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  • 23 septembre 2014 - 19 h 35 min

    Très sympa le support complet des fonctions de virtualisation (VT-x ET VT-d) et le HD 5300.
    En espérant qu’Intel gardera cette approche…

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  • ol
    24 septembre 2014 - 17 h 05 min

    un i7 broadwell a-t-il une chance d’être dissipé passivement ?

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  • 27 septembre 2014 - 22 h 32 min

    À 1ère vue on dit “whaou, super progrès du TDP !”. Et quand on voit le tarabiscotage entrepris par Intel pour afficher un tel TDP, alors on voit que la même puce pourrait avoir un TDP de 0,5W ou 15W. Ce n’est qu’une question de castration des performances ! Parce qu’au régime de croisière à 0,8GHz…ça ne doit pas casser des barres…
    http://www.hardware.fr/news/13889/idf-tdp-complique-core-m.html

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  • 30 septembre 2014 - 12 h 09 min

    […] pour rester séduisant : disponible à la fin décembre en Europe, il exploitera un processeur Intel Broadwell Core M avec 4 Go de mémoire vive et un SSD de 128 Go. Son écran 13.3 pouces IPS grimpera à une belle […]

  • 7 juin 2015 - 18 h 49 min

    […] Source : MINIMACHINES.NET […]

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