Qualcomm serait sur le point d’abandonner sa structure serveur Centriq

Anand Chandrasekher, la tête du département serveur de Qualcomm, vient d’annoncer sa démission. Une information qui vient confirmer des rumeurs persistantes sur la volonté de la marque de se débarrasser de sa section Centriq de SoC ARM pour serveurs.

Les SoC Centriq 2400, des puces d’architectures ARM, ont été annoncés comme des alternatives au marché des serveurs d’entreprise l’année dernière. Présentés par Qualcomm comme un nouvel étalon dans le monde des serveurs et une solution de développement alternatif pour la marque qui ne voulait plus s’enfermer uniquement dans le monde des mobiles.

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Dans cette nouvelle gamme, plusieurs solutions ont été annoncées et notamment une solution Centriq 2460 gravée en 10 nanomètres et conçue sur 48 coeurs Qualcomm Falkor Arm V8 associée à pas moins de 60 Mo de mémoire cache L3 associés à 6 canaux de mémoire DDR4. Un petit monstre tournant à 2.2 GHz de fréquence de base et proposant 32 llignes PCIe 3.0 pour une consommation peu habituelle dans le monde ARM puisque le joli joujou grimpait à 120 Watts. Prix de la solution ? 1995$ pièce. 

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Qualcomm présentait ces SoC comme des alternatives fortes face à la concurrence habituelle en x86 des puces Intel Xeon grâce à son excellent rendement de performances par watts et son prix d’achat. L’idée étant de présenter une solution Centriq capable de réaliser d’importantes économies pour les propriétaires de parcs de machines pour qui chaque Watt dépensé à une grosse incidence sur un bilan financier en fin d’année. Un gros client, Cloudflare, a réalisé dans la foulée cette transition en changeant son parc de serveurs de protection contre les DDoS en passant d’une architecture x86 à ARM avec Centriq.

Une transition qui pourrait lui coûter cher à terme si les rumeurs persistantes d’un abandon du secteur par Qualcomm se confirment.  Ces dernières semaines de nombreuses rumeurs font état d’un recul de Qualcomm sur ce marché. Pire, la direction de la marque serait sur le point d’abandonner toute cette stratégie et de revendre ou de démanteler cette division. La raison ? Elle ne serait pas du tout rentable, ce qui conduit le PDG d’ARM à déclarer récemment que la marque serait sur le point de se « concentrer sur la réduction de ses dépenses dans ses produits non stratégiques ». Un état des lieux qui sonne quasiment déjà le glas pour Centriq.

Cette démission de Anand Chandrasekher semble confirmer une décision ferme de Qualcomm qui, après plusieurs années de développement intensif de Centriq, serait en train de scier cette branche faute de clients. On ne connait pas les termes du contrat de Cloudflare, mais ce coup d’éclat pourrait très bien avoir été fait à un tarif très avantageux pour attirer l’attention sur cette solution. Rien de suffisant pour rentabiliser ne serait-ce que les années de développement des puces Centriq.

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Du temps d’Intel déjà, Chandrasekher était un sacré rigolo

Anand Chandrasekher, qui a quitté Intel pour diriger le marketing de Qualcomm en 2012 avant de passer dès 2013 à la direction de sa section serveur (après quelques aventures plus ou moins rocambolesques prouvant qu’il n’était pas à sa place au marketing1) en devenant le directeur de Qualcomm Datacenter Technologies. Son départ sonne donc comme l’annonce avant l’heure d’un premier clou planté sur le cercueil de la section Centriq.

Notes :

  1. Il avait par exemple déclaré que le SoC Apple A7 était un « truc marketing ». Sous entendu qu’Apple n’avait pas vraiment de puce dans ses tiroirs mais se servait de cet hypothétique A7 pour mieux négocier ses achats. Qualcomm et Apple n’étant pas les meilleurs amis du monde en terme de business, cette déclaration avait pas été jugée politiquement et commercialement très maladroite…
11 commentaires sur ce sujet.
  • 16 mai 2018 - 15 h 04 min

