Un dirigeant de Samsung tire à boulets rouges sur Windows 8
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Un dirigeant de Samsung tire à boulets rouges sur Windows 8

Windows 8 n’est « pas mieux que Vista » : Voilà l’annonce de M Jun Doog-soo, le président de la division mémoire de Samsung, et il ne parle pas de Windows RT mais bel et bien de Windows 8. Un système qui ne réussit pas à séduire le grand public. Une charge bien sentie qui reflète le désarroi de toute une industrie.

« Les ventes de PC Windows 8 ne décollent pas »,  « Je ne sors que des smartphones », « Apple doit bien se marrer »… Voilà le genre de petites phrases qui résonnent constamment à mes oreilles chez les revendeurs de PC. Les représentants de marques sont plus discrets, ils ne font que bougonner ou affichent un sourire en disant « réaliser leurs chiffres ». En recoupant les infos et surtout en interrogeant les grossistes, on se rend compte que derrière des sourires de façade la réalité est morose.

Si tout le monde se plait à accuser les tablettes comme principal élément responsable de la baisse des ventes de PC, en creusant un peu on se rend compte que beaucoup pointent également du doigt le nouveau système de Microsoft. Après Asus qui expliquait que les ventes de PC sous Windows 8 n’étaient pas exceptionnelles à son lancement, qu’il devait faire ses preuves, c’est donc au tour de Samsung de faire savoir son ressenti sur le nouvel OS.

Windows 8 est un pas important pour Microsoft qui cherche à la fois à unifier son univers avec un système semblable sur tous ses produits. C’est aussi un système pensé pour les tablettes, un espace que Microsoft compte bien occuper à terme. C’est également un OS bien plus cher que son prédécesseur et qui impose un équipement plus important : 2 éléments qui salent la note sur de nombreuses machines : Plus de mémoire vive, plus de stockage, des processeurs plus véloces et des fioritures comme des écrans tactiles ou du SSD. Autant de petits détails qui sont certes parfois agréables mais pas forcément utiles pour tout un chacun.

En une nuit, lors du passage de Windows 7 à Windows 8, madame Michu n’a pas ressenti le besoin de passer à un système tactile ou un engin doté de plus de performances. Lui imposer une machine plus chère à cause d’un changement logiciel n’est donc pas à son goût. La déstabilisation provoquée par la nouvelle interface arrive dans un second temps et des machines achetées sont renvoyées plus fréquemment aux revendeurs avec cette nouvelle mouture : Les consommateurs se retranchant derrière la loi et le retour sous 7 jours des produits achetés par correspondance : « Beaucoup expliquent ne pas s’en sortir avec la machine et finissent par renvoyer leur portable » me confie un responsable d’une grande enseigne de VPC.

Il est d’ailleurs assez étonnant de voir comment se comportent les gens en face de machines Windows 8 en magasin aujourd’hui, ils sont totalement désorientés. Certains essayent de toucher des écrans non tactiles tandis que d’autres ouvrent et ferment des tuiles compulsivement. Au final c’est toujours le même constat. Les caddies repartent vides. Passer une heure en magasin à observer des personnes voulant acheter un micro ordinateur et repartir les mains vides est une expérience très enrichissante pour évaluer le marché.

Samsung a déjà renoncé à sortir certains de ses produits aux US et en Europe, Acer a expliqué vouloir prendre du recul sur des propositions de Microsoft. Mais ces critiques se formulaient sur des produits fonctionnant sous Windows RT, un OS qui ressemble chaque jour un peu plus à un échec. Le fait que Windows 8 se fasse ouvertement montrer du doigt est nouveau.

Reste que Samsung n’a pas le choix et devra continuer à exploiter Windows 8 à défaut d’un autre système d’exploitation grand public. On voit mal le coréen se mettre au libre ni concevoir en quelques mois son propre système d’exploitation. Ces annonces, faites par des personnes importantes chez Samsung mais pas au premier plan sont peut être savamment calculées pour accélérer des négociations tarifaires globales chez Microsoft. Un représentant d’un constructeur en France m’a également clairement expliqué, sous couvert de discrétion vouloir retrouver des tarifs d’avant Windows 8 pour stimuler ses ventes : Tarifs qu’il n’obtiendra pas en suivant la voie tracée par Microsoft et Intel. « En proposant des ultraportables sous Windows 7 aujourd’hui, je doublerai certainement mon volume de vente et mes marges seraient plus importantes ».  Vendre des produits de 2012 au prix de 2012 en 2013 semble pourtant pour le moment encore  totalement inaccessible.

Source : Cnet.com