    AMD s’attaque au monopole d’Intel sur le marché de l’entreprise et des serveurs.
    AMD voit Epyc comme le pourfendeur des Xeon.
    « Xeon était super… Le charbon aussi » ou
    « personne n’a jamais été viré pour avoir acheté des Xeon…
    jusqu’à aujourd’hui. »
    AMD présente des chiffres impressionnants sur de meilleures performances
    à moindre coût face à l’existant d’Intel…
    mais cela vaut encore plus par rapport à Qualcomm,
    en position d’outsider partant de très très loin !
    Car globalement la compatibilité x86 est un gros avantage en terme
    de coûts, de logiciels et de développements logiciels !!!
    https://www.usine-digitale.fr/article/amd-s-attaque-au-monopole-d-intel-sur-le-marche-de-l-entreprise-et-des-serveurs.N694009

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  • 16 mai 2018 - 16 h 57 min

    Cloudflare a commis une erreur stratégique s’il est vrai que la totalité de son parc serveurs est passé du x86 à Qualcomm. Pourquoi ne pas avoir lancé un parc test, le temps de voir l’évolution financière et technologique ? Etrange

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  • 16 mai 2018 - 17 h 04 min

    @prog-amateur:

    « Un gros client, Cloudflare, a réalisé dans la foulée cette transition en changeant son parc de serveurs de protection contre les DDoS en passant d’une architecture x86 à ARM avec Centriq. »

    la protection DDoS ca doit pas etre l’ensemble du parc sauf si c’est leur principale activitée mais je crois pas.

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  • 16 mai 2018 - 17 h 41 min

    @prog-amateur: Qualcomm n’est pas le seul à faire de la puce serveur en ARM. Il y’a Cavium, Fujitsu et un chinois. Ampere devrait en sortir, il se murmure que Samsung y travail, « Amazon aurait embauché plusieurs ingénieurs de chez Calxeda, une société qui était spécialisée dans les serveurs à base d’ARM »… Marvell, nVidia ou HiSilicon (Huawei) pourraient y venir.

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  • yan
    17 mai 2018 - 10 h 49 min

    Sinon, pour sortir des processeurs de calculette passés tardivement au 64 bit (ce qui était un quasi impératif pour attaquer le marché serveur) et qui attaquent donc ce marché mature bons derniers, IBM a ses serveurs IBM Power qui poutrent l’antiquité x86 mal branlée depuis l’origine et pétrie de firmware pas clairs, d’un EFI qui est un tas de m…. avec une documentation en dessous de tout (Intel, quoi) et zéro support (pour assurer aux pourvoyeurs historiques de BIOS leur business complice qui, sans cela, ne vendraient pas ce machin infâme codé cochon). Tandis qu’en face, tout le firmware de boot est ouvert et bien documenté, tout comme le hardware.

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  • 17 mai 2018 - 19 h 13 min

    @JeanD:

    de moins en moins le cas avec les applications serveur… car fortement orienté web

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  • 17 mai 2018 - 19 h 33 min

    @Marc Collin:
    @Marc Collin : Intéressant, mais pourrais-Tu un peu développer ? Et préciser ?
    Merci !

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  • gUI
    18 mai 2018 - 10 h 11 min

    La rupture pourrait bien venir d’une nouvelle archi en gestation, totalement open dès le premier jour : RISC-V
    Ils comptent adresser du plus petit micro-controleur au gros serveur avec une archi commune, simplement modulaire. A voir les gros industriels qui suivent (WD a annoncé être intéressé pour sortir… 1 milliard de puces par an !) ça peut mettre un bon coup de pied dans la fourmilière.

    A suivre !

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  • 18 mai 2018 - 15 h 39 min

    @gUI: pour quand le RISC-V est-il censé sortir ? J’en entends souvent parler, mais je n’arrive pas à trouver de date. Si quelqu’un le sait, qu’il n’hésite pas à informer !

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  • 18 mai 2018 - 15 h 40 min

    @Kaeronn: @Skwaloo: OK je comprends mieux, merci à vous pour vos retours.

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  • gUI
    18 mai 2018 - 17 h 15 min

    @prog-amateur: pour l’instant à ma connaissance aucun industriel n’a donné de date pour une commercialisation grand public. mais comme c’est une plateforme ouverte, n’importe quel fondeur peut en faire dès demain si il le veut. il existe des prototypes qui font déjà tourner un kernel Linux, par exemple : https://www.sifive.com/

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